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TJ Maguranyanga


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21 réponses à ce sujet

#16 Silhouette

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Posté 04 décembre 2025 - 07:45

Oui, c'est assez torturé comme système !
Cette histoire de garanties c'est curieux.
Les 234 000 $ tu crois pas que c'est ce qu'il a touché dans son programme IPP ? pour ensuite passer à 988 000 $ ? 
 
Quoi qu'il en soit chapeau à lui, si ça se passe à peu près normalement il est tranquille niveau finances !

Je pense pas, overthecap est souvent très précis. Mais a voir, j'avoue que j'ai jamais eu le courage de me plonger totalement dans leur système, c'est genre le salary cap du Top14 en 100 fois plus complexe (xdderf, le jour où tu t'ennuies avec les explications du salary cap français, tu sais quoi faire .. !).

Quoiqu'il en soit, très content pour TJ ! Beaucoup ont essayé le passage en NFL, peu ont réussi à gratter du temps de jeu en match officiel, pourvu que ça dure pour lui !
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#17 ELSAZOAM

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Posté 21 janvier 2026 - 06:34

Avec son contrat, il serait un des rugbymen les mieux payés du monde : TJ Maguranyanga, de l'ASM Clermont à l'Eldorado de la NFL

 

Il y a seulement deux ans, TJ Maguranyanga était encore un joueur espoirs de l’ASM Clermont. A 23 ans, il vient de disputer son premier match de NFL avec les Washington Commanders et de décrocher un premier contrat qui ferait de lui l’un des rugbymen les mieux payés au monde. Itinéraire d’un monstre physique.

 

Par Arnaud Clergue (La Montagne)

Publié le 21 janvier 2026 à 06h00

 

Raconter l’histoire de TJ Maguranyanga, c’est un peu dérouler les paragraphes d’un véritable conte de fées. Ou plutôt d’un feel good movie à l’américaine que l’on pourrait trouver sur toutes les bonnes plateformes de streaming.

 

À tout juste 23 ans, TJ Maguranyanga vient de signer son premier contrat en NFL, la très lucrative ligue américaine de football américain. Le désormais numéro 59 des Washington Commanders a même disputé son premier match officiel en décembre dernier face aux Denver Broncos.

 

Au sein de la franchise de la capitale fédérale, l’ancien espoir de l’ASM Clermont touche 885 000 dollars par an, et ce sur trois saisons (2025-2027), soit environ 755 000 euros. « C’est le contrat de base en NFL, commente Marc Angelo Soumah, consultant pour le diffuseur de la NFL, beIN Sports. En lui faisant signer ce contrat, les Commanders veulent voir comment le joueur va se développer. Ce n’est vraiment pas beaucoup à l’échelle de la NFL. »

 

Avec un tel contrat, TJ Maguranyanga figurerait parmi les rugbymen les mieux payés au monde. Mais les dieux du sport en ont voulu autrement…

 

Un monstre physique

 

Dans le jeu à XV, cet incroyable athlète n’a jamais réussi à percer. À l’issue de son contrat espoir avec l’ASM Clermont, arrivé à son terme en 2024, aucune écurie française n’a été séduite. Pourtant, le Zimbabwéen affiche des données impressionnantes pour un ailier : 1,95 m, 106 kg et surtout 10’’60 au 100 mètres. Autant de datas qui avaient convaincu les dirigeants de l’Académie clermontoise.

 

Adel Fellah, alors directeur sportif du centre de formation, s’en souvient encore. « TJ était alors joueur de rugby à 7 en Afrique du Sud. Des agents nous avaient proposé son profil. Son CV était donc arrivé sur notre table et, à l’époque, il n’y avait pas d’ailier de son profil au club. Si ce n’est peut-être Alivereti Raka. Ce n’était pas un gros investissement, donc on s’est lancé après le visionnage de quelques vidéos. On voyait clairement que TJ pouvait être un facteur X avec des aptitudes physiques très fortes. »

 

On pense alors que l’ailier peut marquer l’histoire du rugby. Au sein du vestiaire des Gravanches, beaucoup de ses camarades clermontois sont impressionnés par l’arrivée du Zimbabwéen. Un jeune homme bien plus massif que les autres joueurs de son âge, capable de soulever 160 kg au développé couché. Niveau comportement, rien à lui reprocher non plus, si ce n’est une farouche volonté de réussir.

 

Point négatif cependant : TJ Maguranyanga semble plus focalisé sur ses statistiques personnelles que sur les performances de l’équipe, un trait de personnalité collant déjà, finalement, avec les valeurs du sport US.

 

«  Quand je l’avais reçu en entretien, j’avais devant moi un jeune homme très déterminé, se souvient Adel Fellah. Il avait des objectifs personnels très ambitieux et voulait s’en sortir pour aider sa famille. Malheureusement, TJ était très axé sur lui et ses performances et pas forcément sur le rendement de l’équipe. Le foot américain étant très statistique et individuel, cela lui correspond sûrement un peu plus. »

 

Fin 2024, après trois ans passés à l’Académie clermontoise, TJ Maguranyanga ne parvient pas à trouver sa place dans le rugby. Trop limité tactiquement, mais aussi dans ses déplacements, le jeune homme doit se faire une raison et nourrir un autre rêve : celui de devenir professionnel de football américain. « Depuis que je suis assez jeune, j’ai toujours eu cette idée un peu folle que j’allais être un athlète dans deux sports, a témoigné TJ Maguranyanga à ESPN. Mon rêve, c’était de jouer au rugby pro, puis de passer au football américain. » Il n’aura pas à attendre bien longtemps.

 

"C’est une superbe matière première"

 

À l’image du rugbyman gallois Louis Rees-Zammit, l’ex-Clermontois est retenu dans la promotion 2025 du programme International Player Pathway de la NFL. « Dans sa volonté de s’internationaliser, la NFL a compris qu’il fallait des joueurs d’autres nationalités, explique Marc Angelo Soumah. On les met sur la réserve d’entraînement pour les proposer ensuite aux franchises, qui regardent si le profil leur convient. »

 

Au bout de quelques mois seulement, celui de TJ Maguranyanga tape dans l’œil des Washington Commanders. Alors qu’au rugby il évoluait à l’aile, un poste d’agilité, le voici désormais defensive end, autrement dit chasseur de quarterback. 

 

« Ce n’est pas étonnant compte tenu de son gabarit, analyse Marc Angelo Soumah. Defensive end, c’est une position simple qui demande beaucoup de capacités athlétiques. Il est très rapide et peut donc monter comme une balle sur le quarterback. On sait en plus qu’il sait plaquer, le plaquage étant sans conteste le pont entre les deux disciplines. C’est typiquement le genre de personne que vous voulez en NFL. C’est une superbe matière première. »

 

TJ Maguranyanga a donc fini par trouver sa voie. Et celle-ci s’annonce plutôt dorée. Le vrai American Dream.


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#18 ZACH

ZACH

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Posté 21 janvier 2026 - 10:16

 

Avec son contrat, il serait un des rugbymen les mieux payés du monde : TJ Maguranyanga, de l'ASM Clermont à l'Eldorado de la NFL

 

Il y a seulement deux ans, TJ Maguranyanga était encore un joueur espoirs de l’ASM Clermont. A 23 ans, il vient de disputer son premier match de NFL avec les Washington Commanders et de décrocher un premier contrat qui ferait de lui l’un des rugbymen les mieux payés au monde. Itinéraire d’un monstre physique.

 

Par Arnaud Clergue (La Montagne)

Publié le 21 janvier 2026 à 06h00

 

Raconter l’histoire de TJ Maguranyanga, c’est un peu dérouler les paragraphes d’un véritable conte de fées. Ou plutôt d’un feel good movie à l’américaine que l’on pourrait trouver sur toutes les bonnes plateformes de streaming.

 

À tout juste 23 ans, TJ Maguranyanga vient de signer son premier contrat en NFL, la très lucrative ligue américaine de football américain. Le désormais numéro 59 des Washington Commanders a même disputé son premier match officiel en décembre dernier face aux Denver Broncos.

 

Au sein de la franchise de la capitale fédérale, l’ancien espoir de l’ASM Clermont touche 885 000 dollars par an, et ce sur trois saisons (2025-2027), soit environ 755 000 euros. « C’est le contrat de base en NFL, commente Marc Angelo Soumah, consultant pour le diffuseur de la NFL, beIN Sports. En lui faisant signer ce contrat, les Commanders veulent voir comment le joueur va se développer. Ce n’est vraiment pas beaucoup à l’échelle de la NFL. »

 

Avec un tel contrat, TJ Maguranyanga figurerait parmi les rugbymen les mieux payés au monde. Mais les dieux du sport en ont voulu autrement…

 

Un monstre physique

 

Dans le jeu à XV, cet incroyable athlète n’a jamais réussi à percer. À l’issue de son contrat espoir avec l’ASM Clermont, arrivé à son terme en 2024, aucune écurie française n’a été séduite. Pourtant, le Zimbabwéen affiche des données impressionnantes pour un ailier : 1,95 m, 106 kg et surtout 10’’60 au 100 mètres. Autant de datas qui avaient convaincu les dirigeants de l’Académie clermontoise.

 

Adel Fellah, alors directeur sportif du centre de formation, s’en souvient encore. « TJ était alors joueur de rugby à 7 en Afrique du Sud. Des agents nous avaient proposé son profil. Son CV était donc arrivé sur notre table et, à l’époque, il n’y avait pas d’ailier de son profil au club. Si ce n’est peut-être Alivereti Raka. Ce n’était pas un gros investissement, donc on s’est lancé après le visionnage de quelques vidéos. On voyait clairement que TJ pouvait être un facteur X avec des aptitudes physiques très fortes. »

 

On pense alors que l’ailier peut marquer l’histoire du rugby. Au sein du vestiaire des Gravanches, beaucoup de ses camarades clermontois sont impressionnés par l’arrivée du Zimbabwéen. Un jeune homme bien plus massif que les autres joueurs de son âge, capable de soulever 160 kg au développé couché. Niveau comportement, rien à lui reprocher non plus, si ce n’est une farouche volonté de réussir.

 

Point négatif cependant : TJ Maguranyanga semble plus focalisé sur ses statistiques personnelles que sur les performances de l’équipe, un trait de personnalité collant déjà, finalement, avec les valeurs du sport US.

 

«  Quand je l’avais reçu en entretien, j’avais devant moi un jeune homme très déterminé, se souvient Adel Fellah. Il avait des objectifs personnels très ambitieux et voulait s’en sortir pour aider sa famille. Malheureusement, TJ était très axé sur lui et ses performances et pas forcément sur le rendement de l’équipe. Le foot américain étant très statistique et individuel, cela lui correspond sûrement un peu plus. »

 

Fin 2024, après trois ans passés à l’Académie clermontoise, TJ Maguranyanga ne parvient pas à trouver sa place dans le rugby. Trop limité tactiquement, mais aussi dans ses déplacements, le jeune homme doit se faire une raison et nourrir un autre rêve : celui de devenir professionnel de football américain. « Depuis que je suis assez jeune, j’ai toujours eu cette idée un peu folle que j’allais être un athlète dans deux sports, a témoigné TJ Maguranyanga à ESPN. Mon rêve, c’était de jouer au rugby pro, puis de passer au football américain. » Il n’aura pas à attendre bien longtemps.

 

"C’est une superbe matière première"

 

À l’image du rugbyman gallois Louis Rees-Zammit, l’ex-Clermontois est retenu dans la promotion 2025 du programme International Player Pathway de la NFL. « Dans sa volonté de s’internationaliser, la NFL a compris qu’il fallait des joueurs d’autres nationalités, explique Marc Angelo Soumah. On les met sur la réserve d’entraînement pour les proposer ensuite aux franchises, qui regardent si le profil leur convient. »

 

Au bout de quelques mois seulement, celui de TJ Maguranyanga tape dans l’œil des Washington Commanders. Alors qu’au rugby il évoluait à l’aile, un poste d’agilité, le voici désormais defensive end, autrement dit chasseur de quarterback. 

 

« Ce n’est pas étonnant compte tenu de son gabarit, analyse Marc Angelo Soumah. Defensive end, c’est une position simple qui demande beaucoup de capacités athlétiques. Il est très rapide et peut donc monter comme une balle sur le quarterback. On sait en plus qu’il sait plaquer, le plaquage étant sans conteste le pont entre les deux disciplines. C’est typiquement le genre de personne que vous voulez en NFL. C’est une superbe matière première. »

 

TJ Maguranyanga a donc fini par trouver sa voie. Et celle-ci s’annonce plutôt dorée. Le vrai American Dream.

 

Merci pour ce partage.

Je connaissais TJ.

Il était d’une gentillesse incroyable et très éduqué.

Je pensais qu’il allait réussir à l’asm mais il s’est blessé lors de ses toutes 1 ères feuilles de match.

Il semblait très en dedans sur le terrain alors que ses capacités athlétiques lui permettaient d’être très très au dessus.

Plusieurs des ses cousins sont au top niveau mondial en athlétisme.

Très content de son destin en NFL.


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#19 frednirom

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    le Var est dans le fruit.

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Posté 21 janvier 2026 - 10:47

La tartine est encore tombé du côté confiture pour Clermont . Par contre à chaque fois que Toulouse tente un coup ça marche on dirait.

#20 Silhouette

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Posté 21 janvier 2026 - 17:27

La tartine est encore tombé du côté confiture pour Clermont . Par contre à chaque fois que Toulouse tente un coup ça marche on dirait.

Je pense pas dans ce cas. Le rugby a XV demande trop sur l'aspect tactique pour qu'un jeune joueur, meme un phenomene physique comme lui, puisse se former a ~ 17-18 ans. Fellah a raison je pense, il etait fait pour le VII ou pour la NFL, et clairement pour son plan de carriere la NFL est bien plus remuneratrice ! 

 

C'est pas non plus une surprise de la voir DE: c'est un des postes ou il n'y a pas de decisions a prendre vraiment, il va etre mis sur le terrain sur les phases de 3eme et longue, ou on sait qu'il y aura a 95% une passe, et on va lui dire "tu te mets a droite (ou a gauche) de la ligne, tu bats ton vis-a-vis en puissance et/ou en vitesse, et tu tombes sur le QB". C'est le poste ideal, et j'espere vraiment pour lui qu'il va s'imposer peu a peu comme titulaire !


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#21 InASMWeTrust

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Posté 21 janvier 2026 - 21:05

A ce salaire là il rentrait pas dans notre SC ! Content pour lui. L'article est, pour une fois, plus fouillé et intéressant que ceux consacrés au club.
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#22 ELSAZOAM

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Posté 08 février 2026 - 07:27

"Signer en NFL a changé ma vie" : avant le Superbowl, entretien avec Maguranyanga ancien espoir de l'ASM et pro en Foot US

 

Peut-être qu’un jour TJ Maguranyanga disputera le Superbowl avec les Washington Commanders. Après tout, plus rien ne serait surprenant avec lui... L’ancien espoir de l’ASM Clermont était dans une impasse dans le rugby. Il est désormais en NFL. Un rêve d’enfant et une vie bouleversée. Entretien.

 

Par Arnaud Clergue (La Montagne)

Publié le 08 février 2026 à 06h00

 

Il y a encore deux ans, TJ Maguranyanga était un joueur sous contrat espoirs à l’ASM Clermont. Aujourd’hui, il appartient à la très lucrative NFL, la ligue US de football américain. Avant le Superbowl ce dimanche soir, le joueur des Washington Commanders a accepté de revenir avec nous sur ce véritable rêve éveillé mais aussi sur son aventure clermontoise. C’est depuis sa terre natale du Zimbabwe que TJ Maguranyanga a répondu à nos questions. 

 

Votre parcours peut être décrit comme un véritable rêve américain. Avez-vous l’impression d’être dans un film ?

« Oui, clairement. C’est fou de penser d’où je viens et où j’en suis aujourd’hui. Rien que le fait de passer du Zimbabwe à l’Afrique du Sud, puis de jouer à Clermont, c’était déjà incroyable pour moi. Mais passer de Clermont à la NFL, c’est encore plus fou. Donc oui, parfois j’ai vraiment l’impression de vivre dans un film. »

 

Qu’est-ce qui vous attirait dans ce sport ?

« J’étais fan des Baltimore Ravens avec Ray Lewis. Je passais mon temps sur YouTube à regarder sa défense, ses gros plaquages, sa façon de jouer. C’est quelque chose que je voulais reproduire sur un terrain de rugby. Je regardais aussi les Seattle Seahawks. Et aujourd’hui, jouer avec quelqu’un comme Bobby Wagner, qui faisait partie de cette équipe, c’est vraiment incroyable. Ce sont ces joueurs et ces équipes qui m’ont donné envie de jouer en NFL. J’en rêvais étant jeune. Mais ce n’était pas un rêve très réaliste. À l’époque, il n’y avait aucun chemin pour aller du Zimbabwe ou de l’Afrique du Sud jusqu’à la NFL. Cette possibilité n’est apparue que bien plus tard. »

 

Et dans le rugby, dans quel club rêviez-vous de jouer ?

« J’ai commencé le rugby très jeune. Mon équipe préférée c’était Toulon, parce qu’ils avaient la meilleure équipe. Ils gagnaient la Champions Cup, le Top 14. C’est là que je voulais jouer. Il y avait aussi de grands joueurs sud-africains comme Bakkies Botha ou Bryan Habana. »

 

TJ Maguranyanga :Je me suis dit : « OK, pour l’instant j’arrête le rugby et je tente le football américain. »

 

À quel moment avez-vous compris que votre carrière dans le rugby était dans une impasse ?

« Après ma grosse blessure au genou à l’ASM, je suis parti en prêt la saison suivante à Valence Romans en Pro D2 (en 2023). En décembre, Clermont m’a annoncé que mon contrat ne serait pas renouvelé. En janvier 2024, j’ai commencé à regarder un documentaire sur l’IPP (l'International Player Pathway vise à identifier des athlètes internationaux et leur offrir un cadre structuré pour apprendre le football américain, NDLR). Cela a ravivé mon rêve de NFL. La saison de Pro D2 s’est terminée. On était à Barcelone avec mes coéquipiers après notre dernier match. Ce jour-là la NFL m’a contacté pour savoir si j’étais intéressé par l’IPP. C’est là que le déclic s’est fait. Je me suis dit : "OK, pour l’instant j’arrête le rugby et je tente le football américain". »

 

Encore en contact avec Jauneau ou Darricarrère 

 

Comment décririez-vous votre aventure à Clermont-Ferrand ?

« C’était difficile. S’installer dans une nouvelle ville, apprendre une nouvelle langue, jouer un autre style de rugby, dans un grand club… ce n’était pas simple. Mais je dirais plutôt que c’était une période très exigeante, et aussi très formatrice. J’ai beaucoup appris sur moi-même, sur le professionnalisme, sur la gestion du corps et de la carrière. Donc « challenging » est le mot qui décrit le mieux mon passage à Clermont. »

 

Avez-vous gardé des contacts à l’ASM ?

« Oui, bien sûr. Je parle encore avec certains gars, comme Baptiste Jauneau ou Léon Darricarrère, parfois sur Instagram. Je vois ce qu’ils font, leur sélection en équipe de France. Il y a aussi Yerim Fall avec le rugby à 7. Ce sont des joueurs avec qui j’ai évolué au centre de formation, donc c’est cool de les voir réussir. On se félicite mutuellement. »

 

Passer du rugby au football américain, c’est un changement radical. Qu’est-ce qui a été le plus difficile à apprendre ?

« Le plus dur, c’était le playbook. En rugby, on a des systèmes, des lancements de jeu, on analyse l’adversaire. Mais en football américain, c’est un autre niveau. Chaque action peut être différente, les joueurs changent, l’attaque s’adapte en permanence, et la défense aussi. Apprendre le playbook, c’était comme faire des études universitaires juste pour jouer à un sport. C’est clairement le changement le plus radical. »

 

Quelle a été votre réaction quand les Commanders vous ont proposé un contrat ?

« J’étais extrêmement heureux. C’était clairement l’un des plus beaux jours de ma vie. Tout est allé très vite : la veille j’étais à l’hôtel, le lendemain matin j’ai fait un entraînement, et quinze minutes après, on m’a proposé un contrat. J’étais aux anges. J’avais hâte d’appeler ma famille pour leur annoncer la nouvelle. »

 

Racontez-nous votre premier match en NFL face aux Denver Broncos en décembre dernier...

« C’était totalement irréel. J’ai grandi en regardant les Denver Broncos, notamment à cause de Von Miller (linebacker des Broncos). Et là, je jouais mon premier match en Sunday Night contre les Broncos, avec Von Miller sur le terrain. J’étais excité, nerveux, émerveillé. Je suis très reconnaissant envers mes coachs de m’avoir offert cette opportunité. Ce n’est pas tous les jours qu’on joue son premier match dans un événement aussi important.

 

TJ Maguranyanga :"Le Super Bowl, c’est le plus grand titre dans le monde du sport."

 

Votre contrat est plus petit que celui des grandes stars, mais cela reste beaucoup d’argent. Comment cela a changé votre vie ?

« Je gagne bien plus qu’en rugby, et ça change ma vie et celle de ma famille. Je suis très reconnaissant de pouvoir jouer à un sport que j’aimais enfant, et d’être aussi bien payé pour ça. »

 

Au rugby vous jouiez au poste offensif d’ailier. Au football américain, vous êtes défenseur et « chasseur de quarterback ». Comment vous-êtes vous adapté ?

« Ce n’était pas simple, mais certaines compétences du rugby m’ont beaucoup aidé. En tant qu’ailier, surtout à haut niveau, il faut exploser au départ, attaquer les espaces, anticiper. En football, c’est similaire : au snap (la remise en jeu), je dois partir vite, battre le tackle (poste situé dans l’alignement offensif de l’équipe adverse) et atteindre le quarterback avant qu’il ne sorte de la poche ou ne fasse la passe. Il y a aussi les positions très basses, le travail de puissance, que j’avais déjà en rugby. Tout ça m’a beaucoup servi. »

 

Cette nuit (ce dimanche) a lieu le Superbowl entre les New England Patriots et les Seattle Seahawks. Quel est l’impact de cet événement en tant que joueur de football américain ?

« Le Super Bowl, c’est le plus grand titre dans le monde du sport. Être en NFL et regarder d’autres équipes le jouer, ce n’est pas agréable, mais ça me motive énormément. Ça me pousse à travailler encore plus pour aider mon équipe à y être l’an prochain, quel que soit mon rôle. Je vais regarder, analyser, étudier les joueurs à mon poste et apprendre pour progresser. »

 

Quel est votre favori ?

« Je ne dirais pas que j’ai une préférence. Mais quand j’étais jeune, je n’aimais pas trop les Patriots, et j’étais plutôt fan des Seahawks. »


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