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Finale Top 14 : le Stade Toulousain champion, on en a marre !30 Juin 2026Par Louis Fumeron, envoyé spécial au Stade de France
HUMEUR - Vainqueur de son 4e titre de champion de France d’affilée - le 25e de son histoire - samedi au Stade de France, Toulouse domine sans partage le
Top 14. Pour le plus grand malheur du suspense.
N’en ont-ils pas marre ? Alexandre Roumat jure que non. « On n’a jamais dit qu’on était blasés » , a-t-il assuré au micro de Canal+ à l’issue de la finale de Top 14 remportée par Toulouse face à Montpellier (28-20), samedi soir au Stade de France. Le Stade Toulousain n’a pas simplement soulevé son quatrième Bouclier de Brennus de suite, il n’a pas simplement égalé le record de ses glorieux anciens entre 1994 et 1997, le Stade Toulousain a remporté son 25e titre de champion de France. Le 6e sur les sept dernières saisons (seul... Montpellier, en 2022, a brisé l’hégémonie). Une domination qui commence à ne plus amuser les amateurs du ballon ovale. Sauf les Toulousains, évidemment.
Alors oui, nous pourrions nous réjouir d’une équipe qui rafle tout sur son passage. Un groupe qui montre des qualités hors normes, avec des individualités au-dessus du lot. Mais cela ne revient-il pas à casser le suspense du Top 14 ? Certains pourraient se questionner sur le niveau des équipes poursuivantes, certes, mais le fait de voir la même équipe, chaque année, soulever le Brennus commence à enlever l’adrénaline du meilleur championnat du monde.
Car, à l’image d’un Paris Saint-Germain en football, le championnat semble bel et bien plié même avant que la saison ne commence.
Pourtant, sur le papier, Antoine Dupont et consorts semblent être à la portée de beaucoup d’équipes. Samedi soir, Montpellier a montré la voie. Les hommes de Joan Caudullo n’ont pas flanché malgré un score lourd à la pause (25-6). La marche ne semblait pas inatteignable. Dans l’histoire récente, l’Union Bordeaux-Bègles paraît être l’équipe à s’être le plus rapprochée des Rouge et Noir, les éliminant deux années de suite en Champions Cup. Mais, en championnat, il est plus compliqué de faire tomber l’ogre. Il y a deux ans, une bourrasque s’était même invitée dans le camp bordelais ( déroute 59-3 en finale, NDLR ). L’année passée, même sort. Mais, au terme d’une prolongation brûlante (39-33), la chute de la machine toulousaine était toute proche...
Toulouse domine, et de loin, le Top 14. Et cela ne risque pas de s’arrêter. Les joueurs sont toujours aussi forts, les jeunes pousses arrivent, le recrutement est ciblé... Les années à venir ne peuvent que continuer à inquiéter les concurrents. La place est prise. Comme si, presque, il fallait absolument que le Stade Toulousain remporte ce championnat. La communication faite par certains médias avant la rencontre, le traitement de faveur différent d’avec Montpellier, la mise en avant d’Antoine Dupont... Il faut vendre. Mais ne faut-il pas espérer également qu’un nouveau club vienne s’inviter à la table des champions ? « Je pense que 100 % des journalistes, des supporters, du public pensaient qu’on allait en prendre 80 » , confiait le capitaine montpelliérain, Lenni Nouchi, en zone mixte après le match.
La seule question à se poser serait de savoir si les Toulousains ont toujours cette même hargne, cette même satisfaction à soulever le Brennus. Romain Ntamack assure que oui. « C’est toujours la même sensation. Même si l’euphorie a été peut-être un peu moins là ce soir (samedi soir). Mais je pense que c’est dû à la fatigue, à la saison qui a été éprouvante, à la pression qui est redescendue d’un coup. C’est compliqué de sauter partout comme des malades, comme on pouvait le faire sur le premier titre... »
Toujours est-il que, après la rencontre, la ferveur ne fut pas folle. Si quelques tubes français des années 1980 ont retenti dans l’enceinte du Stade de France, la fête ne fut pas dingue. Une (courte) cérémonie au milieu de la pelouse suivie d’un (petit) tour de terrain, des regards fermés et pas de célébrations en zone mixte... Une saveur d’un Stade Toulousain-Perpignan en plein mois de novembre planait dans les travées. À cela est venue s’ajouter la triste arrivée des joueurs dans la Ville rose. La célébration place du Capitole annulée en raison des risques d’orages, à peine 200 supporters se sont rendus gare de Matabiau, pour accueillir les vainqueurs. Loin des bains de foule des précédentes années. Le trophée est-il déjà devenu banal à Toulouse ? Vivement un nouveau vainqueur...












