"On était passé pour des pipes" : comment la déroute du match à Perpignan a servi à l'ASM Clermont pour la suite de sa saison
En supériorité numérique durant plus d’une heure face à une USAP qui n’avait pas encore remporté le moindre match en Top 14, l’ASM s’était pourtant prise les pieds dans le tapis au match aller. Dépassés dans l’envie, les Clermontois ont néanmoins su faire de cette déroute une force avant de trouver les Catalans, ce samedi après-midi (16 h 35), au stade Marcel-Michelin.
« On avait réussi à prendre un point là-bas ? Je ne me souviens plus… Je suis plutôt du genre à être focalisé sur le présent. C’est comme là, je suis déjà passé à autre chose depuis notre victoire à Toulouse. »
On comprend tout à fait que Bautista Delguy n’ait pas gardé un souvenir impérissable de son dernier voyage à Perpignan, juste avant Noël. Car au-delà de devenir la première équipe du championnat à s’incliner face à l’USAP après 12 journées (26-20, sans bonus défensif donc), l’ASM avait surtout suscité pas mal d’inquiétudes quant au jeu produit et à l’état d’esprit affiché alors qu’elle avait évolué à 15 contre 14 durant plus d’une heure.
Les mots forts de Delguy
À cet égard, l’ailier argentin n’avait d’ailleurs pas mâché ses mots après la rencontre. « En ce moment, nous ne sommes pas bons. Il faut que tout le monde se regarde dans une glace. Le jeu que l’on produit m’inquiète beaucoup. On manque clairement de grinta. Cela ne demande pas beaucoup d’efforts de nettoyer des rucks ou de plaquer. Il faut juste mettre de l’envie. On perd notre troisième match d’affilée et cela ne fait rire personne. »
En cette fin d’année 2025, Clermont vit les heures les plus agitées de sa saison après un départ indigent en Coupe d’Europe et les sorties médiatiques de quelques anciens du club, inquiets de la tournure des événements. Mais avec du recul, cette déroute catalane pourrait bien avoir été un mal pour un bien pour les pensionnaires du Michelin. « Si on avait gagné à Perpignan, peut-être qu’aujourd’hui on regarderait plus haut, répond Julien Laïrle, l’entraîneur des avants. Pour moi, quand tu perds, ce n’est jamais un bien. »
D’autant plus que ce déplacement avait clairement été ciblé par Christophe Urios et son staff.
« On est passé pour des pipes, s’exclame le manager. On était les premiers à perdre là-bas mais on l’avait vu venir gros comme une maison. Même si le match s’est finalement joué à peu de choses, on est passé pour des pipes. Cela nous a marqué forcément. On n’a pas ressassé la chose même si j’ai évoqué les conditions dans lesquelles on avait perdu là-bas. Cela s’appelle la fierté. »
Il semble en tout cas avoir été un bon tremplin pour la suite, car derrière, l’état d’esprit affiché par Baptiste Jauneau et ses partenaires a rarement pu être remis en cause en championnat. « C’est vrai que ce match, mais aussi notre mauvais parcours en Champions Cup, nous a permis de recadrer pas mal de choses sur la notion d’engagement. Notamment lors de nos matchs à l’extérieur », complète l’entraîneur adjoint Julien Laïrle.
Un nouveau visage à l’extérieur
En effet, depuis cet épisode, l’ASM a récolté 15 points (sur 25 possibles) loin de ses bases avec des succès bonifiés à Montauban et Toulon, une victoire de prestige à Toulouse et un bonus défensif ramené de Castres. Seul le déplacement au Stade Français s’est avéré infructueux et regrettable au niveau de l’état d’esprit.
Face à Perpignan ce samedi après-midi (16 h 30) - qui pourrait venir avec l’idée de se tester à l’extérieur en vue de son très probable barrage pour ne pas descendre en Pro D2 - la notion d’engagement ne pourra pas être un vain mot pour les Clermontois. De toute façon, celui-ci devra être total jusqu’à la fin de la phase régulière pour espérer rester dans le wagon des qualifiés.