Clermont Auvergne, Bis et repetita
#1
Posté 03 juillet 2008 - 11:24
Clermont Auvergne, Bis et repetita
Les auvergnats ne sont pas les premiers et ne seront probablement pas les derniers à répéter une erreur qui a force d’être récurrente finit par prendre la forme d’une atteinte au bon sens et à la logique sportive. Et il n’est pas nécessaire de remonter bien loin dans le temps pour trouver trace d’un proche parent. Cette finale a fortement fait penser à un remake de la demie finale qui a opposé la France et l’Angleterre lors de "notre" coupe du monde. Non pas dans la forme, mais dans le fond, et cela sans ambiguïté possible.
La finale, cet instant à part
Quelque soit le sport, une finale reste un moment privilégié, l’aboutissement d’un travail de longue haleine que l’on souhaite concrétiser en gravant sur la matière son nom, celui du collectif auquel on appartient, et ceci pour la "postérité". C’est aussi un moment rare à l’échelle d’une vie, la promesse d’une joie que peu d’évènements peuvent surpasser. Et cette idée, lorsque l’on aborde cette confrontation décisive, il est nécessaire de s’en imprégner jusqu’au bout des ongles. Cela forge votre esprit pour les instants à venir. De ce point de vue, le discours des toulousains à la fin du match fut d’ailleurs unanime et remarquable: "Notre génération recelle des joueurs de grands talents mais au regard des anciens nous n’existions pas encore. Il fallait que nous marquions de notre empreinte l’histoire du club". De son côté l’ASM a une nouvelle fois oublié ce précepte primordial. Les divers témoignages en attestent: "C’est en apprenant dans la défaîte que l’on progresse et que l’on finit par gagner. Nous reviendrons plus fort l’an prochain". Grave erreur de penser cela. Ce discours est le stéréotype même de l’éternel perdant qui justifie son acte manqué. L’ASM, ce n’est pas Mignoni, Rougerie et consors, ce n’est pas un raccourci patrimonial sur les deux dernières finales perdues, l’ASM c’est un pays de rugby et une histoire qui remonte aux années 30 avec cette première finale perdue en 36 face au RC Narbonne et une seconde en 37 contre le CS Vienne. Tant que les montferrandais ne rentreront pas sur le terrain avec ce petit supplément d’âme, cette volonté farouche d’offrir à la mémoire des anciens, à ceux de 36, une victoire auvergnate alors ils prêcheront encore et toujours dans la mauvaise paroisse. C’est ce feu sacré qui sublime, transcende un joueur comme on l’entend souvent dire, et qui permet à un Elissalde de tenir une heure sous les coups de boutoir de la douleur pour faire avancer son équipe. Et à l’inverse ce qui empêche un Rougerie de défendre dans un face féroce avec Servat la terre de son embut. On ne peut pas se permettre, quand on présente un tel gabarit, de reculer de 10 mètres sur une charge isolée. Il faut ce bonus de courage, de rage au ventre qui permet de repousser l’envahisseur.
Une préparation adaptée
Au rugby, comme dans beaucoup de sports vous me direz, une finale victorieuse se construit sur son identité, sur ce que l’on sait le mieux faire, en sublimant tout ce vécu par un surplus de créativité. Et c’est en cela que l’ASM de cette année ressemble à l’équipe de France défaite par les anglais en 2007. Plutôt que d’enrichir son style de jeu, de paufiner son savoir-faire, l’ASM est d’une part restée cantonnée sur des bases que le Stade Toulousain a eu amplement le temps de disséquer au regard de l’année écoulée, et d’autre part s’est contrainte à une stratégie défensive qui ne pouvait lui correspondre. A faire deux choses à moitié, on finit par y perdre sa personnalité. Au résultat, le secteur fort de la touche qui aurait eu besoin de quelques innovations a totalement implosé devant l’analyse fine - très probablement - de Y. Bru, et l’attaque souffrant de ce fait d’une incroyable pénurie de ballons, mais aussi de consignes bien trop défensives, a été quasi inexistante. Elle n’est apparue que par intermittence sur des contres sporadiques. L’ASM a hélas reproduit cette année l’éternelle erreur des finalistes malheureux qui pensent que la solution repose dans une illumination stratégique "de dernière minute" plutôt que dans l’enrichissement de son patrimoine.
Etre au sommet de son art
Et ceci contre vents et marées. C’est l’une des conditions sine qua none de la victoire. Comment Baby peut oublier le ballon à la 40ème minute sur un trois contre un et James vendanger une action similaire 10 minute plus tard en passant le ballon en aveugle à ... un toulousain? Ces deux actions auraient pu sceller le sort de la rencontre pour l’ASM et ceci malgré l’absence de ressources en attaque. Une manque de concentration certain qui est à rapprocher du premier paragraphe: Ce petit plus de volonté qui vous fait réussir votre geste. Cependant, il ne faut pas forcément les en blâmer particulièrement. A force de jouer contre nature on finit par oublier ce que l’on sait le mieux faire. Cela me rappelle la réflexion de Blanco au sortir de la coupe du monde qui se demandait si les 3/4 français savaient encore faire des passes.
Amis auvergnats, je vous avoue être un fervent amateur du "Stade" mais ..... pour une unique raison: le compromis parfaitement dosé entre son jeu de conquête et d’attaque. En cela, les toulousains ont mérité le "bout de bois" cette année. Je reste cependant comme beaucoup de rubipèdes hexagonaux dans l’attente d’une victoire des jaunards pour tout le travail accomplit et la vie que vous apportez dans le championnat tout au long de l’année. Vous nous devez une victoire au plus tard ... l’an prochain. Et si j’avais un dernier conseil saugrenu à vous donner ce serait de changer de maillot, de faire peau neuve, d’oublier les errements de cette dernière finale et enfin de nous servir une potée victorieuse en 2009.
A charge de revanche donc,
Nyhm
#2
Posté 03 juillet 2008 - 11:51
l’éternel noviciat
Clermont Auvergne, Bis et repetita
Les auvergnats ne sont pas les premiers et ne seront probablement pas les derniers à répéter une erreur qui a force d’être récurrente finit par prendre la forme d’une atteinte au bon sens et à la logique sportive. Et il n’est pas nécessaire de remonter bien loin dans le temps pour trouver trace d’un proche parent. Cette finale a fortement fait penser à un remake de la demie finale qui a opposé la France et l’Angleterre lors de "notre" coupe du monde. Non pas dans la forme, mais dans le fond, et cela sans ambiguïté possible.
La finale, cet instant à part
Quelque soit le sport, une finale reste un moment privilégié, l’aboutissement d’un travail de longue haleine que l’on souhaite concrétiser en gravant sur la matière son nom, celui du collectif auquel on appartient, et ceci pour la "postérité". C’est aussi un moment rare à l’échelle d’une vie, la promesse d’une joie que peu d’évènements peuvent surpasser. Et cette idée, lorsque l’on aborde cette confrontation décisive, il est nécessaire de s’en imprégner jusqu’au bout des ongles. Cela forge votre esprit pour les instants à venir. De ce point de vue, le discours des toulousains à la fin du match fut d’ailleurs unanime et remarquable: "Notre génération recelle des joueurs de grands talents mais au regard des anciens nous n’existions pas encore. Il fallait que nous marquions de notre empreinte l’histoire du club". De son côté l’ASM a une nouvelle fois oublié ce précepte primordial. Les divers témoignages en attestent: "C’est en apprenant dans la défaîte que l’on progresse et que l’on finit par gagner. Nous reviendrons plus fort l’an prochain". Grave erreur de penser cela. Ce discours est le stéréotype même de l’éternel perdant qui justifie son acte manqué. L’ASM, ce n’est pas Mignoni, Rougerie et consors, ce n’est pas un raccourci patrimonial sur les deux dernières finales perdues, l’ASM c’est un pays de rugby et une histoire qui remonte aux années 30 avec cette première finale perdue en 36 face au RC Narbonne et une seconde en 37 contre le CS Vienne. Tant que les montferrandais ne rentreront pas sur le terrain avec ce petit supplément d’âme, cette volonté farouche d’offrir à la mémoire des anciens, à ceux de 36, une victoire auvergnate alors ils prêcheront encore et toujours dans la mauvaise paroisse. C’est ce feu sacré qui sublime, transcende un joueur comme on l’entend souvent dire, et qui permet à un Elissalde de tenir une heure sous les coups de boutoir de la douleur pour faire avancer son équipe. Et à l’inverse ce qui empêche un Rougerie de défendre dans un face féroce avec Servat la terre de son embut. On ne peut pas se permettre, quand on présente un tel gabarit, de reculer de 10 mètres sur une charge isolée. Il faut ce bonus de courage, de rage au ventre qui permet de repousser l’envahisseur.
Une préparation adaptée
Au rugby, comme dans beaucoup de sports vous me direz, une finale victorieuse se construit sur son identité, sur ce que l’on sait le mieux faire, en sublimant tout ce vécu par un surplus de créativité. Et c’est en cela que l’ASM de cette année ressemble à l’équipe de France défaite par les anglais en 2007. Plutôt que d’enrichir son style de jeu, de paufiner son savoir-faire, l’ASM est d’une part restée cantonnée sur des bases que le Stade Toulousain a eu amplement le temps de disséquer au regard de l’année écoulée, et d’autre part s’est contrainte à une stratégie défensive qui ne pouvait lui correspondre. A faire deux choses à moitié, on finit par y perdre sa personnalité. Au résultat, le secteur fort de la touche qui aurait eu besoin de quelques innovations a totalement implosé devant l’analyse fine - très probablement - de Y. Bru, et l’attaque souffrant de ce fait d’une incroyable pénurie de ballons, mais aussi de consignes bien trop défensives, a été quasi inexistante. Elle n’est apparue que par intermittence sur des contres sporadiques. L’ASM a hélas reproduit cette année l’éternelle erreur des finalistes malheureux qui pensent que la solution repose dans une illumination stratégique "de dernière minute" plutôt que dans l’enrichissement de son patrimoine.
Etre au sommet de son art
Et ceci contre vents et marées. C’est l’une des conditions sine qua none de la victoire. Comment Baby peut oublier le ballon à la 40ème minute sur un trois contre un et James vendanger une action similaire 10 minute plus tard en passant le ballon en aveugle à ... un toulousain? Ces deux actions auraient pu sceller le sort de la rencontre pour l’ASM et ceci malgré l’absence de ressources en attaque. Une manque de concentration certain qui est à rapprocher du premier paragraphe: Ce petit plus de volonté qui vous fait réussir votre geste. Cependant, il ne faut pas forcément les en blâmer particulièrement. A force de jouer contre nature on finit par oublier ce que l’on sait le mieux faire. Cela me rappelle la réflexion de Blanco au sortir de la coupe du monde qui se demandait si les 3/4 français savaient encore faire des passes.
Amis auvergnats, je vous avoue être un fervent amateur du "Stade" mais ..... pour une unique raison: le compromis parfaitement dosé entre son jeu de conquête et d’attaque. En cela, les toulousains ont mérité le "bout de bois" cette année. Je reste cependant comme beaucoup de rubipèdes hexagonaux dans l’attente d’une victoire des jaunards pour tout le travail accomplit et la vie que vous apportez dans le championnat tout au long de l’année. Vous nous devez une victoire au plus tard ... l’an prochain. Et si j’avais un dernier conseil saugrenu à vous donner ce serait de changer de maillot, de faire peau neuve, d’oublier les errements de cette dernière finale et enfin de nous servir une potée victorieuse en 2009.
A charge de revanche donc,
Nyhm
de belles envolées... mais je crois que ce genre de discours est sans doute aussi à l'origine du surplus de pression....... comme quand les francais rentre sur le pré après avoir entendu la lettre de guy moquet.... le supplément d'âme qui fait les vainqueurs tu le tires de la culture et quand cette culture de la gagne tu ne l'as pas encore dans le club, tu dois la créé, rentré sur terrain pour gagner cette finale, à la vie, à la mort, ce match là et c'est tout... revenir encore et toujours en 36 c'est bon pour les journalistes, les supporters, les discussions d'après matchs... mais le jour J tu joues et tu te défonces pour les mecs qui sont à côté de toi sur le terrain et un peu dans les tribunes...
Cela ne m'étonne guère que ce joli texte gentiment conseilleur ait été écrit par un toulousain mais encore une fois, je le dis et je le répète, l'histoire de ce club s'est écrit dans la deuxième place et ce n'est pas dans cette histoire qu'on ira chercher une première mais en ce tournant vers l'avenir... avec la professionalisation, la coupe du monde, l'intérêt médiatique grandissant pour ce club, la pression est poussé à un extrème difficilement concevable pour quelqu'un qui a gagné 17 titres ...
A Toulouse il y avait 30000 personnes pour accueillir le bouclier sur le Capitole sur une ville de plusieurs centaines de milliers d'habitants... Une telle victoire pour l'asm dépasse allègrement l'entendement, cela serait sans doute, proportionnellement, plus important que les liesses observées pendant la coupe du monde de football..
C'est justement dans l'histoire de notre région, dans l'auvergne et le peuple auvergnat qu'il faut chercher le supplément d'âme nécessaire... il n'y a plus de problème de jeu à ce niveau mais d'enjeu... Toulouse à pris la mesure de l'évènement, pas Clermont, les histoires de nature et contrenature sur une finale de top 14 sont en dehors du sujet...
Le réveil des guerriers auvergnats et le grondement du volcan jaune et bleu est proche, il reste juste à Mario de faire en sorte que chaque joueur entre sur le terrain pour mourir dessus, les armes à la main et la larme à l'oeil, comme il l'a si bien fait avec l'Argentine... L'asm ne joue plus depuis lontemps uniquement pour son compte mais représente une espèce d'équipe nationale d'auvergne ...
Mais le texte est beau quand même, merci
#3
Posté 03 juillet 2008 - 15:36
La finale, cet instant à part
Quelque soit le sport, une finale reste un moment privilégié, l’aboutissement d’un travail de longue haleine que l’on souhaite concrétiser en gravant sur la matière son nom, celui du collectif auquel on appartient, et ceci pour la "postérité". C’est aussi un moment rare à l’échelle d’une vie, la promesse d’une joie que peu d’évènements peuvent surpasser. Et cette idée, lorsque l’on aborde cette confrontation décisive, il est nécessaire de s’en imprégner jusqu’au bout des ongles. Cela forge votre esprit pour les instants à venir. De ce point de vue, le discours des toulousains à la fin du match fut d’ailleurs unanime et remarquable: "Notre génération recelle des joueurs de grands talents mais au regard des anciens nous n’existions pas encore. Il fallait que nous marquions de notre empreinte l’histoire du club". De son côté l’ASM a une nouvelle fois oublié ce précepte primordial. Les divers témoignages en attestent: "C’est en apprenant dans la défaîte que l’on progresse et que l’on finit par gagner. Nous reviendrons plus fort l’an prochain". Grave erreur de penser cela. Ce discours est le stéréotype même de l’éternel perdant qui justifie son acte manqué. L’ASM, ce n’est pas Mignoni, Rougerie et consors, ce n’est pas un raccourci patrimonial sur les deux dernières finales perdues, l’ASM c’est un pays de rugby et une histoire qui remonte aux années 30 avec cette première finale perdue en 36 face au RC Narbonne et une seconde en 37 contre le CS Vienne. Tant que les montferrandais ne rentreront pas sur le terrain avec ce petit supplément d’âme, cette volonté farouche d’offrir à la mémoire des anciens, à ceux de 36, une victoire auvergnate alors ils prêcheront encore et toujours dans la mauvaise paroisse. C’est ce feu sacré qui sublime, transcende un joueur comme on l’entend souvent dire, et qui permet à un Elissalde de tenir une heure sous les coups de boutoir de la douleur pour faire avancer son équipe. Et à l’inverse ce qui empêche un Rougerie de défendre dans un face féroce avec Servat la terre de son embut. On ne peut pas se permettre, quand on présente un tel gabarit, de reculer de 10 mètres sur une charge isolée. Il faut ce bonus de courage, de rage au ventre qui permet de repousser l’envahisseur.
Nyhm
+10
#4
Posté 03 juillet 2008 - 15:43
#5
Posté 03 juillet 2008 - 16:06
Ps: je déplace dans "Articles de presse"
#6
Posté 03 juillet 2008 - 16:11
l’éternel noviciat
Clermont Auvergne, Bis et repetita
Les auvergnats ne sont pas les premiers et ne seront probablement pas les derniers à répéter une erreur qui a force d’être récurrente finit par prendre la forme d’une atteinte au bon sens et à la logique sportive. Et il n’est pas nécessaire de remonter bien loin dans le temps pour trouver trace d’un proche parent. Cette finale a fortement fait penser à un remake de la demie finale qui a opposé la France et l’Angleterre lors de "notre" coupe du monde. Non pas dans la forme, mais dans le fond, et cela sans ambiguïté possible.
La finale, cet instant à part
Quelque soit le sport, une finale reste un moment privilégié, l’aboutissement d’un travail de longue haleine que l’on souhaite concrétiser en gravant sur la matière son nom, celui du collectif auquel on appartient, et ceci pour la "postérité". C’est aussi un moment rare à l’échelle d’une vie, la promesse d’une joie que peu d’évènements peuvent surpasser. Et cette idée, lorsque l’on aborde cette confrontation décisive, il est nécessaire de s’en imprégner jusqu’au bout des ongles. Cela forge votre esprit pour les instants à venir. De ce point de vue, le discours des toulousains à la fin du match fut d’ailleurs unanime et remarquable: "Notre génération recelle des joueurs de grands talents mais au regard des anciens nous n’existions pas encore. Il fallait que nous marquions de notre empreinte l’histoire du club". De son côté l’ASM a une nouvelle fois oublié ce précepte primordial. Les divers témoignages en attestent: "C’est en apprenant dans la défaîte que l’on progresse et que l’on finit par gagner. Nous reviendrons plus fort l’an prochain". Grave erreur de penser cela. Ce discours est le stéréotype même de l’éternel perdant qui justifie son acte manqué. L’ASM, ce n’est pas Mignoni, Rougerie et consors, ce n’est pas un raccourci patrimonial sur les deux dernières finales perdues, l’ASM c’est un pays de rugby et une histoire qui remonte aux années 30 avec cette première finale perdue en 36 face au RC Narbonne et une seconde en 37 contre le CS Vienne. Tant que les montferrandais ne rentreront pas sur le terrain avec ce petit supplément d’âme, cette volonté farouche d’offrir à la mémoire des anciens, à ceux de 36, une victoire auvergnate alors ils prêcheront encore et toujours dans la mauvaise paroisse. C’est ce feu sacré qui sublime, transcende un joueur comme on l’entend souvent dire, et qui permet à un Elissalde de tenir une heure sous les coups de boutoir de la douleur pour faire avancer son équipe. Et à l’inverse ce qui empêche un Rougerie de défendre dans un face féroce avec Servat la terre de son embut. On ne peut pas se permettre, quand on présente un tel gabarit, de reculer de 10 mètres sur une charge isolée. Il faut ce bonus de courage, de rage au ventre qui permet de repousser l’envahisseur.
Une préparation adaptée
Au rugby, comme dans beaucoup de sports vous me direz, une finale victorieuse se construit sur son identité, sur ce que l’on sait le mieux faire, en sublimant tout ce vécu par un surplus de créativité. Et c’est en cela que l’ASM de cette année ressemble à l’équipe de France défaite par les anglais en 2007. Plutôt que d’enrichir son style de jeu, de paufiner son savoir-faire, l’ASM est d’une part restée cantonnée sur des bases que le Stade Toulousain a eu amplement le temps de disséquer au regard de l’année écoulée, et d’autre part s’est contrainte à une stratégie défensive qui ne pouvait lui correspondre. A faire deux choses à moitié, on finit par y perdre sa personnalité. Au résultat, le secteur fort de la touche qui aurait eu besoin de quelques innovations a totalement implosé devant l’analyse fine - très probablement - de Y. Bru, et l’attaque souffrant de ce fait d’une incroyable pénurie de ballons, mais aussi de consignes bien trop défensives, a été quasi inexistante. Elle n’est apparue que par intermittence sur des contres sporadiques. L’ASM a hélas reproduit cette année l’éternelle erreur des finalistes malheureux qui pensent que la solution repose dans une illumination stratégique "de dernière minute" plutôt que dans l’enrichissement de son patrimoine.
Etre au sommet de son art
Et ceci contre vents et marées. C’est l’une des conditions sine qua none de la victoire. Comment Baby peut oublier le ballon à la 40ème minute sur un trois contre un et James vendanger une action similaire 10 minute plus tard en passant le ballon en aveugle à ... un toulousain? Ces deux actions auraient pu sceller le sort de la rencontre pour l’ASM et ceci malgré l’absence de ressources en attaque. Une manque de concentration certain qui est à rapprocher du premier paragraphe: Ce petit plus de volonté qui vous fait réussir votre geste. Cependant, il ne faut pas forcément les en blâmer particulièrement. A force de jouer contre nature on finit par oublier ce que l’on sait le mieux faire. Cela me rappelle la réflexion de Blanco au sortir de la coupe du monde qui se demandait si les 3/4 français savaient encore faire des passes.
Amis auvergnats, je vous avoue être un fervent amateur du "Stade" mais ..... pour une unique raison: le compromis parfaitement dosé entre son jeu de conquête et d’attaque. En cela, les toulousains ont mérité le "bout de bois" cette année. Je reste cependant comme beaucoup de rubipèdes hexagonaux dans l’attente d’une victoire des jaunards pour tout le travail accomplit et la vie que vous apportez dans le championnat tout au long de l’année. Vous nous devez une victoire au plus tard ... l’an prochain. Et si j’avais un dernier conseil saugrenu à vous donner ce serait de changer de maillot, de faire peau neuve, d’oublier les errements de cette dernière finale et enfin de nous servir une potée victorieuse en 2009.
A charge de revanche donc,
Nyhm
Moi je dis à quand le Brennus d'Honneur
#7
Posté 09 juillet 2008 - 10:48
Au bout de la dixième finale j'espère !Moi je dis à quand le Brennus d'Honneur
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