Cent hectares en fumée à Aurouër, des habitants évacués, une maison brûlée.. Récit du plus gros incendie qu'ait connu l'Allier 110 pompiers mobilisés, 49 engins, des habitants et des agriculteurs courageux ont lutté contre le plus important incendie qu’ait connu le département en 2026. Une centaine d’hectares ont brûlé ce jeudi 9 juillet à Aurouër, petite commune de l’Allier.
Un paysage lunaire, noir, enfumé...
Aurouër, petite commune de l’Allier, jouxtant le département de la Nièvre, est en proie aux flammes. Le bourg est cerné par les feux. Les cinq routes menant au centre sont toutes bloquées par les gendarmes : les haies, bosquets et autres poteaux en bois sont carbonisés, certains s’écroulant même sur la route.
Des pompiers partout, venant d’une grande partie du département, luttent pour empêcher une propagation plus importante.
Ce jeudi, aux alentours de 16 heures, tout est allé très vite. L’incendie serait parti d’un champ à proximité de la route menant vers Dornes.
Un feu de grande ampleur, violent, se déplaçant très rapidement en raison du vent. « Je regardais le Tour de France chez moi quand j’ai senti la fumée, raconte Georges, habitant de la commune, encore sous le choc de ce qu’il vient de vivre. C’est ma femme, en allant ramasser le linge au fond du jardin, qui a donné l’alerte. Le feu allait très vite... »
Les chevaux sortis in extremis
Tellement vite que les flammes se sont rapprochées des habitations, d’un château, d’une écurie où les chevaux ont été sortis in extremis. Les hectares brûlent. 20, 30, 40...
À 17 heures, le feu a déjà consumé plus de 60 hectares. Un poste de commandement a été installé sur la place de l’église, juste devant la mairie. Les habitants sont sortis de leur maison, certains ont dû être évacués devant l’avancée inexorable des flammes.
Un homme ramasse ce qui peut l’être dans son jardin carbonisé : « J’étais au travail quand ma femme m’a prévenu. Heureusement, les voisins sont sortis avec des jets d’eau et ont pu freiner l’avancée des flammes, tout du moins les retarder en attendant l’arrivée des pompiers ». Sa maison n’a rien : « Pas comme celle de mon voisin, un homme de 95 ans qui été évacué. Sa véranda a brûlé. »
"Les flammes se rapprochaient des habitations"
Georges raconte lui aussi cette lutte avec les flammes : « Heureusement que j’avais un puits et des réserves d’eau de pluie. Les flammes se rapprochaient dangereusement des habitations. »
« On a réussi à contenir les flammes qui étaient pourtant très hautes. Elles ont quand même détruit la clôture et une partie de ma haie », constate-t-il. Le vent a continué de souffler, attisant le feu sur une vaste étendue, menaçant les bois environnants.
L’écurie a finalement brûlé, mais une vingtaine d’habitations et le château ont pu être préservés.
Plus de 100 pompiers mobilisés
Sur place, on comptait 110 pompiers et 49 engins. Il a fallu demander l’aide de l’hélicoptère Dragon 63 pour reconnaître au plus juste l’ensemble des foyers disséminés autour de la commune encerclée.
À 20 heures, le colonel Aymeric Arnould, directeur départemental adjoint des sapeurs-pompiers de l’Allier pouvait annoncer que « le feu était fixé, qu’une centaine d’hectares avaient brûlé, qu’une douzaine de personnes avaient été prises en charge pour avoir inhalé des fumées, et que l’une d’elles souffrait de brûlures légères sur les mains » après avoir lutté contre les flammes pour sauver sa maison.
Depuis début juin, le département de l’Allier connaît une sécheresse exceptionnelle.
Le rôle crucial des agriculteurs
Avant l’incendie d’Aurouër, 560 hectares avaient déjà brûlé. Les chaleurs de ces derniers jours et celles attendues ce week-end laissent craindre encore des feux d’ampleur dans le Bourbonnais.
À ce jour, l’incendie d’Aurouër est le plus important qu’ait connu l’Allier en 2026. Le maire d’Aurouër, Yves Lenoir, était soulagé qu’il n’y ait pas de victime. À ses côtés, le maire de Dornes, Jean-Luc Gauthier : « Immédiatement j’ai demandé à mes employés communaux de venir prêter main-forte. »
Mais si les pompiers étaient sur le pied de guerre, les exploitants agricoles ont aussi joué un grand rôle pour contenir le feu. Plus d’une vingtaine de tracteurs ont assuré le déchaumage au plus près des flammes pour les stopper. Une solidarité de tous qui a certainement permis d’éviter le pire. A noter sur place la présence de la directrice de cabinet du préfet de l’Allier Cyrielle Franchi.
Comme diraient le Zé et VGE, Mercy et Chapeau les pompiers et les agriculteurs !