ASM Clermont : pourquoi Alivereti Raka devrait enfin sortir de l'ombre
Figure emblématique de l’ASM de ces dix dernières années, Alivereti Raka n’est toujours pas apparu une seule fois sous le maillot clermontois en match officiel cette saison. Pourtant en bonne forme physique, l’ailier semble payer son match raté face à Toulon en pré-saison. Mais son heure ne devrait plus tarder à venir…
Zéro. Pas une minute, ni même une seule convocation. Après trois journées de Top 14, Alivereti Raka n’a pour le moment été invité qu’à s’asseoir dans son canapé à l’heure des coups d’envoi des matchs de l’ASM.
Pourtant, physiquement, tout semble être en ordre pour l’ailier à la silhouette affûtée depuis la reprise. Ce dernier avait d’ailleurs pris part aux deux matchs de préparation d’avant-saison contre le Stade Français, puis face à Toulon, disputant à chaque fois une mi-temps.
Mais c’est justement à l’occasion de la rencontre face à Toulon que l’international français (5 sélections) aux origines fidjiennes a perdu du crédit aux yeux de son entraîneur.
« Son match contre Toulon m’a profondément déçu. On attend plus de qualité de la part d’un tel joueur par rapport à ce qu’il représente pour nous. »
Christophe Urios (manager de l'ASM Clermont)
Malgré son statut et son ancienneté (il est le dernier champion de France 2017 de l’effectif), le manager clermontois n’a donc pas hésité à l’écarter. Se passant même de ses services lors des deux premières mises en place de veille de match de la saison où sont traditionnellement invités quelques joueurs hors groupe (mais pas très loin de l’intégrer) pour faire le nombre.
La concurrence n’en a pas profité
Vendredi, tout sourire, il était de ce fameux dernier entraînement avant que ses partenaires ne s’envolent pour Bayonne. Preuve qu’il est en train de revenir dans la course. De là à penser qu’il sera de la partie face à Castres ce samedi (16 h 35) au Michelin ? Il y a des chances. D’autant que ses concurrents au poste ne se sont pas non plus montrés intraitables en son absence.
Belle surprise de la pré-saison avec trois essais inscrits, Yanis Brosset a vécu un baptême de l’air périlleux en Top 14. Au sein d’un collectif longtemps dépassé à Lyon, l’ailier de 18 ans n’a jamais réellement pu mettre en valeur ses qualités de vitesse avec seulement 4 ballons touchés et 4 petits mètres grappillés. Il n’a depuis enchaîné qu’avec l’équipe Espoirs.
Mêmes difficultés pour l’expérimenté Joris Jurand, le week-end dernier à Bayonne, qui n’est jamais parvenu à se distinguer offensivement pour son premier match de la saison (6 ballons, 0 franchissement, 0 défenseur battu).
Viennent ensuite Yérim Fall et Bautista Delguy qui sont les ailiers ayant bénéficié du plus de temps de jeu, avec deux matchs complets dans les jambes. Et s’ils ont chacun marqué un essai face au Stade Français, ils ne sont pas non plus parvenus à verrouiller leur place à double tour.
Le premier a montré ses qualités d’attaquant (avec notamment 3 franchissements, 8 défenseurs battus et 102 mètres gagnés face à Paris et Bayonne), moins celles de défenseur. Tandis que le second est totalement passé à côté de son match contre le Stade Français, multipliant les imprécisions.
Malgré le crédit que lui confère naturellement son statut - l’ASM possède peu de joueurs dans son effectif susceptibles de disputer un quart ou une demi-finale de Coupe du monde dans la peau d’un titulaire - l’Argentin va devoir hausser son niveau de jeu s’il ne veut pas être à nouveau hors groupe comme face à Bayonne.
Une motivation toute trouvée : la chasse aux records
Alivereti Raka devrait donc avoir une belle carte à jouer ces prochaines semaines, lui qui a prolongé son contrat avec l’ASM en janvier dernier jusqu’en juin 2028. D’autant que son alliage de puissance et de vitesse est assez unique sur les ailes clermontoises. À lui, en revanche, de régler ses errements défensifs ou ses placements parfois approximatifs sous les ballons hauts.
Il pourra alors reprendre sereinement sa chasse aux records, après une saison 2025-2026 galère où il n’a pu disputer que onze petits matchs (la faute à une sérieuse déchirure aux ischio-jambiers notamment) pour tout de même six essais inscrits.
Avec 104 réalisations sous le maillot clermontois, il “zyeute” plus que jamais la marque établie par Napolioni Nalaga et André Dubertrand (105). Et s’il vient à tutoyer celles de Philippe Saint-André (118) et d’Aurélien Rougerie (134), c’est qu’il sera alors en très grande forme ! Pour le plus grand bonheur de son entraîneur.
Au classement des meilleurs marqueurs d’essais de l’histoire du Top 14, Alivereti Raka est actuellement 5e avec 80 réalisations derrière Napolioni Nalaga (87), Maxime Médard (91), Aurélien Rougerie (96) et Vincent Clerc (101).