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Tournoi des Six Nations 2020


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1474 réponses à ce sujet

#706 grospaquet33

grospaquet33

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Posté 08 février 2020 - 19:34

Match affreux à cause des conditions de merde. Va vraiment falloir réfléchir à ce problème. C’est plus possible de jouer dans de telles conditions 



#707 Silhouette

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Posté 08 février 2020 - 19:36

Match affreux à cause des conditions de merde. Va vraiment falloir réfléchir à ce problème. C’est plus possible de jouer dans de telles conditions 

?! 

 

Si on veut, on peut imaginer un autre sport qui se jouerait en gymnase, qui serait de l'Arena rugby. Mais le rugby a XV, ca se joue en exterieur, et en hiver (c'est pas pour rien que la treve est placee en ete), je vois pas en quoi le match etait affreux dans ce contexte.


  • le nougatier, obewan, zone et beu et 4 autres aiment ceci

#708 George Abitbol

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Posté 08 février 2020 - 19:36

Match affreux à cause des conditions de merde. Va vraiment falloir réfléchir à ce problème. C’est plus possible de jouer dans de telles conditions

Il faut limiter les matchs au Millenum stadium et à la défense arena. B)

#709 grospaquet33

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Posté 08 février 2020 - 19:44

Il faut limiter les matchs au Millenum stadium et à la défense arena. B)

Oui et ailleurs. Des toits, ça se construit. 
ce type de match n’est que de la bouillie de rugby. 



#710 tekilapaf

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Posté 08 février 2020 - 19:48

Match affreux à cause des conditions de merde. Va vraiment falloir réfléchir à ce problème. C’est plus possible de jouer dans de telles conditions 

 

On est pas en Asie, c'était pas un typhon non plus.

 

Regardes comment ils jouent en ligue celte

 


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#711 Codoràvie

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Posté 08 février 2020 - 19:49

Sieur Cazalbou, si tu me lis, serait-il possible de te rappeler comment ton crochet du droit était si efficace par le passé afin d'éteindre totalement ton voisin incompétent le temps du match ?

Merci d'avance.

Ce mec est vraiment con comme un Bellet.



#712 Arvernos_zebdiu

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Posté 08 février 2020 - 19:51

 
On est pas en Asie, c'était pas un typhon non plus.
 
Regardes comment ils jouent en ligue celte
 
https://youtu.be/LnCTqhVYbBs



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#713 julien

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Posté 08 février 2020 - 20:02

Match affreux à cause des conditions de merde. Va vraiment falloir réfléchir à ce problème. C’est plus possible de jouer dans de telles conditions 

 

demain il y aura encore plus de vent...



#714 George Abitbol

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Posté 08 février 2020 - 20:04

Normal, j'ai mangé des haricots. B)



#715 grospaquet33

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Posté 08 février 2020 - 20:05



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Mdr!

 

Ça a été validé?



#716 le nougatier

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Posté 08 février 2020 - 20:14

Mdr!

 

Ça a été validé?

Ben oui.



#717 RCV06

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Posté 08 février 2020 - 21:17

Confirmation contre l Écosse que les angliches sont pas mal a coté de leur pompes, ça n enlève rien a la valeur de notre victoire mais ça doit tempérer ceux qui nous voit déjà grands chlemards



#718 George Abitbol

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Posté 08 février 2020 - 21:22

Confirmation contre l Écosse que les angliches sont pas mal a coté de leur pompes, ça n enlève rien a la valeur de notre victoire mais ça doit tempérer ceux qui nous voit déjà grands chlemards

 

On n'est pas à l'abri d'avoir 100% de victoire après les deux premières journées. B)


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#719 Le vieux Tullois

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Posté 08 février 2020 - 21:38

Le Monde 8 février 2020

 

« Flower of Scotland », l’hymne des braves

Par Marie-Béatrice Baudet

 

ENQUÊTELes rugbymen anglais affrontent les Ecossais ce samedi à Edimbourg. Le stade devrait résonner de la chanson populaire, avec un écho particulier depuis que le Brexit a réveillé les désirs d’indépendance.

Les 67 144 tickets ont tous été vendus, « sold out » répète en boucle une voix féminine sur le répondeur de la Scottish Rugby Union (SRU), la fédération écossaise de rugby. Samedi 8 février, son stade, Murrayfield, affichera complet.

L’Angleterre vient y défier à Edimbourg le XV du Chardon et, en cette année 2020, les connaisseurs promettent de la sueur et des larmes, en clair, le grand frisson. A les écouter, la joute s’annonce singulière, différente des autres rencontres qui ont tant de fois mis en scène la rancœur entre le peuple écossais et l’envahisseur anglais, ennemi de toujours, combattu sur les champs de bataille depuis le Moyen Age jusqu’au 1er mai 1707, jour d’entrée en vigueur du traité d’Union.

Les soubresauts géopolitiques qui agitent aujourd’hui les deux nations voisines expliquent en partie les prophéties des experts. Le 31 janvier, le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne (UE), un Brexit auquel 62 % des Ecossais étaient opposés.

Depuis, beaucoup ne décolèrent pas, unis dans l’opposition à la politique conservatrice menée à Londres mais frustrés de leur impuissance face à Boris Johnson, détesté. Le Scottish National Party (SNP), le parti indépendantiste, est de nouveau en embuscade, décidé à organiser un second référendum sur l’indépendance, six ans après celui de 2014, où 55 % des Ecossais avaient rejeté sa proposition de larguer les amarres.

En ce début février, le drapeau européen pourrait bien flotter dans les tribunes de Murrayfield aux côtés de la croix de saint André, l’emblème bleu et blanc de l’Ecosse que les nationalistes aiment tant peindre sur leurs visages.

2020 – drôle d’année décidément – célèbre aussi un anniversaire que personne, dans les pubs d’Edimbourg et de Glasgow, n’a oublié : il y a trente ans, l’Ecosse battait l’Angleterre 13-7 à Murrayfield. Un match mythique. Mieux, un cri patriotique qui souleva, en son temps, une question toujours d’actualité : si l’Ecosse devenait indépendante, quel serait son hymne national ?

« On aurait dit de fiers gladiateurs »

Le 17 mars 1990, les deux équipes présentes sur le terrain sont en mesure de gagner le tournoi – qui n’était alors que des cinq nations – et de réaliser le Grand Chelem. Le XV de la Rose, donné favori, est persuadé de vaincre. Dans les gradins, des supporteurs anglais arborent déjà des tee-shirts « Grand Chelem 1990 », folle arrogance. Le stade est bondé. Côté écossais, la pièce de théâtre, secrètement mise en scène par le capitaine David Sole et ses coéquipiers, peut commencer.

Premier acte : la sortie des vestiaires. « Comme d’habitude, les Anglais ont déboulé sur la pelouse en courant », se souvient John Jeffrey, l’infatigable troisième ligne écossais, 60 ans aujourd’hui. « Nous, nous avons marché la tête haute, comme David nous l’avait demandé. On aurait dit de fiers gladiateurs pénétrant dans l’arène », raconte, encore troublé, l’ancien numéro 6, surnommé par ses pairs « le Grand Requin blanc », « car j’étais connu pour faire des allers-retours sur le terrain à la recherche des plus belles proies parmi mes adversaires du jour ». Mais, confesse-t-il en riant, « tout le monde savait que j’avais un faible pour les mollets anglais ».

Le deuxième acte du spectacle est gravé à jamais dans les mémoires locales. Cette fois-ci, la Fédération écossaise de rugby a été mise dans la confidence ; impossible de faire autrement, puisque tout doit se jouer au moment du cérémonial – très officiel – des hymnes.

Alors que les cornemuses viennent de finir le God Save The Queen joué en l’honneur des Anglais, un lourd silence tombe sur Murrayfield. Les images de l’époque montrent David Sole se tourner vers la fanfare du 1er bataillon du régiment d’infanterie britannique, les Gordon Highlanders, et faire un discret signe de tête. Flower of Scotland, une chanson à faire frissonner tout un stade, retentit alors, reprise en chœur par des milliers et des milliers de poitrines. Sur la chaîne de télévision écossaise, le journaliste, ému aux larmes, parvient seulement à murmurer qu’il n’a jamais ressenti une telle sensation.

Ce n’était pas la première fois, pourtant, que cette ballade créée en 1967 par un duo folklorique d’Edimbourg, The Corries, et perçue comme passionnément antianglaise, remplaçait l’hymne britannique adopté depuis des décennies par l’Ecosse, bien malgré elle. La chanson avait été testée en catimini à l’automne 1989 lors d’un match amical contre les Fidji, puis interprétée une deuxième fois contre la France, le 17 février 1990 ; une simple répétition, en réalité, avant le bouquet final du 17 mars où deux couplets – du jamais-vu – sont exécutés.

Dès lors, Flower of Scotland devient l’hymne – non officiel – de tout un peuple. « Si nous avons décidé de faire jouer cet air populaire, c’était pour emmener le public avec nous afin qu’il nous soutienne sans relâche pendant toute la partie. Et c’est ce qui s’est passé, la foule est devenue notre seizième joueur », témoigne l’ancien centre Sean Lineen, qui entraîne désormais la sélection nationale des moins de 20 ans.

Le troisième acte de la pièce peint des Ecossais galvanisés, résistant jusqu’à la dernière minute aux assauts anglais, sous les applaudissements de la princesse Anne, fidèle soutien du XV du Chardon, dont elle est la marraine.

Avant de partir fêter la victoire dans un night-club, les vingt et un héros inscrits sur la feuille de match iront enregistrer dans un studio de télévision d’Edimbourg un disque devenu aujourd’hui collector. Sur la pochette, les joueurs photographiés en kilt. A l’intérieur, un seul chant : Flower of Scotland. Depuis, cet air s’est fait connaître et apprécier à l’étranger, même dans les stades de football. En France, les supporteurs ultras du Paris Saint-Germain (PSG) l’ont repris dès la fin des années 1990 en y accolant des paroles à la gloire de la capitale (Oh Ville Lumière).

Un autre air dans les meetings du SNP

Samedi, les joueurs de 2020 pénétreront-ils sur la pelouse de Murrayfield en marchant afin de « briser la routine anglaise », consigne scrupuleusement observée par leurs aînés il y a trente ans ? Leur coach, Gregor Townsend, ancien demi d’ouverture de l’équipe nationale, a mille fois entendu le récit du 17 mars 1990. Qu’a-t-il décidé ? Rien n’a filtré à Oriam, le centre d’entraînement des sportifs écossais, dans la banlieue vallonnée d’Edimbourg.

« Comment l’Ecosse a-t-elle pu accepter que le “God Save The Queen” soit joué pour elle pendant si longtemps ? Ce n’est pas un hymne unioniste mais un hymne anglais », conteste Christian Allard

Le 31 janvier 2020, Brexit oblige, le député européen franco-britannique Christian Allard a dû renoncer à son siège. Au Parlement de Strasbourg, il siégeait au sein du groupe des Verts-Alliance libre européenne. Exilé depuis trente ans et marié à une Ecossaise, ce solide quinquagénaire natif de la Côte-d’Or qui aime porter le kilt et le spencer est un ancien élu du SNP. Désormais simple conseiller municipal à Aberdeen, il se souvient très bien de la prestation de 1990 et ne manquerait pour rien au monde celle de samedi.

« Comment l’Ecosse a-t-elle pu accepter que le God Save The Queen soit joué pour elle pendant si longtemps ? Ce n’est pas un hymne unioniste mais un hymne anglais, qui célèbre la royauté et Dieu, pas vraiment des valeurs républicaines », conteste-t-il.

 

Dans les meetings du SNP, raconte ce farouche indépendantiste, c’est plutôt Scots Wha Hae qui est chanté, un air patriote écrit en scots, une langue traditionnelle, par le vénéré poète écossais Robert Burns (1759-1796).

Mais, convient Christian Allard, « David Sole et ses complices ont eu raison de choisir Flower of Scotland, beaucoup plus populaire et dont les paroles sont régulièrement imprimées dans les quotidiens écossais avant une rencontre sportive ».

« Le dilemme » de nombre d’Ecossais

En 2014, le SNP tenta vainement d’embrigader les vainqueurs du 17 mars 1990 dans la campagne en faveur de l’indépendance, persuadé que le choix d’entonner Flower of Scotland et leur détermination sur le terrain traduisaient une sincère volonté politique de chasser l’Anglais hors d’Ecosse. Devenu patron d’un cabinet de conseil qui propose du coaching aux chefs d’entreprise, David Sole dut expliquer publiquement qu’il était au contraire en faveur du non, la seule réponse économique pertinente, selon lui. Beaucoup de ses coéquipiers firent de même.

« Eh oui, regrette Christian Allard, David Sole incarne parfaitement le dilemme de nombre de mes concitoyens qui se vivent comme de hardis Ecossais mais ne parviennent pas à se sortir de cette drôle d’Union, qui dure depuis maintenant plus de trois cents ans. »

Est-ce en raison de l’échec de cette tentative de récupération que, dans son livre blanc intitulé Scotland’s Future et publié pour défendre le oui au référendum de 2014, le SNP oublia d’évoquer la question d’un hymne national alors que le drapeau, la langue officielle et même le gouvernement étaient déjà choisis ?

D’ailleurs, adopter un hymne, oui, mais lequel ? Depuis trois ans, l’indépendantiste Robert Murray, 62 ans, travaille à la question, et le plus sérieusement possible.

Cet homme a deux vies. Le jour, il est le propriétaire de « Robert Murray Stamp shop », une boutique située au nord d’Edimbourg, près du Firth of Forth, où les collectionneurs de timbres, de monnaie et de médailles viennent chercher leur bonheur. C’est le dernier sanctuaire philatélique de la ville, tous les magasins concurrents ayant disparu faute de clientèle. Le soir, Bob donne libre cours à son autre passion : la musique. Avec sa bande de copains, il joue des airs traditionnels ou improvise dans les cafés de la vieille ville.

La bataille de Bannockburn

Mais ce barde à la voix mélodieuse s’est également fixé une mission politique : faire découvrir à ses compatriotes quelques chansons du répertoire écossais susceptibles de devenir un jour l’hymne de sa nation chérie, afin qu’ils puissent trancher en connaissance de cause.

« Bien sûr qu’il faut y songer sérieusement, argumente-t-il. Les choses bougent vite, comme vous savez. L’histoire de l’Europe en est un témoignage vibrant. Le gouvernement de Boris Johnson peut sauter d’ici à quelques mois, qui sait ? »

Sans surprise, Flower of Scotland figure dans sa liste. Pédagogue, il explique qu’elle se réfère à la bataille de Bannockburn, où en 1314, Robert Bruce vainquit le roi Edouard II d’Angleterre pendant la première guerre d’indépendance. Et il confirme surtout, sourire aux lèvres, que contrairement à ce que beaucoup d’étrangers pensent, Flower of Scotland ne fait pas référence au chardon mais à la fine fleur de la nation écossaise appelée, dans la ballade, à prendre la relève des troupes de Robert Bruce pour bouter hors des frontières l’ennemi ancestral.

« Vous avez entendu le bémol ? Il est dans la version originale des Corries mais il est impossible à rendre à la grande cornemuse »

Sa voix s’élève soudain dans la boutique, au milieu des dizaines d’albums de timbres rangés en hauteur sur les étagères en bois : « Mais nous pouvons encore nous dresser et être à nouveau la Nation/Qui s’est dressée contre lui/L’armée du fier Edouard/Et l’ont renvoyé chez lui/Pour réfléchir à nouveau. »

Robert Murray bat la mesure et insiste sur une note : « Vous avez entendu le bémol ? Il est dans la version originale des Corries, mais il est impossible à rendre à la grande cornemuse. Ce serait un peu bizarre, non, de choisir un hymne impossible à jouer sur notre instrument fétiche ? » Préférerait-il Scots Wha Hae ? Scotland The Brave ? Freedom Come-All-Ye ? Impossible de le savoir. Bob refuse d’influencer qui que ce soit en indiquant pour quelle musique son cœur patriote bat la chamade.

Bémol ou pas bémol, une chose est certaine : samedi, quand les sonneurs lanceront Flower of Scotland à Murrayfield, l’émotion sera à son comble. Deux couplets seront joués, bien sûr. Dans les tribunes, qu’ils soient en faveur ou non de l’indépendance, on peut parier que les braves de 1990 à nouveau réunis, John Jeffrey et Sean Lineen en tête, chanteront haut et fort.


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#720 RCV06

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Posté 08 février 2020 - 21:56

 

Le Monde 8 février 2020

 

« Flower of Scotland », l’hymne des braves

Par Marie-Béatrice Baudet

 

ENQUÊTELes rugbymen anglais affrontent les Ecossais ce samedi à Edimbourg. Le stade devrait résonner de la chanson populaire, avec un écho particulier depuis que le Brexit a réveillé les désirs d’indépendance.

Les 67 144 tickets ont tous été vendus, « sold out » répète en boucle une voix féminine sur le répondeur de la Scottish Rugby Union (SRU), la fédération écossaise de rugby. Samedi 8 février, son stade, Murrayfield, affichera complet.

L’Angleterre vient y défier à Edimbourg le XV du Chardon et, en cette année 2020, les connaisseurs promettent de la sueur et des larmes, en clair, le grand frisson. A les écouter, la joute s’annonce singulière, différente des autres rencontres qui ont tant de fois mis en scène la rancœur entre le peuple écossais et l’envahisseur anglais, ennemi de toujours, combattu sur les champs de bataille depuis le Moyen Age jusqu’au 1er mai 1707, jour d’entrée en vigueur du traité d’Union.

Les soubresauts géopolitiques qui agitent aujourd’hui les deux nations voisines expliquent en partie les prophéties des experts. Le 31 janvier, le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne (UE), un Brexit auquel 62 % des Ecossais étaient opposés.

Depuis, beaucoup ne décolèrent pas, unis dans l’opposition à la politique conservatrice menée à Londres mais frustrés de leur impuissance face à Boris Johnson, détesté. Le Scottish National Party (SNP), le parti indépendantiste, est de nouveau en embuscade, décidé à organiser un second référendum sur l’indépendance, six ans après celui de 2014, où 55 % des Ecossais avaient rejeté sa proposition de larguer les amarres.

En ce début février, le drapeau européen pourrait bien flotter dans les tribunes de Murrayfield aux côtés de la croix de saint André, l’emblème bleu et blanc de l’Ecosse que les nationalistes aiment tant peindre sur leurs visages.

2020 – drôle d’année décidément – célèbre aussi un anniversaire que personne, dans les pubs d’Edimbourg et de Glasgow, n’a oublié : il y a trente ans, l’Ecosse battait l’Angleterre 13-7 à Murrayfield. Un match mythique. Mieux, un cri patriotique qui souleva, en son temps, une question toujours d’actualité : si l’Ecosse devenait indépendante, quel serait son hymne national ?

« On aurait dit de fiers gladiateurs »

Le 17 mars 1990, les deux équipes présentes sur le terrain sont en mesure de gagner le tournoi – qui n’était alors que des cinq nations – et de réaliser le Grand Chelem. Le XV de la Rose, donné favori, est persuadé de vaincre. Dans les gradins, des supporteurs anglais arborent déjà des tee-shirts « Grand Chelem 1990 », folle arrogance. Le stade est bondé. Côté écossais, la pièce de théâtre, secrètement mise en scène par le capitaine David Sole et ses coéquipiers, peut commencer.

Premier acte : la sortie des vestiaires. « Comme d’habitude, les Anglais ont déboulé sur la pelouse en courant », se souvient John Jeffrey, l’infatigable troisième ligne écossais, 60 ans aujourd’hui. « Nous, nous avons marché la tête haute, comme David nous l’avait demandé. On aurait dit de fiers gladiateurs pénétrant dans l’arène », raconte, encore troublé, l’ancien numéro 6, surnommé par ses pairs « le Grand Requin blanc », « car j’étais connu pour faire des allers-retours sur le terrain à la recherche des plus belles proies parmi mes adversaires du jour ». Mais, confesse-t-il en riant, « tout le monde savait que j’avais un faible pour les mollets anglais ».

Le deuxième acte du spectacle est gravé à jamais dans les mémoires locales. Cette fois-ci, la Fédération écossaise de rugby a été mise dans la confidence ; impossible de faire autrement, puisque tout doit se jouer au moment du cérémonial – très officiel – des hymnes.

Alors que les cornemuses viennent de finir le God Save The Queen joué en l’honneur des Anglais, un lourd silence tombe sur Murrayfield. Les images de l’époque montrent David Sole se tourner vers la fanfare du 1er bataillon du régiment d’infanterie britannique, les Gordon Highlanders, et faire un discret signe de tête. Flower of Scotland, une chanson à faire frissonner tout un stade, retentit alors, reprise en chœur par des milliers et des milliers de poitrines. Sur la chaîne de télévision écossaise, le journaliste, ému aux larmes, parvient seulement à murmurer qu’il n’a jamais ressenti une telle sensation.

Ce n’était pas la première fois, pourtant, que cette ballade créée en 1967 par un duo folklorique d’Edimbourg, The Corries, et perçue comme passionnément antianglaise, remplaçait l’hymne britannique adopté depuis des décennies par l’Ecosse, bien malgré elle. La chanson avait été testée en catimini à l’automne 1989 lors d’un match amical contre les Fidji, puis interprétée une deuxième fois contre la France, le 17 février 1990 ; une simple répétition, en réalité, avant le bouquet final du 17 mars où deux couplets – du jamais-vu – sont exécutés.

Dès lors, Flower of Scotland devient l’hymne – non officiel – de tout un peuple. « Si nous avons décidé de faire jouer cet air populaire, c’était pour emmener le public avec nous afin qu’il nous soutienne sans relâche pendant toute la partie. Et c’est ce qui s’est passé, la foule est devenue notre seizième joueur », témoigne l’ancien centre Sean Lineen, qui entraîne désormais la sélection nationale des moins de 20 ans.

Le troisième acte de la pièce peint des Ecossais galvanisés, résistant jusqu’à la dernière minute aux assauts anglais, sous les applaudissements de la princesse Anne, fidèle soutien du XV du Chardon, dont elle est la marraine.

Avant de partir fêter la victoire dans un night-club, les vingt et un héros inscrits sur la feuille de match iront enregistrer dans un studio de télévision d’Edimbourg un disque devenu aujourd’hui collector. Sur la pochette, les joueurs photographiés en kilt. A l’intérieur, un seul chant : Flower of Scotland. Depuis, cet air s’est fait connaître et apprécier à l’étranger, même dans les stades de football. En France, les supporteurs ultras du Paris Saint-Germain (PSG) l’ont repris dès la fin des années 1990 en y accolant des paroles à la gloire de la capitale (Oh Ville Lumière).

Un autre air dans les meetings du SNP

Samedi, les joueurs de 2020 pénétreront-ils sur la pelouse de Murrayfield en marchant afin de « briser la routine anglaise », consigne scrupuleusement observée par leurs aînés il y a trente ans ? Leur coach, Gregor Townsend, ancien demi d’ouverture de l’équipe nationale, a mille fois entendu le récit du 17 mars 1990. Qu’a-t-il décidé ? Rien n’a filtré à Oriam, le centre d’entraînement des sportifs écossais, dans la banlieue vallonnée d’Edimbourg.

« Comment l’Ecosse a-t-elle pu accepter que le “God Save The Queen” soit joué pour elle pendant si longtemps ? Ce n’est pas un hymne unioniste mais un hymne anglais », conteste Christian Allard

Le 31 janvier 2020, Brexit oblige, le député européen franco-britannique Christian Allard a dû renoncer à son siège. Au Parlement de Strasbourg, il siégeait au sein du groupe des Verts-Alliance libre européenne. Exilé depuis trente ans et marié à une Ecossaise, ce solide quinquagénaire natif de la Côte-d’Or qui aime porter le kilt et le spencer est un ancien élu du SNP. Désormais simple conseiller municipal à Aberdeen, il se souvient très bien de la prestation de 1990 et ne manquerait pour rien au monde celle de samedi.

« Comment l’Ecosse a-t-elle pu accepter que le God Save The Queen soit joué pour elle pendant si longtemps ? Ce n’est pas un hymne unioniste mais un hymne anglais, qui célèbre la royauté et Dieu, pas vraiment des valeurs républicaines », conteste-t-il.

 

Dans les meetings du SNP, raconte ce farouche indépendantiste, c’est plutôt Scots Wha Hae qui est chanté, un air patriote écrit en scots, une langue traditionnelle, par le vénéré poète écossais Robert Burns (1759-1796).

Mais, convient Christian Allard, « David Sole et ses complices ont eu raison de choisir Flower of Scotland, beaucoup plus populaire et dont les paroles sont régulièrement imprimées dans les quotidiens écossais avant une rencontre sportive ».

« Le dilemme » de nombre d’Ecossais

En 2014, le SNP tenta vainement d’embrigader les vainqueurs du 17 mars 1990 dans la campagne en faveur de l’indépendance, persuadé que le choix d’entonner Flower of Scotland et leur détermination sur le terrain traduisaient une sincère volonté politique de chasser l’Anglais hors d’Ecosse. Devenu patron d’un cabinet de conseil qui propose du coaching aux chefs d’entreprise, David Sole dut expliquer publiquement qu’il était au contraire en faveur du non, la seule réponse économique pertinente, selon lui. Beaucoup de ses coéquipiers firent de même.

« Eh oui, regrette Christian Allard, David Sole incarne parfaitement le dilemme de nombre de mes concitoyens qui se vivent comme de hardis Ecossais mais ne parviennent pas à se sortir de cette drôle d’Union, qui dure depuis maintenant plus de trois cents ans. »

Est-ce en raison de l’échec de cette tentative de récupération que, dans son livre blanc intitulé Scotland’s Future et publié pour défendre le oui au référendum de 2014, le SNP oublia d’évoquer la question d’un hymne national alors que le drapeau, la langue officielle et même le gouvernement étaient déjà choisis ?

D’ailleurs, adopter un hymne, oui, mais lequel ? Depuis trois ans, l’indépendantiste Robert Murray, 62 ans, travaille à la question, et le plus sérieusement possible.

Cet homme a deux vies. Le jour, il est le propriétaire de « Robert Murray Stamp shop », une boutique située au nord d’Edimbourg, près du Firth of Forth, où les collectionneurs de timbres, de monnaie et de médailles viennent chercher leur bonheur. C’est le dernier sanctuaire philatélique de la ville, tous les magasins concurrents ayant disparu faute de clientèle. Le soir, Bob donne libre cours à son autre passion : la musique. Avec sa bande de copains, il joue des airs traditionnels ou improvise dans les cafés de la vieille ville.

La bataille de Bannockburn

Mais ce barde à la voix mélodieuse s’est également fixé une mission politique : faire découvrir à ses compatriotes quelques chansons du répertoire écossais susceptibles de devenir un jour l’hymne de sa nation chérie, afin qu’ils puissent trancher en connaissance de cause.

« Bien sûr qu’il faut y songer sérieusement, argumente-t-il. Les choses bougent vite, comme vous savez. L’histoire de l’Europe en est un témoignage vibrant. Le gouvernement de Boris Johnson peut sauter d’ici à quelques mois, qui sait ? »

Sans surprise, Flower of Scotland figure dans sa liste. Pédagogue, il explique qu’elle se réfère à la bataille de Bannockburn, où en 1314, Robert Bruce vainquit le roi Edouard II d’Angleterre pendant la première guerre d’indépendance. Et il confirme surtout, sourire aux lèvres, que contrairement à ce que beaucoup d’étrangers pensent, Flower of Scotland ne fait pas référence au chardon mais à la fine fleur de la nation écossaise appelée, dans la ballade, à prendre la relève des troupes de Robert Bruce pour bouter hors des frontières l’ennemi ancestral.

« Vous avez entendu le bémol ? Il est dans la version originale des Corries mais il est impossible à rendre à la grande cornemuse »

Sa voix s’élève soudain dans la boutique, au milieu des dizaines d’albums de timbres rangés en hauteur sur les étagères en bois : « Mais nous pouvons encore nous dresser et être à nouveau la Nation/Qui s’est dressée contre lui/L’armée du fier Edouard/Et l’ont renvoyé chez lui/Pour réfléchir à nouveau. »

Robert Murray bat la mesure et insiste sur une note : « Vous avez entendu le bémol ? Il est dans la version originale des Corries, mais il est impossible à rendre à la grande cornemuse. Ce serait un peu bizarre, non, de choisir un hymne impossible à jouer sur notre instrument fétiche ? » Préférerait-il Scots Wha Hae ? Scotland The Brave ? Freedom Come-All-Ye ? Impossible de le savoir. Bob refuse d’influencer qui que ce soit en indiquant pour quelle musique son cœur patriote bat la chamade.

Bémol ou pas bémol, une chose est certaine : samedi, quand les sonneurs lanceront Flower of Scotland à Murrayfield, l’émotion sera à son comble. Deux couplets seront joués, bien sûr. Dans les tribunes, qu’ils soient en faveur ou non de l’indépendance, on peut parier que les braves de 1990 à nouveau réunis, John Jeffrey et Sean Lineen en tête, chanteront haut et fort.

 

Je me rappelle bien avoir vu ce match et l entrée en marchant des Ecossais et du premier Flowers of Scotland






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