Aller au contenu


Photo
* * * * - 5 note(s)

La FFR et ses magouilles


  • Veuillez vous connecter pour répondre
9962 réponses à ce sujet

#9946 el landeno

el landeno

    Equipe de France

  • Membres
  • PipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPip
  • 8 432 messages
  • Genre:Homme
  • Ville:dax
  • Mon club:

Posté 29 mai 2026 - 19:35

Disparition de Medhi Narjissi : les détails du témoignage de la touriste française
Le 7 août 2024, Medhi Narjissi, jeune joueur de l'équipe de France U18 de rugby, disparaissait en mer en Afrique du Sud. Une touriste française, qui a averti du danger encouru à au moins un membre du staff, a effectué un témoignage spontané. Nous avons pu le consulter.

 

Quelques instants avant la disparition en mer de Medhi Narjissi, le 7 août 2024, alors qu'il était censé effectuer une séance de récupération encadrée dans l'eau froide sur l'une des plages les plus dangereuses au monde, des joueurs et des encadrants de l'équipe de France U18 ont croisé sur le chemin menant à la plage des touristes français.

 
 
 
 

L'information avait été évoquée, il y a quelques mois, dans Le Parisien et Sud-Ouest. Mais la version de ces voyageurs n'était pas encore connue. L'Équipe a eu accès au témoignage spontané adressé le 17 août 2024 au consulat général de France au Cap par la mère de famille en question. Celui-ci confirme qu'elle avait averti ses compatriotes du danger qu'ils courraient en se baignant sur cette plage.

 
 

Ce courrier avait déjà été adressé au parquet d'Agen en août 2024. Manifestement surprise qu'il n'ait pas donné lieu à une convocation pour que le témoin renouvelle son témoignage en procédure, Léopoldine Fay, magistrate de liaison au centre de crise et de soutien au ministère des Affaires étrangères, a renouvelé son envoi, cette fois au juge d'instruction en charge du dossier, qui a changé depuis, le 16 juillet 2025. Nous avons pu le consulter.

 
 

« En observant cette baignade toujours sur le même chemin surplombant la plage, nous avons manifesté à haute voix notre étonnement et notre inquiétude de voir se baigner des jeunes gens à cet endroit qui est de toute évidence dangereux »

Une touriste française présente à Dias Beach le 7 août 2024

 
 
 
 
 

« Le mercredi 7 août 2024 vers 14 h 30 environ, j'étais avec mon mari et nos deux filles en promenade sur le chemin longeant et surplombant la mer et la plage de Dias Beach en direction du cap de Bonne-Espérance, écrit la vacancière française. Nous nous sommes arrêtés pour prendre des photos du panorama des falaises et de la plage qui était alors déserte. Quelques minutes plus tard, nous avons observé les jeunes de l'équipe de France de rugby effectuant la descente depuis le chemin jusqu'à la plage de Dias Beach et allant dans l'eau. »

La mère de famille poursuit son récit, qui met à mal la thèse d'une séance de travail encadrée sérieusement : « Il y avait environ une vingtaine de jeunes en maillots de bain dans l'eau. Ils avaient pied. Certains étaient près du bord et d'autres - une quinzaine environ - étaient plus avancés dans l'eau. Je dirais à une vingtaine de mètres environ du bord. J'ai constaté une grande d'excitation, des jeux et des cris d'amusement de la part de ces jeunes lorsqu'ils étaient dans l'eau. »

 

Les vagues ne sont « pas encore très hautes », mais « il y a beaucoup d'écumes ». « J'ai observé que certains jeunes plongeaient dans l'écume, la tête sous l'eau, poursuit la mère de famille. En observant cette baignade toujours sur le même chemin surplombant la plage, nous avons manifesté à haute voix notre étonnement et notre inquiétude de voir se baigner des jeunes gens à cet endroit qui est de toute évidence dangereux compte tenu de sa configuration près de hautes falaises, des forts courants et des vagues. »

 

« Personne n'aurait l'idée de se baigner à cet endroit malgré la grande beauté de cette plage, sauf peut-être à se tremper le bout des pieds, estime-t-elle. Un des membres du personnel encadrant qui nous a croisés sur le chemin nous a entendu dire à haute voix que nous trouvions cette baignade"dangereuse et inconsciente". » Certains membres du staff ont en effet rejoint les jeunes alors qu'ils étaient déjà dans l'eau. « Il nous a précisé qu'il s'agissait d'un exercice de récupération en eau froide », écrit la témoin de la scène.

 
Un troisième membre du staff a-t-il été averti du danger ?

Qui pouvait bien être ce membre du staff ? Robin Ladauge, le préparateur physique mis en examen pour avoir organisé cette séance ? Impossible. Il se baignait déjà à ce moment-là. Stéphane Cambos, le manager de l'équipe de France U18 également mis en examen ? Le timing pourrait correspondre. Mais si la formulation peu laisser place à l'interprétation, Cambos a toujours affirmé qu'il était opposé à cette séance dans l'eau. Sa réponse pourrait ainsi paraître peut cohérente avec ses déclarations devant le juge. Sollicité, il a consulté nos messages mais ne nous a pas répondu.

 

La mère de famille, qui vit à Paris, a joint à son courrier des photos de la plage au moment de la baignade. Contactée, elle n'a pas voulu s'exprimer. « Je ne souhaite pas témoigner dans la presse, nous a-t-elle indiqué ce vendredi. Je le ferai dans le cadre du procès. Évidemment, je me tiens à la disposition de la justice et j'imagine que je vais être entendue dans le cadre de l'instruction. »

 

Cela n'a pas encore été le cas. Ce témoignage pourrait s'avérer déterminant car il pourrait mettre en cause Cambos ou indiquer qu'un troisième membre du staff, au moins, a été directement prévenu du danger et qu'il n'a pas réagi. La touriste française pourrait aussi éventuellement reconnaître sur photo l'adulte avec lequel elle a échangé.

À ce stade, Robin Ladauge, le préparateur physique, Stéphane Cambos, le manager, et la Fédération française de rugby, en tant que personne morale, ont été mis en examen. Ils sont présumés innocents. Selon nos informations, une demande d'acte de la part de la famille Narjissi afin de mettre en examen Florian Grill, le président de la FFR, et Olivier Lièvremont, le directeur technique national, ainsi qu'une demande de réquisitoire supplétif aux fins de mise en examen des autres encadrants ont été rejetées le 24 septembre dernier.


  • ZACH aime ceci

#9947 Very Good Eshvili

Very Good Eshvili

    Bourbonnais by birth, deberdined by the grace of Saint Menoux

  • Membres
  • PipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPip
  • 18 413 messages
  • Genre:Homme
  • Ville:Labo et Cie
  • Mon club:

Posté 21 juin 2026 - 08:23

Rions un peu en attendant la mort

 

 

https://www.ffr.fr/e...tion-generale-7



#9948 Y&B

Y&B

    Joueur de TOP 14

  • Membres
  • PipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPip
  • 4 491 messages
  • Genre:Homme
  • Ville:Pau & La Seyne
  • Mon club:

Posté 21 juin 2026 - 11:39

On a déjà trouvé le référent dans le 34 … il a des lunettes !
  • Bougnat et Breton et Very Good Eshvili aiment ceci

#9949 Bougnat et Breton

Bougnat et Breton

    Joueur du Grand Chelem

  • Membres
  • PipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPip
  • 9 195 messages
  • Genre:Homme
  • Ville:Valcivières 63
  • Mon club:

Posté 21 juin 2026 - 12:05

On a déjà trouvé le référent dans le 34 … il a des lunettes ! et pas de cheveux !!

 


  • Y&B aime ceci

#9950 Bad Zé

Bad Zé

    Nouvelle modération obscurantisse

  • Modérateurs
  • PipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPip
  • 20 929 messages
  • Genre:Homme
  • Ville:Barcelonne
  • Mon club:

Posté 21 juin 2026 - 12:21

On a déjà trouvé le référent dans le 34 … il a des lunettes !


C'est lui qui va présenter les joueurs à Macron samedi ? Avec Grill..

#9951 Toorop

Toorop

    Champion d'Europe

  • Membres
  • PipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPip
  • 6 167 messages
  • Genre:Homme
  • Mon club:

Posté 21 juin 2026 - 12:29

C'est lui qui va présenter les joueurs à Macron samedi ? Avec Grill..


Bien sûr
Arrêtez avec votre éthique
L'est innocent Bernard
  • Bad Zé et Y&B aiment ceci

#9952 el landeno

el landeno

    Equipe de France

  • Membres
  • PipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPip
  • 8 432 messages
  • Genre:Homme
  • Ville:dax
  • Mon club:

Posté 27 juillet 2026 - 21:19

Medhi Narjissi, deux ans après sa disparition : où en est l'information judiciaire ?
La juge en charge de l'affaire de la disparition de Medhi Narjissi envisage de clore l'instruction. Les avocats de la famille espèrent encore la mise en examen de Florian Grill, qui se défend de toute responsabilité pénale.

Agnès Navarro, la juge en charge de l'affaire de la disparition de Medhi Narjissi, va-t-elle clore l'instruction avant de quitter ses fonctions d'ici quelques jours ? Le jeune homme est mort noyé, le 7 août 2024 en Afrique du Sud, lors d'une séance de récupération en eau froide sur la plage de Dias Beach, une des plus dangereuses au monde. Le rugbyman s'y trouvait avec ses coéquipiers, à l'occasion d'un stage de l'équipe de France U18.

 
 
 
 

Promue dans une autre juridiction, Agnès Navarro va laisser sa place à un troisième magistrat en moins de deux ans. Celui-ci aura fort à faire, avec deux dossiers particulièrement sensibles et médiatiques. Outre le drame Narjissi, dont il devra quoi qu'il en soit s'occuper pour traiter une éventuelle fin de procédure, c'est lui qui aura en charge l'affaire Lyhanna, cette petite fille de onze ans retrouvée morte dans un silo agricole désaffecté le 4 juin. Une tragédie qui a suscité un émoi considérable dans un contexte politique brûlant.

 
 
La famille veut que le voyagiste soit entendu par la justice

Accompagnée de ses avocats, Maîtres Fanny Colin et Édouard Martial, la famille Narjissi a été reçue, le 29 juin, en présence du procureur de la République, par Agnès Navarro. Lors de cette audition, la magistrate a informé les parents de Medhi Narjissi qu'elle envisageait d'engager la procédure prévue à l'article 175 du Code de procédure pénale et de prononcer la clôture de l'information judiciaire concernant l'homicide involontaire, première étape avant que le juge d'instruction ne rende son ordonnance de règlement : soit un non-lieu, soit un renvoi devant le tribunal correctionnel.

 

La famille Narjissi continue de se battre pour que le dossier n'en reste pas là. Ses avocats ont demandé que le procureur prenne un réquisitoire supplétif pour des faits de mise en danger de la vie d'autrui précédant l'homicide involontaire. Ils ont également demandé la mise en examen de Florian Grill, président de la FFR, à titre personnel. Ils ont aussi fait une demande d'actes afin que Frédéric Plachési, le voyagiste qui travaillait pour la Fédération en Afrique du Sud, soit entendu par la justice, ce qui n'a pas été le cas jusqu'à présent. Une demande rejetée dans un premier temps, décision dont ils ont fait appel.

Si le parquet refuse de délivrer un supplétif pour mise en danger de la vie d'autrui, il y a de fortes chances que l'affaire en reste là et que le dossier soit clôturé avant un probable procès. Bien que cette procédure ouvre un délai de trois mois pour que les avocats tentent divers recours, dans les faits, il est extrêmement rare que la procédure engagée soit remise en cause. Florian Grill et les dix encadrants présents sur place qui n'ont pas été mis en examen ne pourraient plus être poursuivis dans cette information judiciaire.

 
Le préparateur physique et le manager de l'équipe de France U18 déjà mis en examen

Dans ce dossier, deux hommes ont déjà été mis en examen, au printemps 2025, pour homicide involontaire : Robin Ladauge, le préparateur physique qui a pris l'initiative de la séance de récupération qui a tourné au drame, ainsi que Stéphane Cambos, le manager de l'équipe de France U18. Le premier a été révoqué de la fonction publique en août 2025 et le second a été suspendu pour deux ans dont un an ferme. La Fédération française de rugby a également été mise en examen en tant que personne morale le 24 avril 2026 pour homicide involontaire par « maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement ».

 

« Nous prenons acte de la décision de mettre en examen la FFR en tant que personne morale. Il s'agit d'une étape intermédiaire de la procédure qui ne constitue en aucun cas une déclaration de culpabilité », a réagi l'avocat de la FFR, Mathias Chichportich, qui juge cette décision « contestable en droit ». Robin Ladauge, Stéphane Cambos et la FFR sont présumés innocents.

 
 
Selon l'IGESR, un « suraccident » aurait pu avoir lieu
L'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (IGESR) a rendu son rapport en février 2025. Elle pointe une « préparation défaillante du séjour en Afrique du Sud » et une « séance de récupération en eau froide sur la plage de Dias du cap de Bonne-Espérance insuffisamment organisée pour assurer la sécurité de tous ». Elle précise que cette séance n'était « pas prévue au programme » et qu'elle s'est transformée en baignade « sans respecter la réglementation ». « La séance est mise en place dans une forme d'improvisation qui rend possible le drame », lit-on.
L'IGESR tance aussi une gestion de crise « inadaptée », impactée par un contexte « de campagne électorale », avec une « prise en charge minimaliste de l'équipe, du staff et des familles » et un « accompagnement insuffisant ». La mission a aussi fait naître d'importantes divergences sur le cadre juridique applicable à ce type de stage. « Au-delà des attitudes individuelles (...) les narrations de la scène montrent une panique généralisée et une absence de mise en oeuvre d'un protocole d'urgence préalablement identifié et maîtrisé par le staff, peut-on lire. Chacun fait au mieux selon son instinct, quelques encadrants veillent à éviter que d'autres joueurs ne se lancent dans une tentative de sauvetage trop risquée et cherchent à identifier le lieu vers lequel dérive Medhi Narjissi, d'autres partent appeler les secours. Dans la panique, les adultes n'empêchent toutefois pas un ou deux joueurs de longer la plage dans l'eau pour venir en aide à leur camarade qui était parti chercher Medhi Narjissi. Au final, le suraccident est évité, mais sans réelle maîtrise des risques. »M.L.

  • ZACH aime ceci

#9953 el landeno

el landeno

    Equipe de France

  • Membres
  • PipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPip
  • 8 432 messages
  • Genre:Homme
  • Ville:dax
  • Mon club:

Posté 28 juillet 2026 - 06:02

Medhi Narjissi, deux ans après sa disparition : suspendu jusqu'en septembre, l'ancien manager de l'équipe de France U18 Stéphane Cambos clame son innocence
Mis en examen le 2 juin 2025 pour homicide involontaire dans l'affaire de la disparition de Medhi Narjissi, Stéphane Cambos, ancien manager de l'équipe de France U18, a trouvé refuge chez lui, dans les Landes. Convaincu de vivre une profonde injustice.

Le désir de s'exprimer publiquement ne le quitte pas depuis plusieurs mois. Mais son avocat le lui a fortement déconseillé et il parvient jusqu'à présent à contenir le besoin qu'il ressent de raconter « sa vérité ». Lorsque nous l'avons contacté au début du mois de juillet, Stéphane Cambos a écarté à regret nos sollicitations. Mais les proches de l'ancien manager de l'équipe de France U18 avec lesquels nous avons pu échanger nous ont permis de connaître l'état d'esprit qui l'anime.

 
 
 
 

En privé, Stéphane Cambos se dit toujours aussi déterminé à démontrer qu'il n'est responsable en rien dans la disparition en mer, le 7 août 2024, de Medhi Narjissi, et vit avec l'espoir que le procès à venir le dédouanera des accusations portées contre lui. Ses arguments demeurent les mêmes : à l'écouter, il était défavorable à cette séance de récupération dans l'eau et l'a formulé fermement lors d'une réunion, il est intervenu auprès de Robin Ladauge, le préparateur physique à l'initiative de cette séance, pour qu'elle cesse dès qu'il a rejoint la plage de Dias Beach et sur un plan purement légal, il n'avait aucune lettre de mission déterminant qu'il était le responsable de la délégation française en Afrique du Sud.

Cambos traverse le temps avec un « sentiment profond d'injustice », il sait tout, lit tout, et sa colère envers le président de la Fédération française de rugby (FFR), Florian Grill, et du Directeur technique national, Olivier Lièvremont, qui l'ont aussitôt désigné comme l'un des responsables du décès de Medhi Narjissi, ne le quitte pas souvent. Il a déposé une plainte, fin août 2024, pour dénonciation calomnieuse à l'encontre de la FFR, dont il n'a aucune nouvelle. À ses yeux, la Fédération française de rugby et la DTN ont créé les conditions pour que le drame arrive, notamment en laissant imaginer à Robin Ladauge qu'il pouvait agir sans l'aval de qui que ce soit.

 
 
 
 
 

L'homme de 55 ans a pris refuge dans son domicile familial, au bord de l'océan Atlantique, dans les Landes, où il vit auprès de son épouse et de sa fille, qu'il n'a sans doute jamais autant vues après trois décennies à courir le monde et les terrains de rugby. Depuis le mois d'août 2024, le technicien aurait perdu sept kilos, il est suivi par un psychiatre et tente désormais de limiter au maximum l'aide médicamenteuse que lui a prescrite son médecin.

 
On lui a interdit d'aller parler à la famille Narjissi

À ses proches, il affirme être « hanté » par la disparition de Medhi Narjissi. Il ne se passerait pas un jour sans qu'il ne pense au jeune homme et à sa famille, dont il dit comprendre la colère à son égard, car « on les a baladés depuis le début ». Il regretterait encore l'intervention des responsables de la Fédération française de rugby pour lui interdire d'aller parler à Valérie, Jalil et Inès Narjissi, les parents et la grande soeur du jeune joueur du Stade Toulousain, à l'arrivée de ces derniers en Afrique du Sud, peu après le drame.

Le 7 août 2024, aucun des adultes présents sur la plage n'a tenté de sauver l'enfant dont ils avaient la charge. Une lâcheté que dénonce avec dégoût la famille Narjissi. Lui considère que ces accusations reposent sur une méconnaissance du déroulement des événements, du moins en ce qui le concerne. Selon ses dires, la tragédie se serait jouée en moins de trente secondes, il n'était pas dans l'eau quand Medhi Narjissi s'est trouvé en difficulté et il avait la responsabilité, dit-il à ses proches, de sécuriser les autres enfants.

 

Sa soudaine exposition médiatique n'aurait jamais eu de prolongement dans sa vie quotidienne. Il n'a jamais été agressé, ni verbalement ni physiquement, dans des lieux publics, il se dit soutenu par son cercle familial ainsi que par le noyau dur de ses amis mais le téléphone sonne moins, évidemment, et les copains de la Direction technique nationale ont vite perdu son numéro de téléphone.

 
Où sera-t-il affecté par le ministère le 2 septembre, à la fin de sa suspension ?

Mis en examen sans contrôle judiciaire, il est libre de ses mouvements mais il ne travaille plus depuis bientôt deux ans et n'a plus de revenus depuis onze mois. Cadre d'état, il a été suspendu à titre conservatoire par le ministère des Sports dès le mois de septembre 2024 puis il a été sanctionné le 2 septembre dernier pour deux ans dont un an avec sursis par une commission paritaire nationale composée de quatre membres de l'administration et quatre représentants des salariés. Les informations qui lui sont remontées lui font croire que les huit membres de la commission avaient réclamé trois mois de suspension et qu'il a été la « victime » d'une intervention politique. Il a déposé un recours devant le tribunal administratif qui n'a pas encore été étudié. Au mois de mai dernier, il a perdu sa mère, qu'il a pu accompagner dans la maladie grâce à son inactivité.

 

Quel avenir professionnel s'offre à lui désormais ? Le 2 septembre prochain, sa suspension prendra fin et il devra être réintégré dans ses fonctions de cadre d'état. Il a demandé au ministère à en savoir davantage sur les conditions de son retour mais n'avait pas encore obtenu de réponse début juillet. Contacté par L'Équipe, le ministère n'est pas revenu vers nous. En attendant, Cambos s'occupe comme il peut et essaye de s'imaginer un avenir professionnel. « Mais je ne me fais pas d'illusion », a-t-il confié à des proches. Mis en examen pour homicide involontaire, il est présumé innocent.

 
 
Et les autres encadrants ?
Aurélien Beco (entraîneur défense et conquête) : la saison passée, il était entraîneur adjoint des avants de Colomiers Rugby, en Pro D2, après avoir été responsable du centre de formation du club.
Brandon Fajardo (entraîneur animation offensive) : il a été promu directeur sportif adjoint de la Section paloise en 2025. En avril, il a prolongé son contrat jusqu'en 2031.
Laurent Giry (entraîneur besoins personnalisés) : il est toujours à la Fédération française de rugby? en tant que manager du Projet de Performance Fédérale (PPF), où il encadre le développement des jeunes joueurs et des structures de formation.
Axel Dupont (analyste performance) : il est préparateur physique du centre de formation du Stade Français. Il est également membre du staff de l'équipe de France U20 masculine.
Hugo Bouzinhac (analyste vidéo) : arrivé en 2024 comme analyste vidéo au SU Agen (Pro D2), il a quitté le club cet été.
Antoine Pain (kinésithérapeute) : il exerce comme kinésithérapeute du sport à Marseille et intervient également auprès de Provence Rugby, club de Pro D2.
Alain Campan (kinésithérapeute) : il continue son activité de kinésithérapeute-ostéopathe à Nérac (Lot-et-Garonne). Il serait référent médical à l'US Nérac, club de Fédérale 3.
Pascal Pradier (médecin) : il est chef du service de médecine du sport du centre hospitalier de Narbonne et médecin du Racing Club Narbonne, en Nationale 1. Il intervient également, à titre indépendant, en qualité de médecin de match lors de rencontres du Top 14.
Pierre Prats (intendant) : il est toujours intendant auprès des équipes de France jeunes de la FFR. Il apparaît notamment comme intendant de l'équipe de France homme U20 développement en 2026 (équipe 2 des U20).
Lucas Jacquin (diététicien) : diététicien de l'équipe de France U20 masculine et du Stade Français.

  • ZACH aime ceci

#9954 el landeno

el landeno

    Equipe de France

  • Membres
  • PipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPip
  • 8 432 messages
  • Genre:Homme
  • Ville:dax
  • Mon club:

Posté 28 juillet 2026 - 06:13

Medhi Narjissi, deux ans après sa disparition : l'ancien préparateur physique Robin Ladauge a été interdit d'exercer pendant 16 ans
Soutenu par le club de rugby d'Antony Metro 92, qui évolue en Fédérale 2, Robin Ladauge, ancien préparateur physique de l'équipe de France U18, a perdu sa carte professionnelle pour les seize prochaines années. Il ne pourra pas entraîner avant 2042, à 64 ans.

C'est lui qui a organisé la séance de récupération fatale à Medhi Narjissi sur la plage de Dias Beach, en Afrique du Sud, le 7 août 2024. Dix mois plus tard, le 2 juin 2025, Robin Ladauge a été mis en examen pour homicide involontaire, décision assortie d'un contrôle judiciaire lui interdisant toute activité d'encadrement impliquant l'encadrement de mineurs. Suspendu à titre conservatoire en septembre 2024, l'ancien préparateur physique de l'équipe de France U18 a été révoqué de la fonction publique, perdant ainsi son statut de fonctionnaire, sanction la plus lourde qu'il encourait.

 
 
 
 

L'ancien cadre d'état, âgé de 48 ans, se dit abasourdi depuis qu'il a appris, il y a quelques semaines, que le préfet avait décidé de suspendre sa carte professionnelle pour les seize prochaines années, ce qui signifie qu'il ne pourra pas encadrer une équipe de rugby avant l'âge de 64 ans. Selon nos informations, le Conseil départemental jeunesse et sports qui s'était tenu pour rendre un avis au préfet s'était prononcé pour une suspension de dix ans. Le préfet a décidé de sanctionner le technicien plus durement, à l'initiative, serait persuadé Ladauge, d'une intervention politique « très haut placée » au ministère.

 
 
« Cassé » mais « résilient »

Sollicité par plusieurs clubs au cours des derniers mois, il serait certain que la sanction ne tiendra pas devant le Tribunal administratif. Mais sa carrière dans le monde du sport professionnel est évidemment compromise. Suivi par un psychologue depuis bientôt deux ans, la fréquence de ses séances a diminué au cours des dernières semaines. Il vit en région parisienne, où il est né, s'occupe de ses quatre enfants, dont l'un d'entre eux est encore dans la petite enfance, et se dit résilient. « Cassé » mais « résilient ». « Disons que je ne m'enfonce pas », confie-t-il parfois.

 
 

Deux ans après la disparition de Medhi Narjissi, où en est l'information judiciaire ?

 
 
 

Comme Stéphane Cambos, auquel il reproche d'avoir changé plusieurs fois de version sur le déroulé des faits, il dit revivre la scène de la disparition fréquemment. Il a compris sa radiation de la fonction publique, eu égard « à la faute », dit-il, qu'il a commise, il se considérerait « responsable » de l'accident, pas forcément « coupable », car les enfants, notamment, n'auraient pas respecté ses consignes de sécurité ni ses multiples mises en garde, ce qu'a confirmé l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (IGESR).

 
Il ne pense pas encore au procès à venir

Il ne serait pas encore dans la projection d'une possible « sanction pénale ». Son téléphone sonne moins, lui aussi, mais il aurait reçu beaucoup de soutien dans la phase aiguë de l'affaire, nourrirait peu d'aigreur à l'égard de la Fédération française de rugby, et vivrait avec résignation la « haine » de la famille Narjissi à son égard. Confronté à l'interdiction d'entraîner, il a effectué un bilan de compétence et réfléchit à sa reconversion professionnelle.

Il envisagerait de rebondir dans le management ou la gestion de projet et pourrait effectuer ses premiers pas dans ce domaine au sein du club d'Antony Metro 92. Ces derniers mois, le bruit a couru qu'il s'occupait de la préparation physique de l'équipe première du club de Fédérale 2. La réalité est plus nuancée. Il a commencé le rugby dans le club des Hauts-de-Seine, où il a joué jusqu'à 16 ans, sa fille en porte le maillot - au sein de l'équipe cadette - et il l'a accompagnée la saison passée pour l'aider à se retaper après une rupture des ligaments croisés.

 
 

« Comme il (Robin Ladauge) a quand même une expérience démentielle par rapport à nous, cela m'est arrivé en tant que directeur sportif et manager du projet senior de lui poser des questions (...) Mais ce n'est pas allé plus loin »

Gabriel Oriol, manager du club de rugby Antony Metro 92

 
 

Sollicité par les copains du club, l'ancien préparateur physique du Racing 92 (2004-2010), qui bénéficie actuellement du chômage, en a profité pour distiller quelques conseils aux encadrants. « Robin, c'est le papa d'une licenciée du club que l'on croise souvent, explique Gabriel Oriol, le manager du club. Du coup, comme il a quand même une expérience démentielle par rapport à nous, cela m'est arrivé en tant que directeur sportif et manager du projet senior de lui poser des questions. C'était intéressant pour nous d'avoir le point de vue de quelqu'un qui a entraîné au très haut niveau. Il nous a donné quelques conseils dans un domaine, la préparation physique, qui n'est pas la priorité dans un club amateur comme le nôtre. Mais ce n'est pas allé plus loin. »

 
Le soutien du club d'Antony

L'affaire judiciaire dans laquelle Robin Ladauge est mis en cause n'a pas freiné le club francilien. « Nous ne sommes pas là pour juger à la place des institutions, répond Oriol. Nous accueillons sa fille, qui a traversé des moments difficiles après ce drame, de la meilleure des manières possibles. La disparition du petit Narjissi est absolument terrible et fait froid dans le dos mais la justice fera ce qu'elle a à faire. De notre côté, nous considérons que nous avons un rôle social, y compris avec des gens qui ont pu commettre des erreurs ou des fautes. On l'a fait avec d'autres parents. »

 

La saison prochaine, le club pourrait aller plus loin et proposer à Ladauge des prestations d'accompagnement d'événementiel et de coordination. « On réfléchit en effet à pouvoir lui confier des missions administratives, d'encadrement d'équipes de salariés, sans aller sur le terrain évidemment puisqu'il n'en a pas le droit, confirme Oriol, qui va quitter le club durant l'intersaison. S'il est condamné à quelque chose de manière définitive, peut-être qu'en interne, cela posera question. Ils verront à ce moment-là. » Mis en examen pour homicide involontaire, Robin Ladauge est présumé innocent.

 

  • ZACH aime ceci

#9955 InASMWeTrust

InASMWeTrust

    Vlad l'Empaleur junior

  • Membres
  • PipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPip
  • 19 017 messages
  • Genre:Homme
  • Ville:On the banks of the Odon
  • Mon club:

Posté 28 juillet 2026 - 06:57

Les lampistes ont été désignés, on peut passer à autre chose. Pour moi il ne restera de cette histoire que le drame. Notre société doit chercher des responsables à tout et les désigner à la vindicte populaire. Triste pour tout le monde. 



#9956 Elvis Presto

Elvis Presto

    Champion du Monde

  • Membres
  • PipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPip
  • 18 765 messages
  • Genre:Homme
  • Mon club:

Posté 28 juillet 2026 - 14:35

Les lampistes ont été désignés, on peut passer à autre chose. Pour moi il ne restera de cette histoire que le drame. Notre société doit chercher des responsables à tout et les désigner à la vindicte populaire. Triste pour tout le monde. 

Je ne comprends pas ton post.

Il y a un (ou plusieurs) responsable non ? 

Il n'est pas juste qu'il soit sanctionné ?

La société ne fonctionne correctement que si il existe une justice, la Justice.



#9957 InASMWeTrust

InASMWeTrust

    Vlad l'Empaleur junior

  • Membres
  • PipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPip
  • 19 017 messages
  • Genre:Homme
  • Ville:On the banks of the Odon
  • Mon club:

Posté 28 juillet 2026 - 16:18

Je ne comprends pas ton post.

Il y a un (ou plusieurs) responsable non ? 

Il n'est pas juste qu'il soit sanctionné ?

La société ne fonctionne correctement que si il existe une justice, la Justice.

Je me suis peut-être mal exprimé. Evidement qu'il faut identifier, juger et punir les responsables. Mais on est dans des situations où on est vite dans le responsable mais pas coupables, où on va vite dédouaner un fonctionnement amateur en ciblant 2-3 mecs mal armés, mal préparés ou mal secondés -(et/ou pas nickel dans ce qu'ils ont fait). 



#9958 el landeno

el landeno

    Equipe de France

  • Membres
  • PipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPip
  • 8 432 messages
  • Genre:Homme
  • Ville:dax
  • Mon club:

Posté 28 juillet 2026 - 19:34

Les raisons de la colère de la famille Narjissi

 

D'un côté, une famille dévastée qui accuse. De l'autre, un président de Fédération qui considère avoir fait tout ce qui était en son pouvoir pour gérer la crise au mieux. Depuis la disparition tragique de Medhi Narjissi, le 7 août 2024, en Afrique du Sud, alors qu'il effectuait un bain de récupération avec l'équipe de France U18 sur l'une des plages les plus dangereuses au monde, Jalil, Valérie et Inès Narjissi, les parents et la grande soeur de Medhi, reprochent à Florian Grill un manque de considération à leur égard, par-delà les manquements de la Fédération qu'il dirige, défaillances établies par le rapport de l'inspection générale paru l'an passé.

 

À travers de nombreux échanges WhatsApp, des vidéos et des photos dont nous avons eu connaissance, nous sommes revenus aux racines de la colère. Premier épisode aujourd'hui.

 

 

8 août 2024 : au lendemain du drame, du temps pour les « gossip »

Dans l'après-midi du mercredi 7 août 2024, Medhi Narjissi, 17 ans, est emporté par les vagues. Le Directeur technique national, Olivier Lièvremont, est informé vers 16 h 45 par le manager de l'équipe de France U18, Stéphane Cambos. Une cellule de crise est aussitôt créée. À 17 h 59, Florian Grill, qui se trouve dans le sud de la France, appelle le père du garçon, Jalil Narjissi, un ancien joueur de rugby professionnel, pour lui annoncer la nouvelle.

 
 

La campagne à l'élection à la présidence de la Fédération française de rugby a débuté le 18 juillet. En cette fin de journée, les priorités de Florian Grill sont évidemment recentrées sur la disparition de Medhi. Il multiplie les échanges avec la famille.

 
 

Le lendemain, Françoise Grill, coordinatrice nationale d'Ovale Ensemble, une association oeuvrant pour la campagne de son époux, transfère à ses collaborateurs un email. L'objet ? La confirmation d'une réunion, le soir même, pour organiser la suite de la campagne. Alors que Medhi Narjissi est porté disparu, la réunion est maintenue, à la surprise de plusieurs participants. Ce courriel, dont nous avons pris connaissance, reprend l'intitulé de celui qui avait déjà été envoyé le 1er août. « Comme promis dans mon mail, tout est dans le titre, peut-on lire. Organisation Réunions NA Campagne FFR - planification, organisation, participation des colistiers, stratégie de communication. Sans oublier du temps pour le gossip bien sûr !!! »

Le mot « gossip » - potin en français - choque en interne. Françoise Grill débute cette réunion en racontant l'appel de son époux - « le gros », comme elle le surnomme -, à la famille Narjissi. Elle décrit la réaction de Jalil, le papa, et les pleurs déchirants de Valérie, la maman de Medhi. Dans les heures qui suivent, Florian Grill et Jalil Narjissi sont en contact permanents. Le 9 août, la famille quitte la France pour rejoindre Le Cap aux frais de la Fédération, comme le souligneront régulièrement les représentants de celle-ci. Florian Grill décide de rester en France. Cette décision crée les premières crispations et beaucoup d'incompréhensions de la part des parents et de la grande soeur de l'enfant disparu.

 
1a6a6.jpg
 
La famille Narjissi sur les lieux du drame le 7 août 2025, un an après le drame. (Ryan Wilkisky/BackpagePix / Icon Sport/Icon sport)
 

Le lendemain, le 10 août, le président de la FFR se rend à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, en région parisienne, pour accueillir le staff et les joueurs de l'équipe de France U18. Ce jour-là, il donne une courte interview à Midi Olympique. « La colère (de la famille), elle est normale », dit-il, avant de mettre fin à l'entretien en pleurant. Le 16 août, il s'exprime à nouveau, cette fois dans L'Équipe, pour informer le public de la suspension conservatoire du staff U18 et de la tenue d'états généraux du rugby français le 29 août. C'est le temps des annonces.

Une cellule d'urgence en France
Sollicitée par l'Équipe, la FFR fait savoir que si Florian Grill ne s'est pas déplacé en Afrique du Sud, cela fut le cas du DTN adjoint, Jean-Marc Bédérède. Florian Grill avait prévu des vacances du 9 au 18 août 2024. Il les consacrera à gérer la cellule d'urgence depuis la France, « avec un énorme travail de coordination à faire, assure la Fédération. On espérait encore retrouver Medhi et il fallait rapatrier tous les mineurs ».
Prises de contact avec les secours, l'ambassade, la Fédération sud-africaine, les autorités, mise en place d'une cellule psychologique dans les clubs, lancement d'une enquête interne et administrative : dans une lettre envoyée plus tard, en avril 2025, aux Narjissi, Florian Grill reconnaîtra « des maladresses dans [s] a communication », dans « l'urgence et le stress de la gestion du drame ». Mais il assurera avoir été pleinement mobilisé, à l'été 2024, avec toutes les équipes de la FFR. M. L.
16 août 2024 : les Narjissi rentrent en France, Grill se rend à la feria de Béziers

Le vendredi 16 août 2024, neuf jours après le drame, la famille Narjissi rentre d'Afrique du Sud via Amsterdam et atterrit à Toulouse à 16 h 15. Aucun membre de la FFR n'est là pour l'accueillir à l'aéroport. Aujourd'hui encore, elle en demeure meurtrie. Florian Grill ne se trouve pourtant pas bien loin. À deux heures de route de la Ville rose, il participe à la Féria de Béziers pour un rendez-vous avec un club. Les photos le montrent enjoué. Elles sont publiées sur la page Facebook de « Ovale Ensemble ». Face à l'embarras et aux polémiques, elles ont été effacées depuis. Jalil Narjissi apprend très vite la nouvelle. Son agacement monte d'un cran.

 

Plus tard, le président de la FFR s'expliquera : il pensait que la famille ne souhaitait pas le voir car c'était lui « qui lui avait annoncé la nouvelle » de la mort de l'enfant mais aussi parce que Jalil Narjissi avait refusé un appel en visio du président de la FFR en Afrique du Sud. Les raisons de ce refus sont simples. Au Cap, l'ambassadeur de France a posé des questions au papa du jeune homme, dévasté, qui lui a dit son sentiment d'abandon. L'ambassadeur l'aurait alors rapporté à la FFR. Grill a proposé une visio. Uniquement en réaction, considère Jalil Narjissi. Agacé, il a refusé.

Une cellule d'urgence en France
Sollicitée par l'Équipe, la FFR fait savoir que si Florian Grill ne s'est pas déplacé en Afrique du Sud, cela fut le cas du DTN adjoint, Jean-Marc Bédérède. Florian Grill avait prévu des vacances du 9 au 18 août 2024. Il les consacrera à gérer la cellule d'urgence depuis la France, « avec un énorme travail de coordination à faire, assure la Fédération. On espérait encore retrouver Medhi et il fallait rapatrier tous les mineurs ».
Prises de contact avec les secours, l'ambassade, la Fédération sud-africaine, les autorités, mise en place d'une cellule psychologique dans les clubs, lancement d'une enquête interne et administrative : dans une lettre envoyée plus tard, en avril 2025, aux Narjissi, Florian Grill reconnaîtra « des maladresses dans [s] a communication », dans « l'urgence et le stress de la gestion du drame ». Mais il assurera avoir été pleinement mobilisé, à l'été 2024, avec toutes les équipes de la FFR. M. L.
16 août 2024 : les Narjissi rentrent en France, Grill se rend à la feria de Béziers

Le vendredi 16 août 2024, neuf jours après le drame, la famille Narjissi rentre d'Afrique du Sud via Amsterdam et atterrit à Toulouse à 16 h 15. Aucun membre de la FFR n'est là pour l'accueillir à l'aéroport. Aujourd'hui encore, elle en demeure meurtrie. Florian Grill ne se trouve pourtant pas bien loin. À deux heures de route de la Ville rose, il participe à la Féria de Béziers pour un rendez-vous avec un club. Les photos le montrent enjoué. Elles sont publiées sur la page Facebook de « Ovale Ensemble ». Face à l'embarras et aux polémiques, elles ont été effacées depuis. Jalil Narjissi apprend très vite la nouvelle. Son agacement monte d'un cran.

 

Plus tard, le président de la FFR s'expliquera : il pensait que la famille ne souhaitait pas le voir car c'était lui « qui lui avait annoncé la nouvelle » de la mort de l'enfant mais aussi parce que Jalil Narjissi avait refusé un appel en visio du président de la FFR en Afrique du Sud. Les raisons de ce refus sont simples. Au Cap, l'ambassadeur de France a posé des questions au papa du jeune homme, dévasté, qui lui a dit son sentiment d'abandon. L'ambassadeur l'aurait alors rapporté à la FFR. Grill a proposé une visio. Uniquement en réaction, considère Jalil Narjissi. Agacé, il a refusé.

Après la Féria de Béziers, Grill se déplace le jour même jusqu'à la fête du rugby de Torreilles. Le lendemain, il se rend à Nîmes pour une nouvelle réunion de campagne. La priorité semble clairement être les élections.

 
27 août 2024, les Narjissi accusent

Le mardi 27 août 2024, vingt jours après la disparition de Medhi Narjissi, tout s'accélère. Informée par son réseau dans le monde du rugby des déplacements de Florian Grill pour mener campagne, la famille Narjissi donne une conférence de presse vers 16h45, à Agen. Elle dure cinquante minutes. « On aurait bien voulu le voir à nos côtés, regrette Jalil Narjissi, au sujet de Florian Grill. Il se déplace pour des affaires à deux balles. Mais pour notre fils, non. Qui devait être à nos côtés ? La Fédération sud-africaine nous a tout mis à disposition. Il était où le Président pendant ce temps-là ? » « On leur a fait confiance. C'était un enfant choyé. On a l'impression que ce ne sont que des bras cassés à la Fédération », s'emporte Valérie Narjissi.

 

Après avoir pris connaissance de ces propos, Florian Grill, manifestement embarrassé par l'ampleur médiatique prise par l'affaire, réagit. À 18 h 51, il adresse un message WhatsApp cordial à Jalil Narjissi, dans lequel il se justifie de son absence en Afrique du Sud. Il propose de venir rencontrer la famille à Agen.

La conférence de presse des Narjissi a-t-elle provoqué un électrochoc dans le clan de Florian Grill ? Des échanges dans le groupe WhatsApp OE Trolling (Ovale Ensemble Trolling), qui réunit une trentaine de membres de la garde rapprochée du président de la FFR, se multiplient. Dans un premier temps, des comptes-rendus de la conférence de presse publiés sur différents médias sont envoyés sur le groupe.

 

Le clan s'inquiète que l'image du candidat Grill soit écornée. Il est 20 h 03, ce 27 août, quand le président de la FFF écrit. « J'ai besoin de votre soutien (...). Je me fais défoncer alors que j'ai été 24h/24 sur le pont et qu'il fallait aussi organiser le rapatriement. » Des membres de son équipe lui disent de se « protéger ». À 20 h 23, Grill demande à ses « hommes » - une seule femme fait partie du groupe - s'ils ont pris des abonnements à différents journaux pour aller le défendre sur les réseaux : « Il faut aller sur les forums de L'Équipe, de Rugbyrama, de Rugbynistère et d'actu rugby », écrit-il.

 
27 août, 22 h 57 : Grill refuse de décaler les élections et en a marre d'en prendre « plein la gueule »

Nous sommes toujours le 27 août. À 21h14, Christian Arnaud, un soutien de toujours, fâché depuis, écrit trois messages successifs dans le groupe : « Je pense qu'il faut reculer les élections. Environ deux mois, le temps que l'enquête interne ou mieux judiciaire dégage les responsabilités. Nous sommes trop dans le temps de la douleur (...) Les conditions pour un débat politique apaisé ne sont plus réunies. Cela ajoute aussi à la douleur et la colère des parents. » À 21h17, il ajoute : « Le temps politique doit s'effacer ». Les échanges se poursuivent. Arnaud insiste sur la nécessité de reculer les élections.

 
1defa.jpg
 
Florian Grill, le président de la Fédération française de rugby. (DUPUY WILLIAM/L'Équipe)

À 22h22, Jean-Charles Mascetti, l'un des plus proches du président candidat, répond : « Non, je ne pense pas. Nous sommes dans une dynamique de victoire. » Puis Grill écrit, à 22h31 : « Non, désolé, je ne décale pas. La campagne est beaucoup trop fatigante pour la décaler (...) Si ça doit s'arrêter, autant que cela s'arrête vite. Et si cela doit continuer, autant le savoir vite aussi. » Arnaud riposte à 22h38 : « L'histoire se souviendra que pour nous, la vie a continué. » Grill répond à 22h57 : « Christian, j'espère que tu peux comprendre que j'en ai marre d'en prendre plein la gueule. Autant que ça aille vite, je ne veux pas prolonger dans un sens ou dans l'autre »

 
 
À l'été 2024, les scandales s'enchaînent, la FFR dénonce leur récupération
Le 22 mai 2024, Maagi Jessop, 13 ans, meurt noyé sur l'île de Futuna, lors d'une sortie « qui n'est pas organisée par la FFR », précise-t-on du côté de la Fédération. Le 7 juillet, l'International Melvyn Jaminet tient des propos racistes dans une vidéo. Le lendemain, Oscar Jégou et Hugo Auradou sont interpellés en Argentine pour des soupçons de viol (ils bénéficieront d'un non-lieu). Le 7 août, Medhi Narjissi disparaît en mer. Le 23 août, un comité directeur est consacré à la gestion des affaires et des drames, lors duquel l'opposition dépose une motion de censure.
Une instrumentalisation « évidente », en pleine campagne, veut-on croire à l'époque chez des cadres de la FFR. Contacté, Florian Grill n'a pas souhaité s'exprimer publiquement. Il a déclaré ces derniers mois ne pas vouloir substituer ses propres tourments, en tant que président de la FFR, à l'immense douleur de la famille, incomparable et qu'on ne peut que « comprendre » et « accepter », a-t-il l'habitude de dire.
Il avait eu l'impression, avant la conférence de presse des Narjissi du 27 août 2024, d'avoir beaucoup échangé avec eux par écrit, leur disant être à leur « entière disposition », leur promettant « transparence » sur l'affaire, et leur proposant, quand ils seront prêts, de « réfléchir à la trace » que leur fils pourrait laisser dans le rugby français (commémoration, un trophée portant son nom, etc). « Les précédents échanges avec la famille ne laissaient pas présumer cette colère. Dès qu'elle a été entendue, Florian Grill s'est immédiatement rendu à Agen », assure-t-on du côté de la Fédération, qui précise qu'il est difficile de « trouver le bon ton » et les bons mots dans de telles situations de souffrance. Mais une source proche de Grill rappelle que s'il « personnifie » la mort de Medhi auprès de la famille (c'est lui qui avait annoncé le décès), ce n'est pas ce qu'on pourrait lui reprocher « post-drame » qui « explique ce qui s'est passé. » M.L.

  • ZACH aime ceci

#9959 el landeno

el landeno

    Equipe de France

  • Membres
  • PipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPip
  • 8 432 messages
  • Genre:Homme
  • Ville:dax
  • Mon club:

Posté 28 juillet 2026 - 19:46

Medhi Narjissi, deux ans après : entre le président de la FFR Florian Grill et la famille, récit d'un huis clos bouleversant
« L'Équipe » dévoile le contenu de la rencontre, le 30 août 2024, entre les Narjissi et Florian Grill. « J'ai une responsabilité potentiellement pénale en tant que président, je la comprends et je l'assume », leur avait dit notamment le patron de la FFR.

D'un côté, une famille dévastée qui accuse. De l'autre, un président de Fédération qui considère avoir fait tout ce qui était en son pouvoir pour gérer la crise au mieux. Depuis la disparition tragique de Medhi Narjissi, le 7 août 2024, en Afrique du Sud, alors qu'il effectuait un bain de récupération avec l'équipe de France U18 sur l'une des plages les plus dangereuses au monde, Jalil, Valérie et Inès Narjissi, les parents et la grande soeur de Medhi, reprochent à Florian Grill un manque de considération à leur égard, par-delà les manquements de la Fédération qu'il dirige, défaillances établies par le rapport de l'inspection générale paru l'an passé.

 
 
 
 

À travers de nombreux échanges WhatsApp, des vidéos et des photos dont nous avons eu connaissance, nous avons pu retracer les actions de Florian Grill et de son entourage après la catastrophe. Ils expliquent le cheminement qui a mené la famille à une rancoeur profonde. Dans le premier épisode, nous vous racontions les raisons de la colère de la famille. L'Équipe vous narre ici la teneur du rendez-vous entre le président de la Fédération française de rugby et les Narjissi, fin août 2024.

 
 
28 août 2024, Grill appelle les Narjissi

Le lendemain matin de la conférence de presse tenue par la famille, Jalil Narjissi répond par message à la proposition de Florian Grill de venir le rencontrer. C'est oui. « Monsieur le Président (...), écrit-il, j'ai lu que vous aviez peut-être mal apprécié l'importance de votre présence à nos côtés. Cette phrase m'apaise (...) J'ai besoin de cette rencontre. Sincèrement. ». Il se dit disponible à 14 heures. « Bonjour monsieur, dit Grill, je vous appelle à 14 h 00. Merci infiniment de me laisser la possibilité d'échanger avec vous comme le père que je suis. Désolé d'avoir imaginé que ma présence n'était pas opportune et de n'avoir pas été auprès de vous au Cap ou à votre arrivée en France. » Pour Florian Grill, désormais critiqué dans les médias, il est temps d'essayer de renouer avec la famille.

 
30 août au matin, le clan Grill a peur de se « faire atomiser »

Le 30 août, à 6 h 47 du matin, Christian Arnaud transfère dans le groupe WhatsApp de campagne le commentaire d'un internaute sur Facebook dans lequel il est écrit : « Je trouve lamentable de voir un président et ses vice-présidents continuer une campagne après ce qu'il vient d'arriver (...) Un président d'école de rugby irait en prison si un malheur à un petit enfant sous sa responsabilité arrivait (...) Je vois le président de la Fédération se balader dans toute la France avec le sourire et faire des accolades comme si de rien était... Sincèrement, honte à vous ».

 
 
 
 

Christian Arnaud commente : « Je pense qu'il ne faut aucune photo samedi (dans une manifestation prévue le lendemain) sinon, on va se faire atomiser. » À 6 h 57, Grill se justifie à nouveau de sa volonté de poursuivre sa campagne : « J'ai été au RV à chaque fois même si je me suis trompé en pensant que ma présence était inopportune auprès de la famille de Medhi (...) Sur tous les événements de l'été, j'ai été H24 sur le pont (...) Maintenant, ma responsabilité de président est aussi d'être auprès des clubs et de mes équipes. Je ne peux pas et ne dois pas tout arrêter. » Quatorze minutes plus tard, son train quitte Paris. Il arrive à Agen à 10 h 25, où il doit rencontrer la famille dans un hôtel. Là encore, le ton va radicalement changer.

 
30 août, face aux Narjissi, Grill se « fout de la politique » et dit que sa « responsabilité pénale est engagée »

Quinze minutes après son arrivée à la gare d'Agen, Florian Grill rejoint Valérie, Inès et Jalil Narjissi dans un hôtel situé à un kilomètre de la gare. La rencontre dure un peu plus d'une heure. Elle est bouleversante. Grill, la voix basse, apparaît contrit. Valérie est anéantie, parfois vindicative, elle pleure souvent. Inès est dévastée. Jalil se montre extrêmement calme. Très vite, le président de la FFR présente ses excuses. « J'ai une responsabilité potentiellement pénale en tant que président, je la comprends et je l'assume », dit-il dans un premier temps. Les parents de Medhi expriment leur douleur de ne pas avoir récupéré le corps de leur enfant.

 

Jalil met aussi les choses au point sur un sujet qui ajoute de la douleur à la douleur. Sa femme et lui en veulent à Abdelatif Benazzi, l'un des vice-présidents de la Fédération, qui s'est exprimé dans les médias sur la disparition de leur fils. « On n'a pas besoin d'être pollué par des choses extérieures, dit Jalil. Il m'a appelé le jour J, je lui ai dit de rester à sa place. Il se permet de dire qu'il m'a au téléphone tous les jours. C'est faux. Il n'a pas à se servir de cela (à des fins politiques). Je vous demande de lui dire clairement les choses. » « On a assez de rage comme ça », insiste Valérie. Grill acquiesce.

 

Puis il reconnaît qu'il aurait dû se déplacer avec eux jusqu'en Afrique du Sud ou les accueillir à leur retour. « J'ai vraiment cru que ma présence n'était pas voulue », insiste-t-il. « Même si je ne pardonne pas, dit Jalil, je l'entends ». « Pas moi », réplique Valérie. « Je ne vous demande pas de me pardonner, répond Grill. Je veux juste vous présenter mes excuses. » « Je vous ai fait confiance, je vous ai confié mon fils, pleure Valérie. Quand il est parti, il m'a dit : ''t'inquiète maman, on se voit dans quinze jours.'' J'ai attendu le 22 (août), devant la gare, personne n'est arrivé. » Grill se contente de peu de mots. Il écoute.

 
fc4a3.jpg
 
La plage de Dias Beach près du Cap (Afrique du Sud), où Medhi Narjissi s'est noyé. (MONDHLANA NKATEKO/L'Équipe)
 

« Medhi devait venir à mon anniversaire et au lieu de cela, je ferme les yeux et je vois mon frère dans l'eau », dit Inès, qui vient de fêter ses vingt-trois ans sans lui. Elle est effondrée. « Ma vie est détruite. » Elle a renoncé, depuis, à ses projets à l'étranger. « Je n'ai pas de mots », répète sans cesse Florian Grill. « Je vous dois la transparence pour la mémoire de Medhi et vous l'aurez », promet-il. « Je ne fais pas de politique, prévient Jalil. Je n'ai aucun contact avec l'opposition. J'ai mis tout le monde à dix mètres » « Je me fous de la politique », répond Grill. Il va plus loin : « Je sais que ma responsabilité pénale est engagée, je l'assume ».

 

Devant la juge d'instruction en charge de l'affaire, Agnès Navarro, qui a mis en examen la Fédération française de rugby en tant que personne morale pour homicide involontaire après avoir interrogé Florian Grill, le 24 avril 2026, le président de la FFR dira l'inverse : « En mon âme et conscience, je ne vois pas de responsabilité de la FFR ni même de la DTN », assurera-t-il. « Même si c'est trop tard, reprend Jalil, à Agen, aujourd'hui, vous êtes là. Je vous fais confiance (pour qu'il y ait de la transparence) ». Valérie : « Je suis désolée mais pas moi. » Au bout d'une heure d'échange, la maman de Medhi souhaite « un bon retour » au président et quitte la pièce avec sa fille.

 

Jalil Narjissi et Florian Grill restent dix minutes de plus, seuls, dans un échange apaisé, parfois mystique. « Je n'ai pas été digne de (votre) confiance et j'ai bien l'intention de l'être (désormais) », dit Grill. De longs silences s'installent. « C'est dur de se contrôler, dit Jalil, c'est dur de ne pas faire de bêtises. » « C'est Medhi qui vous parle », lâche Grill. « Oui, c'est lui qui me dit (de ne pas faire de bêtises) : ''Pour Inès, pour maman, pour mon image''. » Cette rencontre déchirante explique en partie la colère de la famille Narjissi à l'encontre de Florian Grill. Dans les semaines et les mois qui suivent, plusieurs personnes contactent Jalil Narjissi pour lui affirmer que le président de la FFR serait apparu face à lui dans une posture.

 

Il lui fut notamment rapporté que le lendemain, Florian Grill aurait dit à ses troupes qu'il avait pensé, lors de cette entrevue, qu'il allait « en prendre une. » Une petite musique que l'on entend depuis plusieurs mois dans le monde du rugby, Jalil Narjissi n'étant pas particulièrement connu pour son calme et son sens de la diplomatie. Que l'anecdote soit vraie ou qu'elle soit fantasmée - un témoin nous a assuré que ces mots avaient bien été tenus en sa présence -, le papa de Medhi, qui s'est montré d'une grande courtoisie avec le président de la FFR à Agen, s'est alors senti trahi.

 

À l'issue de sa rencontre avec la famille Narjissi, Florian Grill part en Auvergne, à Issoire, pour tenir un discours, le soir même, dans le cadre du Challenge Auvergne. La soirée se termine tard, « à deux heures du matin en buvant du whisky », racontera-t-il à ses amis de campagne électorale le lendemain. La politique a repris ses droits.

 
 
Grill nie toute responsabilité pénale de la FFR ou de lui-même
Publiquement ou devant la juge d'instruction, Florian Grill a toujours reconnu une « responsabilité morale » de la fédération et de lui-même, jamais une responsabilité pénale, ne voyant que des « décisions incompréhensibles prises localement » par les deux encadrants, Stéphane Cambos et Robin Ladauge, qui ont été mis en examen pour homicide involontaire. « La triste réalité, c'est que la faute a été commise sur place, et uniquement sur place. C'est une décision individuelle de sortir du programme établi qui a causé le drame », a-t-il dit dans une longue interview à Midi Olympique, au lendemain de la mise en examen pour homicide involontaire de la Fédération française de rugby. « Aucune baignade en mer n'était prévue », a-t-il ajouté. « On a notre position, cela ne veut pas dire qu'on n'éprouve pas une immense empathie vis-à-vis de la famille, observe la fédération, sollicitée par l'Équipe (...) Que les culpabilités soient établies, et que la famille puisse faire son deuil. » « Les fautes qui ont causé l'accident ne sont en rien imputables à des personnes susceptibles d'engager la responsabilité pénale de la Fédération », assure pour sa part Me Mathias Chichportich, l'avocat de la FFR. Florian Grill a envisagé de démissionner à l'été 2024, comme c'est le cas de son secrétaire général Sylvain Deroeux et de son vice-président Jean-Marc Lhermet, avant d'y renoncer, considérant que leur rôle était d'être « résilients » et de « faire transparence pour la famille », nous rapporte-t-on. « On vient de vivre trois années horribles, dit une source élue à la FFR. À l'été 2024, cette affaire, c'est le climax. On se dit après réflexion que démissionner, c'est la solution de facilité. On se dit qu'il faut faire le boulot, faire un rapport sur ce qui s'est passé, se mettre à disposition de la justice et de la famille (...) Il doit y avoir un vote (le 19 octobre 2024), donc une sanction des clubs, qui dira si nous sommes légitimes à continuer ou pas. À l'époque, Jalil Narjissi nous demande notre rapport d'enquête. On se dit que démissionner, ce serait une deuxième trahison de la famille. » M. L.
 
« En tant que président, on subit ce qui se passe », Didier Codorniou, candidat contre Florian Grill
Interrogé en septembre 2024 dans nos colonnes sur la responsabilité de Florian Grill dans le drame Narjissi, Didier Codorniou, candidat à la présidence de la fédé, habituellement virulent sur l'action de son rival, s'était montré modéré. « En tant que président, on subit ce qui se passe, dit-il. On essaie de savoir ce qui s'est réellement passé dans cette tragédie, on assume la responsabilité. J'ai vécu chez moi des drames avec des accidents mortels de jeunes gosses. On n'est pas formés pour ça. Après il y a l'emballement médiatique, le dépôt de plainte et les conséquences de tout ça. Il y aurait pu avoir une interruption de la campagne ». Les propos sont tempérés, peut-être en raison de sa propre expérience. Le grand public ne le sait alors pas encore, mais Didier Codorniou, en tant que maire de Gruissan, a lui-même été mis en examen pour homicide involontaire en juin 2024 (il a depuis bénéficié d'un non-lieu), à la suite de la mort d'un enfant sur un manège installé sur sa commune. M. L.

  • ZACH aime ceci

#9960 el landeno

el landeno

    Equipe de France

  • Membres
  • PipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPip
  • 8 432 messages
  • Genre:Homme
  • Ville:dax
  • Mon club:

Posté 28 juillet 2026 - 19:59

Medhi Narjissi, deux ans après sa disparition : les Narjissi ont demandé au ministère le retrait de la délégation de service public de la FFR
L'association Vigilance Rugby, montée en avril par des amis de la famille Narjissi et conseillée par l'avocat François Guéant, proche de Claude Atcher, a lancé plusieurs procédures administratives contre la Fédération française de rugby.

Aucun cadre de la Fédération française de rugby ne se risquera jamais à parler publiquement de récupération politique ou d'instrumentalisation dès lors qu'il s'agit de l'affaire Narjissi. Aucun ne veut être accusé de salir la douleur d'une famille qui a perdu un fils et d'ouvrir un contre-feu, alors que la FFR a été très critiquée pour sa gestion du drame et est mise en examen pour homicide involontaire. En privé, plusieurs huiles de la Fédération ont néanmoins fait part de leur stupéfaction lorsqu'elles ont appris que Claude Atcher, ancien patron du GIP 2023, mis en cause dans plusieurs enquêtes pénales pour harcèlement moral et pour des faits de probité publique (il est présumé innocent), avait organisé l'interview dans Le Figaro, le 23 avril 2025, de Jalil Narjissi, dans laquelle ce dernier a appelé à la démission de Florian Grill.

 
 
 
 

Elles ont été encore plus déconcertées en découvrant qu'une association, Vigilance Rugby, créée le 13 avril 2026 par des proches de la famille Narjissi, avait saisi le tribunal administratif de plusieurs procédures contre la FFR. Le tout avec un avocat, et pas n'importe lequel : Me François Guéant, très proche de Claude Atcher pour avoir été notamment directeur juridique du GIP 2023. Des insinuations balayées par l'intéressé, qui dément toute animosité envers Florian Grill et affirme n'être guidé que par le droit et les problématiques de la famille Narjissi.

Selon ses statuts, consultables en préfecture, Vigilance Rugby a pour objet le « soutien moral, administratif et financier aux familles de victimes mineures d'infractions, de catastrophes ou d'accidents liés à la pratique ou à l'encadrement du rugby ». Elle peut prendre en charge les frais d'obsèques ou de justice, « représenter les familles auprès des pouvoirs publics » et soutenir « des recours individuels ou collectifs contre fédération, ligue, club ou toute autre personne morale ou physique ». Ses statuts l'habilitent aussi à « saisir le ministère des Sports pour des sanctions fédérales ».

 
 
 
 
 

C'est ainsi que devant le tribunal administratif de Paris, en mai et juin 2026, Me Guéant, au nom de l'association, a réclamé un « état précis et daté des mesures prises » par la FFR à la suite du rapport de l'IGESR sur le drame Narjissi. Dans ses requêtes, Me Guéant estime que « l'absence d'information » et « l'inaction » de l'administration exposent les licenciés « à un risque pour leur sécurité ». Le tribunal administratif n'a pas donné suite mais le ministère des Sports a fourni une lettre envoyée en juin 2025 à la FFR, dans laquelle il demande à la fédération où elle en est par rapport aux préconisations de l'IGESR.

 
La responsabilité globale de la Fédération mise en cause

Les inspecteurs avaient en effet recommandé, en février 2025, la création d'un « service d'appui logistique et administratif commun à toutes les équipes de France », le renforcement des dispositifs internes de contrôle de la règlementation, une gestion beaucoup plus précise et formelle des séjours et des missions dévolues aux encadrants, et une amélioration des procédures d'information et d'accompagnement des familles de joueurs U18 présents en Afrique du Sud en 2024.

 

La FFR a répondu avoir amorcé un « travail rigoureux » et une « profonde réforme de l'organisation de ses équipes de France » et édicté des « règles de fonctionnement précises pour les séjours encadrant des mineurs ». « L'organisation des rassemblements est désormais encadrée par des fiches de poste détaillées pour tous les acteurs salariés et bénévoles (sélectionneur, ambassadeur, team manager) précisant leurs responsabilités respectives en matière de sécurité, logistique, suivi médical et disciplinaire », poursuit Florian Grill. « Des documents de cadrage des séjours (livret parents, programme détaillé, charte, règlement intérieur) sont maintenant systématiquement transmis », ajoute le président de la Fédé.

La réponse de la FFR n'a pas satisfait Vigilance Rugby. L'association a écrit au ministère pour demander un retrait de la délégation de service public de la FFR et menace de saisir à nouveau le tribunal administratif. Une information parvenue à la fédé, qui s'est dite scandalisée de ce que l'on puisse désormais attaquer le rugby, et non plus ses seuls dirigeants. En réalité, cette question n'est pas nouvelle et avait été posée dans une note datée du 23 août 2024, signée de Fabienne Bourdais, la directrice des sports, à l'intention du directeur de cabinet d'Amélie Oudea-Castera, alors ministre.

 

Rédigée par la « Sous-direction de l'éthique, de la protection des publics et des métiers », cette note pointait de nombreux « dysfonctionnements » et notamment une « organisation managériale de la chaîne décisionnelle défaillante/inopérante ». « La responsabilité de l'organisation (FFR), des personnels, des dirigeants élus voire du prestataire semblent mises en cause », peut-on lire. Les conclusions sont sévères : « Au regard des faits même partiellement établis, la responsabilité fédérale peut être engagée emportant un questionnement légitime sur les conditions de maintien de l'octroi de la délégation de la discipline rugby XV, voire celui de l'agrément ».

 

En effet, poursuivait Fabienne Bourdais, la FFR « ne paraît pas avoir mis en place les conditions pour assurer la sécurité physique des mineurs. Une enquête administrative permettrait d'envisager d'éventuelles mesures à l'encontre de la fédération et de ses dirigeants ». Le document concluait : la responsabilité « des élus de la fédération, dont il apparaît que le vice-président est signataire de la convocation au stage adressée aux joueurs, pourrait également être engagée. » À la suite à de ce document, une enquête administrative confiée à l'IGESR avait bien été diligentée en septembre 2024. Mais Vigilance Rugby considère qu'elle était trop restrictive et s'est surtout attachée à « identifier les responsabilités » des deux seuls Robin Ladauge et Stéphane Cambos, les encadrants sur place.

 
 
 





3 utilisateur(s) li(sen)t ce sujet

0 members, 3 guests, 0 anonymous users