il n'est pas inutile de citer certains passages de cette déclaration!
fréquence et indifférence à l'égard des commotions cérébrales
Shontayne Hape était resté silencieux sur son état de santé. Mais il a livré un témoignage édifiant dans les colonnes du New Zeland Herald ce week-end. Un billet d'humeur au titre plutôt évocateur: "Mon combat contre les commotions cérébrales".
en février 2013, le centre international anglais de Montpellier (33 ans, 13 sélections) a été contraint de mettre un terme à sa saison, la faute à la répétition de ces fameuses commotions cérébrales.
Avant de prendre la décision de raccrocher les crampons, Shontayne Hape avoue avoir connu "une vingtaine de commotions cérébrales dans (sa) carrière". Ces fameux K.O, au cœur des débats depuis quelques temps dans le rugby, seraient malheureusement assez répandus.
Je ne me souviens pas d'un seul des gars avec qui j’ai joué à qui cela n’est pas arrivé. Cela vous arrive et vous continuez de jouer. C’est la nature de ce sport. Ça vous endurcit. J’ai grandi comme ça".
Lorsque vous venez d’arriver dans un nouveau club( MHRC) et que vous êtes international, vous devez impressionner. C’était le plus gros contrat de ma carrière donc j’étais sous pression. J’ai joué la semaine suivante et j’ai subi une nouvelle commotion. Cette fois, j’ai été vraiment inquiet […] Par la suite, j’évitais d’aller dans les rucks car j’étais terrifié d’être KO encore
Un peu désabusé par le manque de considération apporté aux joueurs de rugby par les entraîneurs et dirigeants, le centre anglais n'est pas tendre avec ceux-ci. "En France, on te dit: 'ok, tu vas te reposer durant une semaine et ça ira'. Il y avait sans cesse de la pression de la part des coaches. La plupart des entraîneurs ne se soucient pas de ce qui va se passer plus tard dans ta vie. C’est à propos d’ici et maintenant".
"Les joueurs sont juste des morceaux de viande. Quand la viande est trop vieille ou passée, les clubs en achètent d’autres"
les effets des commotions cérébrales
Mais avec les effets des commotions cérébrales, je ne pouvais plus supporter d’écouter de la musique. Le son était trop fort. La lumière du soleil également était un problème. J’ai dû rester plusieurs jours dans le noir chez moi. Je devais rester au calme et je ne supportais pas mes trois jeunes enfants. J’étais sans cesse en colère contre eux. Ma relation avec ma femme Liana a souffert.
"Aujourd’hui, je me souviens de ce qui s’est passé il y a longtemps mais pas ce qui est arrivé hier, les noms, les numéros et tout un tas de trucs que j’oublie constamment"Les choses allaient tellement mal pour moi que je ne souvenais plus de mon code. Ma carte de crédit a été avalée deux fois"..J’ai la capacité de concentration d’un jeune enfant.Le plus grand de mes fils peut s’assoir à table et bosser durant des heures. Une demi-heure, c’est tout pour moi