Urios en majesté
Christophe Urios se sentait d’humeur carnivore, gaillarde et particulièrement couillue, il poussa la porte du centre d’entraînement en chantant à gorge déployée :
« Quand j’étais mousquetaire
La rage du cul
La rage du con
La rage du jus
De mes noirs roustons »
Les joueurs de l’ASM, vêtus à l’identique de leur plus beaux survêtements lui répliquèrent en chantant à leur tour :
« Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire… » puis un silence gêné tomba sur le groupe, tout un chacun pouvant constater que l’entraîneur principal portait un bob Cochonou estampillé Tour du Forez 2004, un t-shirt « 51 je t’aime » trop court laissant apparaître un nombril qui aurait pu accueillir un obus de fort calibre et un short à fleur taillé dansle maillot de Sylvain Marconnet, vainqueur du bouclier de Brennus 2007, d’horrible mémoire.
- Ah, les garçons, vous êtes là… je veux dire, vous y avez pensé, c’est gentil ! Je ne vous attendais pas, j’étais venu travailler le projet de jeu… Le vécu du groupe…
- Et si on faisait ça ensemble, suggéra d’un ton enthousiaste Baptiste Jauneau, qui regretta bien vite son exubérance devant le regard courroucé de son entraîneur.
- Bon d’accord, d’accord, souffla Urios, après tout un peu de démagogie ça ne nuit pas, n’est-ce pas ? Donc dans un premier temps on va… on va…
- Si on écrivait un hymne pour les supporters ? dit joyeusement Tixeront qui avait fait du scoutisme.
- Avec des cojones dans ce cas, fayota Alivereti Raka, revenu de retraite pour l’anniversaire du boss.
- Euh oui mais pas trop quand même les enfants, il y a des petits qui viennent au stade avec leur famille… grinça Urios qui n’aimait pas le tour que prenait la conversation.
- Pourtant, reprit Jauneau, l’autre jour après la piquette qu’on a collé au SF vous chantiez… euh… ça va me revenir…
- Mais non, bégaya Urios
- Mais si, ça me revient :
« Alors il lui demande (ya des morpions qui m’emmerdent la nuit… sans bruit)
Alors il lui demande
La clé pour aller chier, la pine au cul et les couilles pendantes
La clé pour aller chier, la pine au cul, bien enfoncée ! Ohé ! »
Christophe Urios, visiblement gêné, laissa entendre par gestes que la réunion était ajournée et que ses troupes pouvaient quitter le local.
- Mais boss… osa Jauneau
- Quoi encore ?
- Vous avez pas soufflé les bougies !