Quelqu'un peut-il partager l'article sur Joe El Abd dans le Midol svp ???
La saison passée a-t-elle été celle que vous attendiez ?
Celle que je nattendais peut-être pas, mais certainement celle que jespérais. Notre ambition était datteindre notre objectif. Chaque saison nous débutons avec beaucoup despoirs, et nous avons réalisé une saison complète, réussie, conclue par un titre et une accession en Top 14.
Cette double récompense constitue-t-elle à vos yeux un aboutissement ?
Ce nest pas laboutissement de notre projet, mais cest effectivement celui de notre saison parce que tout cela répond à nos ambitions. Il y a dix ans javais déjà vécu le bonheur dun titre et dune montée en Top 14 avec Oyonnax, mais à lépoque il ny avait pas le passage obligé par la phase finale. Il est évident que la formule actuelle rend la compétition encore plus difficile, mais elle rend aussi la réussite encore plus belle. Nous sommes très fiers de notre parcours.
Cette fierté ne découle-t-elle pas aussi du fait quOyonnax était le grand favori et que vous avez assumé tout au long de la saison ?
Cest la promesse que nous nous étions faite en début de saison en sachant que tout le monde allait nous attendre. Du début à la fin nous avons assumé ce statut alors que beaucoup attendaient quOyonnax tombe. La force du groupe nous a portés et cest ce qui a rendu cette saison encore plus belle.
Quels ont été les moments les plus difficiles ?
Il y en a eu. Par exemple quand Taylor Paris a dû nous quitter suite à une blessure. Sur le terrain le groupe a surmonté les difficultés et quand nous avons eu lassurance davoir en poche notre billet pour la phase finale, nous avons su entretenir la dynamique. Nous savions que la phase finale ne constituait quun point de passage. Cest à la fin du championnat que nous avions besoin de jouer notre meilleur rugby. Il fallait garder les joueurs en éveil, les stimuler avec différents challenges. Cela na pas été difficile à proprement parler, mais cétait différent par rapport aux autres saisons. Quand on mène le championnat de vingt points, ce nest pas évident de maintenir le niveau dexigence. Lenjeu réel des matchs était relatif, mais nous voulions continuer à progresser.
Quelle a été lémotion la plus forte de cette saison ?
Il y a eu ce moment particulier quand face à Vannes nous avons franchi le cap de la demi-finale, après trois échecs consécutifs. Mais la finale reste à part, cest elle que nous attendions depuis le premier jour. Elle a été serrée, ce qui est normal quand on joue contre le deuxième du championnat, mais elle a été maîtrisée. Les joueurs sont restés zen jusquau bout. Cest ce qui nous a permis dinscrire un essai sur la dernière action pour offrir à Oyonnax son troisième titre, dix ans après le premier.
Ce premier titre que vous évoquez, vous laviez vécu comme joueur. Dix ans après, vous récidivez comme entraîneur. Quest-ce que cela représente pour vous ?
Pour moi le collectif restera toujours le plus important. Retrouver le Top 14 cétait lobjectif fixé quand je suis revenu au club comme manager. Nous avons partagé cette joie avec les joueurs, avec le staff, avec les supporters. Avoir réussi à faire cela deux fois, cest magique. Oyonnax est une petite ville. Nous navions pas le plus gros budget. Nous avons fait avec nos moyens, en misant sur notre savoir-faire. Cela montre quavec du travail on peut réaliser de grandes choses.
Nest-ce pas le propre des Oyomen, un concept dont vous avez été lun des instigateurs il y a dix ans ?
Lhistoire dOyonnax na pas débuté il y a dix ans. Cest un club qui est entré dans le rugby professionnel il y a vingt ans, à force de travail, en cherchant toujours à avancer. Oyonnax sest construit dans le temps, sur des bases financières toujours très saines. Il y a dix ans, une étape supplémentaire a été franchie. Dans la continuité de lhistoire du club, nous voulions créer notre identité. Tout le monde se demandait comment un club comme Oyonnax pouvait dominer le championnat de Pro D2. Pour résumer notre état desprit nous avions besoin de trouver un nom et cest là que lon a commencé à parler des Oyomen et de leurs valeurs qui sont celles de la ville et de son territoire.
À Oyonnax vous avez terminé votre carrière de joueur et commencé celle dentraîneur. Il y a là une véritable histoire ?
Jai eu cette chance de terminer ma carrière dans ce club qui porte en lui les vraies valeurs du rugby. Jai vécu la montée, la saison du maintien. Christophe Urios ma offert la chance de commencer mon parcours dentraîneur à ses côtés. Il maîtrisait déjà parfaitement son métier. Apprendre à ses côtés, en Top 14, avec les joueurs qui avaient été mes équipiers reste quelque chose dinoubliable. Cette saison-là, Oyonnax a terminé sixième, a disputé un barrage contre Toulouse. Je ne pouvais pas espérer de plus beaux débuts.
Après Oyonnax vous avez poursuivi votre carrière dentraîneur, avec Christophe Urios, à Castres. Quavez-vous appris à ses côtés ?
Christophe est quelquun qui connaît parfaitement le rugby, mais il ma aussi beaucoup apporté en termes de management. Il est très attaché à la dimension humaine. Avec lui jai appris comment permettre aux joueurs de donner le meilleur deux-mêmes, comment avancer, progresser quand on na pas le plus gros budget, le plus gros effectif. Quand on est à Oyonnax, il faut tout maximiser, tout optimiser pour rivaliser avec les meilleurs. Avec Christophe Urios jai beaucoup appris, comme joueur, puis comme entraîneur, à Oyonnax puis à Castres.
Donner le maximum sera pour Oyonnax une obligation cette saison en Top 14. Dans quel état desprit êtes-vous ?
Cest un moment que nous attendons depuis longtemps. Le défi sera très relevé, mais il est magnifique. Il y a de lexcitation et surtout beaucoup de motivation. Nous avons hâte détalonner notre niveau dans le plus grand championnat au monde. Nous avons dans notre groupe beaucoup de joueurs qui connaissent le Top 14, mais aussi beaucoup dautres qui vont découvrir cette compétition. Cest cette même dynamique que nous avions il y a dix ans. La saison passée Oyonnax a dominé la Pro D2 et a accédé au Top 14 par la grande porte. Nous sommes fiers dêtre là.
Après avoir assumé létiquette de favori, Oyonnax va devoir porter celle de promu.
Tout le monde a déjà prédit notre sort. Cest normal, nous lacceptons. Maintenant nous allons tout faire pour déjouer les pronostics. Pour cela nous devrons à chaque fois afficher nos valeurs. Il faudra jouer chaque match comme sil sagissait dune finale. La saison passée nous aurions pu nous montrer suffisants, nous sommes restés humbles et appliqués, sans jamais relâcher notre niveau dengagement. Nous ne serons pas confrontés à la même problématique, mais nous aurons la même volonté de réussir. Nous avons beaucoup de considération pour les grandes équipes que nous allons rencontrer mais pour mettre notre jeu en place, il ne faudra pas se contenter de les respecter. Avec nos valeurs, la qualité de nos joueurs, notre ambition, notre état desprit, notre mission sera de perturber lordre établi. Nous allons nous concentrer sur nous en sachant que notre job sera de progresser chaque semaine.
Quelle peut-être la principale force dOyonnax face à une adversité plus que relevée ?
Il y a cette identité des Oyomen, très forte parce quancrée dans la ville. Leurs valeurs ont permis au club de grimper dans la hiérarchie. Il y a aussi le groupe qui a grandi et appris ensemble. Neuf nouveaux joueurs nous rejoignent pour nous apporter un plus, mais lossature de notre groupe demeure inchangée. Les joueurs partagent un vécu commun, renforcé par le titre et la montée décrochés la saison passée. Nous sommes là où nous voulions être et cela aussi sera un atout.
Peut-on résumer les ambitions dOyonnax au seul maintien ?
En tant que promu ce sera bien sur lobjectif à atteindre, mais notre ambition et de permettre à notre club de continuer à avancer, à progresser. Cest notre projet depuis que je suis revenu au club il y a quatre ans. Cest ce que nous avons su faire au fil des saisons. Notre jeu a évolué. Le club a encore amélioré ses structures. Oyonnax veut poursuivre cette progression. Les échéances qui nous attendent seront encore plus relevées, il faudra donc évoluer encore plus vite. Tout le monde nous regarde comme le petit, mais nous voulons montrer quOyonnax peut exister en Top 14, quil faudra compter avec nous.
Le défi sannonce de taille ?
Depuis toujours le défi fait partie intégrante de lADN dOyonnax.