Question de philo (le bac approchant) : la ferveur doit-elle avoir une "utilité" ?
La ferveur, le support (du supporter), c'est avant tout un soutien que l'on manifeste, une appartenance que l'on revendique, une identité (particulièrement pour l'ASM) dont on est fier. A mon sens, elle est forcément "utile" puisqu'elle joue le rôle de XVIe homme, particulièrement dans le rugby, et particulièrement à l'ASM, sans quoi, je doute que nous ayons un tel record d'invincibilité au Michelin.
Personnellement, je porte les couleurs de mon équipe (et de ma région) d'une manière ou d'une autre (casquette ou t-shirt le plus souvent) dès que je suis en week end. Hier, je n'ai pas dérogé à la règle. Bien sûr, j'aurais préféré le faire dans la victoire, mais la victoire ou la défaite ne décide pas de mon attachement à mon club. Résultat, j'ai eu droit à 2 messages de sympathie, d'un clermontois expatrié lui aussi ("c'est dur de porter les couleurs ce matin, hein..."), et d'un monsieur, anonyme, qui me dit "désolé pour vous hier".
Alors bien sûr, ça ne change pas le résultat, mais ça fait quand même un peu chaud au coeur. Pas tellement pour moi, mais pour l'équipe.
Moyennement quoi, ne vous méprenez pas, je ne me complais pas dans la défaite, a fortiori quand elle est récurrence, et il faut ABSOLUMENT comprendre pourquoi sur 11 finales jouées (sauf erreur de ma part), on en a perdu 10... Ca ne peut pas être qu'une question de "bol", car sinon, les coups de dés seraient un coup en notre défaveur et un coup en notre faveur et nous rapprocheraient d'un ratio de 1/2 voire même de 1/3 (on s'en contenterait). Le ST en 33 finales (France + Hcup) a vaincu 23 fois (soit 69% de réussite). BO : 11 finales, 6 succes (soit 54%). Ou alors on a une scoumoune incompatible avec les lois de l'univers...
Je n'ai bien évidemment pas la réponse et le fait de supporter n'exclut absolument pas de se poser les bonnes questions.
Pour autant, nous ne sommes QUE des supporters. Pour paraphraser Laporte, ce n'est pas nous qui poussons en mélée, qui sautons en touche, qui plaquons. Notre rôle, c'est d'aimer l'ASM et de le montrer. A chacun de faire son examen de conscience, en toute liberté, pour savoir si c'est encore possible après la défaite de samedi.
Car s'il est sûr qu'un public aussi bon soit-il ne fait pas forcément gagner son équipe, l'absence de public peut la faire perdre. Imaginez les travées de la Beaujoire, avec une poignée de supporter jaunes et bleus... Au contraire, voir que leur public est encore derrière ne peut qu'apporter une rage supplémentaire pour nous offrir le bouclier.
Ce n'est donc à mon sens pas le moment de "lâcher", surtout pas pour un titre de champion de France, qui auraient fait notre bonheur, il y a peu (avant 2010 et depuis). On ne peut saliver devant les 19 titres du ST et se contenter d'un seul Brennus.
Que l'équipe en soit intrinsèquement, physiquement, mentalement capable, est un autre débat... 