Parigot et le monstre Toulouzaingue
Parigot ouvrit les yeux, donna une claque à son portable dont la sonnerie évoquait un sous-marin en plongée d’urgence comme dans le film Das Boot qu’il recommandait par ailleurs à tous les amateurs de films de guerre.
Parigot s’étira, lâchant au passage un pet dont le remugle puissant signalait des fragrances de criée bretonne après la fermeture, d’égout new-yorkais et de cimetière pour rats morts de la peste.
Se réjouissant des premiers reflets d’un jour presque printanier qui caressaient sur son mur le poster de Max Guazzini au pèlerinage annuel du scoutisme à Lourdes, Parigot bailla puis posa les pieds dans ses charentaises roses fuchsia qu’il avait gagné à la tombola des abonnés du Stade Français dans la catégorie des plus de cent kilos. La vision du rose quasi-fluorescent lui rappela brutalement quel jour on était : c’était CE JOUR LA ! Et pas un autre.
Pris de tremblements subits, claquant des dents comme un trader après la chute du bitcoin, Parigot se précipita sous la couette, cherchant un refuge où enfouir sa peur incontrôlable. Comme il multipliait les signes de croix et les pater noster, la couette se mua rapidement en une boule de tissu qui ne lui couvrait même plus les gonades. Parigot, la mort dans l’âme se laissa donc glisser tel un liquide au pied de son lit, puis se redressa avec la lenteur contrainte d’un zguègue de nonagénaire qui vient de s’enfiler trois plaquettes de sildénafil (Viagra pour capitole46).
Pitié ! PITIE murmurait Parigot la mort dans l’âme. Seigneur, qu’ils nous épargnent ! Je ne pécherai plus ! Ou alors j’irai me confesser après ! Mais pitié, un point de bonus défensif et une nécrologie dans le Midol !
Car c’était le jour, le jour où le Stade Toulouzaingue montait à la capitale. ![]()









