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SLIMANI Rabah


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#2581 xdderf63

xdderf63

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Posted 15 June 2025 - 09:07 AM

Et un nouveau trophée pour Slimani, vainqueur de l'URC avec le Leinster, 32-7 en finale contre les Bulls

Il est entré à la 55e minute.

23 matchs cette saison dont 12 titularisations, une belle réussite

 

Quand on compare a 5A...

 

25 matchs l'an dernier dont 8 titu   :P



#2582 Bon Chasseur

Bon Chasseur

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Posted 15 June 2025 - 10:04 AM

Très content pour lui. C'est un bon gars. Même si durant son passage chez nous il n'a pas apporté ce qu'on pouvait en attendre.

Oui. Sauf que niveau européen, il est pas tombé sur ce qui se fait de mieux entre ses deux derniers choix  :P 



#2583 el landeno

el landeno

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Posted 05 July 2025 - 08:27 AM

« Je riais et je pleurais en même temps » : Rabah Slimani, six ans après, de retour en équipe de France pour la tournée en Nouvelle-Zélande
Rabah Slimani aura pour mission de bien caler la mêlée des Bleus. À 35 ans, le pilier droit raconte sa renaissance au Leinster, son retour international pour la tournée d'été en Nouvelle-Zélande et son attachement à l'équipe de France.

C'est au « DeBrett », un élégant hôtel style Art Déco au coeur d'Auckland, qu'on a retrouvé Rabah Slimani. Authentique et sans fard, le pilier droit des Bleus (35 ans) s'est raconté. A évoqué sa dépression post-Covid, ses doutes, sa passion retrouvée pour le rugby en Irlande, avec 24 matches disputés cette saison pour la province du Leinster ; couronnée du titre de l'URC (United Rugby Championship, 32-7 contre les Bulls). Son enfance et sa découverte du ballon ovale à Sarcelles (Val-d'Oise). Son parcours avec 57 sélections en équipe de France.
 
 

« Le 14 juin à Dublin, vous avez remporté la finale de l'URC avec le Leinster aux côtés du centre All Black Jordie Barrett (28 ans, 68 sélections). Ce samedi, vous allez jouer l'un contre l'autre...
Depuis des semaines, Jordie n'arrête pas de me demander : "alors tu as des nouvelles pour l'équipe de France ? Ce serait incroyable de se retrouver ici." Je lui répondais non. Après la demi-finale d'URC (le 7 juin), le staff des Bleus m'avait dit que je faisais partie des joueurs "potentiellement sélectionnables". J'ai attendu le dernier moment, pour être sûr. En plus, je lui ai ramené un cadeau, un pote peintre lui a fait un tableau. C'était galère à transporter, mais ça me fait plaisir de lui offrir. Me retrouver ici en Nouvelle-Zélande et rejouer face à lui, c'est tellement dingue. Jordie est un super mec, curieux des autres. Pas exubérant. Il a une grande intelligence de jeu, c'est un gros défenseur et il a un coup de tatane de malade : une pénalité de 55 mètres, il la prend. Il porte une aura et a amené une forme de zénitude au Leinster.

Ce titre vous a fait du bien personnellement...
Putain, oui ! Il y a un an je me demandais si je n'allais pas arrêter le rugby. Après notre victoire en finale, beaucoup de choses enfouies sont sorties de moi. Les gars ne comprenaient pas. Je riais et je pleurais en même temps. J'avais une boule là (il montre sa gorge). Leo Cullen a été un coach extra, il m'a mis en confiance dès mon arrivée. Avant la finale, on a marché ensemble sur le terrain, il m'a dit : "Tu te rappelles il y a pile un an quand on s'est appelé en visio pour que tu rejoignes le Leinster ?" "Oui." "Ben c'était pour ce match-là !" Je ne pouvais pas le décevoir.

En quoi avez-vous progressé au Leinster ?
D'abord dans la rigueur. On s'entraîne sur le campus de l'UCD (University College of Dublin) et quand tu arrives le matin, ça te met dans des dispositions particulières. Les joueurs ont des cahiers pour prendre des notes, des iPads sur lesquels ils annotent les plans de jeu. À Clermont, Jono (Gibbes) - qui avait entraîné au Leinster - m'avait initié à ça et permis de réaliser que j'avais une mémoire écrite. Alors à 34 ans, j'ai recommencé avec un cahier à l'ancienne et un stylo. Puis ma compagne Ornella m'a offert une Kindle dans laquelle chaque match avec le Leinster a son dossier. Et puis il y a aussi le travail perso après les entraînements. J'ai bossé ma technique de plaquage parce que je ne suis pas le meilleur dans ce domaine. Ou d'autres domaines comme les lifts (en touche). RG Snyman (double champion du monde sud-africain en 2019 et 2023) me sollicitait pour l'aider à travailler les coups d'envoi en me positionnant derrière lui pour le soulever.

 
 
 

« A mon poste, il y avait Tadhg Furlong et Thomas Clarkson. C'est simple, chaque matin à l'entraînement, t'as 80 % de l'équipe d'Irlande. Je ne pouvais pas aller au Leinster et me rater »

 
 
 

Quel effet cela fait de porter à bout de bras ce joueur de 130 kg ?
C'est comme un arraché en haltérophilie en fait : tu dois gainer abdos et lombaires, utiliser tout le corps et finir pointe de pieds avec un maximum de hauteur. En mêlée, tu charges surtout dans les quadriceps, la nuque, les lombaires et les épaules. Quand tu pousses tous les mardis face à Andrew Porter, Cian Healy et Jack Boyle qui jouent pour l'équipe d'Irlande, tu progresses dans ta capacité d'adaptation : l'un va être frontal, l'autre va aller un peu plus en biais. D'autant que chaque mêlée est différente, tu peux en dominer une et te faire catapulter à la suivante. Au Leinster je poussais aux côtés des talonneurs Dan Sheehan et Ronan Kelleher. Quand ils partaient en sélection, il y avait Gus McCarthy et John McKee qui ont un potentiel monstrueux. Aider ces deux jeunes m'a rendu fier et fait progresser. A mon poste il y avait Tadhg Furlong, Thomas Clarkson. Derrière nous, des 2e lignes du calibre Joe McCarthy, James Ryan et R.J. Snayman... Et puis encore la troisième ligne avec Josh van der Flier, Caelan Dorris, Jack Conan. C'est simple chaque matin à l'entraînement, t'as 80% de l'équipe d'Irlande. Mes potes en France hallucinaient quand je leur racontais. Je ne pouvais pas aller au Leinster et me rater. Cette expérience m'a relancé. J'en ai parlé récemment avec des membres du staff de l'équipe de France : le Covid m'avait tué. Je me suis effondré mentalement et j'ai fait une dépression. Revenir a été très compliqué pour moi.

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Rabah Slimani à Dunedin avant d'affronter la Nouvelle-Zélande ce samedi. (A. Mounic/L'Équipe)

C'est-à-dire ?
Les trois premières semaines de confinement, j'étais "chaud patate". J'avais demandé à l'ASM un rameur et un vélo, je m'étais commandé un sac de boxe. Je faisais du cardio sur ma terrasse. Mais quand on nous a annoncé qu'on allait encore être confinés, j'ai eu le sentiment que ça n'allait jamais s'arrêter. Quand tu as l'habitude d'aller au rugby tous les jours, de côtoyer tes coéquipiers et les gens du staff, rester chez toi, c'est violent.

Combien de temps avez-vous mis à vous remettre ?
Un an et demi. C'est pour ça qu'être ici avec l'équipe de France est incroyable pour moi, j'ai même du mal à réaliser. Je n'avais plus porté le maillot Bleu depuis la Coupe du monde au Japon en 2019. J'avais connu l'équipe de France pendant six ans et je mesure vraiment ce que représente une sélection. Je sais aussi ce que c'est de ne plus être appelé du jour au lendemain, la frustration et l'incompréhension que ça engendre.

Le fait que votre corps vous autorise à être toujours d'attaque, à 35 ans, est-ce dû à des évolutions dans votre entraînement ?
Pilier, c'est un poste à maturation tardive. Et puis l'expérience m'aide à éviter les courses inutiles. Surtout il y a l'éducation de mes parents, le sens du travail. Mon père bossait de nuit, je l'ai vu galérer dans les wagons-lits. Il a été serveur, cuistot, partait à l'aube. Ma mère était femme de ménage dans les écoles. On était cinq enfants. Ce n'était pas facile quoi...

Vous avez grandi où ?
A Sarcelles, aux Rosiers. Quand je vois tout ce qui se passe aujourd'hui dans les quartiers c'est à des années lumières de ce qu'on a vécu.

Comment êtes-vous tombé dans le rugby ?
(il rit) C'est marrant, j'ai raconté cette histoire à des jeunes de l'équipe de France il y a deux jours. J'avais fait du rugby à l'école élémentaire parce que le club de Sarcelles organisait le tournoi des écoles pour démocratiser un peu plus le rugby. Parce qu'à Sarcelles, il n'y avait que le foot. Une fois par mois, on allait au stade avec des éducateurs, et à la fin de l'année, toutes les classes s'affrontaient dans un tournoi. Un jour, un pote de mon petit frère Chérif, qui faisait du rugby, est venu le chercher pour disputer ce tournoi. Moi j'étais resté à la maison, je voulais jouer tranquille à la Super Nintendo. En me voyant devant l'écran, ma mère m'a dit : "Qu'est-ce que tu fais là ? Pars les rejoindre !". Elle m'a préparé un sac plastique avec un short et des affaires, et je les ai rattrapés en courant à l'arrêt de bus. C'est à ce tournoi que j'ai été repéré par des éducateurs. Voilà comment le rugby a débuté pour moi.

Ça vient d'où la force chez un pilier ?
C'est comme pour la boxe, ça vient des cannes. J'explique toujours ça aux jeunes ''utilisez vos jambes''. On dit toujours ''dos placé'' mais c'est surtout pour ne pas se faire mal. Ce qui compte le plus en mêlée c'est la position des pieds.

En match internationaux il y a du vice et de l'intox...
Bien sûr, il y a des jeux de tête en mêlée, sur les liaisons, pour essayer de déstabiliser. Tu tu t'appliques à bien fermer le bras, tu soignes ta position pour prendre moins de pression. T'en as qui essaient de te déstabiliser avec les bras pour te contraindre à changer tes appuis.

Fletcher Newell le pilier droit des Crusaders a fait une finale de dingue face aux Chiefs. Vous les connaissez les première-lignes All Blacks ?
Ils sont costauds. Et très grands. Je dis ça parce que moi je suis très petit. (1m78 pour 119 kilos contre 1m90 et 122 kilos pour son vis-à-vis Ethan de Groot, pilier gauche all black).

C'est un avantage d'avoir un centre de gravité aussi bas...
A priori oui mais ça dépend, si le gars en face est souples ils peut-être bien aussi.

« Sur une idée de Yannick Bru, on avait décidé de mettre de la vaseline sur mon short pour ne pas que (Kane Hames) puisse s'en saisir. Sauf que dès la première mêlée, ça tombe et je suis pénalisé »

 
 
 

Vous avez la réputation d'être un pilier roublard ou, disons, expérimenté...
Cette réputation qui a été compliquée à gérer m'est tombée dessus après un match face aux All Blacks, justement. C'était au Stade de France, le 11 novembre 2017 (défaite des Bleus 18-38). Face à un pilier gauche que j'ai vu une fois et que je n'ai jamais revu (Kane Hames*). J'avais repéré que, chaque fois qu'il rentrait en mêlée, il lâchait sa liaison pour essayer de prendre le short du pilier droit et lever sa jambe pour le déséquilibrer. Sur une idée de Yannick Bru, on avait décidé de mettre de la vaseline sur mon short pour ne pas qu'il puisse s'en saisir. Sauf que dès la première mêlée, ça tombe et je suis pénalisé. Deuxième mêlée, ça tombe encore et nouvelle pénalité contre moi. À la troisième, pareil : l'arbitre, Angus Gardner m'appelle et boum : carton jaune. À partir de là, on a dit que j'étais dans l'oeil des arbitres. La réputation avait été lancée et ça m'a fait du mal. Mais bon c'est du passé, je vais de l'avant.

(*) Hames a connu 9 sélections entre 2016 et 2017, mais a été contraint de cesser sa carrière à la suite de commotions répétées. Il est devenu arbitre, commentateur pour Sky TV et assistant coach des Queensland Reds.

Désormais à 35 ans, vous abordez votre 58e sélection...
Je suis un vétéran, mais je ne me sens pas comme un vieux. Avec cette équipe de France, je vis pleinement chaque instant. Pendant la Marseillaise, je vais devoir faire le vide en essayant de fixer un point dans les gradins pour penser à autre chose et ne pas être submergé par l'émotion. »

 
 

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#2584 el landeno

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Posted 30 January 2026 - 07:12 AM

Rabah Slimani : « La mêlée, c'est mon artisanat » Pendant le Tournoi des Six Nations, Aristide Barraud racontera cinq histoires liées aux adversaires des Bleus. La première mène l'artiste et ancien rugbyman à la rencontre de Rabah Slimani, son vieux copain pilier qui fait le bonheur du Leinster, en Irlande.

On gagnait souvent parce qu'on avait la mêlée. Le rugby peut être compliqué mais il arrive que les choses soient claires, on remporte les matches si on domine physiquement. À l'époque déjà, Rabah ne reculait jamais. Il poussait l'adversaire à la faute et je rentrais les points. On était jeunes, la vie était simple. On a gagné le Tournoi des Six Nations moins de 20 ans comme ça, c'était en Italie en mars 2009, et au retour dans le car avec la coupe, on était excités comme des enfants partant en vacances.

 
 

Comme à chaque voyage, on était assis côte à côte. Rabah mimait avec les mains de quelle façon il avait enfoncé son vis-à-vis, le pilier gauche italien. J'étais habitué à ce genre de conversation technique, j'y avais droit tous les soirs dans mon salon. Je vivais à l'époque avec Arthur Joly en face du Parc des Princes, Rabah Slimani et Djibril Camara comme voisins.

En écoutant leurs récits en mêlées, les synthèses imagées des séances du jour, j'ai compris qu'on avait le même maillot mais qu'on ne pratiquait pas le même sport. Des heures à décrypter les directions de poussée, les appuis et la position des liaisons. De la finesse au milieu d'un champ de force, je le voyais ainsi. Comme la finesse de déferlement d'une simple vague au sein d'un océan déchaîné ou un chêne centenaire sentant les pas d'une fourmi sur une de ses branches.

 
 

J'étais rapidement ennuyé et rentrais dans ma chambre en les laissant discuter. Mais, ce soir-là en Italie, j'avais rentré pas mal de points grâce à son travail de l'ombre, alors je me suis intéressé. Dans la sono, Benjamin Fall a mis le 113, Tonton du bled. On avait deux chansons pour fêter nos victoires, Patrick Sébastien ou Rim'K. Poussé par les autres, Rabah s'est levé, il la connaissait par coeur. « Allez, allez, montez les neveux ! » Cette chanson raconte l'histoire d'un mec qui veut rester chez lui, tranquille pourtant Rabah n'a jamais hésité à bouger, sauf en mêlée. On se dirige maintenant vers la quarantaine et du car de cette soirée de 2009, avec Romain Taofifenua, il est le dernier d'entre nous encore sur le terrain. Au Leinster précisément, l'une des meilleures équipes du monde.

 
 
 
 
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Tout l'art de transmettre son savoir-faire aux plus jeunes. (Aristide Barraud)
 

Ma vie a changé mais j'aime toujours les choses simples, principalement la gentillesse et les histoires inattendues. Alors, depuis l'annonce du transfert de Rabah à Dublin en 2024, j'attendais le jour idéal pour parler de mon pote, un des mecs les plus gentils que j'ai rencontré de ma vie. Habituellement, les génies discrets obtiennent la reconnaissance trop tard, alors il est grand temps. Avec tendresse bien entendu, peut-être quelques maladresses, la mêlée reste un monde obscur.

 
 

Rabah, le tonton du trèfle

J'y comprends toujours rien et c'est pas qu'une posture. Quand on ignore, pour avancer l'essentiel est d'être entouré des meilleurs. Le Leinster l'a compris, tant mieux pour eux et tant pis pour le rugby français. Les jeunes piliers irlandais apprennent aujourd'hui auprès d'un des meilleurs piliers du siècle. J'espère que vous aurez les réfs, je voulais vous présenter mon pote, mec de banlieue Nord devenu tonton du trèfle.

 

« Est-ce que tu te rappelles le jour où on s'est rencontrés pour la première fois ?
Nan je me souviens pas.

 

Je vais te le dire, parce que je suis allé fouiller au fond de ma mémoire. Comme j'ai jamais joué à ton poste et que j'ai pris moins de coups dans la tête, ma mémoire est encore bonne. C'était à Colombes au tournoi interdépartemental. Moi avec le 91 et toi le 95.
Ah oui c'est vrai ! Je m'en souviens !

 

Malgré tous tes coups à la tête t'as bonne mémoire alors...
Ça dépend pour quoi.

 
 

« Ici, j'ai tout de suite senti beaucoup de confiance, de respect envers mes capacités, mon histoire. Ça a décuplé mon envie, ça me transcende chaque semaine »

Rabah Slimani

 
 

Moi, je vois ma tête comme une bibliothèque, surtout quand j'écris. Je sais où sont rangées les choses et je vais les chercher. Quand t'as signé au Leinster je me suis dit qu'ils venaient de faire le plus grand braquage de tous les temps, le casse d'une bibliothèque, tu vois ce que je veux dire ?
J'ai découvert ça ici, ils ont cette vision-là. Ils ne voient jamais ce que le poids de l'âge m'empêche de faire mais ce que mon expérience peut apporter à l'équipe, au club. C'est une autre façon de voir le rugby et les choses en général. J'arrivais d'une fin d'aventure à Clermont qui m'a fait très mal. Ici, j'ai tout de suite senti beaucoup de confiance, de respect envers mes capacités, mon histoire. Ça a décuplé mon envie, ça me transcende chaque semaine.

 

Au-delà de tes capacités, ils sont venus chercher ton savoir-faire pour la transmette à une jeune génération de piliers. Je t'ai vu à l'échauffement, tu parlais beaucoup aux jeunes. C'était beau à voir, j'ai senti un lien fort entre vous, tu les as pas lâchés et dans leurs yeux j'ai vu beaucoup d'affection et de confiance en toi. Depuis quand as-tu cet esprit de transmission ?
J'ai pas toujours eu ça. C'est venu quand on m'a fait comprendre que j'étais vieux. Après le Covid, après le premier mois de confinement, il m'est arrivé quelque chose d'étrange, j'ai totalement perdu confiance en moi, en ma capacité de refaire des mêlées. J'étais bloqué, mentalement et physiquement. J'en dormais pas la nuit, j'en parlais beaucoup à ma femme. À la reprise, j'ai eu besoin de le raconter aux coaches, Jono Gibbes et Davit Zirakashvili. Je pensais être fini et les gens se sont mis à le dire publiquement. Comme un idiot, j'y ai cru, je pensais arrêter rapidement, prendre ma retraite par la petite porte. J'étais sur une pente descendante depuis la Coupe du monde au Japon (2019). Zirakashvili qui a toujours été important pour moi m'a dit : "Tu as été un des meilleurs piliers au monde, tu ne peux pas être devenu nul, t'inquiète, on va travailler et ça va revenir." Cette mentalité-là, basée sur la confiance, je l'ai rarement connu. Sans eux, j'aurais perdu mes capacités, je me serais éteint à petit feu, tout aurait été différent.

 
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Rabah Slimani, c'est plus de 400 matches professionnels. (Aristide Barraud)
 

C'était la première fois que tu passais autant de temps sans ces gestes aussi, c'est normal d'avoir des doutes.
Oui, mais là, c'était bien plus fort. Inconsciemment, j'ai compris que mon savoir-faire n'était pas éternel, je me suis dit que je pouvais donner aussi, à mon tour, ma vision des choses. Gibbes a vu cette envie de transmettre chez moi, le respect aussi et l'écoute des jeunes. Un homme passionnant, il m'interrogeait beaucoup sur les quartiers, le potentiel dans les cités de France. Il m'a demandé si je voulais entraîner et ça a allumé une nouvelle flamme dans mon esprit. On m'a responsabilisé et j'ai pris cette place.

 

Si tu étais un artisan de la mêlée, genre un compagnon avec un savoir inscrit dans une chaîne de transmission, quels seraient tes maîtres selon toi ?
Sans aucun doute Sylvain Marconnet, Rodrigo Roncero, David Attoub surtout, je faisais tout avec lui. Même en dehors du terrain. Nicolas Mas aussi, c'était fort de le voir. Un tel niveau... J'ai aussi beaucoup appris avec des talonneurs, Dimitri Szarzewski, Benjamin Kayser, Laurent Sempéré. Je veux avoir ma place dans cette lignée, je veux qu'on se rappelle de moi comme un joueur de cette tradition, de cet héritage. J'ai la chance d'avoir rencontré ces gens qui m'ont donné, qui m'ont inspiré et transmis leur savoir-faire technique, mental, les vices aussi.

 

Je te vois pas du tout comme un pilier vicelard.
Non je ne le suis pas. Enfin, je connais les ficelles mais je les utilise rarement. Je déteste les gens qui trichent. Ceux qui font tomber la mêlée car ils sentent qu'ils vont subir, qui refusent les règles. On m'a accusé de tricheur un moment de ma carrière où j'étais dans l'oeil des arbitres, c'est une insulte énorme pour moi.

 

Est-ce qu'il y a une transmission de l'histoire dans ta famille ?
Tu sais, on est des timides dans ma famille, on parle peu. Mais mon père m'a toujours parlé de l'Algérie, de son histoire, c'était important pour lui, il voulait que je sache, que ça ne s'éteigne pas. Il est arrivé tôt en France, il m'a confié ses histoires, comment il a grandi, comment il a vécu l'indépendance de l'Algérie depuis la France. Il voulait que je connaisse son passé, il voulait me transmettre. Petit, je voulais toujours être avec lui. On partait à Paris tous les week-ends. On allait voir ses cousins, des oncles qui tenaient les cafés dans le XIVe, je me souviens du métro Pernety. Les fameux cafés-restaurants tenus par les Kabyles. On prenait le train depuis Sarcelles, on sortait de la cité. Je garde une image forte. Devant un des cafés, il y avait un bouquiniste et je regardais tous ces livres, je les lisais pas mais j'étais impressionné. Tout était tellement différent du quartier. Cette ville me faisait une grande impression.

 
 
 

Ensuite, tu as joué pour Paris, et gagné un titre pour Paris !
C'est fou, nan ?

 

Au fait, pourquoi tu as commencé le rugby ?
Mon père regardait tous les sports ; alors, l'hiver, il regardait la France pendant le Tournoi des Cinq Nations. J'ai regardé avec lui, mes premières images de rugby. Ça n'existait pas dans ma famille, j'ai connu le rugby au tournoi de la ville de Sarcelles. Ma mère m'a forcé à y aller sans rien connaître, c'est un hasard. Elle m'a toujours soutenu mais elle ne me regarde jamais jouer. Elle a trop peur, c'est violent.

 

Même avec le quinze de France ?
Si, au Stade de France, ils sont venus quelques fois.

 
 

« Je nettoie mes chaussures après chaque entraînement, chaque match. Même quand j'avais des contrats avec des équipementiers, je lavais mes crampons après les entraînements. Par respect pour mon père mais aussi pour moi »

Rabah Slimani

 
 

En même temps, Sarcelles - Saint Denis ça fait combien ?
Quinze minutes en voiture, c'est rapide. Mon frère les amenait, mais c'est tout. En revanche, ils m'ont toujours soutenu. Pendant mes années de lycée, j'allais à l'entraînement au Stade Français, c'était dur. Je sortais des cours en courant, mon père m'attendait à la gare de Sarcelles. On échangeait les sacs, je lui donnais celui de cours et il me donnait celui de sport et dedans, il mettait un goûter qu'il avait préparé lui-même. Je faisais deux, trois heures de trajet pour aller à l'entraînement ; ensuite, deux, trois heures pour rentrer, mon père m'attendait à la maison et il nettoyait mes affaires pendant que je mangeais, il brossait mes crampons. Encore aujourd'hui, j'ai toujours une brosse dans mon sac. Je nettoie mes chaussures après chaque entraînement, chaque match. Même quand j'avais des contrats avec des équipementiers, que je recevais des cartons entiers de chaussures neuves chaque mois, je lavais mes crampons après les entraînements. Par respect pour mon père mais aussi pour moi. Je me dis toujours que les peintres en bâtiment nettoient leurs pinceaux à la fin du chantier, les policiers nettoient leur arme de service. C'est leur outil de travail. C'est normal. Aujourd'hui encore, les mecs du Leinster me voient nettoyer mes crampons à la fin des séances et ils hallucinent. Ils m'en parlent, ils me chambrent. Je rigole avec eux mais je leur raconte pas pourquoi, ils peuvent pas comprendre, ils pourraient jamais comprendre. »

 
 

Rabah, l'homme aux 14 000 mêlées

Newport, pays de Galles, novembre 2025. Les Dragons accueillent le Leinster. Rabah est remplaçant et je suis seul en tribune pendant l'échauffement. Je l'observe préparer son match par un échauffement individuel spécifique. J'imagine ces centaines de rencontres jouées chaque week-end depuis que je suis loin des terrains. J'ai vécu beaucoup de choses en dix ans, dans des milieux différents, et lui a continué sa voie, enchaîné les matches et ces milliers de mêlées.

 

« Tu sais combien de matches professionnels tu as joués dans ta vie ?
Plus de quatre cents.

 

C'est énorme, et combien de mêlées ?
On a fait le compte une fois avec un pote, on était arrivé à quatorze mille mêlées entre matches et entraînements, mais seulement en division professionnelle.

 

Tu te souviens de ta toute première ?
Non, impossible à dire.

 
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Rabah Slimani est toujours respecté et écouté par ses coéquipiers. (Aristide Barraud)
 

Et la fameuse première mêlée du match ? Ça veut dire quoi pour toi ?
Ça donne le ton, je me jauge comme ça. Elle est importante la première, je sais si ça répond ou non, si je me sens bien. Tu sais, je ne fais pas de mêlées car il faut les faire. C'est ma vie, je suis engagé dans cette voie. J'aime la mêlée, je veux dominer, gagner. Je veux les combattre, marquer l'adversaire. C'est mental la mêlée, c'est technique et mécanique bien sûr mais tout se joue dans la tête. À la première, je jauge qui j'ai en face, s'il a un mental fort, s'il va chercher à se poser et attendre. Ensuite, je réagis mais la première donne la température.

 

Tu saurais dire qui est le meilleur pilier gauche que tu as affronté en mêlée ?
C'est difficile à dire, j'en ai affronté tellement tu sais. Mais quand même, Matawarira, surnommé Beast, le Sud-Africain, c'était quelque chose.

 

Qu'est ce qui te manquera le plus, le rugby en général ou les mêlées ?
Les mêlées à coup sûr.

 

Après la fin de ta carrière, tu rêveras de mêlées ?
Je rêve souvent de mêlées ! Avant les matches surtout, je me parle à moi-même. Je me donne des consignes, c'est drôle. Les mêlées me manqueront toute ma vie, cette épreuve, ce moment pour prouver et combattre. J'ai confiance dans le futur, je trouverai d'autres domaines où m'impliquer mais c'est ma passion et elle ne se pratique pas toute la vie, je le sais. C'est une échappatoire de la vie de tous les jours.

 

Et l'analogie avec l'artisanat, tu en penses quoi ?
Je suis totalement d'accord. Certains sont payés à fabriquer des meubles, à faire du pain, à réparer des toits, moi c'est gagner des mêlées. C'est pour cela que je déteste les tricheurs, ce travail bâclé. Je veux respecter les gens qui croient en ça. C'est mon artisanat.

 

Est-ce que ça t'empêche de dormir quand tu te fais dominer ?
J'ai du mal à dormir après chaque match, victoire ou défaite. Je mets du temps. Quand je perds c'est un calvaire ; si je gagne en ayant été pénalisé sur mêlée, je dors mal. Dès le lendemain, je regarde les vidéos spécifiquement ; ensuite, j'attends les premières séances et que les choses se remettent en ordre.

 

Depuis vos conversations de pilier dans mon salon quand on avait 20 ans, je vois la mêlée comme un travail digne de la NASA, l'extrême finesse de vos ressentis dans des poussées si énormes.
C'est vrai, ce sont des mouvements très fins de la tête, des épaules au sein de forces immenses, une tonne contre une autre tonne qui poussent mais les connexions sont très précises. À l'impact, par exemple, il suffit que je sente une brèche, que le deuxième-ligne derrière moi l'ait compris, je sens qu'il l'a senti aussi et on agit. C'est à la fois extrêmement perceptible et très fin. La mêlée représente tout ça, la force ne suffit pas. Et chaque pilier a une façon de se lier, c'est différent à chaque fois, ça ne se joue à rien mais c'est comme ça. Personne ne le voit, à part nous.

 
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Toute la bienveillance de Rabah Slimani : « Je domine mais je ne veux pas humilier, ne pas rabaisser. C'est différent de la méchanceté ou de la violence. » (Aristide Barraud)
 

Il y a un paradoxe avec toi, tu es un grand joueur du rugby, le sport viril par excellence, sport de combat. Ton arme spécifique est la mêlée qui est sa représentation exacerbée et pourtant, tu es un gentil, un grand gentil. Comment tu vois ça ?
Tout est très clair et sain dans ma tête. Je suis gentil car c'est mon éducation, ma nature, et la mêlée c'est mon domaine, mon monde, un plaisir aussi sans jamais nuire aux autres. Tout est sain, je domine mais je ne veux pas humilier, ne pas rabaisser. Je veux être le plus fort dans des règles établies. C'est différent de la méchanceté ou de la violence. »

 
 

Rabah, l'éternel enthousiaste

Newport, 76e minute. Le match facile de la première mi-temps se transforme en match piège pour le Leinster qui a choisi d'aligner une très jeune équipe. Le staff fait entrer ses jokers : Rabah Slimani, RG Snyman, le géant sud-africain, double champion du monde, ainsi que le All Black Rieko Ioane. Plus de deux cents sélections internationales cumulées entrent sur le terrain au moment d'une mêlée pour Newport à cinq mètres de la ligne d'en-but. Newport peut gagner ce match sur cette mêlée, le visage de Rabah est serein mais concentré, il fait exploser son vis-à-vis sur la poussée, le pilier gauche international de l'équipe du pays de Galles.

 

Fin du match, victoire pour le Leinster. Tout le monde vient féliciter Rabah, staffs et joueurs, il est heureux, son statut a changé ici. Il est le joueur le plus demandé pour les photos et les signatures. Il s'applique à le faire, tout sourire, comme si c'était son premier match, le premier autographe. Rabah me voit dans les tribunes, on a le temps de se faire une accolade rapide. Je lui dis avec un grand sourire : « Bravo, t'as justifié ton salaire du mois avec une seule mêlée, c'est fort ! » Il rigole.

 

« Tu te souviens que je t'ai dit ça à la fin du match à Newport ?
Oui je me souviens bien, mais c'était vrai en fait. Avant la finale de l'URC en juin dernier, Leo Cullen est venu me voir sur le terrain et m'a dit : "Tu te souviens ce qu'on s'est dit le premier jour à notre première discussion ? On a parlé de mêlée, de tes capacités qui nous feraient gagner des matches et des titres, eh bah, c'est maintenant." Je te jure que quelques heures plus tard, quand je suis entré en jeu, j'étais dans une confiance magique, fort dans mon corps et dans ma tête. Il ne pouvait rien m'arriver et j'ai gagné les mêlées, on a remporté le Championnat.

 
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Dublin pour Rabah Slimani, c'est uniquement le plaisir de prouver et pas la peur de mal faire. (Aristide Barraud)
 

Ça doit te faire du bien cet épisode inattendu de ta carrière. Tout a l'air vertueux humainement et sportivement.
Ce que je vis est une chance que j'ai encore du mal à réaliser, je suis apaisé. Quand on me demande où j'habite et que je réponds Dublin, ça me paraît fou. On en rigole avec ma femme, on a tout fait ensemble, elle me soutient depuis la période difficile du Covid, dans les bons et les mauvais moments. Je prends tout avec beaucoup de plaisir, je n'ai plus de pression, j'ai uniquement le plaisir de prouver et pas la peur de mal faire. Ça change beaucoup de choses dans tous les compartiments de ma vie.

 

En fait, t'as fini le game.
Ah, ah, t'es con.

 

Pour moi, t'es un des POAT, tu sais, un pilier of all time.
Moi, tout ça, je le vois comme un bonus track. On arrivait à la fin du CD et tout le monde croyait que c'était fini. Eh bah, nan ! »

 

Newport. Rabah est le dernier à signer des autographes et prendre des photos avec les supporters. Un manager vient lui dire que le car part dans trente minutes, il fonce. « Allez, montez les neveux ! » Ce soir, Rabah rentre chez lui à Dublin et je m'envole demain pour l'Italie. Drôles de vies pour deux mecs de la banlieue parisienne vivant aujourd'hui à deux extrémités européennes. Je suis fier de lui, mon pote est une bibliothèque immense au coeur d'une forteresse prestigieuse et les piliers de Newport dormiront mal ce soir, la tête à l'envers et le corps en bas-relief. Fallait pas croiser Rabah, nouveau tonton du trèfle. Je suis désolé pour eux mais c'est leur voie, leur chemin. Dans quelques années ils croiseront ses héritiers en vis-à-vis. Les jeunes piliers du Leinster, entrés dans une lignée prestigieuse, une dynastie.

 
 
 

 

 

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Apparemment non...
Exclu Midol. Transferts – Toulon sur le point de s’offrir Rabah Slimani, actuellement au Leinster
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Nous on a préféré miser sur Alaalatoa, que voulez-vous.... :rolleyes:


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Posted 30 January 2026 - 18:12 PM

Nous on a préféré miser sur Alaalatoa, que voulez-vous.... :rolleyes:

À lire le forum c’était une délivrance de le voir signer au Leinster mais bon


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#2593 RCV06

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Posted 30 January 2026 - 18:15 PM

À lire le forum c’était une délivrance de le voir signer au Leinster mais bon

C'est bien ce qu il me semblait aussi  ^_^ 


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#2594 Lavande50

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Posted 30 January 2026 - 18:32 PM

À lire le forum c’était une délivrance de le voir signer au Leinster mais bon

 

Tu n'as pas dû lire mes messages d'alors... 


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#2595 Lima

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Posted 30 January 2026 - 18:47 PM

Slimani comme d'autres étaient en bout de courses chez nous, tant mieux s'il a bien rebondi ensuite !

 

Ce n'est pas corrélé au fait qu'on s'est complètement viandé sur Alaalatoa.


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