Entre attaques éclair et séquences interminables, l'UBB tente tous les coups
Contre Lyon, samedi lors de la 5e journée de Top 14 (51-28), l'UBB a su diversifier les formes de jeu, en marquant au terme de séquences qui durent comme après des actions éclair. Une nécessité pour cultiver le côté imprévisible de son attaque.
Sur les huit essais inscrits face à Lyon samedi après-midi (51-28), Bordeaux a su varier les plaisirs, en marquant après une touche, après une mêlée, aussi, derrière un maul ou sur du jeu de mouvement. Mais deux réalisations, parce qu'elles étaient si différentes dans leur conception, l'une limpide et clinique, un flash brutal qui a déchiré la défense du LOU, l'autre confuse et interminable, un bazar intégral qui a essoré les poumons et le coeur des deux équipes, ont montré que l'UBB cherche à façonner une attaque à plusieurs visages.
Et là, rien de plus dissemblable qu'un essai marqué sur un sprint de 20 secondes, avec 4 passes et un ruck pour avaler 80 mètres de terrain (6e, essai de Cameron Woki), et un marathon de 3 minutes et 16 secondes, long moment de folie avec ping-pong au pied, duels aériens, interceptions, relances, ballon qui change de mains à 9 reprises, et on en oublie beaucoup, de péripéties, pour cet essai de Louis Bielle-Biarrey (27e)
« Marquer vite, c'est un peu notre marque de fabrique, notre ADN. On a une facilité à le faire, avec des joueurs qui sont prédestinés à ça »
Maxime Lucu, demi de mêlée et capitaine de l'UBB
« Il faut avoir différentes formes de jeu, a expliqué Maxime Lucu, demi de mêlée détonateur de la version éclair, en jouant rapidement à la main une pénalité dans ses propres 22 mètres. Marquer vite, c'est un peu notre marque de fabrique, notre ADN, depuis maintenant deux ou trois ans. On a une facilité à le faire, avec des joueurs qui sont prédestinés à ça, comme Louis Bielle-Biarrey. Avec des joueurs d'une qualité pareille, il faut, quand on a des ballons de récupération, qu'on crée ce chaos-là et qu'on arrive à marquer rapidement. »
Être plus « imprévisible » sur de longues séquences
Sous les ordres de Noel McNamara, l'attaque bordelaise s'est fait une spécialité, ces dernières saisons, de ces relances depuis son camp, pour exploiter la vitesse qu'elle est capable de mettre sur les extérieurs. Bordeaux sait choisir son moment pour tenter ces coups, et contre Lyon, ce n'est certainement pas un hasard si Lucu l'a activé juste après une première action longue (1'28''), qui avait émoussé la vigilance lyonnaise et déjà mis les organismes dans le rouge. Ses adversaires sont prévenus, mais ils se font encore surprendre.
« Après, marquer sur une action de plus de 3 minutes, c'est montrer aussi que le travail physique qui est fait dans la semaine est bon, et que dès qu'il y a un break, on est capables d'apporter du soutien, et d'être un peu plus imprévisibles », a poursuivi Lucu. De créateur de chaos express, Bordeaux doit savoir passer dans la peau d'un spéculateur du désordre, quitte à aussi se mettre en danger sur ces longues séquences déstructurées.
Sur cette action interminable contre le LOU, les Rhodaniens ont bien failli frapper les premiers, en acceptant ce jeu ouvert et en relançant eux-mêmes de leurs 22 mètres sur un ballon de récupération, et l'UBB a renversé le momentum par une interception de Buros, alors que ça faisait déjà 2'10'' que le ballon était en vie. Et ce ne fut pas sans conséquence : « LBB » est resté assis au sol un long moment après avoir aplati, et ses partenaires n'avaient sans doute pas tout à fait récupéré non plus quand Wainiqolo a marqué ensuite le premier essai lyonnais (30e), trois minutes après cette frénésie.
« Notre identité offensive, c'est essayer de trouver des solutions ! »
Noel McNamara, entraîneur de l'attaque de l'UBB
« Notre identité offensive, c'est essayer de trouver des solutions, a insisté McNamara. On ne veut pas être une équipe qui marque juste d'une façon ou d'une autre, on veut être capables de marquer avec chaque sorte de possession. Parfois, c'est la transition, les lancements en touche, les lancements en mêlée, les séquences courtes, les séquences longues... C'est plutôt positif de montrer qu'on est capables de marquer vite, mais aussi après une séquence longue comme celle-là. Pour l'attaque aujourd'hui (samedi), c'était mieux que la semaine dernière, mais ce n'était pas encore parfait ! On peut toujours s'améliorer. »
Son capitaine ne le contredira pas. Il voyait très bien où l'UBB pouvait aller chercher des axes de progression. « Il faut aussi qu'on soit meilleurs en conquête, notamment à 5-6 mètres de la ligne, situait Lucu. Dès qu'on a une balle d'essai à 5 mètres, il faut la mettre au fond. On doit progresser là-dessus, pour être un peu plus tout-terrain, parce que ce sont des formes de jeu qui permettent de mettre à mal les défenses adverses. Par moments, on peut être plus tueurs. » Et avec le maximum d'armes possibles dans leur arsenal.