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La FFR et ses magouilles


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#9946 el landeno

el landeno

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Posté hier, 19:35

Disparition de Medhi Narjissi : les détails du témoignage de la touriste française
Le 7 août 2024, Medhi Narjissi, jeune joueur de l'équipe de France U18 de rugby, disparaissait en mer en Afrique du Sud. Une touriste française, qui a averti du danger encouru à au moins un membre du staff, a effectué un témoignage spontané. Nous avons pu le consulter.

 

Quelques instants avant la disparition en mer de Medhi Narjissi, le 7 août 2024, alors qu'il était censé effectuer une séance de récupération encadrée dans l'eau froide sur l'une des plages les plus dangereuses au monde, des joueurs et des encadrants de l'équipe de France U18 ont croisé sur le chemin menant à la plage des touristes français.

 
 
 
 

L'information avait été évoquée, il y a quelques mois, dans Le Parisien et Sud-Ouest. Mais la version de ces voyageurs n'était pas encore connue. L'Équipe a eu accès au témoignage spontané adressé le 17 août 2024 au consulat général de France au Cap par la mère de famille en question. Celui-ci confirme qu'elle avait averti ses compatriotes du danger qu'ils courraient en se baignant sur cette plage.

 
 

Ce courrier avait déjà été adressé au parquet d'Agen en août 2024. Manifestement surprise qu'il n'ait pas donné lieu à une convocation pour que le témoin renouvelle son témoignage en procédure, Léopoldine Fay, magistrate de liaison au centre de crise et de soutien au ministère des Affaires étrangères, a renouvelé son envoi, cette fois au juge d'instruction en charge du dossier, qui a changé depuis, le 16 juillet 2025. Nous avons pu le consulter.

 
 

« En observant cette baignade toujours sur le même chemin surplombant la plage, nous avons manifesté à haute voix notre étonnement et notre inquiétude de voir se baigner des jeunes gens à cet endroit qui est de toute évidence dangereux »

Une touriste française présente à Dias Beach le 7 août 2024

 
 
 
 
 

« Le mercredi 7 août 2024 vers 14 h 30 environ, j'étais avec mon mari et nos deux filles en promenade sur le chemin longeant et surplombant la mer et la plage de Dias Beach en direction du cap de Bonne-Espérance, écrit la vacancière française. Nous nous sommes arrêtés pour prendre des photos du panorama des falaises et de la plage qui était alors déserte. Quelques minutes plus tard, nous avons observé les jeunes de l'équipe de France de rugby effectuant la descente depuis le chemin jusqu'à la plage de Dias Beach et allant dans l'eau. »

La mère de famille poursuit son récit, qui met à mal la thèse d'une séance de travail encadrée sérieusement : « Il y avait environ une vingtaine de jeunes en maillots de bain dans l'eau. Ils avaient pied. Certains étaient près du bord et d'autres - une quinzaine environ - étaient plus avancés dans l'eau. Je dirais à une vingtaine de mètres environ du bord. J'ai constaté une grande d'excitation, des jeux et des cris d'amusement de la part de ces jeunes lorsqu'ils étaient dans l'eau. »

 

Les vagues ne sont « pas encore très hautes », mais « il y a beaucoup d'écumes ». « J'ai observé que certains jeunes plongeaient dans l'écume, la tête sous l'eau, poursuit la mère de famille. En observant cette baignade toujours sur le même chemin surplombant la plage, nous avons manifesté à haute voix notre étonnement et notre inquiétude de voir se baigner des jeunes gens à cet endroit qui est de toute évidence dangereux compte tenu de sa configuration près de hautes falaises, des forts courants et des vagues. »

 

« Personne n'aurait l'idée de se baigner à cet endroit malgré la grande beauté de cette plage, sauf peut-être à se tremper le bout des pieds, estime-t-elle. Un des membres du personnel encadrant qui nous a croisés sur le chemin nous a entendu dire à haute voix que nous trouvions cette baignade"dangereuse et inconsciente". » Certains membres du staff ont en effet rejoint les jeunes alors qu'ils étaient déjà dans l'eau. « Il nous a précisé qu'il s'agissait d'un exercice de récupération en eau froide », écrit la témoin de la scène.

 
Un troisième membre du staff a-t-il été averti du danger ?

Qui pouvait bien être ce membre du staff ? Robin Ladauge, le préparateur physique mis en examen pour avoir organisé cette séance ? Impossible. Il se baignait déjà à ce moment-là. Stéphane Cambos, le manager de l'équipe de France U18 également mis en examen ? Le timing pourrait correspondre. Mais si la formulation peu laisser place à l'interprétation, Cambos a toujours affirmé qu'il était opposé à cette séance dans l'eau. Sa réponse pourrait ainsi paraître peut cohérente avec ses déclarations devant le juge. Sollicité, il a consulté nos messages mais ne nous a pas répondu.

 

La mère de famille, qui vit à Paris, a joint à son courrier des photos de la plage au moment de la baignade. Contactée, elle n'a pas voulu s'exprimer. « Je ne souhaite pas témoigner dans la presse, nous a-t-elle indiqué ce vendredi. Je le ferai dans le cadre du procès. Évidemment, je me tiens à la disposition de la justice et j'imagine que je vais être entendue dans le cadre de l'instruction. »

 

Cela n'a pas encore été le cas. Ce témoignage pourrait s'avérer déterminant car il pourrait mettre en cause Cambos ou indiquer qu'un troisième membre du staff, au moins, a été directement prévenu du danger et qu'il n'a pas réagi. La touriste française pourrait aussi éventuellement reconnaître sur photo l'adulte avec lequel elle a échangé.

À ce stade, Robin Ladauge, le préparateur physique, Stéphane Cambos, le manager, et la Fédération française de rugby, en tant que personne morale, ont été mis en examen. Ils sont présumés innocents. Selon nos informations, une demande d'acte de la part de la famille Narjissi afin de mettre en examen Florian Grill, le président de la FFR, et Olivier Lièvremont, le directeur technique national, ainsi qu'une demande de réquisitoire supplétif aux fins de mise en examen des autres encadrants ont été rejetées le 24 septembre dernier.


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