Les temps ont bien changé, les passes en avant, synergies obligent, se mesurent au laser, au millimètre près, difficile, alors, pour les estros, de ne pas passer pour des maladroits.
Alors, à l’aune d’un décorticage outrancier, de ralentis, de caméras cachées, tout se voit depuis les tribunes. On analyse en lisant son journal, et, ce qui est pire, on commente et déforme en buvant son café au fond des comptoirs.
Charme désuet
Ça va pas mal, mais c’est moins terrible quand même. La Section a perdu le fil, et son jeu, c’était mieux avant, quand on était en demie, quand on était second. Catastrophe, on est troisième, triste barragiste, un match de plus à faire, peut-être celui de trop. Mais des matchs de trop comme celui-là, on serait prêt à aller les applaudir au Groenland s’il le faut, et ce n’est pas Donald Trump qui nous empêcherait de rentrer au stade. Alors on s’emballe, on s’emballe, rappellent ceux qui analysent les matchs et touchent du doigt le fond du jeu, mais il ne faudrait pas qu’à force, on déraille. Il paraîtrait, je l’ai lu, que depuis novembre, on ne met plus de bonus offensif à personne, c’est mauvais signe, toussez fort et criez 33. Les hypocondriaques regrettent la contre-performance du match contre Castres. Pour tous ces malades imaginaires, il faut une ordonnance, et une sévère, à la docteur Purgon, le médecin de Molières.
Je ne passerai pas la brosse pour faire luire les cuivres, nous n’avons encore rien gagné, et mathématiquement, nous n’avons encore rien fait. Mais si aujourd’hui, il fallait tirer un bilan sur la comète, malgré les en-avant, les passes dans le vide, et le fait qu’il ne soit que provisoire, je dirais qu’il est bon.
Le Hameau qui ne désemplit plus, est toujours imprenable, c’est presque démodé, voire un peu désuet. Mais au delà du symbole, et des vertus qu’on s’imagine, ça fait plaisir aux nostalgiques, au trésorier, ça peut vous faire un joli pedigree. Ça ne suffira pas pour meubler la saison, Bayonne faisait croire que c’était sa marque de fabrique, mais quand la chance vous quitte, on voit comment on finit.
Je la sens bien, l’affaire, et à part une nouvelle pandémie, une guerre nucléaire, ou une pénurie de fuel pour remplir le bus, je ne les vois pas s’arrêter au milieu du chemin. Masqués, à pied, ou à vélo, je crois bien qu’en juin, nous jouerons enfin quelques prolongations. Alors deuxième, puisque premier est interdit par le salary cap ou barragiste, peut m’importe, quand on a faim, tout fait ventre. De toute façon, le premier, il faudra bien le battre en demie ou en finale, et peut être aussi Bordeaux, en finale ou en demie. Ça va être compliqué ? Peut être, mais pour eux aussi. Parce qu’aujourd’hui, Nano trouverait qu’on joue bien, mieux que sa grand mère, qui était souvent constipée !