Depuis plusieurs semaines, de plus en plus d’individualités émergent au sein du collectif clermontois. Et notamment des garçons qui n’apparaissaient pas forcément comme des premiers choix au coup d’envoi de la saison. Lucas Zamora, Anthime Hemery ou Tevita Ratuva en sont les parfaits exemples. Mais un quatrième nom peut désormais s’ajouter à cette liste, celui d’Alivereti Loaloa.
Le trois-quarts centre fidjien a encore livré, ce samedi, une partie ô combien intéressante et sur bien des aspects. D’abord offensivement. On l’avait laissé à Toulon sur une merveille de passe après-contact acrobatique, au départ de l’un des essais de l’année conclu par Zamora. Ce samedi face à Bayonne, il a été tout aussi créatif et efficace avec deux franchissements, deux offloads et deux passes décisives. Il a même été le premier à la retombée d’une chandelle de Baptiste Jauneau (50e), un registre qu’on ne lui connaissait pas depuis son arrivée, l’été dernier, en provenance de Nevers (Pro D2).
Un rythme à trouverSa partie a été tout aussi solide sur le plan défensif avec un très bon 9/10 aux plaquages et trois ballons grattés au sol. La récompense du travail effectué depuis le début de la saison. « Ali, c’est quelqu’un de très discret. Mais quel bosseur ! Il arrive toujours le premier au club et en repart le dernier. Ouais, il arrive tellement tôt le matin…, rigole l’arrière Kylan Hamdaoui avant d’en dire plus. Il est propre dans tout ce qu’il fait. Plus la saison avance et plus on sent qu’il se libère. Il rassure beaucoup. »
Pourtant, Alivereti Loaloa a souvent frustré les supporters clermontois durant la première moitié de saison, apparaissant par moment dépassé par le rythme du Top 14. Son entraîneur, Christophe Urios, a souvent répété qu’il fallait être patient avec les joueurs provenant de Pro D2, estimant qu’il leur fallait généralement entre trois et neuf mois pour s’adapter et performer dans l’élite.
Frédéric Charrier (entraîneur des trois-quarts de l'ASM)« Ce n’est pas le même rythme en Pro D2. Tous les joueurs ont besoin d’une période d’adaptation, ne serait-ce que physique. Tout est plus intense et va beaucoup plus vite. »
Ce qui a peut-être parfois freiné sa progression. L’ancien joueur de l’USON a connu quelques pépins physiques au genou et à la cheville durant le premier semestre. « C’est peut-être lié à cette nouvelle intensité, confirme Frédéric Charrier. Il a eu cette période d’adaptation, mais on sentait tout de même qu’il était capable de faire des choses intéressantes. Mais aujourd’hui, il est capable d’enchaîner les semaines d’entraînement, les matchs. C’est positif parce qu’il prend de la confiance et enchaîne les bonnes performances. »
En effet, Alivereti Loaloa n’a plus été sorti du XV de départ de l’ASM depuis le 20 décembre dernier ce qui lui a permis d’accumuler neuf titularisations consécutives. De quoi lui permettre, aussi, de trouver des repères avec le reste de la ligne de trois-quarts et notamment Irae Simone avec qui il vient de débuter un quatrième match de rang au centre.
Reste maintenant à gommer quelques fioritures dans son jeu. Ce samedi, il a par exemple concédé quatre turn-overs, soit le plus haut total de la partie. Mais c’est quelque part le revers de la médaille quand on cherche autant à faire jouer derrière soi.








