Centre-ville, stade, restauration... quand la programmation des matchs de l'ASM Clermont impacte l'économie locale
La programmation des matchs de l’ASM Clermont a une certaine influence sur le commerce clermontois. Lorsqu’ils ont lieu en milieu d’après-midi, comme ce sera le cas face à Lyon ce samedi (16 h 35), la fréquentation des restaurants de centre-ville et aux abords du stade est boostée.
Le rituel est régulièrement le même. Que ce soit en centre-ville ou dans les environs du stade, de nombreux restaurateurs attendent avec impatience les horaires des rencontres communiqués par la Ligue nationale de rugby. Non pas qu’ils souhaitent absolument se rendre au Michelin, mais selon la programmation, les affaires peuvent fortement fluctuer.
« Nous devons être attentifs à tous les événements qui ont lieu autour de l’ASM, s’exclame Cédric Ferreira, propriétaire du restaurant “Le Bruit du Bouchon”. On sait qu’il y a des retombées économiques pour nous. On surveille particulièrement la programmation des matchs. Si la rencontre a lieu à 16 h 30, on sait que l’on va devoir mettre les bouchées doubles et serrer les dents. »
À l’image du petit restaurant de la rue de la Boucherie, les matchs de milieu d’après-midi sont particulièrement porteurs en termes de chiffre d’affaires. Cédric Ferreira estime que la fréquentation de son établissement augmente de 30 %.
Beaucoup plus de monde en centre-ville
« Les matchs de 16 h 30 sont idéaux pour nous. La différence est même flagrante. On parvient à toucher la clientèle d’avant-match, qui vient manger, prendre un verre et s’imprégner de l’ambiance en centre-ville. On arrive aussi à capter les supporters après la rencontre. Cela leur laisse largement le temps de boire un verre au stade et de venir ensuite se restaurer en ville. Les gens prennent aussi plus le temps de consommer un petit extra. Quand le match a lieu à 14 h 30, il faut qu’ils mangent vite et qu’ils soient encaissés le plus rapidement possible. »
Avec la gratuité du tram reliant le centre-ville au stade Marcel-Michelin, les rues clermontoises sont bien plus bondées que pour un match en début d’après-midi ou en soirée.
Mais le constat est le même aux abords de l’enceinte de l’ASM. Stéphane Coste, propriétaire du “Va et Vins”, a l’habitude d’ouvrir son établissement les jours de match. Mais lorsque celui-ci a lieu à 16 h 30, le service devient totalement différent.
« Nous ne sommes pas un grand restaurant. Quand les matchs ont lieu à 14 h 30, on refuse énormément de monde : peut-être 500 à 1.000 personnes. Une rencontre à 16 h 30 me permet d’avoir deux services et donc de mieux répartir la fréquentation. Les gens sont plus détendus, ils restent plus longtemps. Et en termes de fréquentation, c’est loin d’être négligeable. » Un match en milieu d’après-midi permet ainsi à Stéphane Coste d’enregistrer une augmentation de fréquentation d’environ 60 %.
Une compensation de 100.000 euros pour le dimanche
Du côté de l’ASM, les matchs de l’après-midi sont également très bénéfiques. Bien plus que lorsque Clermont évolue en soirée. En revanche, il existe moins de différences entre un match à 14 h 30 et une rencontre à 16 h 30.
« Ce sont deux très bons horaires pour nous, affirme le directeur général Benoît Vaz. Quand le match se joue à 14 h 30, les supporters viennent avant pour se restaurer au stade, donc c’est très positif. À 16 h 30, l’offre est un peu différente, avec davantage de produits sucrés. À cette heure-là, les gens ont aussi plus tendance à rester dans le stade après la rencontre. La tendance est strictement la même pour notre boutique. »
Deux facteurs restent néanmoins déterminants : les résultats et la météo. Sans surprise, le pire créneau pour le club reste la programmation du dimanche soir. Entre le personnel à rémunérer davantage, des supporters qui consomment moins aux buvettes et des partenaires qui ont plus de difficultés à inviter en loges, le manque à gagner est important.
Même si la Ligue nationale de rugby accorde une enveloppe de 100.000 € aux clubs recevant le dimanche soir, celle-ci ne compense pas les pertes financières. Seul point positif : la visibilité médiatique.
« Il n’y a pas énormément d’avantages à jouer le dimanche soir à 21 heures, regrette Benoît Vaz. Le principal reste sans doute la visibilité pour les sponsors maillot. C’est quand même du prime time à la télévision. Quand on analyse les chiffres de visibilité des partenaires et qu’on les traduit en valeur, ces matchs permettent tout de même de les valoriser. »