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Pierre Michel Bonnot


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11 réponses à ce sujet

#1 el landeno

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Posté 03 août 2020 - 20:29

certains l'ont ici souvent brocardé, je l'ai le plus souvent aimé, sans le vénérer comme le regretté Denis Lalanne
  L'hommage de Vincent Duluc à Pierre Michel Bonnot avant son départ de « L'Équipe » Après plus de quarante ans à « L'Équipe », Pierre Michel Bonnot prend sa retraite. Les acteurs du rugby victimes de son humour et de sa causticité, dans un style sans pareil, en seront soulagés. Les autres seront moins consolables.
par Vincent Duluc
 


Parfois, un lecteur qui l'avait reconnu à ses moustaches osait l'aborder d'un « J'aime bien ce que vous faites, mais vos phrases sont trop longues, c'est compliqué ». La réponse, juste avant le demi-tour droite, ne traînait pas : « Ben oui, ça se mérite. »



D'autres fois, c'était un pilier agacé qui lui demandait s'il avait joué au rugby, au moins, pour s'autoriser ces avis tranchés dans le vif-argent, cette causticité et cette méchanceté drôle qui donnaient à leurs victimes une célébrité passagère et inespérée. S'il avait envie de parler, il citait Antoine Blondin, qui avait émis un avis définitif sur la question (« Pas besoin de se promener avec une plume dans le cul pour écrire sur les Folies Bergères »), ou alors il lâchait : « Non, j'ai fait danse classique, mais dans le fond, c'est la même chose. »


Une mémoire phénoménale
En vrai, Pierre Michel Bonnot, qui vient de mettre un terme à quarante-deux ans passés à L'Équipe, avait joué en Division Honneur à Fontainebleau (l'équivalent de la quatrième division de l'époque), et sur le rugby comme sur le golf, Audiard ou la chanson sociale d'avant-guerre, quiconque l'a approché à différentes heures de la journée et de la nuit sait combien il en connaît un rayon, et même des pans entiers de bibliothèque, du haut d'une mémoire phénoménale.



La retraite de Pierre Michel Bonnot dans son village à la lisière de l'un des plus beaux golfs du monde, à Fontainebleau, émarge au rang des pages d'un journal que l'on tourne avec solennité et quelque nostalgie, déjà, mais sans quitter un sourire. Pigiste à partir de 1978, embauché le 1er janvier 1981, le même jour qu'Henri Bru, un autre grand ancien de la rubrique rugby, il aura incarné la tradition d'écriture, les jours d'équipe de France ou de Masters à Augusta, qui s'attachait à Denis Lalanne, son prédécesseur dans l'exercice du « chapo », ces papiers éditorialisés au souffle long.


Déjà vachard, drôle et pertinent au tennis féminin
Denis Lalanne, disparu en décembre dernier, à l'âge de 93 ans, avait passé trente-six ans à L'Équipe, et à sa retraite en 1991, c'était « PMB », son surnom pour faire court, qui avait hérité des chapos du rugby, et parfois du golf : quitte à assumer l'héritage, autant de ne pas négliger les trésors cachés. Il s'était auparavant promené au tennis, à L'Équipe magazine, et la WTA des années 80 avait été soulagée de ses changements d'aiguillage, parce qu'il était déjà vachard, drôle et pertinent.



Alors que son épouse, Dominique, était elle-même ancienne joueuse de première série et attachée à la cause, dans ces colonnes, qu'elle occupa pendant plus de trente ans, Il n'y avait que lui pour décrire l'arrivée de Chris Evert sur un court en ménagère affairée et un peu raide, « avec ses raquettes sortant du sac comme des poireaux dépassent du cabas », mais, au fond, il y en aura eu pour tout le monde, pas de jaloux, et ce serait pire encore pour les speakers des stades (« c'est pas personnel, c'est la profession », rétorqua-t-il à l'un d'entre eux.)



« Là où il casse vraiment les c..., c'est qu'il a raison la plupart du temps »


Un entraîneur, au sujet de Pierre Michel Bonnot


  
 


Un de nos plus anciens souvenirs de lecteur remonte à une Coupe Galea à Vichy, en 1984, et à cette saillie à propos d'un joueur alors enveloppé, une formule parmi mille à venir : « À le voir, on peut se demander si Edouardo Masso ne prend pas du pain pour pousser ses pizzas ou terminer ses nouilles. » Il y aurait aussi les paris, innombrables, et il avait gagné le jour où il avait placé « vomi de porc » dans un papier très sérieux, battant Denis Lalanne qui n'avait pas osé et s'était contenté de « marc de café ».



Mais l'erreur consisterait, avec lui, à ne s'attacher qu'à la forme et à l'accuser de méchanceté gratuite, parce que tout était réfléchi, tout pouvait être argumenté, au point qu'un entraîneur finisse par lâcher : « Là où il casse vraiment les c..., c'est qu'il a raison la plupart du temps. » Au milieu de ses inventions stylistiques, de ces formules hilarantes, de ces coups de scie qui parsemaient ses papiers aussi vite que sa répartie dans les conversations, ont toujours passé une vraie compétence technique, une culture sportive exceptionnelle, ainsi qu'une tendance certaine à se méfier de l'unanimité, et donc à défendre les gars dans le dur.



« Niveau mauvaise foi, il est dans le top 5 mondial. Cela confine à l'art. Mais surtout, pour moi, c'est le plus Britannique des journalistes français, par sa position »


Jérôme Bureau, ancien directeur de la rédaction de « L'Équipe »


  
 


C'est qu'il serait difficile de lui souhaiter une belle retraite sans rendre hommage à sa manière de ne jamais avoir tort, au point d'avoir répondu, un jour qu'il était coincé par une argumentation imparable, pris dans ses 22 : « Il n'y a que la mauvaise foi qui sauve. » Jérôme Bureau, ancien directeur de la rédaction de L'Équipe de 1993 à 2003, résume : « Niveau mauvaise foi, il est dans le top 5 mondial. Cela confine à l'art. Mais surtout, pour moi, c'est le plus Britannique des journalistes français, par sa position, les sports traités, sa façon d'à peine adresser la parole aux gens qui composent son sujet, et de donner un avis qui joue un rôle majeur. Fontainebleau, d'ailleurs, c'est presque l'Angleterre. »



Joyeusement indifférent à la ponctuation, qui a fait s'arracher les cheveux à plusieurs générations de relecteurs, fâché avec l'infinitif sans jamais avoir eu l'intention de se réconcilier, respectant assez le matériel pour ne pas explorer plus avant les possibilités informatiques de l'époque, Pierre Michel compose un bougon au sens de l'amitié durable, un bon camarade qui sait défendre les plus jeunes montés au feu. Doué pour le compagnonnage des tournées ou des Coupes du monde, où il commandait les verres par deux à partir d'une certaine heure (« des fois qu'ils ferment »), à moins qu'il ait décidé de ne pas boire une goutte pendant deux mois, dans son désintérêt des zones grises, il ne s'est pas toujours tenu à grande distance de ses sujets : il aura vécu une aventure à part avec le Racing des années papillon, parce que Philippe Guillard était un petit frère depuis leurs jeunes années à Fontainebleau, et qu'il avait de l'amitié pour la plupart des autres.



lire aussi
Denis Lalanne, par Philippe Brunel : « Oui, j'ai sublimé. À mon insu »



De même que la retraite de Denis Lalanne avait laissé un vide qu'il avait su remplir, son départ laisse un vide qui suscitera une autre vocation, un autre style. Mais personne n'essaiera de se mesurer à ce qui aura été, aussi, la chronique d'une époque, à la liberté et à la drôlerie du gars du Creusot, qui a toujours un marteau-pilon en acier sur son bureau en souvenir des origines. À J - 1 de France-All Blacks à Twickenham, en 1999, il avait rapporté, dans ces colonnes, qu'un confrère sarcastique murmurait « tombé pour la patrie », au fond de la salle, chaque fois que Jean-Claude Skréla annonçait le nom d'un titulaire du match du lendemain, que cela avait commencé avec « Garbajosa » et que cela avait continué avec « Bernat-Salles ». Il avait assuré que l'impertinent avait insisté tout au long de la liste. Évidemment, l'impertinent, c'était lui.

 

 

#2 julien

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Posté 04 août 2020 - 07:52

Bonnot et Brunel à la retraite, L'Equipe perd ses 2 plus belles plumes. Reste Duluc.

Il a mal vieilli dans ses derniers papiers Bonnot, mais il avait un style bien lui assez agréable à lire.



#3 le nougatier

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Posté 04 août 2020 - 12:32

Bonnot et Brunel à la retraite, L'Equipe perd ses 2 plus belles plumes. Reste Duluc.

Il a mal vieilli dans ses derniers papiers Bonnot, mais il avait un style bien lui assez agréable à lire.

 

A Var Matin il y avait Jacques Larrue  partie à la retraite y a déjà quelques temps mais qui avait une belle plumes. Bon le gars après on adhérer ou pas à ses idées niveau journalisme y a peu être à discuter mais niveau écriture c'était du solide.

 

En tout cas on s'en rend compte quand maintenant on a Massabo un gars qui écrit guère mieux que moi (c'est dire) et qui à du avoir sa carte de journaliste trouver dans une poubelle. Il confond journalisme et tribune personnel ouverte à son nom.....



#4 Rugby ?

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Posté 04 août 2020 - 13:41

 

A Var Matin il y avait Jacques Larrue  partie à la retraite y a déjà quelques temps mais qui avait une belle plumes. Bon le gars après on adhérer ou pas à ses idées niveau journalisme y a peu être à discuter mais niveau écriture c'était du solide.

 

En tout cas on s'en rend compte quand maintenant on Massabo on gars qui écrit guère mieux que moi (c'est dire) et qui à du avoir sa carte de journaliste trouver dans une poubelle. Il confond journalisme et tribune personnel ouverte à son nom.....

Je pense que quand même, Moscato à l'intelligence de se voir comme un animateur et non comme un journaliste.



#5 le nougatier

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Posté 04 août 2020 - 15:58

Je pense que quand même, Moscato à l'intelligence de se voir comme un animateur et non comme un journaliste.

Moscato oui. Paul Massabo rédacteur en chef du service des sports de Var Matin je suis pas sûr...

 

Sinon si on parle de la presse régionale il me semble que vous avez aussi à La Montagne un très bon écrivain. En tout cas j'apprécie en général les article de LM même si comme souvent dans la presse régionale ils sont un peu partisans (mais c'est normal :) ).

 

Mais bon on s'écarte du sujet sur Bonnot en tout cas c'est effectivement une plume de plus qu'on ne lira plus.



#6 el landeno

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Posté 04 août 2020 - 22:35

« Je suis sur le PMB, là... » Un soir d'errance dans les couloirs de L'Équipe, la veille d'une journée de Top 14 ou le jour d'un match du quinze de France, vous auriez sans doute entendu cette petite phrase, sibylline pour le visiteur, mais résonnant comme un code connu pour les éditeurs. « Être sur le PMB », c'était éditer Pierre Michel et tout d'abord le corriger - oui, levons un peu le voile sur le secret de fabrication - pour, par exemple, ajouter un accent grave à Guy Novès quand PMB nous l'envoyait toujours en version latine.

 

Mais « être sur le PMB », c'était surtout l'assurance de rire sous cape en tant que premier lecteur de ses bons mots et fortes piques.

C'était se dire : « Ah ! Il a osé... » C'était aussi ouvrir un dictionnaire et apprendre. C'était voir s'étendre devant vous les années d'écriture et d'observation qui saisissent le sens de l'époque, surtout si vous mettez un ballon ovale au milieu. Il eut été impossible d'extraire avec science et précision le nectar Bonnot. Depuis 1979, c'étaient sans doute entre 7 et 10 millions de signes à retrouver et relire, l'équivalent d'une vingtaine de romans. Aux souvenirs des uns et des autres, nous avons tenté de dresser un inventaire de ses meilleurs traits de plume.

Son attaque de chronique la plus osée

16 juillet 1992, 11e étape du Tour de France, victoire de Laurent Fignon à Mulhouse et grosse défaillance de Greg LeMond.

« On ne devrait jamais jeter le bébé avec l'eau du bain. Les Vosges sombres et profondes valent certainement mieux que la triste réputation qui s'attache à l'école de natation Petit Grégory de Lépanges-sur-Vologne que nous croisions hier, alors que le petit Greg du peloton n'était pas si loin de se noyer à son tour... »

Son papier le plus prophétique

31 octobre 1999, au matin de Nouvelle-Zélande - France en demi-finales de la Coupe du monde. Les Bleus gagneront 43-31 face aux All Blacks, avec deux des quatre essais inscrits en contre...

« [...] On ne prend pas le All Black à la hussarde donc, on le surprend. On ne l'attaque pas panache au vent, on le contre au plus juste. Revenus de rêves de jeu à mille temps et de vains fantasmes de contournement, les Bleus n'ont pas d'autres ambitions, ce matin, que de se multiplier en défense pour éviter le pire et de sauter sur la moindre occasion qui passe, et c'est bien là leur meilleure chance... »

Son meilleur titre

16 mars 2019, le jour d'un triste Italie-France du Tournoi 2019, pour savoir qui allait terminer derniers.

« Allez, les petits »

Sa passion du golf

19 juillet 1999, Jean Van de Velde, largement en tête du British Open, se noie au dernier trou à Carnoustie.

« Il ne lui restait plus qu'un trou, un seul. Et, en un seul trou, il a donné à voir tout ce qui fait l'intense beauté et la froide cruauté de ce sport. Soixante et onze trous et un instant d'égarement. Deux cent quatre-vingt-huit coups pour vivre, deux autres pour mourir. Et tout est dit. »

Sa plus belle « gueule de bois »

19 juin 1995. Au surlendemain de la défaite des Bleus au Kings Park en demi-finales contre l'Afrique du Sud lors de la Coupe du monde (19-15).

« Seul compte Durban. Durban où tout en né lors d'un premier exploit en hémisphère Sud au printemps 1993, Durban où tout est mort. Et le chagrin suffoquant, douloureux comme une claque amicale dans un dos de vaincu, la peine de cette équipe de France qui ne fut sûrement pas la plus talentueuse, la plus constante dans l'effort mais, pour sûr, la plus déterminée à poursuivre un rêve unique, à galoper à la poursuite d'une étoile que Pierre Berbizier avait jetée dans le ciel un soir de défaite à Nantes. »

Son meilleur ami

2 février 2016, avant le premier match de Guy Novès en tant que sélectionneur (France-Italie, le 6 février).

« Guy Novès a toujours fait partie de cette intéressante catégorie de bipèdes qui semblent franchement plus inquiétants quand ils sourient que lorsqu'ils font la gueule. Mais il paraît que le voilà apaisé, imperméable à la critique. [...] "Sir sourire" au pays du Tournoi en quelque sorte. »

Son meilleur ennemi

17 novembre 2003, après la défaite lors de la demi-finale de Coupe du monde contre l'Angleterre (7-24), à Sydney.

« Pourquoi faut-il qu'il pleuve toujours sur les demi-finales des Tricolores dans l'hémisphère Sud ? Pourquoi faut-il qu'une équipe de France se prépare trois mois durant à jouer sur des terrains secs, qu'elle cire les moulés et investisse dans des gilets réfrigérés, qu'elle peaufine ses combinaisons les plus hardies et se donne des allures de gazelles pour jouer, à l'autre bout de la planète, un France-Angleterre de Tournoi de plus sous un ciel de Toussaint ? »

Son amour du Tournoi

29 janvier 2016, dans un hors-série consacré aux Cinq et Six Nations.

« Le tournoi est une affaire si personnelle, une passerelle si fragile, avec l'enfance en général, et une si joyeuse aberration, quoi qu'il en soit, qu'on peut chérir le souvenir d'un match qui n'a rien d'un chef-d'oeuvre. Tenez, notre accroche-coeur à nous aurait pu être Angleterre-France (12-16) de 1981, un combat de rue dans des bourrasques de fin du monde illuminé d'un essai sur le fil né d'une redoublée du lumineux Didier Codorniou pour Laurent Pardo, le percheron céleste, et d'un autre [...] sur un ballon indûment arraché aux mains d'un ramasseur par Pierre Berbizier pour une touche rapide à destination du météorique Pierrot Lacans. Deux éclairs de talent et de malice dans un océan de courage, tout le rugby. »

Son hommage à Jonah Lomu

19 novembre 2015, au lendemain de la mort du Néo-Zélandais.

« Avant de devenir une légende, il avait été une rumeur : "un géant a ravagé le tournoi de rugby à 7 de Hongkong." C'était en 1994 à Christchurch. Pour se rassurer, les attaquants français s'étaient convaincus qu'il peinait sur les coups de pied tapés dans son dos. C'était vrai. Le jeune numéro 8 arraché de l'équipe scolaire n'avait que quelques mois d'expérience à l'aile. Les hommes de Philippe Saint-André lui avaient fait tourner la tête et avaient remporté les deux tests. Ils avaient bien fait. Un an plus tard, il était inarrêtable. »

Son « hommage » à Sébastien Chabal

16 mars 2009, après Angleterre-France (34-10).

« L'image de Lionel Nallet, abattu au coup de sifflet terminal hier, rejoignait d'ailleurs celle d'Abdel Benazzi et Fabien Pelous, les mains sur les genoux, pareillement dépassés lors de la grande marée de 2001 (48-19) qui allait sonner le glas d'une génération et mettre entre parenthèses la carrière du Toulousain. Si une déroute comme celle d'hier permet de remettre enfin un Sébastien Chabal à sa vraie place, ni en deuxième ligne ni en troisième ligne ni même sur le banc, mais sur les panneaux de pub à l'arrière des Abribus, elle n'aura pas été totalement inutile. »



#7 haita

haita

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Posté 04 août 2020 - 22:43

Je n'étais pas fan.

Sinon le titre du topic mériterait quand même le bon prénom (Pierre à la place de Jean)

#8 dim50

dim50

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Posté 04 août 2020 - 23:15

La dernière fois que Duluc a fait un édito aussi élogieux sur quelqu'un, c'était sur Bruno Genesio, pas sûr que ce soit bon signe pour P-M. Bonnot.
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#9 el landeno

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Posté 05 août 2020 - 06:04

Je n'étais pas fan.

Sinon le titre du topic mériterait quand même le bon prénom (Pierre à la place de Jean)

grosse boulette ! désolé


Philippe Guillard à Pierre-Michel Bonnot : « Cher PMB, je t'espérais "in-retraitable" »
Après plus de quarante ans à « L'Équipe », Pierre-Michel Bonnot prend sa retraite. l'ex-joueur du Racing Philippe Guillard, qui le connaît intimement depuis la fin des années 70, lui témoigne ici son amitié.
04 août 2020 à 11h46
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« C'est avec une grande tristesse que j'apprends ton départ à la retraite. Ne plus te lire me manquera désormais. Je te savais intraitable dans tes analyses, du coup, je t'espérais "in-retraitable"... Pas toi. Pas cette plume inimitable qui nous régale depuis près de quarante ans. Oh, p... quarante ans !! Comme le temps passe.

 

Je me souviens de toi quand nous jouions à Fontainebleau. En division Honneur. Toi à l'aile, moi au centre. J'avais 17 ans, j'étais le minot. Dans ce club où j'en ai plus appris sur les troisièmes mi-temps que sur les deux premières, tu avais déjà un style inimitable sur le terrain. Tu chaloupais. Tu slalomais comme plus tard tu construiras tes phrases, avec autant de virgules que de crochets intérieurs, rebondissant tantôt sur des mots et, plus loin, sur des métaphores, mais retombant toujours sur tes pattes.

Enfin, ça c'était quand tu avais le ballon, ce qui à Fontainebleau n'était pas une mince affaire, tant avant toi il y avait de joueurs au don unique pour le one-man-show... Oui, je sais, tu racontes toujours à qui veut bien l'entendre que, à cause de ma feinte de passe, en hiver tu chopais la grippe et en été des insolations. Aujourd'hui, il est temps pour moi de m'en excuser.

Tu étais comme un grand frère pour moi. Je te suivais souvent et partout. Aussi parce que, je peux te l'avouer maintenant, j'étais secrètement amoureux de ta première fiancée, Aneth, la jeune fille au pair hollandaise. Oh, le canon !!! D'ailleurs tout le monde en était amoureux... J'ai une liste de noms à ta dispo si tu le désires. En message privé bien sûr...

Tu commençais déjà à écrire pour ce journal que tu quittes maintenant. Preuve de ta fidélité. Je te lisais, je t'admirais. Tu m'as ouvert ta porte à Paris pour mes premières années d'études, et surtout tu m'as ouvert ton coeur quand j'ai perdu qui tu sais pour la vie. Grâce à toi, j'en ai plus appris rue de la soif que sur les bancs de la fac.

« Aujourd'hui, je peux te l'avouer, c'est toi qui, sans le savoir, m'as donné envie d'écrire. Je voulais te ressembler »

 

 
 
 

Puis la vie a fait un bond. Ton talent t'a propulsé "plume d'or" à L'Équipe et mon abnégation "poids plume" au Racing Club de France. Et comme par hasard, ou plutôt comme un destin, ta maison se trouvait sur le chemin de Colombes. Du coup, grâce à la gentillesse débordante de Dominique, l'amour de ta vie, et à ta générosité, cette maison est devenue l'étape incontournable de nos troisièmes mi-temps. La gare de triage des gros et des gazelles avant que nos différentes motivations nocturnes ne nous séparent sur les coups de minuit.

Là, sur ce vrai bar que tu avais construit dans ton salon, avec les Tachdjian, Lelano, Genet, Cabannes, Blond, Blanc, Mesnel, Rousset, et même Jean Cormier, un autre grand frère disparu trop vite, nous refaisions le match qu'on avait perdu mais qu'on n'aurait jamais dû perdre. Entre fous rires et pleurs, aussi, car la vie n'épargne personne, tu as eu l'art d'être notre coffre-fort à souvenirs, notre cryothérapie. En fait, c'est chez toi qu'on faisait la récup d'après-match. On te doit une part du Bouclier 1990.

Aujourd'hui, je peux te l'avouer, c'est toi qui, sans le savoir, m'as donné envie d'écrire. Je voulais te ressembler. Enfiler les mots comme les joueurs du Top 14 enchaînent les matches, les uns après les autres, histoire de raconter de jolis contes de fées. Je t'en remercie, du fond du coeur. Une seule chose a changé au fil du temps : tu n'es plus mon grand frère, tu es mon ami. Et ça, j'en suis fier. »



#10 Tikibadze

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    Si yen a qu'ça les dérange... Et ben on va vous en debarrass

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Posté 05 août 2020 - 08:36

On pourrait croire qu'il est mort. Alors qu'il doit bander encore. Perso il m'a souvent gonflé. je le trouvais un peu facile dans ses préconisations. Reste le style. Et c'est pas rien.


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#11 Y&B

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Posté 06 août 2020 - 06:36

On pourrait croire qu'il est mort. Alors qu'il doit bander encore. Perso il m'a souvent gonflé. je le trouvais un peu facile dans ses préconisations. Reste le style. Et c'est pas rien.


Sans déconner jusqu’à ton message j’ai cru qu’il était mort ...
Tant mieux pour lui, je ne l’aimais pas trop mais pas au point de lui souhaiter le trépas :)

#12 cocotte 63

cocotte 63

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Posté 06 août 2020 - 12:08

Belle lettre de Guillard en tout cas...

 

Moi il y a une vingtaine d'années, j'aimais bien (beaucoup) ses articles... mais les dernières années, j'ai trouvé qu'il avait mal vieillit, et dès fois (très souvent)  je trouvais ces articles trop alambiqués comme s'il faisait exprès de montrer qu'il savait écrire et qu'il connaissait pleins de tournures de phrases et de vocabulaire... genre le vieux journaliste intouchable et un chouia imbu de sa personne, qui voulait en tartiner en vois-tu en voilà...

 

Menfin il était quand même loin devant l'ami Richard E. que je vomis...






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