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J Wilkinson, le Rugby et la physique des particules


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3 réponses à ce sujet

#1 Le vieux Tullois

Le vieux Tullois

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Posté 07 juin 2013 - 19:23

Il faut remonter le niveau des débats ( pour qu'ils deviennent des hauts ?)

 

Après l'intermède Abdenour Bidar en philo cet hiver, un peu de science fondamentale avec Etienne Klein

 

http://www.francecul...ique-2013-06-06

 

 transcription du son ...

 

En matière de sport, je me sens davantage aspiré par « le mouvement vertical des cimes » dont parlait Gaston Bachelard que par les jeux sur des terrains plats, horizontaux, rectangulaires et réglementés. Mais les hasards de la vie ont fait que j’ai pu assister ce samedi à la finale du Top 14 au Stade de France, qui a opposé l’équipe de Toulon à celle de Castres.

J’ai trouvé ce spectacle magnifique et cela m’a donné envie d’interroger les liens ou les jeux de correspondance entre physique et rugby.

Evidemment, il y aurait beaucoup de choses à dire, mais faute de temps, je n’en dirai que trois ou quatre.

1)      La première, c’est que les règles du rugby sont quand même très compliquées. Imaginez des Martiens qui viendraient nous observer depuis leur soucoupe volante en restant à une centaine de mètres d’altitude. S’ils voyaient un match de tennis, je pense qu’au bout de trois ou quatre sets ils en auraient compris les règles ; mais pour le rugby, ils pourraient passer des années à voir l’intégralité des matchs du top 14, ils ne comprendraient toujours pas les règles du jeu. D’ailleurs, ils ne verraient même pas le ballon ! Ils devineraient peut-être qu’un objet assez léger est échangé entre les différents protagonistes, une sorte de « boson de jauge de l’interaction rugbystique » qui détermine les positions et les actions des joueurs. Et très franchement, qui a bien pu inventer cette espèce de contradiction cinématique qui consiste à devoir aller de l’avant en ne faisant des passes que vers l’arrière ? Un Anglais, j’imagine…

2)       Au rugby, il y a des moments où de l’ordre semble surgir du chaos, où de la musique émerge du bruit. Des types sont à terre, se chamaillent pour un ballon dont on ne sait pas trop bien où il peut être, mais le ballon finit par sortir de la nasse et tout d’un coup, une belle passe tendue l’expédie au loin, les mouvements des joueurs s’accélèrent, une espèce de musique collective et rythmée se développe, qui se conclut parfois par un essai.

3)      On peut aussi faire une lecture thermodynamique du rugby. L’essentiel de la stratégie, si je l’ai bien saisie, consiste à amener de la température, ou de la force, ou de l’énergie cinétique, ou de la puissance, ou de la masse tout simplement, à des endroits où, chez l’adversaire, il y en a moins. Et donc à créer des déséquilibres entre les deux équipes. C’est aussi avec cet œil-là qu’on peut regarder un match.

4)       Voilà des points qui rapprochent le rugby de la physique. Mais on peut aussi défendre l’idée que le rugby est le contraire de la physique. Je m’explique : un philosophe des sciences, Alexandre Koyré, a écrit que « le pari de la physique moderne, c’est qu’on peut expliquer le réel par l’impossible », c’est-à-dire grâce à des lois qui semblent a priori contradictoires avec l’observation. Par exemple, la véritable loi de la chute des corps dit que tous les corps tombent à la même vitesse, quelle que soit leur masse, et pourtant chacun voit bien que les corps lourds tombent plus vite que les corps légers. Si je vous dis cela, c’est parce que ce samedi soir, je me suis fait la réflexion que le pari du rugby était en fait l’envers de celui de la physique : il est non pas d’expliquer le réel par l’impossible mais de démontrer l’impossibilité de l’impossible par le réel. Je m’explique : un ballon arrive dans les mains d’un joueur et tout d’un coup, il semble prendre une valeur infinie, ce ballon, car dans l’espoir féroce de s’en saisir des types dont les masses flirtent avec le quintal tombent sur le malheureux. Et sans qu’on comprenne bien comment, il parvient pourtant à faire une passe miraculeuse ou à exécuter un drop… A priori, ça semble rigoureusement impossible, mais puisqu’il l’a fait, c’est que ce n’était pas tout à fait impossible... D’un geste, il démontre donc dans le réel l’impossibilité de l’impossible.

Ce samedi, il y avait sur le terrain un joueur prodigieux, Jonny Wilkinson. Or – et c’est par là que je conclurai – Jonny Wilkinson a un lien très personnel avec la physique quantique. Jérôme Fénoglio a d’ailleurs publié dans Le Monde du 7 février 2010 un article intitulé « Jonny Wilkinson, particule élémentaire » dans lequel on pouvait lire :

Buteur à coup sûr et homme rongé d'incertitudes, le plus célèbre rugbyman anglais trouve des réponses à ses tourments dans la physique quantique et l'autodérision. Il faut l'avoir entendu chercher dans son français impeccable la traduction la plus fidèle de son interprétation du principe d'incertitude de Werner Heisenberg, pilier de la physique quantique, pour comprendre que Jonny Wilkinson ne sera jamais un rugbyman comme les autres.

Vous le savez, en physique quantique, le hasard règne en maître et il est irréductible (il faudra d’ailleurs qu’un jour je traite la question de savoir si le hasard est apparu par hasard…). Wilkinson, lui, travaille pendant des heures et des heures à l’entraînement pour réduire au maximum l’intervention du hasard dans la trajectoire du ballon qu’il frappe. C’est sa façon de comprendre le principe d’incertitude. Il faut dire qu’en rugby, le hasard est une notion toute relative : sa part dépend crucialement du joueur. Si je tape dans un ballon, moi qui n’ai jamais joué au rugby, la probabilité qu’il aille dans une direction donnée est la même… pour toutes les directions, sauf peut-être vers l'arrière ou vers le bas! J’ai ce qu’on pourrait appeler un « coup de pied isotrope ». Mais pour Jonny Wilkinson, le mouvement semble au contraire complètement déterminé, il n’y a presque plus aucun hasard dedans. Tout y est entièrement fixé par l’action parfaitement ajustée de la force du pied sur le ballon, la résistance de l’air, etc. Son travail à l’entraînement consiste, j’imagine, à faire en sorte que le déterminisme de son geste soit presque total. Je me suis laissé dire que pour mieux viser le milieu du milieu des poteaux, il voit mentalement une jolie fille qui mange une glace entre les poteaux et tape dans le ballon de sorte qu’il arrache la boule de glace du cornet, ce qui, au passage, n’est pas très gentil…

Il y a deux ans, une grande école d’ingénieurs, l’ENSTA ParisTech, a eu la bonne idée d’organiser une rencontre entre Jonny Wilkinson et des physiciens. Cela a donné un échange tout à fait savoureux, et par la suite un petit livre dont le titre, Rugby quantique, contrairement aux apparences, n’est pas tout à fait un oxymoron…



#2 Mikedusud

Mikedusud

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Posté 07 juin 2013 - 19:40

"Rugby quantique" :blink: 

 

Le Corvec a adoré. :P



#3 ciré47

ciré47

    Joueur de 2ème série

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Posté 07 juin 2013 - 19:50

Punaise, ça fait un choc, mais rien sur la théorie des cordes, dommage car c'est peut être la solution au problème universel du doublé H CUP et BRENNUS !



#4 Dooley

Dooley

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Posté 07 juin 2013 - 23:02

Ca fait 100 ans que les Martiens observent l'ASM à grand renfort de séances vidéo, et ils n'ont encore rien compris à la stratégie montferrandaise: rationnels, ils ignorent le principe terrien de "lositude" qui fait la spécificité de l'entreprise jaune et bleue et ils sont donc convaincus qu'il s'agit d'une gigantesque manoeuvre de diversion visant à une prise de pouvoir sans partage et défifinitive toujours plus imminente; c'est évidemment la raison pour laquelle ils ont jusqu'à présent renoncé à nous envahir. L'ASM aura donc servi à quelque chose...