J'ai vécu l'époque Saisset et j'étais encore abonné quand on se prenait pas loin de 100 points en 2 rencontres de Hcup contre Leicester ou qu'on gagnait péniblement contre Pau à la maison, et que l'entraineur de l'époque te racontait que pour gagner il ne fallait pas avoir le ballon...
Je reconnais l'immense apport de Cotter qui m'a réconcilié avec l'idée que je me fais du rugby et qui nous a rendu notre fierté de soutenir ce club (depuis 45 ans en ce qui me concerne).
Nous sommes les champions des phases régulières et du beau jeu, admiré partout en Europe : dont acte.
Ces résultats s'inscrivent dans la continuité depuis la saison 2006/2007 et sont à la hauteur de notre budget, de notre effectif, de nos infrastructures et de notre public; ça n'est pas rien et ça n'allait pas de soit jusqu'à l'arrivée de Cotter. Les compétences sont là, mais pas toutes visiblement si on ne s'en tient qu'aux faits et au ratio finale jouées/victoires.
Pour ne parler que de l'ère Cotter, on ne dispose visiblement pas de LA compétence qui te permet de concrétiser la saison par un titre, celui qui fait que tu passes du statut d'admiré à celui de respecté.
Si les agités de la rade, certains commentateurs "spécialistes" également, s'autorisent en quasi permanence à balancer des sous entendus insultants c'est bien parce que ce club n'est pas respecté. Tout simplement parce que son palmarès inspire au mieux de la compassion, au pire de la dérision.
J'ajouterai que la (non) communication du club participe largement à entretenir ce sentiment de résignation.
Quand le patron en prend plein la gueule sans réagir quels peuvent être les sentiments des employés... ?
Tu as entendu les agités balancer sur Toulouse avant la demie de top 14 ? NON ! Tout simplement parce que le palmarès du ST interdit ce genre de dérives alors qu'insulter Michelin et le club qu'il soutient ça fait sourire, si ce n'est la France entière, tout au moins le microcosme de l'ovalie.
Bref ça c'est pour les éléments structurels qui, quoiqu'on en dise, font partie de l'ADN de ce club.
Cotter l'avait d'ailleurs parfaitement identifié en citant "l'éléphant dans la pièce dont il fallait parler" suite au non match de la finale de 2008 face au ST.
http://www.lefigaro....lermontois-.php
Un certain Blondeau fut même sollicité en avril 2009...
Terminés les défilés triomphants après une défaite, les propos lénifiants du Président dans les vestiaires où dans le car, il prenait les pleins pouvoirs et... une nouvelle gamelle contre l'Usap.
Heureusement, il y eut 2010 et la 1ère révolte des joueurs et l'Usap qui endossa le costume de victime consentante ce jour là. On pouvait enfin basculer dans une autre ère. Délaisser l'encre des regrets pour écrire un palmarès à la hauteur des moyens et des ambitions affichées.
Mais le mal conjoncturel rodait. Une compo improbable (Lavéa/Sénio) au RCF et on se retrouve sorti de la Hcup pour se vautrer en 1/2 de l'Amlin face au SF et dans la foulée du top 14 contre le ST, en prenant une belle fessée. Bref sur l'euphorie du titre encore fêté, pas grave mais quand même embêtant.
La conjoncture du mal a rodé un peu plus fort l'an dernier lors de la demie contre Toulon et, peut être injustement, à Bordeaux contre le Leinster, mais l'encre des regrets était bien, à nouveau, de mise pour écrire la continuité de l'histoire.
A nouveau, cette année et peut être plus que jamais tous les voyants étaient au vert. Mais pour les avertis, déjà à Montpellier contre le Munster, l'ombre des doutes a plané quelques instants. Un bien pour un mal, nous sommes nous rassurés, ils ne seront que plus concentrés à Dublin.
Sauf que, c'était sans compter sur la mayonnaise à Mourad bien assaisonnée par Bernie.
Avec le recul, je pense que cette mayonnaise a joué son rôle : faire grimper le taux d'hormones des frustrés de la rade et, peut être inconsciemment, poussé nos joueurs à vouloir les marquer par le jeu, par un 3ème essai, alors qu'il suffisait de les garder la tête sous l'eau, sans panache, mais avec intelligence.
Certains se sont vu trop beaux, trop vite, à Dublin. Les hormones de l'euphorie ne sont pas de mise à ce niveau. Le manque de discernement sur la succession de rucks qui amène la pénalité jouée vite par Michalack et en suivant la relance fatale qui aboutit à l'essai du RCT relèvent de cet état d'esprit.
Les bonnes hormones, celles qui font la différence, c'est celles qui ont poussé Bastareaud a jeter ses 110 kg aux 4 coins du terrain et pas celles de Nalaga qui trottine gentiment vers BJ en difficulté ou celles de Byrne qui trainasse dans les rucks en délaissant la couverture du terrain.
Le surplus d'hormones bien placées c'est Botha qui vient croquer Fofana et son euphorie suicidaire.
Bref, pour en revenir à Cotter, je ne peux pas penser une seule seconde qu'à la vidéo il ne se soit pas aperçu de ce constat. Qu'il reconduise ses titulaires indéfectibles contre le CO est pour moi totalement incompréhensible.
Il a les clés pour gagner un championnat régulier en faisant tourner son effectif (toujours les mêmes, souvent...) mais il n'a pas trouvé, le palmarès le démontre cruellement, les bons leviers permettant de concrétiser le travail accompli pendant une saison.
En ce sens là, il faut passer à autre chose si ce club veut avoir une chance d'inverser l'histoire, et ça ne concerne pas que Cotter.
"Celui qui ne connaît pas l'histoire est condamné à la revivre". Mourad, si il y a une qualité que je lui attribue volontiers c'est de connaître l'histoire, celle de l'ASM en particulier.
Dédicace à notre cyber député en souvenir de vieilles joutes où, déjà, il était question de clés de la réussite perdues dans les méandres de l'histoire.