"80 minutes de fierté" : le genre de soirée qui compte pour l'ASM Clermont après sa victoire face au Stade Français
L’ASM a vraiment souffert face à cette solide formation du Stade Français, ce samedi, au Michelin (36-32). Mais en refusant la défaite, les Clermontois sont allés chercher un succès... et peut-être plus.
Dans les tribunes du Michelin, encore incandescentes d’une fin de match à couper le souffle où l’ASM est allée arracher une victoire inespérée, beaucoup ont repensé au scénario de Bristol en janvier dernier. Une fin de match tout aussi haletante où Clermont était allé chercher sa qualification pour les huitièmes de finale de Champions Cup dans les dernières secondes. Christophe Urios avait alors déclaré qu’une équipe était née en cette soirée hivernale.
Le parallèle avec ce succès face au Stade Français ce samedi était trop tentant pour ne pas poser la question au manager clermontois. « Cela m’a traversé l’esprit lors de cette dernière séquence. Et j’avais le sentiment que l’on allait marquer. Il me semblait qu’à ce moment-là, on était dominateurs sur les collisions et les contacts. »
Bien sûr, il y aurait plein de choses à redire sur la prestation auvergnate. Les avants clermontois ont été largement dominés en mêlée fermée. Sur les ballons portés, ils ont trouvé du fil à retordre face à ce Stade Français, définitivement très fort sur les fondamentaux. Mais les hommes de Christophe Urios ont eu le mérite de ne rien lâcher. Comme sur cette superbe séquence défensive de quatre minutes (59e-63e) où l’arrière parisien Léo Barré a tout de même fini par marquer. Mais cette action témoigne de l’énorme caractère mis par les Clermontois.
« Je suis fier de la communion qu’il y a eu avec les supporters »
« Je trouve que c’est dommage que l’on n’ait pas été récompensés, souffle Christophe Urios. Cela aurait pu nous mettre très mal. Mais nous sommes repartis de l’avant. J’avais parlé de 80 minutes de fierté. Aujourd’hui, on est très fiers d’avoir gagné ce match dans le dur. Je suis enfin fier de la communion qu’il y a eu avec les supporters. Si l’on parvient à gagner dans les dernières secondes, c’est aussi parce que nos fans ont été incroyables. Cette osmose ne fait que monter crescendo. Sur le courage et l’identité de ce que l’on veut mettre en place avec nos supporters, c’est un match qui comptera. »
Le ciment dans un groupe peut en effet prendre au cours de ces moments irréels où l’on va chercher la victoire en équipe. Le fait que les joueurs et le staff soient alignés pour aller en touche plutôt que d’assurer le match nul sur une pénalité en dit long. Et c’est peut-être fondateur de quelque chose.
« Fondateur ? Nous verrons bien. Mais c’est vrai que nous avons fait preuve d’un immense caractère. On n’a pas lâché malgré de nombreuses erreurs et des faits de jeu qui ont été en notre défaveur. On s’est accrochés jusqu’à la dernière seconde. C’est sûr que dans la tête, cela peut jouer fortement », confiait pour sa part Lucas Tauzin.
Après Bristol, la saison dernière, Clermont avait connu un coup de moins bien avant d’aller arracher sa qualification pour les barrages lors de la dernière journée.
Pour parvenir à se retrouver dans une telle position en fin de saison, dans ce Top 14, il faut savoir gagner les matchs quand ils sont difficiles. C’est ce qu’est parvenue à faire l’équipe de Clermont, ce samedi. In extremis, mais ça compte. Peut-être même plus que quatre points supplémentaires au classement.