"Je n'ai pas trop eu le choix" : Etienne Falgoux regrette sa non prolongation à l'ASM Clermont et veut poursuivre sa carrière
Enfin débarrassé de ses problèmes de cheville, Étienne Falgoux entend profiter au maximum de ses derniers mois sous les couleurs de l’ASM, car le club a décidé de ne pas le conserver au-delà de cette saison. S’il regrette cette issue, le pilier de 33 ans reste motivé à l’idée de poursuivre sa carrière. Entretien.
Il s’imaginait un destin à la « Roro ». Lui, l’enfant du pays qui n’avait jusqu’alors porté les couleurs que d’un seul club professionnel, celles de l’ASM. Mais à 33 ans, Étienne Falgoux a finalement été invité par Clermont à se dessiner un nouvel avenir. S’il n’a pas vraiment eu voix au chapitre, le voilà désormais à la recherche d’un nouveau projet. Car l’heure de la retraite n’a pas encore sonné pour le Bessard.
On ne vous a plus revu en compétition depuis votre blessure à la cheville, le 10 janvier, lors de la réception de Glasgow. Comment allez-vous ?
Ça va mieux. J’ai repris l’entraînement collectif la semaine avant Bayonne. L’équipe tournait bien, puis on avait des vacances derrière donc la vraie reprise se fera réellement ce mercredi pour moi. Je suis désormais à 100 % de mes capacités.
En raison des blessures, (il s’était blessé à cette même cheville gauche, fin novembre, à Lyon, ndlr) vous avez du mal à enchaîner (4 titularisations en 10 matchs disputés). Comment vivez-vous cette saison ?
Il faut rester professionnel. La blessure fait malheureusement partie du jeu. Le début de saison s’est plutôt bien passé, je me sentais bien jusqu’à la fin du premier bloc. Mais cette blessure à Lyon, puis la rechute derrière ont fait que le deuxième bloc a vite été cuit pour moi. Se blesser n’est jamais agréable, mais en plus dans ma situation, le timing a fait que c’était assez délicat à encaisser. Je ne m’étais pas fait une cheville en dix ans et ça arrive deux fois en trois mois cette année…
Vous arrivez en fin de contrat à l’ASM à l’issue de la saison. Vous ne prolongerez pas. Quelle était votre position sur le sujet ?
Je n’ai pas eu trop le choix, donc je ne me pose pas vraiment la question. Fin octobre, on m’a dit que je ne serai pas prolongé pour différentes raisons. Quand on n’a pas le choix, qu’on n’a pas les cartes en main, ça ne sert à rien de se “récurer la marmite” pour essayer de changer les choses. C’était acté.
Vous vous étiez imaginé comme le joueur d’un seul club ?
Forcément que l’idée m’a traversé la tête. Je ne peux pas dire le contraire. C’est sûr que ça aurait été quelque chose de beau, d’assez rare dans notre milieu. Mais je respecte la décision du club, l’institution passe avant tout. Il y a un paquet de mecs qui sont passés avant moi et qui passeront après. Ça fait partie de la vie d’un club et d’un joueur. Il faut savoir l’accepter.
Quelles raisons vous a donné le club pour ne pas vous proposer de nouveau contrat ?
On m’a donné plusieurs justifications. La première, c’est que le club voulait procéder à un étalement des générations sur le poste de pilier gauche. On m’a aussi dit que la masse salariale était limitée, que la concurrence était de plus en plus accrue et que j’étais le seul en fin de contrat.
"Puis, ma relation avec Christophe (Urios) s’est aussi un peu dégradée ces derniers temps donc je pense que cela a aussi pesé dans la balance."
Vous avez été surpris par cette annonce ou l’aviez-vous senti venir ?
Ça fait bien un an, un an et demi que je le sentais venir. Je suis passé de vice-capitaine à ne plus avoir aucun rôle de leader au sein des différents groupes constitués en lien avec le staff. Je voyais bien que quelque chose était en train de changer. Donc non, ça ne m’a pas surpris.
C’est dur à accepter ce « déclassement » ?
C’est dur, oui et non. Je reste quand même actif dans le vestiaire, je ne me mets pas à l’écart. Mais oui, c’est une déception de ne plus faire partie de ces réunions de leaders. C’est vrai que je n’ai pas trop compris cette mise à l’écart. Mais ce n’est pas de mon ressort, donc il faut faire avec.
Bio express :
A 33 ans, Etienne Falgoux n’a connu qu’un seul club : l’ASM. Le Bessard, qui a débuté avec les pros lors de l’exercice 2013-2014, vit actuellement sa 13e saison à Clermont avec qui il a disputé 212 matchs. Champion de France en 2017, le pilier gauche a aussi décroché la Challenge Cup en 2019. Il a également à son actif 3 sélections en équipe de France.
Quels sont vos objectifs personnels d’ici à la fin de saison ?
Pour moi, l’idée, c’est d’essayer de terminer le mieux possible. En beauté (avec un titre, ndlr), ce serait incroyable. Terminer comme j’ai démarré (*) serait aussi une belle récompense. Je prendrai ce qu’il y a à prendre, j’ai conscience que le groupe tourne bien, mais je veux me donner à 100 % pour faire partie de cette équipe.
« Je souhaite encore poursuivre ma carrière de joueur »
À 33 ans, quelle est la suite pour vous ?
Je souhaite encore poursuivre ma carrière de joueur pour encore au moins deux saisons. Après, ce seront la tête et le corps qui décideront, mais pour l’instant je n’ai pas envie que ça s’arrête. J’étudie actuellement plusieurs pistes de travail, mais pour l’instant, rien n’est fixé.
Quel genre de projet recherchez-vous ? Top 14, Pro D2, à l’étranger comme Rabah Slimani ?
Les trois options sont ouvertes.
Et votre après carrière, vous y pensez déjà vous qui êtes titulaire d’une licence d’Histoire ?
Je ne pense pas avoir les capacités de reprendre l’Histoire (rires). Mais j’essaie de préparer la suite oui, même s’il va falloir que je me forme. Pour l’instant, je n’ai rien arrêté. Pourquoi pas rester dans le rugby, mais pas dans l’entraînement, plutôt dans la gestion de club. Ou alors, tout autre chose, me lancer dans la restauration.
(*) Si Etienne Falgoux a débuté en professionnel lors de la saison 2013-2014, il considère que sa première saison pleine est celle du titre en 2016-2017.