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Joueurs du Pacifique


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4 réponses à ce sujet

#1 el landeno

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Posté 17 novembre 2020 - 22:19

Un documentaire du Samoan Dan Leo dénonce l'exploitation des joueurs du Pacifique Évincé de son équipe en 2014 pour s'être élevé contre les malversations financières de ses dirigeants, l'ancien capitaine samoan Dan Leo vient de produire un documentaire, « Oceans Apart », où il montre à quel point le rugby des îles Tonga, Samoa et Fidji est à l'abandon.

Londres, automne 2014. En pleine tournée européenne, les joueurs de l'équipe nationale des Samoa apprennent que trois ans plus tôt, une année de Coupe du monde, leurs dirigeants - dont le Premier ministre Tuilapea Sailele Malielegaoi, qui est aussi président de la fédération samoane (SRU) - ont englouti une somme colossale, sans justificatifs. Des fonds levés principalement par le biais de collectes auprès du peuple samoan. « 637 159 dollars néo-zélandais (près de 400 000 euros) », révèle l'audit financier (obligatoire pour continuer à bénéficier des subventions de World Rugby), qui précise également que la SRU possède douze comptes bancaires différents.

 

Emmenés par leur capitaine, le troisième-ligne Dan Leo, 32 ans à l'époque, les joueurs (qui réclament en vain depuis des mois une augmentation de leur prime de match de 300 à 400 dollars - de 175 à 230 euros) menacent de faire grève, quelques jours avant le match contre l'Angleterre, prévu à Twickenham le 22 novembre, qui doit rapporter à la RFU (la fédération anglaise) dix millions de livres (11 millions d'euros) et à chaque international anglais environ 22 000 euros. Finalement, après que World Rugby s'est engagée à régler ce problème à l'avenir, les Samoans acceptent de disputer le match.

Une prime de 175 euros pour une tournée de 4 matches

Pourtant, six ans après, rien n'a changé. World Rugby n'a apporté aucune solution. Le capitaine Dan Leo a été banni de l'équipe nationale pour avoir osé s'élever contre ses dirigeants. « Il est venu nager dans mes eaux, dira le Premier ministre Malielegaoi quelques jours plus tard, il va se noyer. »

Les primes de matches des joueurs venus du Pacifique n'ont toujours pas augmenté (en 2018, les Tongiens ont touché seulement 175 euros pour une tournée de quatre matches) et les grandes nations, qui concentrent la majorité des revenus du rugby mondial, ne sont toujours pas décidées à partager leurs recettes de manière plus équitable.

« Dans notre culture, on nous apprend à baisser les yeux devant les aînés et ceux qui détiennent l'autorité »

Dan Leo

 
 
 

Seule évolution : depuis ce jour de 2014 où il avait osé s'élever contre ses dirigeants - « Cela avait été très difficile, douloureux même, explique-t-il, car dans notre culture, on nous apprend à baisser les yeux devant les aînés et ceux qui détiennent l'autorité » -, Dan Leo n'a plus cessé de se battre, de parler et de mettre le doigt sur toutes les injustices que subissent les joueurs îliens quand les autres, y compris les plus grands joueurs internationaux, détournent le regard.

« Plusieurs fois ces dernières années, révèle James Haskell, ex-troisième ligne anglais (77 sélections) dans le documentaire, s'adressant à Dan Leo, on s'est demandé entre nous comment on pouvait partager nos primes. Oui, on en parle mais à l'arrivée, personne ne fait rien. C'est une situation injuste, on vous dit : "Courage", on vous serre la main et on part se préparer pour affronter la Nouvelle-Zélande la semaine suivante... »

Il crée une association pour aider les joueurs les plus modestes

En 2016, Dan Leo a fondé l'association PRPW (Pacific Rugby Players Welfare), complètement indépendante financièrement des institutions du rugby, condition indispensable selon lui pour mener son combat sans pressions, ni compromissions. Plusieurs internationaux d'origine îlienne font partie du comité directeur (Manu Tuilagi, Billy et Mako Vunipola, Charles Piutau, Lima Sopo'aga...) et participent aux nombreux rassemblements où les joueurs les plus modestes peuvent assister à des formations ou demander une aide juridique en cas de contrats abusifs.

Sollicité au quotidien par ses « frères », Leo se demande depuis trois ans « pourquoi le rugby du Pacifique, alors qu'il fournit plus d'un quart des joueurs professionnels dans le monde, s'enfonce chaque année un peu plus dans la faillite ? » Le documentaire « Oceans Apart : cupidité, trahison et rugby du Pacifique », visible à partir de ce mardi sur les plateformes Amazon Prime et Vimeo, tourné pendant plus de deux ans avec les moyens du bord et l'aide financière de plusieurs amis, essaie de répondre à cette question. Dan Leo y interroge des joueurs basés en Angleterre et nous emmène aux Fidji, aux Samoa et aux Tonga, trois îles qui comptent 1,5 million d'habitants au total.

Aux Fidji, on apprend que 20 % du PIB provient des joueurs de rugby partis à l'étranger, que le président de la Fédération Franck Bainimarama (auteur d'un coup d'état en 2000) est, comme aux Samoa, Premier ministre, qu'il a placé son beau-frère Francis Kean, convaincu de d'homicide en 2006, aux manettes de la Fidji Rugby Union (FRU), et que ces personnages ont de drôles de méthodes.

 « Il y a une collusion insupportable entre le sport et la politique »

Ben Ryan, ex-entraîneur de l'équipe de rugby à 7 des Fidji

 
 
 

Ben Ryan, ancien entraîneur de l'équipe de rugby à 7 championne olympique en 2016, raconte : « Certains joueurs ne sont pas sélectionnés parce que leur famille supporte le parti d'opposition. Kean débarquait à l'entraînement avec deux joueurs de l'équipe militaire en disant : "Tu dois les sélectionner la semaine prochaine." Il y a une collusion insupportable entre le sport et la politique. » Netani Talei, ancien capitaine fidjien, 33 sélections, lâche : « Il ne faut pas chercher les emmerdes avec Franck (Bainimarama), sinon tu ne peux plus retourner aux Fidji ou il te fait disparaître... »

Aux Tonga, où des fonds ont également été détournés par les dirigeants pendant de nombreuses années, on découvre qu'il n'y a aucune installation pour l'équipe nationale et que la Tonga Rugby Academy est financée par la plus grande firme d'agents dans le monde. Le manager, John Edwards, est fataliste : « Les joueurs sont sollicités dès l'âge de treize ans par des écoles en Nouvelle-Zélande. D'autres vont au Japon et une clause de leur contrat stipule qu'ils devront jouer pour le Japon et pas pour les Tonga s'ils sont internationaux. »

Discussion frustrante avec le directeur général de World Rugby

Aux Samoa, on réalise que la venue des All Blacks à Apia en 2016, la seule de l'histoire, au lieu de rapporter de l'argent à une île qui fournit des dizaines d'internationaux à la Nouvelle-Zélande, a coûté un million de dollars à la Fédération. On y voit aussi, dans la scène la plus émouvante du documentaire, le père de Dan Leo, Alesio, chef de village, soutenir son fils dans sa démarche contre les autorités. « Ton chemin est juste, suis-le. »

Après des jours de tractation, Leo réussit à obtenir un entretien avec le Premier ministre Malielegaoi, toujours en place et qui, malgré leur différend de 2014, finit par lui dire que « tout ce qu'il pourra faire pour aider le rugby du Pacifique sera le bienvenu. » Une phrase qui bouleverse l'ancien joueur : « Cela veut dire qu'il est désespéré, que la situation du rugby samoan est désespérée. »

Le documentaire s'achève sur une discussion avec le directeur général de World Rugby, l'Australien Brett Gosper. Un échange frustrant qui n'offre aucune perspective. Les trois solutions proposées par Dan Leo pour aider le rugby du Pacifique sont balayées en une seule phrase. Une voix par pays (alors que les grandes nations en comptent trois contre une à quelques autres) ? « Cela ne représenterait ni l'histoire du rugby ni la contribution économique de chacun. »

 

Changer la règle d'éligibilité pour permettre aux internationaux originaires du Pacifique de jouer pour leur île même s'ils ont eu quelques sélections avec les All Blacks par exemple ? « Non, il faut plutôt que les joueurs du Pacifique restent assez longtemps dans leur pays pour y être sélectionnés en premier lieu. » Le partage des recettes lors des matches internationaux (Leo suggère que 10 % soit reversés à la nation invitée) : « Il y a une souveraineté des nations sur leurs recettes, on ne peut pas interférer. » Désespérant.

 


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#2 claude63500

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Posté 18 novembre 2020 - 00:31

franchement,j'en reviens pas.

je savais que la Nouvelle-Zélande recrutait-et selectionnait-beaucoup de joueurs îliens,mais que son match aux Samoas coûte 1 million de dollars à cette petite nation,je trouve ça très décevant de la part de la fédé néo-zélandaise.



#3 Barnabe03

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Posté 18 novembre 2020 - 10:55

BL aurait des origines Îliennes ?

#4 Polochon

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Posté 21 novembre 2020 - 09:18

Reverser 10% des recettes d'un match aux nations invitées, pourquoi pas ? Mais je vois pas ce que ça changera si les dirigeants de leurs pays/fédérations sont corrompus, ça fera juste plus de sous dans leur poche.
C'est là qu'on mesure la chance qu'on a en France, d'avoir un président de fédération aussi intègre, qui va même jusqu'à travailler bénévolement.
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#5 Bougnat et Breton

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Posté 21 novembre 2020 - 10:08

Reverser 10% des recettes d'un match aux nations invitées, pourquoi pas ? Mais je vois pas ce que ça changera si les dirigeants de leurs pays/fédérations sont corrompus, ça fera juste plus de sous dans leur poche.
C'est là qu'on mesure la chance qu'on a en France, d'avoir un président de fédération aussi intègre, qui va même jusqu'à travailler bénévolement.en perdant 5 millions au passage quelle horreur !!






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