Plus de latitude pour Fabien Galthié avec les Bleus et suppression du match d'accession Pro D2-Nationale : les enseignements de la nouvelle convention entre la FFR et la LNR
La nouvelle convention adoptée par la FFR et la LNR permettra au staff des Bleus de disposer encore d'un groupe de 42 joueurs et de sélectionner des finalistes pour les rendez-vous estivaux.
L'accouchement a été long. Après neuf mois de discussions, la Fédération française et la Ligue Nationale de Rugby (LNR) sont parvenues à un accord sur la nouvelle convention qui sera officiellement adoptée le 4 février. Un texte « gagnant-gagnant » selon les deux parties qui porte sur la période 2026-2031. Il doit à la fois permettre à l'équipe de France de briller, au Top 14 de conserver sa puissance actuelle, au rugby amateur de se développer partout en France mais aussi d'assurer la sécurité des joueurs.
Les Bleus restent à 42
Les grands principes de la mise à disposition des internationaux demeurent. Le sélectionneur Fabien Galthié pourra toujours compter sur un groupe de 42 pour préparer les futures échéances internationales. Des aménagements ont cependant été mis en place car certains regrettaient de voir toujours les mêmes éléments se rendre à Marcoussis pour faire le nombre lors des rassemblements.
Comme l'ont souligné des managers, cela commençait à être pesant pour les joueurs à la fois moralement, car tu portes les boucliers pendant six semaines, et physiquement parce que ces allers-retours sont fatigants », raconte Laurent Marti, président de l'UBB et en charge à la LNR des relations avec les équipes de France. Ils ont été entendus à travers un mécanisme de rotation. Chaque partenaire d'entraînement ne pourra être sollicité que deux fois lors des périodes automnales et trois lors d'un même Tournoi des Six Nations. Par ailleurs, « sauf cas exceptionnel », un club comptant 8 joueurs dans les 28 retenus ne sera pas sollicité pour composer l'effectif des partenaires d'entraînement.
Pas de quotas de finalistes
Qui dit nouvelle compétition dit nouvelles ambitions. Pour aborder le Championnat des nations dans les meilleures conditions dès cet été, l'encadrement des Bleus sera libre de retenir autant de finalistes du Top 14 qu'il le souhaite. Galthié et ses adjoints devront cependant prendre en compte l'état physique et mental de leurs internationaux « en bonne intelligence » avec les managers de clubs.
« On n'a pas légiféré sur un quota, explique le président de la Ligue Yann Roubert. Ce n'est pas zéro, ni cinq comme l'année dernière ni vingt non plus. Plutôt que de réguler par la loi, on a préféré renforcer le dialogue. » Galthié retrouvera davantage de latitude pour aller en Nouvelle-Zélande, en Australie et au Japon les 4, 11 et 18 juillet sachant que la finale du Top 14 se déroulera le 27 juin.
« Quand tu t'appelles l'équipe de France et que tu abordes une compétition, tu as bien sûr envie de la gagner, mais on est aussi très conscients collectivement que la santé des pratiquants est une priorité pour le rugby mondial », complète le président de la FFR Florian Grill.
Pour 2027, les règles seront évidemment différentes en vue de la Coupe du monde (1er octobre-13 novembre). Trois matches de préparation sont prévus (le dernier week-end d'août et les deux premiers de septembre). Le groupe passera de 42 à 33 éléments le 12 septembre.
En 2029, de la nouveauté sera à prévoir. Les Français affronteront les Lions britanniques le week-end du 30 juin en parallèle de la finale de la Coupe du monde des clubs jouée potentiellement à la même date (dans ce cas-là la finale du Top 14 serait exceptionnellement avancée en mai).
Un effort conséquent pour le rugby amateur
L'investissement financier de la LNR vers la FFR sera nettement revu à la hausse. Il passera d'une trentaine de millions à environ cinquante millions d'euros sur le cycle 2027-2031, soit une hausse d'environ vingt millions dont treize supplémentaires fléchés vers un soutien au rugby amateur (développement du maillage territorial, conseillers techniques de club, réforme des indemnités de formation).
Yann Roubert, le président de la Ligue Nationale de rugby, et Florian Grill, celui de la Fédération française de rugby. (W. Dupuy/L'Équipe)
« Le rugby amateur nourrit le rugby pro et inversement, insiste Grill. On a créé un cercle vertueux qui doit tous nous faire gagner. » Avec l'ambition annoncée de « redensifier le socle du rugby de la base ». De l'extérieur, on pourrait aussi y voir un moyen de boucher les trous financiers de la FFR. Les intéressés le réfutent fermement « On ne vient pas renflouer les caisses de la fédé mais pour investir sur des projets qui nous tiennent à coeur parce qu'on a conscience que le rugby professionnel est étroitement lié à ses racines, et donc au rugby amateur », insiste Roubert.
Suppression du match d'accession Pro D2-Nationale
De l'aveu même des intéressés, c'est pour ce sujet que les pourparlers ont été les plus tendus. Comme réclamé par la Fédération, le barrage d'accession entre le quinzième de Pro D2 et le finaliste perdant de Nationale va être supprimé. À compter de 2027-2028, retour à deux montées et deux descentes directes. Cela permettra le passage de la Nationale à 16 clubs mais aussi, comme l'espère fortement la FFR, l'émergence de nouveaux projets sur l'ensemble du territoire.
« Je comprends très bien que tous les clubs de Pro D2 ne soient pas emballés par cette décision, mais il faut générer de la fluidité, faciliter les montées descentes, les accompagner, souligne Grill. On pense au long terme. » Par ailleurs, un plan de structuration de la Nationale verra le jour avec à la fois un renforcement du contrôle financier et un meilleur accompagnement des clubs amenés à monter.