Les Irlandais du Leinster, les Écossais de Glasgow ou les Anglais de Bath et Northampton sont-ils des menaces crédibles pour l'UBB et Toulouse en Coupe des champions ?
Derrière les favoris bordelais et toulousains, d'autres candidats se présentent en quarts de finale pour soulever le trophée européen : les Irlandais du Leinster, les Écossais de Glasgow et les Anglais de Bath et Northampton. Avec des arguments plus ou moins sérieux à faire valoir.
Moins chirurgicaux qu'au temps de leur grandeur, ils font davantage de cadeaux, à l'image des trois essais encaissés sur interception dimanche, et sont moins efficaces dans la zone de marque : leur ratio points marqués/entrées dans les 22 mètres diminue saison après saison.
S'ils sont toujours invaincus en Coupe des champions cette saison, ils ont déjà perdu cinq matches en United Rugby Championship (URC), dont un cinglant 35-0 chez les Stormers en tout début d'exercice. Est-ce la fin d'une ère ? Il est encore tôt pour l'affirmer. Le Leinster peut toujours s'appuyer sur l'impressionnante armada qui compose la sélection irlandaise, et dispose d'un vécu quasiment sans équivalent sur la planète. Son quart à domicile face à Sale est sans doute le plus abordable du tableau et lui promet une dix-huitième demie dans la compétition.
Glasgow : la force rationnelle ?
Prochains adversaires du RCT, les Warriors ne font pas beaucoup de bruit par ici. Pourtant, ils s'avancent comme de très sérieux candidats au titre. Les Écossais, leaders de l'URC, ont terminé en tête de leur poule de Coupe des champions, notamment grâce à un succès de prestige face au Stade Toulousain (28-21). Et malgré la grosse pression mise par les Bulls en huitièmes, ils ont passé le cut (25-21). Composé en grande partie d'internationaux écossais, Glasgow bâtit ses succès sur un rugby ultra-rationnel.
Il profite de ses gros-porteurs pour avancer, mais prend peu de risques : parmi les huit qualifiés, c'est l'équipe qui percute le plus (132 contacts par match) et tente le plus de passes (180), mais aussi celle qui tente le moins de offloads (6). Sa défense impériale (90 % de plaquages réussis, 1re) ne laisse rien passer (2,2 franchissements subis, 1re).
Mais la blessure de son électron libre George Horne et sa relative inexpérience en haute altitude (les Warriors n'ont jamais atteint les demies de la Coupe des champions) soulèvent des interrogations sur sa capacité à aller au bout.
Bath et Northampton : la couronne aux Anglais ?
Le duel 100 % anglais des quarts de finale sera presque aussi excitant que le choc franco-français à Chaban-Delmas. Bath et Northampton se sont imposés ces dernières saisons comme les deux formations les plus régulières de l'autre côté de la Manche. Vainqueur du Challenge l'an dernier, le premier nommé a raté son début de huitième contre les Saracens (mené 0-10 à la pause, vainqueur 31-22 au final). Guidé par Finn Russell, Bath peut aussi (surtout) s'appuyer sur un pack surpuissant, cornaqué par son numéro 9 Ben Spencer. Et ses individualités derrière, comme Henry Arundell et Joe Cokanasiga, peuvent sortir l'équipe d'un mauvais pas.
Mais niveau facteurs X, Northampton semble encore mieux pourvu. Les Saints pratiquent un rugby enlevé, qui se rapproche du jeu debout porté par Toulouse et l'UBB. Le huitième échevelé contre Castres (49-41) a révélé les forces offensives du vice-champion d'Europe. Mais il a aussi mis en lumière ses faiblesses en défense. Cela pourrait se révéler rédhibitoire face aux maîtres du chaos toulousains et bordelais lors d'une éventuelle demie. Heureusement, Northampton peut compter sur une discipline digne d'un champion (7 pénalités concédées par match, 1er ex æquo).
Le programme des quarts
Vendredi, 21 heures : Bath-Northampton
Samedi, 16 heures : Glasgow-Toulon
Samedi, 18 h 30 : Leinster-Sale
Dimanche, 16 heures : UBB-Toulouse