Posté 26 novembre 2005 - 23:24
Les Bleus en apothéose
Le combat était bel et bien au rendez-vous au Stade de France entre des Sud-Africains remontés et des Bleus appliqués. Incisifs à l’impact et solidaires en défense, les hommes de Laporte ont réussi leur pari en l'emportant (26-20), concluant ainsi en beauté la tournée d’automne en enseignements.
Par Guillaume Serres
L’envie de bien faire
Disputé dans des conditions difficiles sur un terrain lourd, le dernier match des Bleus s’annonçait des plus physiques face à des Sud-Africains maîtres dans le combat. Mais, à l’image d’un Yannick Nyanga incisif sur la première offensive des Bleus, le XV de France se rassurait d’entrée en répondant présent dans l’engagement. Le troisième ligne tricolore s’illustrait de nouveau quelques secondes plus tard en s’échappant le long de la ligne de touche sur un service d’Aurélien Rougerie. Résistant à plusieurs plaquages, l’ancien Biterrois retrouvait à l’intérieur son ancien coéquipier, l’explosif Dimitri Szarzewski, qui s’arrachait pour inscrire le premier essai de la partie (7-0, 4e). Surpris par cette entame magnifique, les Boks avaient l’occasion de revenir mais Montgomery manquait de peu la cible (6e). Peu après, profitant d’une attaque sud-africaine sans vitesse, le diablotin Frédéric Michalak interceptait la balle pour filer 70 mètres plus loin à l’essai (12-0, 9e). Il n’en fallait pas plus pour déclencher la hola dans un Stade de France enivré.
Bien décidé à profiter de toutes les fautes adverses, Jean-Baptiste Elissalde bénéficiait d’une brutalité Bok pour ajuster sa première pénalité et porter le score à 15-0 pour les Bleus (15e). Blessé à la gorge après un contact toujours à la limite avec Smit, le capitaine Jérôme Thion devait quitter ses partenaires, laissant sa place à Gregory Lamboley (19e) et le capitanat à Elissalde. Bien que volontaires dans le jeu, les Français perdait quelques munitions intéressantes dans l'alignement mais l’envie et l’agressivité des hommes de Laporte empêchaient les Boks de développer leurs actions. Bousculés comme rarement, les hommes de Jack White multipliaient d’ailleurs les approximations et les mauvais choix.
Sereins et inspirés offensivement, les arrières français provoquaient systématiquement leurs adversaires et Michalak, Castaignède et consorts démontraient toute leur vivacité face à une défense rugueuse mais dépassée. Sur leur unique véritable attaque, les coéquipiers de Percy Montgomery trouvaient enfin la faille dans la muraille Bleue, obtenant logiquement la pénalité. L’occasion pour l’arrière sud-africain d’inscrire les premiers points de son équipe (15-3, 37e) peu avant que l’arbitre ne siffle la mi-temps.
La muraille tient bon
De retour sur le pré, les hommes de Laporte confirmaient leurs ambitions et Elissalde profitait du bon pressing des siens pour marquer une nouvelle pénalité (18-3, 42e). Vexés, les Boks reprenaient rapidement la main et Marcus Botha s’échappait sur l’aile. Bien qu’ayant semble-t-il mis le pied en touche sur le plaquage d’Heymans, l’arbitre accordait l’essai au Bok dans un Stade de France médusé. Si le coup du sort relançait la partie, les Bleus continuaient néanmoins à presser et sur une mêlée d’école, Elissalde fixait dans le petit côté avant de glisser une offrande au pied pour Aurélien Rougerie. L’ailier Clermontois s’emparait logiquement de la balle pour plonger dans l’en-but et marquer le troisième essai tricolore (23-10, 47e).
Reculant pour la première fois sur les impacts, les Bleus étaient contraints à la faute et Montgomery redonnait de l’espoir aux siens (23-13, 56e). C’était le moment choisi par l’encadrement français pour apporter du sang frais avec les rentrées successives de Marconnet puis Bruno, en lieu et place de Milloud et Szarzewski. Peu après, Frédéric Michalak ne manquait pas l’opportunité d’ajouter trois points dans l’escarcelle Bleue (26-13, 58e). Mis sous pression à quelques mètres de leur ligne suite à un en-avant d’Heymans, les Tricolores devaient soudainement dresser les barbelés pour contrer l’impact Bok. Solidaires et appliqués, les coéquipiers d’Elissalde ne cédaient pas, repoussant tour à tour les nombreuses charges adverses. Subitement réduits à un combat d’avants, le match perdait quelque peu en intensité et Thomas Castaignède profitait de quelques ballons pour faire admirer la finesse de son jeu au pied et renvoyer les Boks dans leur camp. Malmenés, les joueurs de Jack White n’abdiquaient pas et le centre Fourie prenait superbement l’intervalle pour marquer le deuxième essai des siens et relancer totalement la partie (26-20, 75e). Revenus à portée des Tricolores, les Sud-Africains jouaient d’ailleurs leurs dernières munitions à la main mais la muraille bleue ne cédait pas, comblant inlassablement le moindre espace. C’est en toute logique que l’arbitre sifflait la fin du match devant des joueurs épuisés et des supporteurs comblés.
Face à des Springboks remontés, qui avaient pour objectif de s’imposer avec la manière afin de clore en beauté leur saison internationale, les Bleus de France ont réussi leur pari : convaincre sur la durée et prouver que le jeu prôné est le bon. Impressionnant d’engagement face aux Sud-Africains, le XV de France a semble-t-il digéré la sévère déconvenue encaissée l’an passé face aux Blacks (6-45). Résolument tournés vers 2007, les Bleus ont désormais l’assurance que le potentiel est là. Sans les Pelous, Magne, Betsen, Papé ou encore Baby et Dominici, le XV de France a démontré toute sa valeur et les retours réussis des deux Thomas, Castaignède et Lièvremont, ainsi que les avènements de Rémy Martin et Yannick Nyanga en troisième-ligne, prouvent la richesse du rugby tricolore. Il faudra maintenant attendre jusqu’au 5 février prochain, et un déplacement à Murrayfield pour la première journée du Tournoi des VI Nations, pour revoir à l’œuvre ces Bleus plein de promesses.
Livescoring des matches