Top 14 : comment la confiance engrangée à Toulon a permis à l'ASM Clermont de dominer Bayonne
L’ASM a confirmé ses excellentes dispositions du moment, ce samedi, en dominant Bayonne avec le bonus offensif (38-15) dans un stade Michelin comble et comblé de bonheur. En pleine confiance, Clermont a encore offert un joli spectacle. De quoi attendre la suite avec appétit.
Rayonnante à Toulon il y a quinze jours, l’ASM avait suscité beaucoup d’espoirs auprès de ses supporters, curieux de voir si leurs protégés seraient à nouveau capables d’assurer la victoire autant que le spectacle face à Bayonne, au Michelin. Mission accomplie, serait-on tenté de dire.
La partition rendue par les hommes de Christophe Urios n’a pas été parfaite en tout point. Certes. Mais quand on voit ce qu’est désormais capable de produire (et reproduire donc) cette équipe, on se dit qu’elle a de plus en plus une gueule de « phase de finaliste ». La ligne d’arrivée de ce Top 14 est encore loin et il ne faut surtout pas se croire arriver. Mais pouvoir ne serait-ce que susurrer cela à huit journées de la fin, dans ce championnat ultra-concurrentiel, veut dire beaucoup.
Une charnière étincelante
Si Clermont en est là aujourd’hui, cela tient en grande partie à une chose essentielle : la confiance. Un mot revenu à maintes reprises dans la bouche des acteurs clermontois présents en conférence de presse après la rencontre.
« Le match à Toulon a débloqué pas mal de choses au niveau de la confiance. On tente plus de choses, on saisit plus les opportunités, on joue plus avant ou après contact, énumère Thomas Ceyte. Franchement, on se régale sur le terrain et ça marche deux matchs d’affilée. On donne du plaisir, on monte au classement, il faut que ça continue, mais c’est le jour et la nuit par rapport à il y a quelques semaines. »
Thomas Ceyte (deuxième ligne de l'ASM Clermont)
Souvent prévisible sur ses lancements et presque exclusivement dépendante de ses ballons portés ces derniers mois, l’ASM semble tout à coup pouvoir s’appuyer sur un arsenal offensif bien plus varié pour semer le trouble. Dans le rôle de détonateur, difficile, une énième fois, de passer à côté de la performance de « Sir » Harry Plummer. L’ouvreur néo-zélandais a encore livré une partie majuscule dans la qualité de son animation, dans la créativité de ses initiatives et dans la justesse de son jeu au pied.
Bien aidé, il faut le dire aussi, par un Baptiste Jauneau tout aussi déterminant derrière ses « gros » qui, une nouvelle fois, ont su dépasser leur fonction première (la conquête) pour participer à ce jeu « main-main » si plaisant. Allez donc (re)voir les premier et troisième essais clermontois pour vous en convaincre. L’ASM montre aussi désormais une farouche capacité à se nourrir des erreurs de ses adversaires pour les convertir en or, en témoignent ses deux réalisations à la suite de deux ballons de récupération (27e et 47e).
« Il faut du temps pour construire un projet, créer des automatismes et de la confiance. Beaucoup de joueurs sont arrivés cet été. Mais c’est vrai qu’actuellement on sent que l’équipe est un peu plus sûre de ses forces, qu’elle est capable de réagir au cours des matchs pour trouver des solutions, apprécie Frédéric Charrier, l’entraîneur en charge du jeu d’attaque. Cela fait maintenant trois ans qu’on est là (le staff, ndlr) et effectivement, on sent que le projet avance. » Tout comme la défense qui progresse, elle aussi.
Reste maintenant à confirmer. Encore et toujours. À régler aussi des détails qui pourraient coûter plus cher face à des adversaires plus coriaces que cet Aviron Bayonnais, décidément méconnaissable. On pense notamment à ces nombreuses fautes de main ou à la discipline. Enregistrer deux cartons jaunes quand on domine de la sorte, c’est trop. La prochaine réception de Montpellier, le samedi 21 mars (14 h 30) n’en sera que plus intéressante à suivre.