À Marcel-Michelin, les Clermontois ont dominé le Racing dans un duel de mal classés qu'ils devaient absolument remporter pour ne pas s'enfoncer dans la crise (37-30), à l'occasion de la 8e journée du Top 14. L'ASM de Christophe Urios se donne un peu d'air.
Une semaine après avoir pris en pleine poire le boomerang de la remontée du promu vannetais (de 6-23 à 27-26), Clermont, qui restait sur deux savonnages d'affilée au Michelin (contre l'UBB et le Leinster), a redressé le manche en dominant une équipe du Racing sur laquelle il butait depuis décembre 2023 (37-30).
Contrairement à leurs habitudes, les Racingmen sont ce coup-ci partis du bon pied. Tout de suite dominants, ils ont récupéré deux ballons au sol, par Maxime Baudonne puis Jordan Joseph, laissant le pied gauche d'Antoine Gibert sanctionner les fautes clermontoises (0-6, 9e).
Alors que tout semblait en ordre de marche, les hommes de Max Spring ruinèrent, l'un après l'autre, cette entame convaincante. Une faute bête de Taniela Tupou en touche fut d'abord à l'origine de l'essai de Kylan Hamdaoui qui profita d'un plaquage relâché de Vinaya Habosi pour marquer dès la première incursion de l'ASM dans les trente mètres adverses (7-6, 11e).
Mangé par l'agressivité des Jaunards, contré par une défense capable d'amortir les charges successives de ses gros porteurs, le Racing y allait ensuite d'une pénaltouche vendangée par Sam James puis d'une deuxième touche perdue, ou plutôt volée par Killian Tixeront. Ce tunnel de vingt minutes inquiétantes prenait fin à la 28e lorsque, à l'issue d'une nouvelle longue possession du Racing, deux percussions mieux orientées de Romain Taofifenua et Joseph permirent d'ouvrir des espaces à Selstino Ravutaumada pour marquer en coin (17-13). Plummer manquant une pénalité très accessible, le Racing gâchant deux surnombres au large, le score en resta là pour cette première période.
À quatorze (carton jaune contre Kevin Noah), l'ASM marqua trois points de plus avant de subir la puissance physique des avants franciliens, concrétisée par un essai de Taofifenua (20-20). Comme en fin de première période, Clermont redonna des possessions intéressantes au Racing en commettant des fautes, comme ce raffut illégal dans le visage de Baudonne.
Mais à l'énergie, avec une vraie générosité et beaucoup d'obstination, malgré une conquête pas toujours propre, ils inscrivirent un essai par leur pilier Nohem Ez Zahouany (27-20). La mêlée du Racing riposta, Maxime Machenaud prit un intervalle et Wame Naituvi permit aux siens de recoller (27-27, 61e). Tout Clermont crut avoir marqué un essai casquette, né d'un malentendu entre Spring et Auguste Albuisson sous un ballon haut mais l'essai de Jurand fut annulé pour un en-avant dans l'en-but.
La bronca passée, les Clermontois continuèrent de bivouaquer dans les 22 du Racing et finirent par marquer sur un ballon porté (34-27, 67e). Toujours en réaction, le Racing se rapprocha grâce à une pénalité d'Ugo Seunes à laquelle répondit Plummer (37-30). À chaque erreur, un Clermontois trouva le moyen de rattraper le coup, en volant une touche ou en grattant un ballon. Et jamais plus le Racing ne fut en mesure de revenir.
Le même Habosi fut ensuite coffré au sol. La pénalité d'Harry Plummer heurta le poteau mais alors qu'ils pensaient avoir sécurisé ce ballon, les Racingmen subirent un drôle de contre-ruck qui entraîna une mêlée et l'essai en force de Pita-Gus Sowakula (14-6, 17e). Au rythme d'un essai par venue dans les 22, les Clermontois se préparaient une après-midi de qualité. Un franchissement clair et net de Joris Jurand n'occasionna pas d'essai (il fut refusé) mais tout de même trois points de plus (17-6).










