Un article de LM consacré à un "petit" jeune qui monte, c'est bien...

Fissure du ménisque, handball, chasse : la folle trajectoire de Baptiste Veschambre (ASM) qui vise le Grand Chelem avec les Bleuets
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Avec les Bleuets et ses partenaires de l’ASM - Léo Michaux, Timéo Frier et Axel Guillaud - Baptiste Veschambre n’est plus qu’à un succès du Grand Chelem dans le Tournoi des VI Nations U20. Pour cela, il faudra battre l'Angleterre, ce dimanche (18 h 45), à La Rochelle. Titulaire depuis le début du Tournoi, le deuxième ligne confirme tout son potentiel.
Par Vincent Balmisse (La Montagne)
Publié le 13 mars 2026 à 08h30
Ils étaient neuf à avoir fait le déplacement à Édimbourg (Écosse) depuis Riom-ès-Montagnes, le week-end dernier. Bonnets aux couleurs du Cantal vissés sur la tête, vestes floquées ASM sur le paletot et écharpes du XV de France autour du cou. Difficile de les manquer dans les travées de l’annexe de Murrayfield, surtout avec leur banderole « Baptiste, les Riomois sont là ». Les caméras de La chaîne L’Équipe, le diffuseur des matchs des Bleuets dans ce Tournoi des VI Nations U20, n’ont donc pas manqué de montrer à l’image le fan-club de Baptiste Veschambre, le deuxième ligne des Bleuets et de l’ASM Clermont.
Didier Hanusiak faisait partie de cette joyeuse bande assise à proximité des anciens Berjalliens Julien Bonnaire et Julien Frier, venu, lui, supporter son Clermontois de fils, Timéo. « On a bien fait de venir ! En plus de marquer un essai, Baptiste a fait un super match, s’exclame l’un des quatre co-présidents de l’Olympic Rugby Club Riom-ès-Montagnes (ORCR) où le jeune Veschambre a signé sa première licence à 5 ans. C’est vrai qu’on a tendance à s’attarder sur lui pendant ses matchs, mais il est vraiment impressionnant dans ses déplacements, dans sa capacité à jouer sans ballon, à aller se mettre au bon endroit et à accélérer quand c’est le moment… Il joue juste, ne fait pas de faute et est très propre en touche. »
Tous les matchs disputés en intégralité
Autant de qualités qui font qu’il est devenu impossible pour le sélectionneur des Bleuets, Cédric Laborde, de se passer des services de son numéro 4. Depuis le début du Tournoi, ils ne sont que deux avec le capitaine Marceau Marzullo (Stade Toulousain) à avoir été titularisés aux coups d’envoi de chacune des quatre rencontres. Mais l’Asémiste est le seul à avoir disputé l’ensemble de ces matchs dans leur intégralité. Une véritable prouesse pour un deuxième ligne.
« Ça va, je me sens en forme. La semaine de repos entre l’Italie et l’Écosse m’a vraiment fait du bien », nous a sobrement confié celui qui n’est donc plus qu’à 80 minutes d’un Grand Chelem. Pour cela, il faudra vaincre les Anglais, ce dimanche (18 h 45), à La Rochelle. Ce qui serait une belle récompense du travail accompli depuis le début de la saison, lui qui a aussi effectué ses débuts en pro avec l’ASM, le 17 janvier dernier, en Champions Cup face aux Sharks. Mais aussi une sacrée revanche.
Car il y a un an, Baptiste Veschambre connaissait un premier coup d’arrêt dans son incroyable progression.
Baptiste Veschambre (Deuxième ligne des Bleuets et de l'ASM Clermont) :
« En février 2025, face aux Crabos de Brive, je me fissure le ménisque. Les chirurgiens me disent alors que je peux continuer de jouer, mais avec le risque que ça s’aggrave. »
Celui qui apprécie autant évoluer deuxième que troisième ligne décide alors de poursuivre sa saison. Il faut dire que les Crabos de l’ASM vivent un exercice exceptionnel. Mais en avril, le couperet tombe. L’opération devient inéluctable.
« Cela a été dur à vivre, d’autant que l’équipe est allée au bout en devenant championne de France, se remémore-t-il. Mais à ce moment-là, les coachs me disent que cette blessure peut aussi m’amener du plus. J’en ai donc profité pour beaucoup travailler mon haut du corps et mon cardio. » Quelques mois plus tard, les résultats sont là. Dès l’été, ses capacités physiques impressionnent le staff de l’ASM alors qu’il vit sa première préparation d’avant-saison au contact du groupe professionnel.
Cela, malgré des mensurations impressionnantes à 18 ans (2,03 m ; 116 kg). « Il a toujours fait une tête de plus que les autres. Ça nous a d’ailleurs causé quelques soucis parce que les équipes adverses pensaient qu’il n’était pas dans la bonne catégorie, rigole Christophe Chaumeil, co-président de l’ORCR en charge de l’école de rugby. Il était tellement grand qu’il semblait même parfois gêné par sa taille. Son passage par le handball entre ses 12 et 14 ans lui a alors fait beaucoup de bien dans tout ce qui est manipulation du ballon et agilité. »
Baptiste Veschambre (le plus grand, debout), entouré de Christophe Chaumeil (vice-président de l'ORCR en charge de l'école de rugby) et de Thomas Delpeuch (qui évolue aujourd'hui en pro avec le Stade Aurillacois). Quatrième en partant de la gauche, debout, Yannis Chaumeil (champion de France l'an dernier avec les Crabos de l'ASM et aujourd'hui en Espoirs). (Photo fournie par l'ORCR)
Et d’ajouter : « après, ses aptitudes physiques, il les a toujours eues. Il a toujours couru très vite et été très endurant. Et ça, je pense que ça lui vient de la chasse qu’il pratique avec son père. »
Le Grand Chelem, lui, est plus que jamais à portée de fusil. « Il faut aller au bout, mais ce n’est pas fini », lance Baptiste Veschambre, prudent.