Chahutés, les Espoirs de l'ASM se sont appuyés sur un bel état d'esprit pour battre Castres et filer en demi-finale
Les Espoirs de l’ASM se sont fait peur, ce samedi à Mende, face au Castres Olympiques. Mais pour un petit point (31-30), ils verront les demi-finales du championnat de France où les attend le Stade Français.
Par Vincent Balmisse (La Montagne
Publié le 23 mai 2026 à 19h49
Effectivement, il en fallait du caractère pour se dépêtrer de ces jeunes tarnais, visiblement élevés au même grain que leurs aînés du Top 14. Accrocheurs, rêches au contact et bien en place stratégiquement, les Castrais n’ont pas mis longtemps à mettre la main sur le ballon et à occuper le territoire « jaune et bleu ». Pourtant, sur son premier véritable ballon d’attaque, c’est bien l’ASM qui trouvait le chemin de l’en-but grâce à son capitaine, Louis Vermeulen, après une belle séquence dans l’axe (8e). Et si l’ex-Montferrandais, Luka Guilhot, réduisait la marque sur pénalité, Axel Guillaud répliquait dans la foulée par un nouvel essai (14-3, 22e).
Avec des miettes, Clermont faisait un festin. On se disait alors que s’il parvenait à gommer ses fautes de main et ses soucis en mêlée, il ne ferait qu’une bouchée du CO. Mais c’était sans compter sur l’abnégation des Castrais. « C’était un match très difficile de notre part. On a fait une bonne entame, mais après, de la 20e à la 40e, on a été un peu dans le dur. Ils ont réussi à se nourrir de notre déchet », analysait après-coup le deuxième ligne Rémy Lanen. « On a fait les 20 premières minutes à bloc et après on est tombé dans un faux rythme, ajoutait Baptiste Veschambre. La chaleur a compté, mais on a aussi fait plein de petites erreurs et on a eu la preuve qu’en phases finales, ça ne pardonnait pas. »
Derrière à la pause
En effet, à force de coincer les Clermontois dans leur camp en imposant beaucoup de rythme, Castres finissait par faire sauter le verrou. Par deux fois. Sur des charges de l’ailier Mouandjo (28e) en bout de ligne et du puissant pilier Sokobale (34e). Résultat, l’ASM était menée à la pause (14-17).
Face à ses anciens coéquipiers, Luka Guilhot appuyait même là où ça fait mal en ajoutant trois nouveaux points sur un drop habile (14-20, 48e). À ce moment-là, on commençait même à se demander si les partenaires de Léo Michaux allaient avoir les ressources mentales nécessaires pour se remettre les idées à l’endroit dans un tel contexte. Chahutés au sol, pas toujours adroits en touche, les Montferrandais avaient alors franchement peu de ressorts sur lesquels s’appuyer. C’est alors que Tom Balkessa a pris le ballon sous le bras, raffûté un adversaire, pour remonter près de 40 mètres et servir sur un plateau son demi de mêlée, Niek Doornenbal (21-20, 49e). Ouf ! Et double ouf ! Car deux minutes plus tard, c’était au tour de Martin Meyer de récompenser le formidable travail initié au départ de l’action par Yanis Brosset (28-20, 51e).
Maintenant, le Stade Français
La fin des problèmes ? Pas tout à fait… Un Castrais reste un Castrais et tant que le coup de sifflet final n’est pas donné, il s’accroche. Et pousse à la faute. Pour un plaquage haut, Louis Vermeulen écopait d’un carton jaune logique (58e). Une minute plus tard, Dupuy ramenait les siens à un petit point (28-27, 59e) avant que Guilhot ne donne même l’avantage à Castres sur une pénalité heureuse à 22 mètres en face des perches (28-30, 63e). Quelques secondes plus tôt, il en avait loupé une à 45 mètres, sur la gauche. Mais lors de cette tentative, l’arbitre de la rencontre a estimé que le remplaçant Elyo Merlin, qui s’échauffait dans l’en-but, s’est rendu coupable d’un geste d’anti-jeu…
Mais cette équipe de l’ASM, composée en grande partie par la génération des Crabos champion de France la saison dernière, a de la ressource et du banc. Et quand l’occasion s’est présentée de reprendre l’avantage, l’entrant Mathieu Demont n’a pas hésité à montrer les perches et à convertir sa pénalité (31-30, 74e). Même à plus de 50 mètres ! Restait à défendre ce maigre avantage. Quitte à se sacrifier, comme le fit le leader de la défense auvergnate, Martin Meyer, assomé sur un plaquage dans les derniers instants de la partie.
Mais l’essentiel était au bout. « L’équipe a montré un beau caractère tout au long du match. Le banc a vraiment apporté. Sans eux, ça n’aurait pas été le même score », tenait à souligner Baptiste Veschambre. « On n’a pas tout à fait respecté le plan de jeu, convenait Elvis Vermeulen. Mais franchement, l’état d’esprit a été remarquable. On a réussi à revenir au score, à bien défendre, même à 14. Ça a cogné fort et on n’a rien lâché. C’est ce qu’il faut qu’on garde pour la suite. » La suite, ce sera le Stade Français le week-end prochain, tombeur du CA Brive en prolongations (23-20), ce samedi. Une demi-finale que Clermont abordera avec un avantage psychologique certain, après sa victoire 87-21 le 18 avril dernier. Mais gare à l’excès confiance !
La fiche technique
MENDE (Complexe Jean-Jacques-Delmas). Arbitre : M. Carbonnel. L'ASM bat Castres, 31-30 (mi-temps : 14-17).
Les points. ASM : 4 essais de Vermeulen (8e), Guillaud (22e), Doornenbal (49e), Meyer (51e) ; 1 pénalité de Demont (74e) ; 4 transformations de Montilla (8e, 22e) et Demont (49e, 51e).
Castres : 3 essais de Mouandjo (28e), Sokobale (34e), Dupuy (59e) ; 1 drop de Guilhot (48e) ; 2 pénalités de Guilhot (20e, 65e) ; 3 transformations de Guilhot (28e, 34e, 59e).
Carton jaune. ASM : Vermeulen (58e).
Evolution du score. 7-0, 7-3, 14-3, 14-10, 14-17 (mi-temps) ; 14-20, 21-20, 28-20, 28-27, 28-30, 31-30.
ASM. Guillaud ; Marquet, Frier, Meyer, Brosset ; (o) Montilla, (m) Doornenbal ; Britz, Vermeulen (cap.), Veschambre ; Michaux, R. Lanen ; Ez Zahouany, Belkessa, Frisach.
Entrés en jeu : Melchor, Coste, Gergedava, Chalus Cercy, Demont, Merlin, Tutiani. Non utilisé : Auvray.
Castres. Falguera ; Mouandjo, Barthes, Ourtaud-Cren, Sarraute ; (o) Guilhot, (m) Dupuy ; Boyer, Loop (cap.), Valet ; Konnov, Cassez ; Swerling-Fina’Ipepe, Loubet, Turashvili.
Entrés en jeu : Saint-Cyr, Sokobale, Roux, Waterlot, Labarrère, Calogero, Bothorel, Cuynet.