"Le gestionnaire face au puncheur" : Jonathan Wisniewski décrytpe le duel à venir entre Urdapilleta (USAP) et Plummer (ASM)
Benjamin Urdapilleta face à Harry Plummer : l’un des duels les plus attendus lors de Perpignan - Clermont, ce samedi (16 h 35), sur la pelouse d’Aimé-Giral. L’ancien ouvreur de l’ASM face à son successeur. « Le gestionnaire face au puncheur », résume Jonathan Wisniewski. L’ex-demi d’ouverture aux plus de 300 matchs, aujourd’hui consultant chez Canal +, analyse ce match dans le match.
Par Vincent Balmisse (La Montagne)
Publié le 19 décembre 2025 à 07h30
Benjamin Urdapilleta (Perpignan)
On le croyait retiré des terrains une bonne fois pour toutes. Mais il faut croire qu’à 39 ans et après 15 années à évoluer au plus haut niveau (dont les deux dernières à l’ASM), Benjamin Urdapilleta n’était pas tout à fait rassasié. Sa science du jeu et sa rage de vaincre ont très certainement convaincu Laurent Labit de le sortir de sa retraite. Face à Clermont, ce samedi, comme contre Montpellier et Castres, il devrait de nouveau avoir les rênes du jeu perpignanais. D’autant qu’Hugo Reus est incertain pour cette partie après avoir été touché à l’épaule le week-end dernier à Trévise, en Challenge Cup. Une compétition que l’Argentin n’a pas disputée.
« Il est venu en mission »
« Nul doute que ces quinze jours sans jouer lui auront fait du bien. Il a pu se refaire une santé avec une prépa physique adaptée, pose Jonathan Wisniewski. Il est venu à l’USAP en mission. Pour Perpignan, l’objectif, c’est la 13e place. Donc il y aura des matchs à cibler et c’est parfait pour lui. Il va avoir des objectifs précis. Quand vous avez un certain âge, c’est dur de se mobiliser toutes les semaines tant on sait que ce championnat est éreintant. Mais se concentrer sur 7-8 matchs de façon organisée, structurée, ce n’est pas pareil. Je suis curieux de voir ce que ça va donner face à l’ASM. On va voir si sa pause et ce temps qu’il a eu pour bosser lui auront fait du bien. » Pour l’ancien ouvreur du Racing ou du LOU, aucune inquiétude en revanche sur sa capacité à conduire le jeu catalan.
« Urdapilleta, c’est l’homme des matchs importants. Dès que le niveau monte, que les curseurs sont élevés, il est toujours là, il sait faire, il est habitué. Dès que ça sent un peu la poudre, il excelle là-dedans donc je me doute qu’il sera capable d’amener ça à Perpignan. » (Jonathan Wisniewski)
Et de comparer son style de jeu à celui d’Harry Plummer : « c’est un joueur qui va plus être dans le contrôle et la maîtrise, dans la gestion des temps faibles et des temps forts. C’est celui qui a le pouls de son équipe. À 39 ans, il est peut-être moins porté par la ligne, mais plus par la volonté d’animer, de faire jouer, de réguler quand ça avance, mais aussi de contrôler quand c’est un peu plus difficile. »
Reste la défense où l’Argentin est parfois apparu en difficulté la saison dernière en raison d’une épaule abîmée par le temps. « Urdapilleta n’a jamais laissé sa part au chien, il a toujours été très généreux en défense. Maintenant, avec l’âge, il a moins envie de s’exposer, mais cela reste quand même un défenseur sûr. »
Harry Plummer (ASM Clermont)
Pour Jonathan Wisniewski, l’arrivée d’Harry Plummer à l’ASM est une vraie bonne pioche. « C’est le régulateur de cette équipe. Quand il va bien, Clermont va bien. » Celui qui est aussi directeur sportif de l’étonnant 2e de Pro D2 Valence-Romans, en plus de son rôle de consultant rugby à Canal +, loue notamment les qualités physiques de l’ouvreur néo-zélandais. « Il est vraiment porté par la ligne et apporte beaucoup de puissance. Il est capable d’évoluer premier centre, donc il a cette capacité à jouer dans les défenses. Il a beaucoup de densité et d’engagement, observe-t-il. C’est vraiment le premier attaquant de Clermont. »
Même son de cloche au moment d’analyser son comportement en défense : « Dans la continuité de l’attaque, Plummer est un vrai premier centre défensivement, puissant, massif, qui aime tenir sa ligne. Il s’engage beaucoup. Donc c’est vrai que par rapport à Urdapilleta, je donnerai l’avantage à Plummer dans ce secteur. »
Outre ses qualités physiques, Jonathan Wisniewski estime aussi que l’ancien joueur des Auckland Blues a permis à Clermont de passer un cap au niveau du jeu au pied. « Plummer est un joueur qui a beaucoup de longueur, beaucoup de puissance. Il a une mise en action qui lui demande de prendre pas mal de profondeur, mais sa longueur soulage énormément l’ASM depuis le début de l’année, note-t-il. Il a aussi une certaine fiabilité face aux perches. Après, on n’a pas encore trop eu l’occasion de le voir sur des matchs décisifs dans cet exercice. »
« Il va avoir besoin de faire évoluer son jeu »
En revanche, Jonathan Wisniewski a bien noté la baisse de régime du Néo-Zélandais depuis la trêve internationale. Et pour lui, cela ne fait aucun doute, Harry Plummer doit faire évoluer son jeu s’il veut tenir la distance jusqu’au bout de la saison.
« Il est entré de plein fouet dans notre machine à laver du Top 14 avec ses blocs extrêmement longs et fatigants. Et c’est vrai que sur ces dernières semaines, on le voit un peu plus émoussé, moins pétillant. Il va avoir besoin de faire évoluer son jeu parce que rester sur un registre très engagé et très physique chaque semaine ne pourra pas lui permettre de tenir comme ça tout le championnat, estime-t-il. Ce qui est sûr, c’est que Christophe Urios et son staff lui font une confiance sans fin. Ils en font le gardien du jeu, à lui de trouver le bon équilibre pour être capable d’avoir un niveau moyen toujours élevé. »