Et quand nous présentes tu ton livre (ou nouveau livre) en Auvergne ? j'ai hâte de le lire !!!! Normal, quant on voit que tu cultives ce "JARDIN" là .......
ce livre la ne se lit pas..il se vit !
et a force de suivre ces mysterieux panneaux,< autres directions >qui invitent a l aventure ,qui sait ...
en attendant ... bonne lecture
Guerre après Guerre, La Guerre à neuf ans (2006) [ Pascal Jardin ]
Editeur : Grasset Collection : Les Cahiers Rouges
Jubilation d’aimer.
Ecrivain hors-normes, Pascal Jardin est de la race des flambeurs : de vie, d’amour, de mots, de situations désespérément cocasses, et l’on ne peut ni décrire ni résumer ses livres – je veux parler ici de La guerre à neuf ans, et surtout Guerre après Guerre, ce dernier récit tenant du feu d’artifices stylistique. Son fils Alexandre écrit dans la Préface à l’édition Grasset dans la Collection Cahiers Rouges : « « ces pages sont celles d’un foutraque convoquant sans cesse le romanesque. » C’est vrai, on nage en plein dionysiaque, en folie de brûler à chaque instant toutes les fêtes de vivre en même temps, c’est là un souffle rare en littérature, une suite d’explosions, une rage de vivre à côté de laquelle la pseudo fureur de se sentir exister, à la James Dean, fait figure de carton pâte pour patronnage. C’est bien le moins de reconnaître à la littérature la prééminence, et une belle longueur d’avance sur le cinéma. Passion d’aimer, quand tu nous tiens… Oui, « façon d’être en liberté totale », en roue libre, et jubilation permanente d’aimer la vie dans tous les excès qu’on lui donne, et ne pas avoir la moindre envie de s’en excuser. Un extrait dira tout, après quoi, il ne vous restera qu’à le lire, avec fièvre et gratitude. Pascal Jardin ou la jeunesse éternelle. « Moi j’ai quinze ans. Je n’ai plus de boutons. J’ai le cœur qui voyage dans le sillage d’une femme. (…) comme j’aime, je suis. Je découvre à grands gestes les cheveux, l’odeur, les pieds, les mains, le ventre, la nuque, les reins, les cils, les yeux et derrière eux le jeu, le cœur, l’âme. Je découvre la femme, c’est gigantesque. « L’ensemble se présente comme un conte de fées amoral. Je suis heureux. Le temps a quitté pour moi le ralenti désespérant qu’il prend pendant l’enfance. (…) Le monde est à ma main. Les oiseaux ne chantent que pour moi. La musique, c’est pour moi. Le vin, c’est pour moi. Tout est à moi. Je viens d’entrer dans la courte période où l’on est véritablement propriétaire de l’univers. Et je pense à tous les sacrifiés qui prennent chaque matin le chemin des écoles, des grandes et des petites. A ceux qui rêvent leur vie au lieu de la brûler. Les pauvres mis honteusement à la porte de leur propre existence, avant que d’avoir vécu, ne serait-ce qu’une heure, parqués à la concentrationnaire, condamnés aux plus horribles des travaux forcés, ceux de la culture obligatoire, placés sous la férule des plus dangereux geôliers, les universitaires, des monstres malgré eux, car ne sachant rien d’autre que ce qu’ils ont appris. (…) comme on lit mieux un livre sur l’épaule d’une femme. Je claque une fortune… Je commande mes chemises par douze douzaines, je dessine mes briquets et les fais exécuter par Boucheron…Je fais bâtir sur les bords d’un lac italien une réplique exacte du petit Trianon. » Plongez, rythme endiablé rime ici avec volupté.