Pas parce qu’ils se sont maintenus. Les deux places dans la charrette sont déjà prises depuis plusieurs semaines. Par Tarbes et Niort dont les deux structures professionnelles ont déposé le bilan (respectivement en février et mars). Du jour au lendemain ou presque, on stoppe tout : entraînements, matches, contrats. Une quarantaine de joueurs sur le carreau, sans parler de l’extra-sportif. Bourg-en-Bresse a été rétrogradé par le gendarme financier de la Fédération, avant de sauver sa place en appel.
Comme avec Hyères/Carqueiranne et Blagnac les saisons précédentes, dans la même agonie financière, la Nationale ne s’est pas terminée à quatorze. De quoi interroger sur la viabilité d’une division dont le niveau sportif progresse d’année en année. Mais à quel prix ?
« Train de vie trop élevé »
« J’ai l’impression que tout le monde a un train de vie trop élevé par rapport aux ressources de la division », analyse Jacques Bolle, qui va devenir coprésident du CA Périgueux après avoir notamment présidé la Fédération française de motocyclisme.
« S’il n’y a personne qui te file trois billets pour pouvoir remplir la gamelle, ça ne va pas aller »
Les charges sont celles d’un club professionnel : matches le vendredi soir ; départs la veille, de Nice à Marcq-en-Barœul en passant par Rennes ou Chambéry ; joueurs sous contrat professionnel dans l’immense majorité, etc. Mais les recettes sont peu ou prou celles d’un club amateur.
Solutions
« C’est bien joli de filmer les matches et de les diffuser sur Internet mais s’il n’y a personne qui te file trois billets pour pouvoir remplir la gamelle, à un moment donné, ça ne va pas aller », image Didier Casadéi, le manager de Périgueux.
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Seul club de la région à ce niveau, le CAP vit correctement avec un budget d’environ 3,8 millions d’euros. Dont la majorité provient d’un président-mécène, Francis Roux. « C’est dur économiquement pour tout le monde. Il n’y a pas un club qui va améliorer son budget parce qu’il y a trop de frais par rapport aux rentrées et c’est inquiétant pour la division », reprend Casadéi. « C’est une saine réaction de réduire la voilure, assure Bolle. Les budgets sont basés sur un ou deux gros partenaires. Quand l’un s’en va, il y a danger. »
Cette saison, les budgets s’échelonnent entre environ 2 et 7 millions d’euros (sur le principe du déclaratif). « Tous les clubs sont en difficulté alors que c’est une superbe compétition. Il faut que la Fédération se pose de vraies questions pour aider la Nationale », plaide le manager.
La FFR l’a fait et a avancé plusieurs idées pour les saisons 2026-2027 et 2027-2028 : la fin du match de barrage d’accession en Pro D2, une meilleure surveillance des comptes des clubs, le passage de 14 à 16 clubs.