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EDF de Galthié


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#12901 el landeno

el landeno

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Posté aujourd'hui, 06:07

Grégory Alldritt se confie sur son lien avec l'équipe de France et son désir de participer à la Coupe du monde en 2027 : « Bien sûr que les Bleus me manquent »

Le capitaine rochelais Grégory Alldritt, cadre phare du premier mandat de Fabien Galthié, n'a plus joué en équipe de France depuis un an. Toujours aussi épris du maillot bleu, il assure n'être animé que d'un seul désir : retrouver la sélection et participer à la Coupe du monde en Australie.

 
 

La bruine épaisse couvrait l'horizon d'un mystérieux brouillard lundi à La Rochelle, mais Grégory Alldritt, lui, avait les idées bien claires. Le troisième-ligne des Maritimes (29 ans) a pris le temps de répondre à L'Équipe au sec, dans l'une des loges du stade Marcel-Deflandre. Préservé lors du succès bonifié de son équipe sur le terrain du LOU samedi (28-16), il a d'abord rassuré sur l'état de son genou : « C'était prévu depuis un moment que je ne serai pas à Lyon pour faire une PRP (plasma riche en plaquettes), ce n'est pas une blessure. »

 
 
 
 

Alldritt s'est ensuite épanché sans tabou sur sa longue absence en bleu. L'international (58 sélections) n'a plus joué en équipe de France depuis le 22 novembre 2025 et une victoire contre l'Australie (48-33), mais il compte tout mettre en oeuvre pour retrouver le numéro 8 qu'il s'était approprié lors du premier mandat de Fabien Galthié (2020-2023).

 
 

« Je suis contre la retraite internationale, pour moi c'est un non-sens. Si je ne joue plus en équipe de France, c'est que je n'aurai plus le niveau pour y être »

 
 

« Ces dernières semaines, vous avez évoqué l'équipe de France quand vous étiez interrogé à ce sujet en conférence de presse. C'est important pour vous d'en parler avec sincérité ?
Bien sûr. De toute façon, ça ne sert à rien de se mentir ou de mentir aux gens. J'ai l'esprit assez tranquille là-dessus. Je sais qu'il faut que je performe à La Rochelle. Je le pense vraiment. Et l'équipe de France arrivera si ce premier objectif est atteint. J'ai une vision sur le long terme, je vois loin, et j'évite tous les lundis de faire comme les journalistes ou les sélectionneurs à dire : "Il est dans le groupe" ou "il n'est pas dans le groupe". Honnêtement, je suis assez détaché. Ça ne veut pas dire que je ne veux pas être en équipe de France et que je m'en fous, loin de là. Jouer cette Coupe du monde l'année prochaine fait partie de mes rêves. Mais il faut faire les choses dans l'ordre.

 
 
 
 
 

Quand vous dites "j'ai une vision sur le long terme", ça veut dire quoi ? Vous voyez même au-delà de la Coupe du monde ?
La Coupe du monde, d'abord. Et après, pourquoi pas ? De toute façon, je suis contre la retraite internationale, pour moi, c'est un non-sens. Si je ne joue plus en équipe de France, c'est que je n'aurai plus le niveau pour y être.

Comment avez-vous vécu votre absence lors du dernier Tournoi ? Était-ce une claque ?
Ç'a été une déception. Maintenant, comme je l'avais dit à l'époque, il y avait beaucoup à faire au club. On avait énormément de soucis à ce moment-là, avec la tête un peu au fond du seau (élimination dès la phase de poules en Coupe des champions, cinq défaites d'affilée entre le 10 janvier et le 14 février dont trois à domicile). Tous ces combats ont occupé mon esprit. Ça m'a fait extrêmement plaisir de voir les copains soulever le trophée du Tournoi des Six Nations, mais il y avait quand même une pointe de déception de ne pas pouvoir être avec eux au Stade de France.

 

En novembre 2025, lors de votre dernière sélection, vous étiez capitaine des Bleus. Cela rend-il votre absence encore plus dure à vivre ?
Non. J'ai toujours été très fier d'être capitaine, mais je n'ai jamais estimé que ça faisait de moi quelqu'un de plus important qu'un autre joueur de l'équipe.

 

Avez-vous changé des choses dans votre façon de travailler ces derniers mois ?
Je continue à travailler plus et à ne jamais me satisfaire de ce que je pense être assez. Je continuerai comme ça, jusqu'à la fin de ma carrière.

 
 

« Depuis la fin de saison dernière, Antoine Hastoy m'a aussi vraiment beaucoup aidé dans son rôle de leader et de meneur de jeu. Ça m'a libéré de beaucoup de choses et ça m'a permis de me reconcentrer sur mon jeu »

 
 

Parvenez-vous à relativiser et à rester hermétiques aux critiques autour de votre niveau ?
Oui parce que je pense que la plupart des critiques sont bienveillantes. Bien sûr, il y a des abrutis partout, mais il ne faut pas croire que c'est la majorité, même si parfois on peut le penser sur les réseaux. Je suis assez bien dans mes baskets. J'ai la chance d'être entouré, que ce soit au club ou dans ma vie privée, par des gens qui sont très bienveillants et qui ont souvent des avis assez précis et justes. Là-dessus, je suis relax dans ma tête.

 

Comment faites-vous pour vous évader de la pression inhérente au haut niveau ?
Déjà, je ne lis pas trop ce qui se dit sur moi. Et quand je rentre chez moi, je coupe un peu avec le rugby. J'essaie vraiment de déconnecter.

 

Vous êtes capitaine à La Rochelle mais les difficultés récentes que vous avez rencontrées vous ont-elles incité à vous reconcentrer sur vous-même ?
Oui, je me suis concentré sur moi. J'ai pu le faire parce qu'il y a eu des apports récents, avec des recrutements faits par le club, des joueurs comme Nolann (Le Garrec). Depuis la fin de saison dernière, Antoine Hastoy m'a aussi vraiment beaucoup aidé dans son rôle de leader et de meneur de jeu. Ça m'a libéré de beaucoup de choses et ça m'a permis de me reconcentrer sur mon jeu.

 
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Antoine Hastoy (à gauche) et Grégory Alldritt la saison dernière lors de la 19e journée de Top 14. (A. Mounic/L'Équipe)
 

Pensez-vous que vous êtes en train de payer physiquement les saisons ultra denses du passé, quand vous enchaîniez plus de 30 matches par an avant la Coupe du monde 2023 ?
Peut-être. Après, beaucoup de joueurs du club se sont blessés, ce qui m'a fait pas mal enchaîner. L'équipe de La Rochelle a moins bien performé aussi ces deux dernières saisons. Il y a plusieurs facteurs. Mais en fin de saison dernière, j'avais presque retrouvé mon meilleur niveau. Donc c'est encourageant et je suis plus que motivé.

 

Imaginez-vous refaire une pause de presque deux mois pour recharger les batteries, comme après la Coupe du monde 2023 ?
Je ne sais pas si je referais la même chose ou si je prendrais plusieurs petites pauses, plusieurs week-ends durant la saison. On ne pourra jamais avoir le recul nécessaire pour mesurer les bienfaits de cette pause, mais depuis, et je touche du bois, je ne me suis pas blessé gravement. Peut-être que sans ça, je me serai blessé. On a vu que beaucoup de mondialistes ont eu des pépins la saison qui a suivi. Est-ce que j'ai eu de la chance ou est-ce que cette pause m'a aidé ? En tout cas, j'avais une fatigue physique, je sentais que j'avais besoin de couper six semaines et c'est ce que j'ai fait. Une coupure estivale, c'est cinq semaines. Donc, j'ai pris une coupure estivale au mois de décembre (sourire).

 

Dans la continuité de votre bonne fin de saison dernière, vous aviez été convoqué en bleu pour le Championnat des nations (touché au mollet, il avait déclaré forfait). Cela vous a redonné espoir ?
Bien sûr.

 
 

« On a de plus en plus de jeunes français qui jouent et, du coup, ça brasse du monde à tous les niveaux et à tous les postes. Cette grosse concurrence, c'est hyper challengeant »

 
 

Récemment, lors d'un entretien sur Canal+, Fabien Galthié a ouvert la porte aux anciens cadres comme vous, Gaël Fickou et Damian Penaud. Vous l'avez pris comme une main tendue ?
Je ne l'avais pas vu, pour être honnête. Mais je pense que le staff a toujours eu cette logique de sélectionner ceux qui le méritent. Ils voient la performance des joueurs à l'instant T. Donc je leur fais confiance, c'est à moi de me bouger, d'être à mon niveau. Je suis persuadé que je serai sélectionné si tout ça est réuni.

 

Le réservoir français en troisième ligne est impressionnant. Comment jaugez-vous cette concurrence ?
Ce qui est sûr, c'est qu'on a de plus en plus de jeunes français qui jouent et, du coup, ça brasse du monde à tous les niveaux et à tous les postes. Cette grosse concurrence, c'est hyper challengeant. Ça fait du monde en troisième ligne. Je dois faire en sorte d'avoir quelque chose en plus, qui manque aux autres, pour donner au staff l'envie de me sélectionner.

 

La polyvalence est devenue une norme au plus haut niveau, avec de plus en plus de joueurs hybrides. Personnellement, vous être vu comme un pur 8. Souhaitez-vous développer vos capacités sur d'autres postes pour ajouter une corde à votre arc ?
Pur 8, ça ne veut rien dire, parce qu'en troisième ligne, c'est une question de profils. Si une équipe joue avec un 6 porteur, le profil du 8 sera différent. C'est tout un mécanisme complexe. C'est vrai que j'ai souvent joué 8. Mais je me souviendrai toujours de ce que m'a dit Patrice Collazo (qui l'entraînait lors de sa première saison avec les Maritimes en 2017-2018) quand je suis arrivé à La Rochelle : un joueur à 16/20 partout ne l'intéressait pas, ce qu'il préférait, c'était un joueur à 18 ou 19/20 quelque part avec 14 dans les autres domaines. Je pense que c'est quand même bien d'avoir des points forts et de les développer, plutôt que d'essayer d'être correct partout.

Nous sommes maintenant à moins d'un an de la Coupe du monde. Vous y pensez déjà ?
On l'a tous dans un coin de la tête. Maintenant, un an, ça paraît court, mais c'est très long. Les joueurs du moment ne seront pas forcément ceux de la première composition d'équipe en Australie. Donc il faut travailler, rester en forme et aussi espérer avoir une bonne étoile pour qu'il ne nous arrive pas de malheur d'ici là.

 

Vous avez connu deux Coupes du monde en 2019 et 2023. À un an de ces événements, dans quel état d'esprit étiez-vous ?
Un an avant la première, je faisais mes premiers matches en tant que titulaire en Top 14. Comme quoi, ça peut aller vite. Et avant le Mondial en France, c'était différent. On y pensait tous les matins et tous les soirs avant d'aller au lit.

 

Le CNR de Marcoussis vous manque ?
Bien sûr que ça me manque. Ça me manque d'être au contact du groupe, au contact de l'équipe de France, d'avoir ce coq sur le coeur. C'est toujours un honneur. »






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