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Sujet ASM sur Sport Vox


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6 réponses à ce sujet

#1 elseach

elseach

    Joueur de 1ère série

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Posté 15 juillet 2008 - 21:35

Je n'ai pas vu passer sur le forum l'article de sport-vox du 3 juillet.
a lire si vous êtes comme moi...

sportvox.fr
l’éternel noviciat
Clermont Auvergne, Bis et repetita
Les auvergnats ne sont pas les premiers et ne seront probablement pas les derniers à répéter une erreur qui a force d’être récurrente finit par prendre la forme d’une atteinte au bon sens et à la logique sportive. Et il n’est pas nécessaire de remonter bien loin dans le temps pour trouver trace d’un proche parent. Cette finale a fortement fait penser à un remake de la demie finale qui a opposé la France et l’Angleterre lors de "notre" coupe du monde. Non pas dans la forme, mais dans le fond, et cela sans ambiguïté possible.

La finale, cet instant à part

Quelque soit le sport, une finale reste un moment privilégié, l’aboutissement d’un travail de longue haleine que l’on souhaite concrétiser en gravant sur la matière son nom, celui du collectif auquel on appartient, et ceci pour la "postérité". C’est aussi un moment rare à l’échelle d’une vie, la promesse d’une joie que peu d’évènements peuvent surpasser. Et cette idée, lorsque l’on aborde cette confrontation décisive, il est nécessaire de s’en imprégner jusqu’au bout des ongles. Cela forge votre esprit pour les instants à venir. De ce point de vue, le discours des toulousains à la fin du match fut d’ailleurs unanime et remarquable: "Notre génération recelle des joueurs de grands talents mais au regard des anciens nous n’existions pas encore. Il fallait que nous marquions de notre empreinte l’histoire du club". De son côté l’ASM a une nouvelle fois oublié ce précepte primordial. Les divers témoignages en attestent: "C’est en apprenant dans la défaîte que l’on progresse et que l’on finit par gagner. Nous reviendrons plus fort l’an prochain". Grave erreur de penser cela. Ce discours est le stéréotype même de l’éternel perdant qui justifie son acte manqué. L’ASM, ce n’est pas Mignoni, Rougerie et consors, ce n’est pas un raccourci patrimonial sur les deux dernières finales perdues, l’ASM c’est un pays de rugby et une histoire qui remonte aux années 30 avec cette première finale perdue en 36 face au RC Narbonne et une seconde en 37 contre le CS Vienne. Tant que les montferrandais ne rentreront pas sur le terrain avec ce petit supplément d’âme, cette volonté farouche d’offrir à la mémoire des anciens, à ceux de 36, une victoire auvergnate alors ils prêcheront encore et toujours dans la mauvaise paroisse. C’est ce feu sacré qui sublime, transcende un joueur comme on l’entend souvent dire, et qui permet à un Elissalde de tenir une heure sous les coups de boutoir de la douleur pour faire avancer son équipe. Et à l’inverse ce qui empêche un Rougerie de défendre dans un face féroce avec Servat la terre de son embut. On ne peut pas se permettre, quand on présente un tel gabarit, de reculer de 10 mètres sur une charge isolée. Il faut ce bonus de courage, de rage au ventre qui permet de repousser l’envahisseur.

Une préparation adaptée

Au rugby, comme dans beaucoup de sports vous me direz, une finale victorieuse se construit sur son identité, sur ce que l’on sait le mieux faire, en sublimant tout ce vécu par un surplus de créativité. Et c’est en cela que l’ASM de cette année ressemble à l’équipe de France défaite par les anglais en 2007. Plutôt que d’enrichir son style de jeu, de paufiner son savoir-faire, l’ASM est d’une part restée cantonnée sur des bases que le Stade Toulousain a eu amplement le temps de disséquer au regard de l’année écoulée, et d’autre part s’est contrainte à une stratégie défensive qui ne pouvait lui correspondre. A faire deux choses à moitié, on finit par y perdre sa personnalité. Au résultat, le secteur fort de la touche qui aurait eu besoin de quelques innovations a totalement implosé devant l’analyse fine - très probablement - de Y. Bru, et l’attaque souffrant de ce fait d’une incroyable pénurie de ballons, mais aussi de consignes bien trop défensives, a été quasi inexistante. Elle n’est apparue que par intermittence sur des contres sporadiques. L’ASM a hélas reproduit cette année l’éternelle erreur des finalistes malheureux qui pensent que la solution repose dans une illumination stratégique "de dernière minute" plutôt que dans l’enrichissement de son patrimoine.

Etre au sommet de son art

Et ceci contre vents et marées. C’est l’une des conditions sine qua none de la victoire. Comment Baby peut oublier le ballon à la 40ème minute sur un trois contre un et James vendanger une action similaire 10 minute plus tard en passant le ballon en aveugle à ... un toulousain? Ces deux actions auraient pu sceller le sort de la rencontre pour l’ASM et ceci malgré l’absence de ressources en attaque. Une manque de concentration certain qui est à rapprocher du premier paragraphe: Ce petit plus de volonté qui vous fait réussir votre geste. Cependant, il ne faut pas forcément les en blâmer particulièrement. A force de jouer contre nature on finit par oublier ce que l’on sait le mieux faire. Cela me rappelle la réflexion de Blanco au sortir de la coupe du monde qui se demandait si les 3/4 français savaient encore faire des passes.

Amis auvergnats, je vous avoue être un fervent amateur du "Stade" mais ..... pour une unique raison: le compromis parfaitement dosé entre son jeu de conquête et d’attaque. En cela, les toulousains ont mérité le "bout de bois" cette année. Je reste cependant comme beaucoup de rubipèdes hexagonaux dans l’attente d’une victoire des jaunards pour tout le travail accomplit et la vie que vous apportez dans le championnat tout au long de l’année. Vous nous devez une victoire au plus tard ... l’an prochain. Et si j’avais un dernier conseil saugrenu à vous donner ce serait de changer de maillot, de faire peau neuve, d’oublier les errements de cette dernière finale et enfin de nous servir une potée victorieuse en 2009.

A charge de revanche donc,

Nyhm

#2 Gibbs

Gibbs

    Equipe de France

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Posté 15 juillet 2008 - 21:46

Très bel article, tellement proche de LA vérité à mon avis .... Merci à son auteur, en espérant que des membres du staff et de l'équipe tombe dessus :rolleyes:

#3 whocares52

whocares52

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Posté 15 juillet 2008 - 22:31

Le verbe et l'idée sont de mise.

Une pure beauté.

A+++ ;)

#4 dd la looz

dd la looz

    Joueur de 1ère série

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Posté 15 juillet 2008 - 22:40

très bonne analyse, à mon avis, et très bien écrite.
merci :flowers:

#5 birdie

birdie

    Champion du Monde

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Posté 16 juillet 2008 - 08:52

merci.
:flowers:

#6 jaco63

jaco63

    Joueur de 1ère série

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Posté 16 juillet 2008 - 13:21

merci pour cette très belle analyse.
elle s'applique particulièrement à un sport collectif , avec tout ce que collectif veut dire au rugby !

il me semble que dans certaines approches très , trop ? , professionnelles du sport il manque ce supplément d'ame où la culture, l'histoire et l'Héritage d'un Club font le + , la différence.

M. Novés sait faire appel à tout ça.
Nos techniciens du pneu : ?


personnellement j'en ai marre un peu marre de revivre depuis plus de 30 ans les aventures du POULIDOR du RUGBY !
...
et d'entendre les mêmes réponses le soir de la défaite : " on fera mieux la prochaine fois !!!! "




même si chaque saison, on repart et on donne tout pour les soutenir.

cette année le mot de remerciements du président ne me suffira pas.


:whistling:






Je n'ai pas vu passer sur le forum l'article de sport-vox du 3 juillet.
a lire si vous êtes comme moi...

sportvox.fr
l’éternel noviciat
Clermont Auvergne, Bis et repetita
Les auvergnats ne sont pas les premiers et ne seront probablement pas les derniers à répéter une erreur qui a force d’être récurrente finit par prendre la forme d’une atteinte au bon sens et à la logique sportive. Et il n’est pas nécessaire de remonter bien loin dans le temps pour trouver trace d’un proche parent. Cette finale a fortement fait penser à un remake de la demie finale qui a opposé la France et l’Angleterre lors de "notre" coupe du monde. Non pas dans la forme, mais dans le fond, et cela sans ambiguïté possible.

La finale, cet instant à part

Quelque soit le sport, une finale reste un moment privilégié, l’aboutissement d’un travail de longue haleine que l’on souhaite concrétiser en gravant sur la matière son nom, celui du collectif auquel on appartient, et ceci pour la "postérité". C’est aussi un moment rare à l’échelle d’une vie, la promesse d’une joie que peu d’évènements peuvent surpasser. Et cette idée, lorsque l’on aborde cette confrontation décisive, il est nécessaire de s’en imprégner jusqu’au bout des ongles. Cela forge votre esprit pour les instants à venir. De ce point de vue, le discours des toulousains à la fin du match fut d’ailleurs unanime et remarquable: "Notre génération recelle des joueurs de grands talents mais au regard des anciens nous n’existions pas encore. Il fallait que nous marquions de notre empreinte l’histoire du club". De son côté l’ASM a une nouvelle fois oublié ce précepte primordial. Les divers témoignages en attestent: "C’est en apprenant dans la défaîte que l’on progresse et que l’on finit par gagner. Nous reviendrons plus fort l’an prochain". Grave erreur de penser cela. Ce discours est le stéréotype même de l’éternel perdant qui justifie son acte manqué. L’ASM, ce n’est pas Mignoni, Rougerie et consors, ce n’est pas un raccourci patrimonial sur les deux dernières finales perdues, l’ASM c’est un pays de rugby et une histoire qui remonte aux années 30 avec cette première finale perdue en 36 face au RC Narbonne et une seconde en 37 contre le CS Vienne. Tant que les montferrandais ne rentreront pas sur le terrain avec ce petit supplément d’âme, cette volonté farouche d’offrir à la mémoire des anciens, à ceux de 36, une victoire auvergnate alors ils prêcheront encore et toujours dans la mauvaise paroisse. C’est ce feu sacré qui sublime, transcende un joueur comme on l’entend souvent dire, et qui permet à un Elissalde de tenir une heure sous les coups de boutoir de la douleur pour faire avancer son équipe. Et à l’inverse ce qui empêche un Rougerie de défendre dans un face féroce avec Servat la terre de son embut. On ne peut pas se permettre, quand on présente un tel gabarit, de reculer de 10 mètres sur une charge isolée. Il faut ce bonus de courage, de rage au ventre qui permet de repousser l’envahisseur.

Une préparation adaptée

Au rugby, comme dans beaucoup de sports vous me direz, une finale victorieuse se construit sur son identité, sur ce que l’on sait le mieux faire, en sublimant tout ce vécu par un surplus de créativité. Et c’est en cela que l’ASM de cette année ressemble à l’équipe de France défaite par les anglais en 2007. Plutôt que d’enrichir son style de jeu, de paufiner son savoir-faire, l’ASM est d’une part restée cantonnée sur des bases que le Stade Toulousain a eu amplement le temps de disséquer au regard de l’année écoulée, et d’autre part s’est contrainte à une stratégie défensive qui ne pouvait lui correspondre. A faire deux choses à moitié, on finit par y perdre sa personnalité. Au résultat, le secteur fort de la touche qui aurait eu besoin de quelques innovations a totalement implosé devant l’analyse fine - très probablement - de Y. Bru, et l’attaque souffrant de ce fait d’une incroyable pénurie de ballons, mais aussi de consignes bien trop défensives, a été quasi inexistante. Elle n’est apparue que par intermittence sur des contres sporadiques. L’ASM a hélas reproduit cette année l’éternelle erreur des finalistes malheureux qui pensent que la solution repose dans une illumination stratégique "de dernière minute" plutôt que dans l’enrichissement de son patrimoine.

Etre au sommet de son art

Et ceci contre vents et marées. C’est l’une des conditions sine qua none de la victoire. Comment Baby peut oublier le ballon à la 40ème minute sur un trois contre un et James vendanger une action similaire 10 minute plus tard en passant le ballon en aveugle à ... un toulousain? Ces deux actions auraient pu sceller le sort de la rencontre pour l’ASM et ceci malgré l’absence de ressources en attaque. Une manque de concentration certain qui est à rapprocher du premier paragraphe: Ce petit plus de volonté qui vous fait réussir votre geste. Cependant, il ne faut pas forcément les en blâmer particulièrement. A force de jouer contre nature on finit par oublier ce que l’on sait le mieux faire. Cela me rappelle la réflexion de Blanco au sortir de la coupe du monde qui se demandait si les 3/4 français savaient encore faire des passes.

Amis auvergnats, je vous avoue être un fervent amateur du "Stade" mais ..... pour une unique raison: le compromis parfaitement dosé entre son jeu de conquête et d’attaque. En cela, les toulousains ont mérité le "bout de bois" cette année. Je reste cependant comme beaucoup de rubipèdes hexagonaux dans l’attente d’une victoire des jaunards pour tout le travail accomplit et la vie que vous apportez dans le championnat tout au long de l’année. Vous nous devez une victoire au plus tard ... l’an prochain. Et si j’avais un dernier conseil saugrenu à vous donner ce serait de changer de maillot, de faire peau neuve, d’oublier les errements de cette dernière finale et enfin de nous servir une potée victorieuse en 2009.

A charge de revanche donc,

Nyhm



#7 Dony

Dony

    Joueur d'honneur

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Posté 16 juillet 2008 - 22:04

pas mieux, très bel article, en effet. THX