Aller au contenu


Photo

INTERVIEW MARC LIEVREMONT


Ce sujet a été archivé. Cela signifie que vous ne pouvez pas répondre à ce sujet.
2 réponses à ce sujet

#1 Passè à l'Ouest

Passè à l'Ouest

    Hobereau d'Anjou

  • Membres
  • PipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPip
  • 36 570 messages

Posté 05 mai 2009 - 07:30

LANCIEN DORT ENCORE :cartonrouge:
GRILLE LANCIEN :P
.......PAR UN DJEUNE :fume:





«En France, chacun ne défend que ses intérêts personnels»

Rugby. Marc Lièvremont dresse le bilan de ses dix-huit mois à la tête de la sélection tricolore :




Successeur de Bernard Laporte après l’échec de la Coupe du monde de rugby 2007, Marc Lièvremont, 40 ans, dirige depuis maintenant un an et demi le XV de France - assisté d’Emile N’Tamack et Didier Retière. A mi-chemin entre un Tournoi des six nations en dents de scie (défaite en Irlande, victoire probante contre le Pays de Galles, humiliation à Twickenham face à l’Angleterre) et une tournée, en juin dans l’hémisphère Sud (1), qui s’annonce particulièrement délicate avec des joueurs à peine libérés du championnat, le sélectionneur évoque sans détour son bilan mitigé, ainsi que la situation du rugby professionnel français, sur laquelle il émet un avis sévère.



Comment expliquez-vous une telle irrégularité du XV de France ?

L’organisation du rugby français est extrêmement chaotique. Quand on compare avec le temps de travail dont disposent les nations concurrentes - et je ne parle même pas des pays du Sud qui ont leurs joueurs six mois par an -, j’éprouve énormément de frustration. Pourtant, je nous sens potentiellement proches. Prenez l’Irlande : on dit depuis longtemps qu’elle a quasiment les meilleurs joueurs du monde à certains postes, plus une organisation basée sur deux provinces uniquement, une priorité donnée à l’équipe nationale, et ils sont passés par quatre ou cinq ans de mauvais résultats avant de gagner enfin un Grand Chelem. Nous, on est loin du compte.

Il y a dix-huit mois, l’équipe de France s’est trouvée orpheline de nombreux cadres. Il a fallu construire une conquête, chercher une charnière, repartir sur de nouvelles orientations avec un temps de travail dérisoire. Quand j’entends certains affirmer que le rugby français se met à poil pour la sélection nationale, ça me fait hurler tellement j’ai une impression de bricolage au quotidien.

Votre turnover intensif peut-il aussi expliquer certaines défaillances ?

(Agacé) Il faut tenir compte des tenants et aboutissants. Le seul que j’assume, c’est pour le premier tournoi. Quand Ibanez, De Villiers, Pelous, Magne et Betsen ont arrêté, il a bien fallu trouver des gars pour les remplacer, et nous avons révélé au haut niveau des joueurs qui n’existaient pas : Barcella, Domingo, Kayser, Milo-Chluski, Jacquet, Ouedraogo, devenus des cadres en six ou sept sélections. Cela compense la part d’échec. De plus, depuis novembre, nous fonctionnons avec un effectif resserré.

Il y a également cette difficulté récurrente à trouver une charnière stable…

Une semaine avant le Tournoi, j’ai perdu mes deux numéros 10, blessés en championnat, puis trois numéros 9 en trois matchs de compétition. Plus les contre-performances des uns et des autres. Là, Tillous-Bordes vient de se blesser et ne partira pas en tournée. Voilà la réalité, qui renvoie encore à l’organisation catastrophique du rugby français.

La France, actuellement 8e au classement IRB, est-elle à sa juste place ?

Sans doute, puisque ce classement est établi à partir des résultats des équipes. En même temps, derrière la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud et l’Australie, on ne m’ôtera pas de l’idée que les choses peuvent se jouer à pas grand-chose.

Qu’est ce qui va empêcher le XV de France d’aller se faire découper dans l’hémisphère Sud, comme ce fut le cas, avec un effectif bis, lors de la dernière expédition ?

Cette fois, on part sans les finalistes du championnat, qui vont nous rejoindre trois jours avant un test-match avec onze heures de décalage horaire, tout ça après une saison de onze mois. Et on ne les a pas vus depuis trois mois ! Aucune nation ne peut prétendre à de bons résultats avec un tel fonctionnement.

Mais ça reste «moins pire» que l’an dernier : il nous manquait les joueurs des quatre équipes demi-finalistes. Nous arrivons ponctuellement à rivaliser, mais il existe un fossé avec les nations du Sud, comme on l’a encore vu lors des tests de novembre, à une époque où les nations du Nord sont plutôt bien préparées. Difficile de ne pas se sentir frustré. Quand je vois le niveau actuel de certaines équipes du Top 14 par rapport à la concurrence internationale, c’est à désespérer. Nous reculons quand tous les autres pays continuent d’avancer.

On vous a reproché d’avoir jugé vos joueurs au cas par cas dans Sud Ouest…

Je m’en veux. J’ai toujours refusé de tomber dans la critique individuelle par voie de presse. Si je dois parler à un joueur, c’est en tête-à-tête. J’ai reçu un journaliste deux heures chez moi, et il n’a gardé que les aspects négatifs, sans nuance. Sur Skrela ou Elissalde, par exemple, je disais aussi que c’était deux grands compétiteurs intelligents qui vont jouer la phase finale du championnat et rien n’est figé. Mais, une fois écrites, les choses deviennent définitives. Le lendemain, un mec de l’Equipe attend les Toulousains avec l’article et c’est parti.

Comment analysez-vous le mauvais bilan des clubs français en Coupe d’Europe ?

On est un peu «gangrenés» par les joueurs étrangers, qui représentent 40 % du Top 14. En ce moment, je prépare une tournée des Espoirs et j’ai vraiment du mal à trouver des jeunes de 22 ou 23 ans talentueux. Certes, Toulouse, le Stade français ou Clermont-Ferrand ont juste raté à chaque fois le match qu’il ne fallait pas perdre. Mais, sans critiquer les entraîneurs, le Top 14 n’est pas bon : hyper long, rigide en termes d’intention, hétérogène… Quand je regarde un Bath-Saracens, ça fait une sacrée différence.

Pourtant, de plus en plus de stars mondiales affluent !

Parce que le championnat est économiquement attractif. Mais voyez ce que certaines de ces individualités deviennent au bout d’un an : prenez Collins à Toulon, ou Kelleher à Toulouse qui, après avoir été éblouissant une saison, semble rentrer dans le rang !

(Silence) C’est chiant, tout ça donne une interview négative. Ce n’est pas l’image que je veux donner, mais je suis assez remonté en ce moment. J’attendais beaucoup de l’élection d’un nouveau président, j’escomptais que tout le monde se mette à la même table pour échanger, reconsidérer les problèmes. Or, chacun continue de ne défendre que ses intérêts personnels.

Quelles seraient vos préconisations ?

Déjà, un championnat plus serré, en sachant que cela restreindrait la répartition géographique des clubs, alors que certaines régions sont déjà sinistrées. Mais quand même : notre rugby comporte quarante-neuf dates sur une année ! Il faudrait réduire l’élite, plafonner le nombre de matchs qu’un joueur peut disputer par saison, tenir compte des avancées au niveau de la recherche physiologique - on sait qu’à partir de X impacts sur X matchs le risque de blessure est démultiplié. Et il y a de plus en plus de casse dans le championnat !

(1) Contre la Nouvelle-Zélande les 13 et 20 juin, l’Australie le 27.

#2 JB 03

JB 03

  • Modérateurs
  • PipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPip
  • 28 736 messages

Posté 05 mai 2009 - 08:16

Très fort, il a révélé au haut niveau Jacquet, Millo-Chulski et Kayser.... Énorme !!! :fume:

Kelleher à Toulouse qui, après avoir été éblouissant une saison, semble rentrer dans le rang !


Si ça c'est pas une bonne nouvelle ! Guytou va faire un caca nerveux en lisant ça, à moins que ce soit une nouvelle fois les journalistes qui ne traduisent pas correctement les propos du sélectionneur.

#3 dungannon92

dungannon92

    Champion du Monde

  • Membres
  • PipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPip
  • 32 507 messages

Posté 05 mai 2009 - 08:36

ITW parue dans le Libé d'hier. Toujours prêt pour l'auto-critique, Lièvremont.