Sportivement, mais aussi financièrement : pourquoi l'ASM Clermont a intérêt de jouer à fond la Champions Cup
L’ASM Clermont lance sa campagne de Champions Cup sur la pelouse des Saracens, ce samedi (14 heures), où elle aura déjà intérêt à faire bonne figure si elle veut s’offrir une suite de compétition intéressante sur le plan sportif, mais aussi financier…
Par Vincent Balmisse (La Montagne)
Publié le 05 décembre 2025 à 05h55
L’ASM a-t-elle intérêt à jouer le coup à fond en Champions Cup ? Bon nombre de supporters de Clermont se posent la question alors que leur club favori pointe à la 9e place du Top 14 au moment d’ouvrir cette parenthèse européenne. Du côté de la maison « jaune et bleu », le débat n’est même pas ouvert. Hors de question de galvauder la Coupe d’Europe. Et les raisons sont nombreuses.
Sportivement, d’abord. D’un point de vue purement pragmatique, difficile de trouver un chemin plus court que celui-ci pour espérer décrocher un trophée. Huit matchs suffisent pour soulever la Coupe des champions quand il en faut, a minima 29 pour en faire de même avec le Brennus (30 si l’on passe par la case barrages). La Rochelle (champion d’Europe 2022 et 2023) et l’Union Bordeaux-Bègles (2025) l’ont d’ailleurs expérimenté ces dernières saisons.
Avant de viser si haut, l’ASM, elle, espère déjà atteindre le cap des huitièmes de finale. Pour cela, il s’agira de finir à l’une des quatre premières places de la poule 1 où figurent également le Stade Toulousain, les Saracens, Sale, Glasgow et les Sharks de Durban. Pas une mince affaire. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir de l’ambition.
Un huitième à domicile : jusqu’à 400.000 euros de recettes
Cet été, au Chambon-sur-Lignon, à l’occasion de ce que Christophe Urios appelle le « stage vision » - où sont exposés aux joueurs les objectifs sportifs et extra-sportifs du club - la volonté de recevoir un huitième de finale à domicile a été posée. Pour y parvenir, Clermont serait donc bien inspiré de ne pas foirer son premier match, ce samedi aux Saracens, s’il veut finir à l’une des deux premières places de la poule (condition nécessaire pour recevoir au tour suivant). Une telle issue lui ouvrirait alors un tableau plus favorable… ainsi que des perspectives financières pour le moins lucratives.
« Accueillir un match supplémentaire de Champions Cup, a d’abord des incidences non négligeables sur notre billetterie, explique Benoît Vaz, le directeur général de l’ASM Clermont. Mais cela a aussi des retombées indirectes sur le marchandising (vente du maillot third par exemple, ndlr) ou sur le partenariat (les sponsors ont des parts fixes à payer et des sommes variables à régler en fonction du parcours de l’équipe, ndlr). Sans compter les reversions (*) de la part de l’EPCR ou les effets que cela peut avoir à plus long terme sur la marque ASM. »
Pour son huitième de finale disputé à Northampton la saison dernière, Clermont avait reçu une enveloppe d’environ 100.000 euros. Le même match organisé au Michelin pourrait lui rapporter entre 350.000 et 400.000 euros. « Financièrement, la Coupe d’Europe est très importante pour nous », insiste Benoît Vaz qui a pu faire part aux joueurs de tous ces aspects lors du « stage vision ».
"On n'a rien budgétisé sur la Coupe d’Europe"
Importante donc, mais pas vitale non plus. Car, au moment d’établir le budget de la saison 2025-2026, le board clermontois n’a pas fait de la Champions Cup un enjeu capital financièrement parlant. Bien au contraire.
« On n’a rien budgétisé sur la Coupe d’Europe : tout ce que l’on en retirera ne sera que du plus. En revanche, on a construit notre budget sur une 6e place en Top 14, explique le directeur général. Ce n’est pas un manque d’ambition sur la scène européenne, mais on estime que c’est trop dangereux de monter un budget en fonction d’hypothèses sportives. » Et ce dernier de rappeler que « tous les objectifs sportifs fixés ne sont que des minima à atteindre… » Mieux ? Et l’ASM ne s’en tirera qu’à meilleurs comptes.
(*) Contrairement au football et à la Ligue des champions, les reversions ne sont pas des primes directement envoyées aux clubs. Les sommes issues des droits TV sont réparties équitablement par l’EPCR entre les trois ligues qui prennent part à la compétition : le Top 14, la Premiership et l’URC. Il revient ensuite à ces ligues de répartir ces fonds entre leurs clubs. La saison dernière, la LNR avait par exemple reversé 600.000 euros à l’UBB pour sa victoire et 275.000 euros à Toulouse pour sa demie.