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Posté hier, 20:35

Performants mais à court d'argent, les clubs de Premiership à la recherche d'un nouvel élan
Plutôt efficaces et séduisants sur le terrain, les clubs de Premiership souffrent en coulisses, à la recherche d'un nouveau souffle financier. Pour tenter de faire venir de nouveaux investisseurs, le projet d'une ligue fermée est envisagé.

Le rugby anglais se porte bien, c'est l'image qu'il renvoie en tout cas depuis de nombreux mois. En 2023, le XV de la Rose de Steve Borthwick obtenait la médaille de bronze lors de la Coupe du monde. Depuis, il n'a cessé de progresser, d'avancer, de rattraper le retard qu'il avait sur les autres nations. La sélection reste sur onze victoires d'affilée, dont une sur l'équipe de France lors du dernier tournoi des 6 Nations.

 
 
 
 

En mai dernier, Northampton atteignait la finale de la Champions Cup (28-20, le 24 mai 2025), ce qui n'était pas arrivé à un club de Premiership depuis 2020 avec le succès d'Exeter. L'été dernier, Bath remportait le Challenge. Ces deux équipes qui dominent le rugby anglais depuis deux saisons possèdent suffisamment d'atouts pour aller loin et rêver de succéder à Bordeaux.

 
 
Northampton ne peut pas prolonger son capitaine

La vitrine brille, mais dans l'arrière-boutique, ce n'est pas la même histoire. Les visages de ceux qui dirigent sont fermés, et les sourires crispés. La situation économique du rugby anglais inquiète encore, et la disparition des Wasps, de Worcester et des London Irish hante les esprits de ceux qui occupent la tête des clubs, qui payent et voient à la fin de chaque mois les comptes qui clignotent en rouge et incitent les équipes à faire des économies.

George Furbank, capitaine de Northampton et relais privilégié de Phil Dowson, son manager, international anglais, arrive en fin de contrat et n'a toujours pas prolongé. Les Saints qui ont fait signer Alex Mitchell, Fin Smith, Fraser Dingwall et Alex Coles n'ont pour l'instant pas l'argent pour le faire, sachant que Tommy Freeman et Henry Pollock seront libres en juin 2027. En Angleterre, le salary-cap est de 7,3 millions d'euros, et les joueurs internationaux protégés rapportent 115 000 euros au club.

 
 
 

« Et Newcastle qui était en réanimation, ou respirait de manière artificielle depuis des mois, aurait sans doute connu le même sort si Red Bull n'était pas intervenu pour sauver ce club, explique Simon Gillham, l'ancien président de Brive, qui est depuis novembre 2024 le grand patron de la deuxième division anglaise, un témoin privilégié de la situation. Comme il n'y a pas de DNACG ou d'A2R en Angleterre, il y a eu trop de faillites. »

 
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Simon Gillham en avril 2025, lors d'un match de Pro D2 en Brive et Provence Rugby. (Presse Sports)
 

Avec lui, on a abordé le projet qui fait beaucoup causer en Angleterre, celui de créer une ligue fermée d'une douzaine de clubs ou de franchises, projet dont les grandes lignes ont été publiées la semaine dernière dans le Times. Les propriétaires des clubs de Premiership en sont à l'origine.

 

« Premiership est une société privée, explique Simon Gillham, elle est composée par les actionnaires des clubs qui veulent attirer de nouveaux financiers, notamment des financiers qui viennent des USA et pour les attirer, ils estiment qu'un championnat fermé rassurerait tout le monde. »

 
 

« Un Championnat sans relégation, sans accession, ce n'est pas possible »

Simon Gillham, directeur du RFU Championship (2e division), au sujet de la Premiership

 
 

Mais, outre-Manche, tout le monde n'est pas d'accord. Pour la RFU et la deuxième division qui dépend de cette instance, une telle idée n'est pas concevable. « Nous, prévient le patron de la deuxième division, on est d'accord pour passer de 10 clubs à 12 clubs, donc de sécuriser le temps de l'expansion du Championnat, mais le sport, sans incertitude, ce n'est pas possible. Un Championnat sans relégation, sans accession, ce n'est pas possible. »

 

Dans les faits, la composition de Premiership n'a pourtant pas bougé d'un iota entre l'exercice en cours et le précédent. Les Ealing Trailfinders, qui ont remporté le titre en deuxième division, n'ont pas été autorisés à entrer dans l'élite : leur stade est trop petit et ne répond pas aux normes de sécurité.

 

Un match de barrage entre le dernier de Premiership et le premier de Championship est à l'étude, mais n'a pas encore été validé. Depuis deux ans, c'est Newcastle qui occupe le dernier rang, et ce serait plutôt mal vu de voir le club de coeur de Jonny Wilkinson relégué alors qu'il vient d'être racheté par Red Bull.

 

Pour espérer intégrer l'élite, il faudra que les candidats répondent à trois critères : « Il faudra être performant sportivement, explique Gillham, présenter un solide business plan sur cinq ans et posséder les infrastructures nécessaires et sur ce dernier point, l'Angleterre est vraiment très en retard sur la France. Il suffit de voir où évoluent les Saracens, dans un stade qui ressemble à celui de Périgueux. »

 
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Le StoneX Stadium, stade des Saracens. (T. Maher/INPHO/Presse Sports)
 
Le football, ce voisin encombrant

À ce jour, un club semble remplir quasiment toutes les conditions pour accéder à l'étage supérieur. « C'est Worcester, nous apprend Simon Gillham, même si c'est compliqué avec le stade, parce qu'il est situé dans un quartier où il est difficile de l'agrandir. » L'article du Times révèle aussi que les cerveaux du rugby anglais aimeraient que le haut niveau s'installe un peu partout sur le territoire, à « Kent, Birmingham et dans le Yorkshire... »

 

« Ou du côté de Leeds, ajoute Simon Gillham, mais c'est vrai que le Championnat - et là, c'est une réflexion commune entre toutes les parties - se concentre uniquement sur deux ou trois régions. Mais il faut prendre en compte le fait que ça ne peut pas non plus fonctionner de manière artificielle. » Il se souvient des Wasps qui avaient quitté Londres pour Coventry pour un résultat catastrophique.

 

« Et le rugby en Angleterre, conclut Gillham, se heurte à un problème que je n'avais finalement pas si bien mesuré car j'ai passé beaucoup de temps en France : c'est l'obsession pour le foot, et l'omniprésence du foot, cela prend une place incroyable dans le coeur des gens. J'ai deux gendres, l'un est pour Leeds, l'autre pour Derby. J'ai deux petits-fils, l'un est pour Chelsea, l'autre pour Arsenal. Chaque habitant supporte un club de foot... »

 

À ce jour, un fonds d'investissement américain préfère investir dans le ballon rond même si la menace d'une relégation pèse. Il sait que les retombées économiques seront plus rentables.

 






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