Après l’immense déception de la semaine passée face au Racing, la question de l’état mental de l’ASM a été posée à Yannick Bru avant le rendez-vous de ce samedi soir. « Nous avons aussi pris de gros coups derrière la tête cette année. Et nous n’étions pas marrants à jouer la semaine d’après. À chaque fois que l’on a subi une défaite à domicile, regardez le niveau que nous avons affiché le match suivant. Je sais que cette colère est un moteur de performance. Je sais que l’ADN de Clermont sera bien présent sur la pelouse de Chaban-Delmas.
Le manager bordelais n’allait bien évidemment pas prétendre le contraire, histoire de garder ses troupes sous tension et d’éviter toute décontraction. Pour avoir quelques éléments de réponse sur la fraîcheur mentale clermontoise, il fallait être sur la pelouse du Michelin hier en fin de matinée. À l’occasion de la traditionnelle mise en place, les rires ont succédé aux visages crispés et aux regards baissés de dimanche dernier.
Tout n’a peut-être pas été évacué, mais en tout cas, on a essayé le plus vite possible de repartir de l’avant. Via des entretiens individuels mardi puis en groupe jeudi, les joueurs et le staff ont tenté de laisser une bonne fois pour toutes les mauvaises émotions derrière eux. « Nous nous sommes revus collectivement jeudi, avec seulement le groupe pour Bordeaux, pour tenter de recréer un état d’esprit collectif et de défi. Les gars étaient affectés, comme nous tous. Il y avait un sentiment de gâchis. Mais en même temps, j’ai trouvé qu’ils étaient tournés vers la suite. Jeudi, je les ai trouvés plutôt bien. Maintenant, on verra... », décrit Christophe Urios.
À en croire les dires du capitaine Baptiste Jauneau, ce début de semaine allégé s’est révélé plutôt bénéfique pour les têtes clermontoises. « On a bien bossé. On essaie d’être encore plus appliqués sur la notion de groupe. On avait besoin, physiquement et mentalement, d’être plus tranquilles en ce début de semaine, histoire de faire le point sur ce que l’on a fait de bien ou de moins bien. Personnellement, cela m’a permis de mieux digérer et de retrouver l’envie pour ce dernier match. Il fallait avaler cette pilule pour mieux se projeter sur Bordeaux et ne pas arriver la tête baissée. On veut être fiers de porter ce maillot et fiers de faire partie de ce groupe. »
« Nous n’avons pas parlé de qualification »La fierté, l’envie de montrer autre chose, de redorer le blason de l’ASM ont semble-t-il constitué des mantras pour remobiliser le groupe avant cette échéance. Il n’en reste pas moins que ce match à Bordeaux peut aussi être synonyme de qualification pour les phases finales en cas de succès, couplé à une défaite du Racing ou de La Rochelle. Cela peut-il servir de levier de motivation ? Joueurs et staff l’assurent : ils veulent avant tout produire la meilleure prestation possible. Les calculs ne seront faits qu’après.
« Nous n’avons pas parlé de qualification, jure Christophe Urios. Nous n’avons pas parlé de gagner à Bordeaux. Nous voulons surtout retrouver notre crédibilité. Contre le Racing, nous avons perdu beaucoup de choses. Après, il arrivera ce qui arrivera... »
« On veut remettre les choses à leur place et tout donner pour ce dernier match, complète Killian Tixeront. Il n’y a aucun calcul à faire de toute façon. Personnellement, mon facteur de motivation, c’est de travailler, de ne pas calculer et de respecter le maillot. Toute l’équipe a envie de donner une autre image. Toute l’équipe a à cœur de remettre le bleu de chauffe et de faire briller l’ASM. »
Le club brillerait d’autant plus si elle se retrouvait en phase finale après une victoire de prestige à Bordeaux (conjuguée rappelons-le à une défaite du Racing ou de La Rochelle). Les supporters ont tous ce rêve dans un coin de leur tête.


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