"Clermont a vraiment bien travaillé sur la mêlée avec lui" : pourquoi Mathéo Frisach a pris du galon à l'ASM
Cette saison, Mathéo Frisach dispose d’un nouveau statut au sein du groupe dirigé par Christophe Urios. Désormais troisième de la hiérarchie des piliers gauches de l’ASM, le jeune homme de 20 ans s’est accroché pour en arriver là. Il ne serait d’ailleurs pas impossible qu’il soit du voyage à Bayonne, samedi.
De la confiance. Et beaucoup d’espoirs. C’est ce que l’ASM a placé en Mathéo Frisach. En faisant le choix de ne pas prolonger Etienne Falgoux et de ne pas recruter de nouveau pilier gauche (même si l’option a longtemps été débattue en interne), Clermont a donc décidé de faire place nette à son poulain afin qu’il bénéficie des conditions les plus favorables à son développement.
À 20 ans et après 12 apparitions avec le groupe de Christophe Urios (7 matchs en 2024-2025 et 5 en 2025-2026), cela représente tout de même un sacré challenge pour le Girondin, qui a donc été promu numéro 3 dans la hiérarchie des gauchers auvergnats, derrière Giorgi Akhaladze et Sacha Lotrian. « Je crois qu’il a donné suffisamment de garanties à Christophe et son staff et qu’ils ont eu raison de lui faire confiance », commente Yoann Jendrzejczak, le directeur du centre de formation de l’ASM.
Une saison 2025-2026, riche à plus d’un titre
Il faut dire que Mathéo Frisach sort d’un exercice très riche. Riche de trophées d’abord, avec un titre de champion de France Espoirs et un Grand Chelem lors du Tournoi des VI Nations U20. Des sacres auxquels on peut aussi ajouter une finale de Coupe du monde U20, perdue face à l’Afrique du Sud. Mais cette saison 2025-2026 a également été riche en enseignements. Le solide pilier d’1,88 m et 127 kg n’a pas vécu que des moments heureux ces derniers mois.
Il a notamment dû effectuer une grosse remise en question au cœur de l’hiver. Titulaire avec les Bleuets lors des deux premiers matchs du Tournoi face à l’Irlande, puis le pays de Galles, Mathéo Frisach n’a ensuite plus jamais été rappelé par son sélectionneur, Cédric Laborde. « Face aux Gallois, il a manqué d’engagement, mis très peu de haute intensité et fait peu de plaquages, se souvient aujourd’hui le manager des Bleuets. Il est passé à côté, comme ça peut arriver. Sauf qu’à son poste, j’avais du monde qui poussait derrière et ses concurrents n’ont plus lâché le maillot. »
L’ASM récupère alors un jeune homme vexé, qui accuse le coup. Mais pas résigné pour autant. Ses entretiens avec Samuel Chérouk, chargé de faire le lien entre le club auvergnat et le staff tricolore, l’aident à digérer. Tout comme les perspectives de cette fin de saison, même s’il croit peu en ses chances de retrouver le maillot bleu. « Il a travaillé dur et est allé chercher sa place pour la Coupe du monde. Je dois dire que cela m’a agréablement surpris », lâche Cédric Laborde.
« L’an dernier, Mathéo s’est beaucoup professionnalisé. Il a notamment fait de gros efforts sur sa nutrition. Il a eu une prise de conscience qui lui a permis d’arriver à se transformer physiquement. On a ensuite engagé un gros travail avec lui, de façon très ciblée, pour qu’il soit en mesure de tenir 60 minutes d’un match avec force et intensité. »
Yoann Jendrzejczak (Directeur du centre de formation de l'ASM)
Et quand il s’agit de travailler, le gaucher n’est pas du genre à tricher. Que ce soit le patron des U20 ou celui du centre de formation montferrandais, tous se rejoignent pour louer « ses qualités "d’entraînabilité" », « c’est quelqu’un qui aime s’entraîner, qui ne se plaint jamais et qui se donne toujours à 100 % ».
Dans le groupe clermontois face à Bayonne ?
Dans ces conditions, les progrès ne mettent pas longtemps à se faire sentir. Notamment dans un secteur déterminant à son poste, celui de la mêlée. Un exercice qu’il n’a vraiment appréhendé que sur le tard, lui qui a d’abord évolué à l’ouverture avant de monter en 8, puis en deuxième ligne jusqu’à son arrivée à l’ASM, en Crabos 2e année, où il a définitivement été fixé au poste de pilier.
« Clermont a vraiment bien travaillé sur la mêlée avec lui, affirme Cédric Laborde qui connaît Mathéo Frisach depuis ses 14 ans et son passage au Pôle Espoirs de Talence. En équipe de France U20, on réfléchit au plan de succession pour le XV de France et le premier critère que l’on prend en compte pour les piliers, c’est la mêlée. Mathéo a toujours été un joueur très technique, bon porteur de balle et bon plaqueur. Mais ces derniers temps, il a franchi un cap en mêlée, on sent qu’il prend maintenant du plaisir à en faire et qu’il commence à devenir un sacré client à gauche. Et comme c’est un passionné de ce sport et qu’il échange facilement avec l’adulte, il pige vite les choses. »
Autant de facteurs qui ont finalement fait de Mathéo Frisach un élément incontournable des Bleuets durant le mondial géorgien. Et qui ont aussi conforté son nouveau statut à l’ASM. À l’issue de la victoire face au Stade Français (25-16), samedi, Christophe Urios a indiqué qu’il y aurait des changements pour le déplacement à Bayonne afin de créer de l’émulation. Il a aussi ajouté que les jeunes feraient partie de l’équation.
Mathéo Frisach pourrait donc en être, lui qui a disputé les 52 premières minutes du match remporté par les Espoirs à Toulon (31-37), samedi. « L’idée, c’était que ce match de reprise puisse le préparer à potentiellement postuler pour Bayonne. Il est apte, mais ils le sont tous à gauche... », sourit Yoann Jendrzejczak.