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RIP Raoul Barriere


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37 réponses à ce sujet

#1 el landeno

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Posté 08 mars 2019 - 21:29

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Raoul Barrière : « Mes racines sont catalanes »
Publié le   vendredi 8 mars 2019 à 15:55 
Raoul Barrière, « le sorcier de Sauclières » (en référence à l'ancien stade de l'AS Béziers), est décédé vendredi à l'âge de 91 ans. L'Équipe republie donc l'interview qu'il nous avait accordée en novembre 2016. Son dernier témoignage avant sa disparition.
Richard Escot dans l'Equipe
Raoul Barrière avait élu domicile dans un vaste corps d'habitation qu'il partageait avec plusieurs membres de sa famille, à une portée de drop de la nouvelle enceinte biterroise, le stade de la Méditerranée. Trois de ses cinq arrières petits-fils sont inscrits à l'école de rugby de l'ASB, les deux autres ne tarderont pas. Son salon regorge d'objets d'arts et de trophées rappelant son épopée biterroise. Après un long échange de presque deux heures, Raoul Barrière nous invitera à déjeuner dans la cuisine attenante en ne cessant pas d'évoquer le rugby, passion chevillée au corps et le verbe choisi. 

« Quand avez-vous eu, la première fois, senti la nécessité de professionnaliser l'entraînement de l'AS Béziers ?
Voilà un terme qui va à l'encontre de mes idéaux. Je suis contre le professionnalisme en matière de rugby. Pas contre le fait de donner l'argent aux joueurs, non : ce qui me gêne, c'est que ce jeu ne progresse pas à cause des Britanniques qui changent régulièrement les règles pour le rendre acceptable. Si un jour on en vient à supprimer le combat, on supprimera l'essence de ce jeu. 

Pouvez-vous définir ce qu'est le combat ?
C'est une opposition au corps. Le rugby est le seul sport collectif où ça existe. 

Entraîneur de Béziers, où placiez-vous le combat ?
Partout. Et d'abord dans l'arrêt physique de l'adversaire. Il s'agit d'arrêter le porteur du ballon, de le faire reculer, puis de le mettre au sol et l'amoindrir pour lui enlever l'envie de tromper notre défense. Mais cette idée, je ne l'ai pas utilisée. Pendant quarante ans, j'ai été professeur de gymnastique et mon plus grand souci a été de préserver la santé physique des pratiquants, quels qu'ils soient. 

Comment avez-vous travaillé le combat à l'entraînement avec l'AS Béziers ?
Attendu que le combat peut être douloureux, tous les entraînements, y compris parfois le matin du match, étaient avec opposition réelle, avec plaquage autorisé. Quelques fois, les joueurs s'invectivaient, mais je m'en foutais. 

En quoi consistait le jeu de Béziers ?
Devant, c'était millimétré. J'expliquais à chaque joueur le pourquoi du comment des positions. Sans vidéo, car nous n'avions pas cet outil à l'époque. Une fois que nous avions rectifié un mauvais placement, il ne fallait pas que le fautif recommence sinon il prenait un « savon ». Personne ne déconnait à l'entraînement. C'était banni. En mêlée, nous avions axé la poussée sur le talonneur adverse, dont la colonne vertébrale constitue le point névralgique de la mêlée. Nos deux deuxième-ligne poussaient vers cet axe, mais les arbitres ne nous laissaient pas faire. Pourtant, la règle permettait différentes interprétations des liaisons. En fait, ce qui me gêne dans le rugby, c'est que la règle n'est pas appliquée comme elle est écrite. 

« J'ai basculé vers le rugby parce qu'il y avait des coups de tronche à recevoir et à donner. On est cons, hein ? » 

 

Vous avez été aussi le premier à utiliser les centres pour créer des points d'impact au centre du terrain...
Non, les Sud-Africains l'ont fait avant moi. Nous avions des attaquants très costauds, comme Henri Mioch (1,80m, 98 kg), et je voulais utiliser leurs caractéristiques pour éliminer physiquement l'adversaire et construire des regroupements en se positionnant pour avoir un bloc qui avance. Notre meilleur marqueur était un ailier, René Séguier, et de beaux essais, nous en avons marqué. Mais ces histoires de style, je m'en foutais. 

Dans quels domaines avez-vous innové durant les années 70 ?
Nous avions payé un cameraman pour filmer nos adversaires avant les rencontres de phase finale, afin d'analyser leur jeu. Je soumettais aussi les joueurs à divers tests, sanguins, proprioceptifs, physiologiques et cardiaques, à l'université de Montpellier. Ça me permettait de pister leur hygiène de vie. La préparation physique, c'était mon cheval de bataille. Nous sommes passés rapidement à la VO2 max, la consommation maximale d'oxygène. En revanche, j'étais contre la fonte, la musculation lourde avec les haltères. Je considérais que c'était nuisible au développement du foncier. Il y a beaucoup de course en rugby. Je ne voulais pas de mecs qui tirent la langue. 

Comment avez-vous découvert le rugby ?
Je suis né à Béziers mais mes racines sont catalanes. J'ai été bercé par les histoires que me racontaient mon père et mes oncles quand ils m'emmenaient au stade Aimé-Giral. À huit ans, j'ai rejoint mon frère à l'école sportive de Béziers. On pratiquait rugby, football, basket et gymnastique. J'ai basculé vers le rugby parce qu'il y avait des coups de tronche à recevoir et à donner. On est cons, hein ? 

Pourquoi existe-t-il une telle rivalité entre Béziers et Perpignan ?
Mon grand-père me racontait que dans son village, à Baixas (à côté de l'actuel aéroport de Perpignan), les adolescents se donnaient rendez-vous dans un champ et se battaient à coups de pierres qu'ils se lançaient dessus. Ça courrait dans tous les sens mais parfois il y en a un qui prenait une pierre sur la tête. Ça s'appelait l'aspadragade. Par ici, nous vivons depuis très longtemps entourés de violence. Moi aussi, j'ai connu ces déchaînements de chauvinisme local. Souvent, à l'issue des matches juniors entre Béziers et Perpignan, mais aussi avec Carcassonne et Narbonne, ça tombait épais. On se barrait vite fait dans les vignes. Les supporteurs arrachaient les piquets et nous poursuivaient ! 

Pourquoi, alors que vous êtes catalan, n'avoir pas entraîné Perpignan ?
C'est mon plus grand regret. Ça a failli se faire et ça tenu à un coup de fil. En 1980, à une heure d'écart, j'entraînais Perpignan plutôt que Narbonne. Quand j'ai donné mon accord à Narbonne, un dirigeant de l'USAP m'a téléphoné pour me signaler que c'était bon pour eux. J'ai des principes : je ne pouvais pas revenir sur une parole donnée. Je l'ai regretté (silence). Qu'est-ce que j'aurais aimé entraîner l'USAP... Je vais vous avouer quelque chose : quand on a joué la finale contre l'USAP, en 1977 (victoire, 12-4), tous mes enfants étaient en bleu et rouge. Quand on est arrivé au Parc des Princes, mes cousins, mes tantes et mes oncles étaient en sang et or. Ça m'a travaillé. Presque déchiré. C'est la seule victoire en finale que je n'ai pas appréciée. »  

 


#2 RCV06

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Posté 08 mars 2019 - 21:41

Une tranche d'histoire qui se ferme, je partage totalement sa vision du rugby et les raisons qui ont motivé son choix.

Ça va pas améliorer mon image de vieux con ça !!

Respect !! :crying:



#3 castrais avant tout

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Posté 09 mars 2019 - 00:00

Triste nouvelle!
Cetait Un très grand technicien, un vrai scientifique de ce jeu qui na peut-être pas eu la reconnaissance quil méritait puisque après son conflit avec Esteve et son départ de Beziers, il na plus eu sa chance dans un grand club.
Cetait Un peu le Urios de lépoque, un vrai homme entier et passionné qui cherchait en permanence de nouvelles solutions

#4 ELSAZOAM

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Posté 09 mars 2019 - 07:19

Quand j'entendais le nom de Raoul Barrière, je pensais immédiatement à l'AS Béziers...

Un grand serviteur de rugby est parti.

RIP Raoul !



#5 jm12

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Posté 09 mars 2019 - 07:26

J ' ai eu le privilège de le cotoyer comme joueur puis kiné de l 'équipe du  S O M  RUGBY lors de ses deux saisons comme coach…..une page se tourne et l 'on ne peut qu'être attristé par cette nouvelle et nous fait mesurer que tout passe et nous aussi !

 

A cette époque nous avions contacté sans succès BRAVO et BOUCHEIX de l ' A S MONTFERRAND...mais ça ne s'est pas fait d'un cheveux...c 'était hier !


Une tranche d'histoire qui se ferme, je partage totalement sa vision du rugby et les raisons qui ont motivé son choix.

Ça va pas améliorer mon image de vieux con ça !!

Respect !! :crying:

 

C 'était une autre époque et un autre jeu de rugby….les relances des mecs de derrière, crois moi il n 'aimait pas trop ça...et à part d'être sourd , tu t' en rappelais !


Quand j'entendais le nom de Raoul Barrière, je pensais immédiatement à l'AS Béziers...

Un grand serviteur de rugby est parti.

RIP Raoul !

 

Ben dans le SUD OUEST à l 'époque on subissait plus d'insultes que d'applaudissements ...mais le temps passe et efface tout.



#6 frednirom

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Posté 09 mars 2019 - 08:01

« Il va voir c’est qui Raoul » .
L’expression a été inspiré par lui ?

#7 RCV06

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Posté 09 mars 2019 - 10:21

« Il va voir c’est qui Raoul » .
L’expression a ,été inspiré par lui ?

Je pense pas, il était pas connu à ce point la, le rugby était quand même très confidentiel, seuls les internationaux étaient un peu connus à travers le tournoi.



#8 claude63500

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Posté 09 mars 2019 - 11:03

« Il va voir c’est qui Raoul » .
L’expression a été inspiré par lui ?

non,ça vient du film "les tontons flingueurs"



#9 Arverne03

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Posté 09 mars 2019 - 12:58

"Nous avions payé un cameraman pour filmer nos adversaires"

 

Le gros plus, qui a fait la différence bien souvent ! Un sacré innovateur Raoul BARRIERE !  B)



#10 Tikibadze

Tikibadze

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Posté 09 mars 2019 - 14:14

« Il va voir c’est qui Raoul » .
L’expression a été inspiré par lui ?

Au départ c'était Alain Barrière mais "il va voir qui c'est Alain" ça sonnait moyen.

#11 zone et beu

zone et beu

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Posté 09 mars 2019 - 14:24

Au départ c'était Alain Barrière mais "il va voir qui c'est Alain" ça sonnait moyen.

Quel Kon Tiki

Thor Heyerdahl



#12 Viktor B. Féru de Novès

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Posté 09 mars 2019 - 14:31

Au départ c'était Alain Barrière mais "il va voir qui c'est Alain" ça sonnait moyen.


Casino Volfoni ça n'allait pas non plus

#13 frednirom

frednirom

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Posté 09 mars 2019 - 15:53

non,ça vient du film "les tontons flingueurs"

ok , le film  "les tontons flingueurs" a donc inspiré le film "les tontons flingueurs". 



#14 bazooka

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Posté 09 mars 2019 - 17:25

Au revoir Monsieur :hat:



#15 jp66

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Posté 09 mars 2019 - 21:50

RIP ...

Il a raison, enfants, les petits catalans aimaient "s'espadraguer" ... à Collioure on se bagarrait tous les ans à Pâques entre ceux de la ville et du faubourg, mais nous on avait une variante du fait de la mer, on se jetait des oursins ou on se foutait à l'eau ... et comme on avait aussi le château, on se jetait des blocs du haut des remparts ... c'était très gai !  :lol:

Sacré bonhomme tout de même ...  :hat:






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