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https://www.lefigaro...l-2023-20260423
Posté 23 avril 2026 - 16:29
Chabal n'est pas aussi dans le bourbier ?
Posté 23 avril 2026 - 16:34
Chabal n'est pas aussi dans le bourbier ?
lui c’était du braconnage, pas du pillage
Ambassadeur bénévole auprès du GIP, Sébastien Chabal avait pu acquérir 238 places pour la Coupe du monde 2023, « en violation des conditions générales de vente » et grâce à l'intervention de Claude Atcher, selon le Parquet national financier. Mais ce dernier n'envisage pas de poursuivre l'ancien international français.
Posté 23 avril 2026 - 16:41
lui c’était du braconnage, pas du pillage
Ambassadeur bénévole auprès du GIP, Sébastien Chabal avait pu acquérir 238 places pour la Coupe du monde 2023, « en violation des conditions générales de vente » et grâce à l'intervention de Claude Atcher, selon le Parquet national financier. Mais ce dernier n'envisage pas de poursuivre l'ancien international français.
En Corrèze, ils crèvent des pneus pour moins que ça.
Posté 23 avril 2026 - 16:58
lui c’était du braconnage, pas du pillage
Ambassadeur bénévole auprès du GIP, Sébastien Chabal avait pu acquérir 238 places pour la Coupe du monde 2023, « en violation des conditions générales de vente » et grâce à l'intervention de Claude Atcher, selon le Parquet national financier. Mais ce dernier n'envisage pas de poursuivre l'ancien international français.
Alors ça, c'est un truc extraordinaire dans ce pays:
_ 1: tu établis des règles
_ 2: tu paies (cher) des mecs pour les contrôler et les faire appliquer
_ 3: tu choppes un mec en train de tricher
_ 4: tu n'envisages pas de le poursuivre
va f'enc
, je vais faire pareil moi aussi alors...
Posté 23 avril 2026 - 20:59
C'est une note de 134 pages. Dans ce document, le Parquet national financier (PNF) récapitule les investigations menées dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte en octobre 2022 (après un signalement de l'Inspection générale des finances) et confiée à la Section de recherches de Paris, avant d'énoncer son analyse du dossier.
Cette dernière est particulièrement sévère pour Claude Atcher, ancien directeur général du comité d'organisation de la Coupe du monde 2023 (GIP), révoqué en octobre 2022 pour faute grave en raison de méthodes managériales jugées toxiques, une faute qu'il conteste (*).
Le PNF envisage de poursuivre M. Atcher (70 ans) pour favoritisme, prise illégale d'intérêts et corruption, des soupçons d'infractions financières qu'on peut compartimenter en deux volets : la billetterie et les fameuses 733 places acquises par son ami Henri Mioch d'un côté, et d'un autre (à lire vendredi la deuxième partie de notre enquête) la dizaine de marchés sur lesquels la gendarmerie a enquêté. Des poursuites pour corruption et recel de prise illégale d'intérêts sont envisagées contre Mioch.
Contacté, M. Mioch n'a pas donné suite. L'avocat de M. Atcher, Me Moyne, indique que son client « rejette avec la plus grande fermeté l'intégralité des mises en cause formulées à son endroit. Aucune des accusations portées ne résiste à l'examen des faits, des documents et du contexte décisionnel de l'organisation de la Coupe du monde. » Les deux mis en cause restent présumés innocents et vont pouvoir répondre point par point aux accusations du parquet, avant que celui-ci ne décide d'engager d'éventuelles poursuites.
« Lis la convention constitutive (du GIP), j'ai tous les pouvoirs »
Claude Atcher à Bernard Laporte
Ce dossier, c'est avant tout celui d'un « je » de pouvoir et d'un homme qui en avait trop. C'est Bernard Laporte, au cours de son audition par les inspecteurs généraux, qui le dit. L'ancien président de la Fédération française de rugby (FFR), soutien de la dernière heure d'Atcher, se souvenait de ce dernier lui répondant : « Lis la convention constitutive (du GIP), j'ai tous les pouvoirs. »
Laporte poursuivait : « C'est Jean Castex (alors délégué interministériel aux grands événements sportifs) qui a fait la convention constitutive dans laquelle M. Atcher a autant de pouvoir. L'amitié entre eux deux n'a pas été bonne. Je pense que ça a desservi M. Atcher, ça lui a donné un sentiment d'impunité. »
Contrôleuse économique et financier de l'État au sein du GIP, Sophie Morin s'est quant à elle remémoré auprès des enquêteurs, selon différentes sources, une réunion au cours de laquelle M. Atcher aurait déclaré qu'il n'avait « pas de comptes à rendre et que son boulot n'était pas de faire du reporting sur des questions à la con pour nourrir les fonctionnaires », qu'il n'hésiterait pas à remonter plus haut si les services de l'État continuaient à lui casser les pieds.
En s'intéressant à ces 733 billets pour la Coupe du monde 2023 que Mioch (71 ans), ancien joueur du grand Béziers, a pu acheter, le PNF semble avoir acquis la conviction que cette transaction se serait opérée en violation des conditions générales de vente et en présence de liens d'argent entre Atcher et Mioch.
À l'ouverture de la vente grand public, il était précisé qu'elle fonctionnait sur le principe du « premier arrivé-premier servi », avec une limite maximale de six billets par personne pour empêcher la concentration de places entre les mains de quelques acheteurs.
D'après les investigations, ces centaines de places n'auraient jamais pu être cédées à Mioch sans l'entremise d'Atcher, décrit comme un donneur d'ordres placé en tout début de chaîne. À l'appui de cette thèse, le PNF avance, entre autres, des éléments tirés d'écoutes téléphoniques ; celles par exemple de Marie Houzot, cheffe de cabinet de M. Atcher au GIP.
À un proche, selon plusieurs sources, elle a évoqué le problème des 733 places en ces termes : « Claude dit que ce n'est pas lui, que c'est le type de la billetterie. » Mais le type de la billetterie (Matthieu Blondeaut, responsable de ce département au GIP), il n'aurait jamais agi sans l'ordre de Claude, c'est inenvisageable. »
Visionnaire, Bernard Laporte aurait prévenu Atcher et Mioch qu'ils étaient sur écoute, les exhortant à cesser de se parler par téléphone « comme des amateurs, comme s'ils avaient 15 ans ». Cette prudence n'aurait pas empêché l'ancien président de la FFR de livrer auprès de Mioch le fond de sa pensée au sujet des 733 billets, considérant que « Claude a déconné, qu'il n'aurait jamais dû accepter ça, que c'est une folie », que le responsable de la billetterie n'aurait jamais pris cette initiative sans l'aval d'Atcher.
Au téléphone, toujours, Mioch a lui-même confié à un de ses enfants qu'il n'avait pas le droit de faire ça (acquérir toutes ces places), qu'il a « fait le con » mais qu'il ne comptait pas faire de « business avec ces places », que « c'était pour les revendre et faire ainsi plaisir à des amis ou à mes clients ».
Aux gendarmes, Mioch a aussi précisé qu'il n'aurait jamais dû acheter ces 733 places avec l'argent de sa société Harlequin's, spécialisée dans l'événementiel et la commercialisation d'hospitalités, en utilisant une quinzaine de cartes bancaires différentes pour un montant total de près de 155 000 euros. Aux enquêteurs, Atcher a fait valoir qu'il n'avait jamais été informé du nombre de places achetées par son ami et qu'il avait toujours demandé à Blondeaut de se conformer aux règles de vente.
Pour sa part, M. Blondeaut indiquait « qu'il était difficile de dire non à son supérieur quand celui-ci vous transmettait une demande directe ». Selon plusieurs sources, il aurait précisé que c'est M. Atcher qui lui a parlé en premier de ce désir d'achat et qu'il est retourné le voir ensuite, étant donné le volume très inhabituel, pour savoir quoi faire.
Selon le PNF, les investigations établiraient l'existence de relations d'argent entre Atcher, via ses sociétés civiles immobilières (SCI), et Mioch, à travers sa société Harlequin's. Y a-t-il eu des contreparties financières à la possibilité offerte à M. Mioch d'accéder à ces centaines de places ?
Le PNF note des versements opérés par Harlequin's sur la période comprise entre mars 2021 et mars 2022, concomitante à l'acquisition des places par M. Mioch. À commencer par ce bail conclu entre Harlequin's et une SCI dont le couple Atcher est le bénéficiaire pour la location d'un appartement situé à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), en contrepartie d'un loyer mensuel de 2 000 euros.
L'exploitation de la boîte mail de M. Mioch et la découverte d'un tableau où apparaissait la mention « Loyer 1500+500 à Claude » semblent avoir éveillé la suspicion des enquêteurs. Lors de son audition, Mioch a réfuté l'idée qu'il ait pu s'agir d'une quelconque rétribution pour d'éventuels services rendus par Atcher.
Les enquêteurs auraient également trouvé trace de trois virements en provenance de Harlequin's au bénéfice de l'épouse de M. Atcher portant les mentions « IKEA » et « Factures AM » pour un montant supérieur à 5 000 euros, virements qui ne leur semblent pas justifiés.
La société de Mioch aurait accepté de prendre à sa charge des travaux de transformation de l'appartement de Saint-Denis, une avance qui devait ensuite être remboursée sous forme de loyers non réclamés. Mais selon l'enquête, subsisterait un reliquat de près de 3 000 euros défavorable à Harlequin's.
« Coucou mon petit Henri, tu trouveras en pièces jointes deux factures que tu dois régler »
Une autre location intéresse le PNF, celle de la villa que possède le couple Atcher à Générac (Gard), près de Nîmes. La société de Mioch l'aurait louée sur plusieurs périodes pour une somme totale de l'ordre de 9 000 euros, un montant qui serait très surévalué selon les enquêteurs. En se fiant aux données recueillies sur le site Abritel, sur lequel la villa était habituellement proposée à la location, ils estiment que le prix payé par M. Mioch a été plus que doublé.
Toujours plus curieux d'après eux, la société Harlequin's, qui n'a finalement jamais occupé les lieux, ne se serait pas acquittée des 9 000 euros prévus dans le contrat mais de 18 000 euros. « Je ne l'explique pas », aurait répondu Mioch aux gendarmes.
Les enquêteurs l'ont aussi interrogé sur les raisons pouvant justifier que sa société ait pris à sa charge plusieurs factures personnelles d'Atcher. « Je ne sais pas quoi vous répondre », aurait-il de nouveau déclaré. Parmi ces versements, plusieurs pourraient correspondre à des dépenses liées au mariage d'Atcher en 2019.
L'enquête fait référence à une facture d'un hôtel Ibis Styles à Paris pour des chambres réservées à des convives, à une autre facture émise à une société de VTC devant assurer la prise en charge d'invités se rendant au mariage et à deux factures émises par le restaurant parisien Le Boudoir.
Concernant ces frais de bouche, le PNF se réfère à une conversation interceptée entre Houzot et Atcher. Ayant compris que ces factures semblaient turlupiner les gendarmes, le « DG » serait venu aux renseignements auprès de sa cheffe de cabinet qui lui aurait répondu : « Ça y est, j'ai retrouvé le mail. (Elle le lit à Atcher.) "Coucou mon petit Henri, tu trouveras en pièces jointes deux factures que tu dois régler." Ça, c'est pour ton mariage, je suis sûre. Et tu vois j'avais demandé à Henri de payer. »
À cette évocation, Atcher aurait affirmé aux enquêteurs que ces paiements correspondaient à son cadeau de mariage. Informé de ces déclarations, Mioch se serait rangé à cette justification, tout en concédant qu'il n'aurait jamais dû payer tout cela avec la société Harlequin's.
Dans le dossier des 733 billets, le PNF envisage de poursuivre M. Atcher - agissant à l'époque des faits comme une personne chargée d'une mission de service public - pour corruption passive et prise illégale d'intérêts et M. Mioch pour corruption active et prise illégale d'intérêts.
« Aucune des réponses apportées par M. Atcher lors de ses auditions n'a été sérieusement prise en compte, affirme son avocat. Ce constat interroge gravement le caractère contradictoire et équilibré de l'enquête conduite. Dans le cadre du débat contradictoire qui s'ouvre, M. Atcher produira une réponse détaillée, complète et étayée, sur chacun des sujets soulevés. Il démontrera, pièces à l'appui, l'inanité des reproches formulés et la rigueur des processus de décision mis en oeuvre. »
In fine, si le projet derrière l'achat de ces 733 places était d'en faire commerce dans le cadre « d'hospitalités sauvages », le déclenchement de l'enquête l'aura annihilé. Mioch a toujours maintenu qu'il avait acheté ces places « pour rendre service à des proches, à des fans de rugby ». Ce à quoi les enquêteurs lui auraient fait remarquer que dans un échange de mails avec un client, sa collaboratrice proposait de lui vendre une place pour France-Namibie avec une marge de près de 50 %. Aux enquêteurs, Mioch indiquait ne pas savoir pourquoi elle avait proposé ce prix à ce client.
Ambassadeur bénévole auprès du GIP, l'ancien international français Sébastien Chabal (48 ans, 62 sélections) avait pu acquérir 238 places pour la Coupe du monde 2023, « en violation des conditions générales de vente et grâce à l'intervention de Claude Atcher auprès de Matthieu Blondeaut (responsable du service billetterie) », conclut le Parquet national financier d'après plusieurs sources.
Les investigations n'auraient pas établi l'existence d'un pacte de corruption entre Claude Atcher et Sébastien Chabal, ni l'existence d'un intérêt pris ou reçu par Claude Atcher dans cette opération. En conséquence, concernant ces faits, aucune poursuite n'est envisagée.
Posté 23 avril 2026 - 22:12
Je ne suis pas un juriste, mais je ne pense pas que ça fasse partie des attributions du PNF, le genre de malversations de Chabal.Alors ça, c'est un truc extraordinaire dans ce pays:
_ 1: tu établis des règles
_ 2: tu paies (cher) des mecs pour les contrôler et les faire appliquer
_ 3: tu choppes un mec en train de tricher
_ 4: tu n'envisages pas de le poursuivre
va f'enc, je vais faire pareil moi aussi alors...
Posté hier, 06:12
C'est une journée qu'attendaient avec impatience Jalil et Valérie Narjissi. Six cent vingt-cinq jours après la disparition tragique de leur fils Medhi, le 7 août 2024, alors qu'il participait à une séance de récupération en mer avec l'équipe de France des moins de 18 ans à Dias Beach, une plage réputée dangereuse d'Afrique du Sud, la Fédération française de rugby est convoquée devant la justice ce vendredi.
Son président Florian Grill, déjà entendu en octobre 2024 par la police, se rendra au tribunal d'Agen dans l'après-midi. Dans quel état d'esprit se trouve-t-il et que compte-t-il exactement répondre ? Contacté cette semaine, il n'a pas souhaité s'exprimer. Pas plus que Mathias Chichportich, l'avocat de la FFR. « Nous voulons réserver nos déclarations à la justice », nous a fait savoir ce dernier avant l'audition, dont la durée dépendra du nombre de questions de la juge d'instruction Agnès Navarro, qui a repris en main le dossier mi-octobre (son prédécesseur, Serge Rey, étant parti à la retraite).
« Cette audition est la suite logique de l'enquête judiciaire. C'est le devoir de la fédération d'apporter les explications nécessaires à cette enquête »
Mathias Chichportich, avocat de la FFR
Le président de l'institution fédérale, ès qualités, pourrait alors être mis en examen à moins qu'un statut de témoin assisté ne soit privilégié. « Il faut préciser que monsieur Grill ne peut pas être mis en examen à l'issue de cette audition, indiquait maître Chichportich dans nos colonnes le mois dernier. Seule la personne morale peut l'être. (...) Cette audition est la suite logique de l'enquête judiciaire. C'est le devoir de la fédération d'apporter les explications nécessaires à cette enquête. Il n'y a pas d'inquiétude de notre côté, il y a simplement ce devoir à honorer. »
Pour l'heure, seuls Robin Ladauge, ex-préparateur physique des U18, et Stéphane Cambos, manager des jeunes Bleus au moment des faits, ont été mis en examen au printemps dernier pour homicide involontaire. Insuffisant selon la famille Narjissi, qui n'a cessé de pointer du doigt les responsabilités supposées du patron de la FFR, élu plus d'un an avant la disparition du jeune demi de mêlée du Stade Toulousain alors âgé de 17 ans.
« À certains moments, elle (la fédération) a même été nulle, négligente vis-à-vis des mineurs »
Édouard Martial, avocat de la famille Narjissi
« Cette journée est une date importante pour les Narjissi, mais qui ne va malheureusement pas changer leur parcours de vie, les pleurs, les cauchemars, les traitements et leur tristesse indicible, souligne leur avocat Édouard Martial. Dès lors que le président de la fédération sera mis en examen, car je ne peux pas imaginer que ça ne soit pas le cas, ce sera la consécration de ce que la famille Narjissi tenait depuis le début, à savoir que la fédération a été plus que défaillante dans cette affaire. À certains moments, elle a même été nulle, négligente vis-à-vis des mineurs. Et je ne parle pas de son attitude vis-à-vis des parents qu'elle a laissés pratiquement à l'abandon dès le moment où ils quittaient l'Afrique du Sud pour revenir en France. La faute des uns et des autres, dont celle de la fédé, peut cette fois être totalement consacrée. »
Posté hier, 08:23
Achter Laporte des pourritures de première.
Comment peut-on mettre en place aux responsabilités des ordures pareilles ?
Des raclures de balais à chiottes
Posté hier, 08:39
Achter Laporte des pourritures de première.
Comment peut-on mettre en place aux responsabilités des ordures pareilles ?
Des raclures de balais à chiottes
Le plus étonnant dans l'article, c'est que Laporte passe pour un Monsieur Propre.
Posté hier, 08:45
Le plus étonnant dans l'article, c'est que Laporte passe pour un Monsieur Propre.
Et il tire sur son pote Achter
Ces types là sont des grosses merdes sans vergognes
Posté hier, 12:09
Je ne suis pas un juriste, mais je ne pense pas que ça fasse partie des attributions du PNF, le genre de malversations de Chabal.
Oui je pense que t'as raison, mais l'éthique en prend un coup quand même. Et puis pour que la transaction se fasse, à mendonné, il a bien fallu saisir "un code promo" donné par un haut responsable du bazar. Si toi t'essaie de réserver ne serait ce que 20 billets, tu te fais refouler direct. Si t'en passes 238, tu peux imaginer qu'il pourrait y avoir des contreparties derrière. Atcher n'est pas du genre à donner sans rien en retour.
Posté hier, 17:03
Qq pourrait il partager le papier de l’équipe de ce jour sur « WC2023 - un système de marché truqué dévoilé ? »
Merci
Posté aujourd'hui, 08:45
L'affaire de la disparition en mer de Medhi Narjissi a pris un tournant déterminant et particulièrement symbolique ce vendredi après-midi. La Fédération française de rugby a en effet été mise en examen en tant que personne morale dans le cadre de l'information judiciaire sur la disparition tragique du jeune joueur toulousain, le 7 août 2024, alors qu'il participait à une séance de récupération dans l'eau avec l'équipe de France U18, en Afrique du Sud, sur une plage connue pour sa dangerosité.
Entendu par la juge d'instruction en charge du dossier durant quatre heures, Florian Grill, le président de l'instance fédérale, qui avait choisi de se rendre en personne à Agen, n'a pas convaincu Agnès Navarro de placer sous le statut de témoin assisté la FFR. Cette dernière avait déjà été épinglée dans le rapport d'enquête du ministère des Sports pour ses nombreuses défaillances.
Mais l'actuelle gouvernance a toujours affirmé que celles-ci étaient dues aux errements et à l'héritage de la précédente équipe fédérale. Les arguments de Grill, qui avait déjà été entendu en octobre 2024 par la police d'Agen, n'ont manifestement pas été entendus. Pointé du doigt depuis de nombreux mois par la famille Narjissi, Grill a été élu le 14 juin 2023, soit plus d'un an avant la disparition du jeune joueur du Stade Toulousain, alors âgé de 17 ans.
« La responsabilité pénale de la FFR ne peut pas être engagée »
Mathias Chichportich, l'avocat de la Fédération
Comme indiqué par le procureur de la République, la Fédération française de rugby a été mise en examen pour avoir « involontairement causé la mort de Medhi Narjissi » par « maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement (...) ». Contacté par L'Équipe, Grill n'a pas souhaité s'exprimer. « Il s'agit d'une étape intermédiaire de la procédure qui ne constitue en aucun cas une déclaration de culpabilité, a indiqué de son côté Mathias Chichportich, l'avocat de la Fédération, par communiqué. Ce drame continue de bouleverser le monde du rugby. La décision d'avoir organisé un bain de récupération dans un lieu dangereux pour la baignade est une faute grave, mais elle n'est en rien imputable à la Fédération. Elle est d'autant plus incompréhensible qu'elle n'a été ni prévue, ni autorisée, ni validée. S'il est légitime que la souffrance de la famille Narjissi la conduise à cristalliser sa colère contre l'institution, la responsabilité pénale de la FFR ne peut pas être engagée (...) »
« Avec Florian Grill, ce n'est jamais de sa faute »
Edouard Martial, avocat de la famille
Joint dans la soirée, Edouard Martial, le conseil de la famille Narjissi, dit avoir été « choqué » par ce communiqué. « La famille Narjissi ne supportait plus les dérobades successives de monsieur Grill. À ce titre, cette mise en examen est une satisfaction. Mais on a reçu ce communiqué qui dit encore une fois que ni lui ni la Fédération ne sont responsables de quoi que ce soit. Voilà une dérobade de plus. Mais il y en a eu une autre cet après-midi absolument extraordinaire quand monsieur Grill a quitté le palais de justice par une porte dérobée pour ne pas avoir à répondre aux questions de la presse et pour rejoindre son chauffeur dans une rue éloignée. Avec Florian Grill, ce n'est jamais de sa faute. Il a déjà dit que c'était celle de l'ancienne gouvernance de la Fédération. Il a été élu quand ? En 2023. Avant Medhi, il y avait déjà eu une noyade à Wallis et Futuna (en mai 2024, lors d'un stage de rugby). Mais il n'en a tiré aucune leçon. Il fait comme si rien n'avait existé. »
Peut-il désormais être mis en examen à titre personnel ? « On voudrait qu'il le soit, répond l'avocat, mais c'est difficile juridiquement de le raccrocher à lui à titre personnel. On aimerait aussi que la justice s'intéresse aux autres encadrants. Ces gens qui sont sur la plage, qui sont, nous dit-on, des sportifs accomplis et qui regardent le spectacle de deux gamins en train de se battre contre l'océan. »
Dans ce dossier, deux hommes ont déjà été mis en examen, au printemps dernier, pour homicide involontaire : Robin Ladauge, le préparateur physique qui a pris l'initiative de la séance de récupération qui a tourné au drame, ainsi que Stéphane Cambos, le manager de l'équipe de France U18. Le premier a été révoqué de la fonction publique en août 2025 et le second a été suspendu pour deux ans dont un an ferme. Les deux hommes ainsi que la Fédération française de rugby en tant que personne morale sont présumés innocents.
Posté aujourd'hui, 09:05
Dans un article intitulé « Atcher, son fils et son chauffeur », nous révélions le 12 juillet 2022 l'existence d'un contrat au nom du GIP ne portant pas la signature de Claude Atcher. Au 24 de la rue Saint-Victor, au coeur de Paris où battait celui du comité d'organisation de la Coupe du monde 2023, aucune délégation de pouvoir ou de signature n'était d'habitude accordée. Nous avons déjà raconté ce monde fait de craintes enfouies, ce monde où le « DG » décidait de tout, tamponnait tout.
Pourtant, en bas du contrat entre le GIP et la société Be On Coaching figurait la signature de Jacques Rivoal, le président pourtant très peu exécutif du GIP. Pas celle de Claude Atcher qui avait jugé opportun de se déporter à l'heure de sceller la passation d'un marché avec une société qui embauchait son fils Baptiste, ancien combattant professionnel de MMA, comme prestataire identifié dans le dossier de candidature.
Be On Coaching avait su ne pas passer à côté d'un appel d'offres particulièrement furtif, consultable uniquement sur le site internet de France 2023. Conséquence, Be On Coaching fut le seul candidat à soumissionner pour assurer l'animation d'ateliers de développement personnel, de renforcement musculaire et d'éducation à la nutrition prodigués aux apprentis assistants des directeurs de site de France 2023.
Autre détail d'importance : le prix de ce marché. Juste en deçà du seuil des 90 000 euros, permettant à la direction du GIP de ne pas déclarer cet appel d'offres au Bulletin officiel des annonces de marchés publics (BOAMP), ce qui aurait mécaniquement augmenté sa diffusion et donc les potentielles candidatures. En général, les radars des contrôleurs financiers vibrent et clignotent quand ils détectent des marchés publics clôturés à 89 000 euros.
« Marché de complaisance » selon les inspecteurs généraux des finances, ce partenariat est qualifié, selon plusieurs sources, de « simulacre de marché respectant les règles de la commande publique » par le Parquet national financier (PNF) dans une note de synthèse ouverte au contradictoire pour les mis en cause. Cette note a été rédigée après la clôture de l'enquête préliminaire menée depuis octobre 2022 par la Section de recherches de Paris à la suite d'un signalement de l'Inspection générale des finances.
Les investigations ont permis d'exhumer un mail de mars 2021, par lequel Baptiste Atcher adresse à son père le descriptif d'une proposition d'intervention pour des prestations de formation, accompagné d'un devis. Claude Atcher aurait transmis ce mail à Benoit Rover, alors responsable financier du programme Campus 2023, avec ce message : « On valide ? » En décembre 2021, environ deux semaines avant le lancement de l'appel d'offres, Baptiste Atcher aurait envoyé un calendrier des interventions à son père, à M. Rover ainsi qu'à la société Be On Coaching.
Selon le PNF, une retranscription d'écoute téléphonique entre Benoît Rover et son épouse, renforcerait la thèse d'un marché arrangé, l'ex-bras droit d'Atcher assurant que ce marché avait été mis en place « à la demande d'Atcher, spécialement pour son fils ». Auditionné par les gendarmes, M. Rover aurait confirmé que le but de ce marché consistait à faire travailler le fils Atcher.
Les enquêteurs estiment que le montant de ce marché, fixé à 89 000 euros hors taxes, aurait été choisi à dessein, pour que cette société soit la seule à déposer une offre, malgré la nature fortement concurrentielle de ce secteur. Ils reprocheraient à Claude Atcher d'être intervenu dans le cadre de la préparation de l'offre, en transmettant à M. Rover une proposition technique et financière avant le lancement de la consultation dans l'idée qu'il finalise la préparation d'un marché sur mesure.
S'agissant du calendrier d'interventions envoyé avant l'ouverture du marché, Baptiste Atcher aurait indiqué aux enquêteurs qu'il n'était question que d'une simple proposition. Son père aurait assuré qu'il n'avait pas vu ce mail. Devant les gendarmes, Frédéric Ourabah, patron de Be On Coaching et vieille connaissance de Claude Atcher du temps du club de Marseille, aurait déclaré qu'il avait compris que ce marché « lui était acquis ». Le PNF envisage des poursuites pour favoritisme contre Jacques Rivoal, signataire du contrat, pour complicité de favoritisme à l'encontre de Claude et Baptiste Atcher, ainsi que Benoît Rover, et enfin de recel de favoritisme contre M. Ourabah.
L'avocat de Claude Atcher, Me Moyne, nous fait savoir que son client « rejette avec la plus grande fermeté l'intégralité des mises en cause formulées à son endroit. Il réaffirme sans ambiguïté que les décisions prises dans le cadre du choix des acteurs de la Coupe du monde n'ont poursuivi qu'un seul et unique objectif : assurer la gestion professionnelle du projet et garantir la valeur ajoutée de chaque partenariat retenu pour la réussite de l'événement. Aucun autre intérêt - financier, personnel ou relationnel - n'a guidé ces décisions. Il s'étonne et déplore que des zones d'ombre soient demeurées hors du champ des investigations et contribuera activement à la manifestation de la vérité. » Contactés, MM. Rivoal, Ourabah et Baptiste Atcher n'ont pas souhaité donner suite.
Les enquêteurs pensent avoir débusqué une dizaine de marchés arrangés, truqués ou litigieux, correspondant à un volume minimum de 9 millions d'euros. Une vingtaine de personnes sont mises en cause et vont désormais pouvoir contre-argumenter dans le cadre du contradictoire ouvert par le PNF. Elles restent toutes présumées innocentes.
En prospectant sur le terrain du favoritisme, les investigations ont mis à jour une ligne de fracture très nette entre l'ancien « DG » et ceux qui étaient « ses » responsables financiers ou juridiques. Interrogés par les enquêteurs, ceux-là reconnaîtraient les trucages et les ententes préalables, admettraient avoir reçu et suivi des consignes de Claude Atcher, ce qui les expose de facto à de possibles poursuites pour complicité de favoritisme.
En retour, Claude Atcher les qualifierait de menteurs, voire de menteurs pathologiques. Le PNF envisage à son endroit des poursuites pour favoritisme, en plus de celles pour corruption et prise illégale d'intérêts dans l'affaire des 733 places acquises par son ami Henri Mioch.
Parmi les autres marchés visés, on retrouve celui passé entre le GIP et la société Protocole pour des prestations de conseils en stratégie de communication et une enveloppe de 420 000 euros. Selon différentes sources, l'enquête aurait mis en évidence des liens de proximité entre Claude Atcher et Xavier Couture, patron de cette société.
L'exploitation du téléphone portable de Marie Houzot, cheffe de cabinet du directeur général de l'époque, laisserait apparaître plusieurs rendez-vous juste avant le lancement de l'appel d'offres le 25 février 2020, et même un ce jour-là précisément. Autre élément suspect d'après les enquêteurs : Protocole évoquerait dans son dossier de candidature deux projets du GIP (Campus et la Mêlée des choeurs) qui n'étaient pas connus à l'extérieur.
Le 10 avril 2020, dans l'agenda de M. Atcher apparaîtrait la mention d'une réunion organisée par Xavier Couture dès le lendemain de celle de la commission d'appel d'offres, alors que la notification de la décision n'avait pas encore été reçue par l'entreprise attributaire et que le délai de onze jours pendant lequel les entreprises non retenues peuvent faire appel n'était pas écoulé. Selon le PNF, ces faits porteraient gravement atteinte au principe d'égalité de traitement des candidats.
Directrice déléguée aux affaires juridiques du GIP, Lydie Émeraud aurait confirmé aux gendarmes avoir reçu des consignes de Claude Atcher pour favoriser la société de Xavier Couture. Elle aurait reconnu avoir effectué une analyse des offres orientée, ce que Claude Atcher conteste. Aux enquêteurs, ce dernier aurait assuré avoir laissé les directions financière et juridique rédiger le rapport d'analyse des offres, se contentant ensuite de valider le classement plaçant Protocole en première position.
Selon les enquêteurs, ce marché serait d'autant plus suspicieux que la société Protocole « avait déjà été désignée attributaire en avril 2019, sans mise en concurrence alors que cela était obligatoire, d'un marché pour l'exécution des mêmes prestations ». D'après le PNF, la valeur de ce marché, chiffrée à 45 000 euros, imposait d'autant plus l'ouverture d'une mise en concurrence que le propre guide interne des achats du GIP fixait ce seuil à 10 000 euros.
« Je n'ai pas grand-chose à en dire, nous a fait savoir Xavier Couture. Je me suis conformé aux procédures. » Son avocat Jean-Marc Fédida ajoute : « L'analyse faite par le PNF m'apparaît téméraire. » Contactée, Mme Emeraud n'a pas donné suite.
« Il s'est entendu avec lui sur le prix »
Morgane Mombet, juriste au GIP, à propos d'une réunion entre Claude Atcher et Jérôme Papin
Selon différentes sources, les mêmes récriminations concernent un marché de contenus vidéo attribué pour une valeur maximale de 240 000 euros à l'agence 3E-3C. Là encore, l'enquête aurait révélé une certaine proximité entre M. Atcher et le directeur de l'agence Jérôme Papin, ainsi qu'une série de rendez-vous contemporains à la concession de ce marché. Aux yeux des enquêteurs, une réunion impliquant MM. Atcher et Papin poserait problème : celle du 16 novembre 2021, précédant la publication de l'appel d'offres ce même jour à 21 h 32.
Juriste au GIP, présidente de la commission d'appel d'offres, Morgane Mombet aurait déclaré en audition qu'elle était elle-même présente à cette réunion, « au cours de laquelle Claude Atcher a modifié le règlement de consultation avec Jérôme Papin pour qu'il corresponde à ce que celui-ci serait en mesure de fournir dans ce marché. Il s'est entendu avec lui sur le prix. »
Aux enquêteurs, M. Atcher aurait indiqué qu'il n'avait jamais demandé à modifier le cahier des charges afin d'avantager Jérôme Papin, et qu'il n'avait aucun intérêt à favoriser cette société. Entendu par la mission de l'Inspection générale, M. Papin a « confirmé avoir été présent à cette réunion et confirmé aussi une entente préalable entre lui et Claude Atcher sur la collaboration ». Contactés, ni M. Papin ni Mme Mombet n'ont donné suite.
Le cas du marché conclu avec la société Caméléon Conseil, d'une valeur de 89 000 euros (rebelote) pour l'élaboration d'une stratégie de formation professionnelle, ferait apparaître selon l'enquête « une publicité réduite à son minimum pour qu'aucun autre concurrent ne la remarque alors que Benoît Rover (patron de Caméléon avant d'être embauché au GIP) a été directement informé par Hugues Esquerre ».
Directeur financier du GIP, M. Esquerre aurait reconnu en audition que ce projet avait été proposé par Benoît Rover et que ce marché lui était destiné. Il aurait ajouté que Claude Atcher lui avait annoncé un matin, ainsi qu'à Lydie Émeraud, que le GIP allait lancer un centre de formation des apprentis « et que c'est Benoît Rover qui va le diriger ». Au cours de son audition, Mme Emeraud aurait confirmé ces propos.
À la question de savoir s'il avait la certitude d'être retenu pour ce marché, Benoît Rover répondait aux enquêteurs : « Je vous mentirais en vous disant non. » Claude Atcher leur indiquait que c'est M. Esquerre qui avait analysé la seule offre déposée. Arrivée hors délai, cette offre, la seule parvenue au GIP, aurait d'ailleurs dû être jugée irrecevable. Contactés, MM. Rover et Esquerre n'ont pas donné suite.
S'agissant d'un autre marché, supérieur à 40 000 euros, passé avec la société Baba Yaka, Hugues Esquerre et Lydie Émeraud auraient de nouveau reconnu pendant l'enquête avoir reçu des consignes de Claude Atcher pour faire en sorte que la consultation ait l'air régulière tout en attribuant le marché à la société de Nicolas Schpoliansky. Aux enquêteurs, M. Atcher aurait démenti avoir tenu de tels propos.
Un autre marché a été remporté par cette même société, d'une valeur de 290 000 euros, pour la conception et la mise en oeuvre de cérémonies pendant la Coupe du monde. Aux enquêteurs, M. Schpoliansky aurait admis « avoir la connaissance parfaite en amont du cahier des charges et des prix à proposer ».
Selon plusieurs sources, Mme Mombet a déclaré avoir reçu sur sa boîte personnelle, chose très inhabituelle, un courriel de Nicolas Schpoliansky lui présentant sa grille tarifaire. Le tout à six jours du lancement de l'appel d'offres. Elle précisait que c'est Claude Atcher qui aurait transmis son adresse mail personnelle. Aux yeux des enquêteurs, la société Baba Yaka aurait élaboré elle-même le cahier des charges d'un marché sur lequel elle allait ensuite candidater. Contacté, M. Schpoliansky n'a pas donné suite.
Le marché le plus coûteux de tous, concernant la billetterie et négocié à hauteur de 7,9 millions d'euros avec un groupement de sociétés (Webedia-Wetix Agency-Splio-Skidata), souffrirait selon le PNF d'un conflit d'intérêts patent puisque Matthieu Blondeaut, responsable de la billetterie au GIP et ancien salarié de Wetix, serait intervenu dans le cadre de l'élaboration du marché, de l'analyse des candidatures et des offres, des auditions et des négociations. Selon nos informations, les poursuites envisagées par le PNF ne concernent aucune de ces sociétés. Contacté, M. Blondeaut n'a pas souhaité donner suite.
On savait l'héritage financier de cette Coupe du monde vicié. À la place des 200 millions d'euros de bénéfices qui devaient pleuvoir, il est resté un trou de 57 millions. On comprend aujourd'hui que l'héritage judiciaire pourrait ne pas s'annoncer plus glorieux.
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