Romain Ntamack au moment de son remplacement, au côté de son manager Ugo Mola, lors de UBB - Toulouse le 22 mars 2026. © Crédit photo : AFP
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À compter de la saison prochaine, les clubs français de Top 14 et de Pro D2 ne pourront plus procéder à douze mais huit remplacements par match, comme partout ailleurs
En février dernier, les dirigeants du rugby international se réunissaient à Londres pour débattre de possibles évolutions des règles. Se joue en coulisses une lutte d’influences, dans laquelle les Néo-Zélandais et les Australiens, qui veulent dynamiser (ou dynamiter) le jeu, poussent pour réduire l’importance de la mêlée, des mauls et de la touche. Pas exactement du goût des Français, plutôt conservateurs sur ce point, et qui ont organisé leur propre raout le mois suivant, à Marcoussis, pour afficher un front commun.
Les annonces faites conjointement par la Ligue, la Fédération et les représentants des grandes familles (entraîneurs, joueurs, arbitres) lundi témoignent de cette unité. En dépit d’un Top 14 déjà plus spectaculaire que jamais, et d’audiences TV en forte progression à la fois pour le championnat et l’équipe de France, « il faut travailler pour préserver la qualité de notre sport et ne pas subir les orientations du jeu qui viendraient des autres pays », note Mathieu Raynal, responsable de la cellule de haute performance de l’arbitrage français.
« Augmenter le rythme »Aussi, dans un souci « d’augmenter le temps de jeu effectif tout en réduisant les temps improductifs », ce qui ressemble à un pas fait vers World Rugby, la première des initiatives françaises consiste en un retour en arrière et un signe de bonne volonté. Les douze remplacements, autorisés depuis 2018 en Top 14 et en Pro D2, seront abandonnés au terme de cette saison, pour revenir à huit (hors blessure ou commotion en première ligne), comme dans toutes les autres compétitions professionnelles.
Cette expérimentation, censée mieux préserver la santé des joueurs, « n’a produit aucune amélioration probante » selon la LNR et la FFF. « Nous avons la durée moyenne de match la plus importante au monde et des postes au temps de jeu effectif le plus faible au monde, souligne Mathieu Raynal. Il y a une vraie volonté des entraîneurs d’augmenter le rythme des matchs. Pour ça, il faut agir sur deux paramètres : augmenter le temps de jeu effectif et baisser la durée des matchs. »
Cela mettra fin à une incohérence, puisque les managers pouvaient coacher douze fois en championnat mais seulement huit fois en Champions Cup. Ce qui, malgré tout, n’a pas empêché les clubs hexagonaux de remporter les cinq dernières éditions. Cet alignement avec le reste de l’ovalie est aussi une bonne nouvelle pour Fabien Galthié, qui pourra en théorie compter sur des joueurs préparés à jouer plus longtemps, à un an de la Coupe du monde en Australie.
Il n’a pas échappé au sélectionneur que les défaites marquantes des Bleus, ces dernières années, se décidaient en bonne partie lors des vingt dernières minutes : que ce soit face à l’Afrique du Sud en quart de finale de la Coupe du monde 2024 (28-29), l’Irlande lors du Tournoi 2024 (17-38), l’Angleterre lors du Tournoi 2025 (26-25), et à nouveau les Springboks en novembre dernier (17-32), son équipe a systématiquement encaissé plus de points – jusqu’à 14 – que l’adversaire entre les 60e et 80e minutes.
« Puisque passer de huit à douze changements n’a pas eu de vrai impact sur la santé des joueurs, on est d’accord pour revenir à huit, témoigne Malik Hamadache, président de Provale, le syndicat des joueurs. En revanche, pourquoi ne pas augmenter le nombre de remplaçants sur le banc ? Cela donnerait plus d’options aux managers et permettrait de mieux cibler le coaching selon la physionomie des matchs et la fatigue des joueurs. » L’option a effectivement été envisagée, mais finalement pas retenue.









