L'Equipe du jour :
Diego Dominguez Autorité silencieuse
Le manager débutant du RCT, mis très vite sous pression par Mourad Boudjellal, semble avoir gagné du temps, fort de l’écoute de ses joueurs. DE NOTRE ENVOYé SPéCIAL
ARNAUD REQUENNA TOULON – Il pédale, relance, vent de face, un sac de sport sur le dos, dans les bosses du littoral Frédéric-Mistral, la corniche toulonnaise. C’était hier après-midi, sous le soleil ; ç’aurait pu être la veille ou demain, beau temps ou pas. « À Paris, déjà, Diego ne se déplaçait qu’à vélo, témoigne Thomas Lombard, ex-coéquipier au Stade Français. Il aime ça, et comme il a eu un genou opéré, ça lui fait tourner les jambes, c’est bon pour lui. » Et Diego Dominguez (50 ans) ne produit jamais rien d’inutile.
Hier, en le regardant sur sa bicyclette, en short et maillot rouge, on s’est imaginé un genre de moine-entraîneur, missionné. « Je suis très rigoureux. Il faut que les choses soient bien faites », confiait-il dans ces colonnes le 21 janvier. Pour lui, ça commence donc à vélo. « Il est très rigoureux, confirme Laurent Emmanuelli, ancien pilier parisien aujourd’hui chargé du recrutement au RCT. Diego s’astreint aux mêmes exigences que lorsqu’il était joueur et vient à vélo à l’entraînement chaque jour. » Et même quand les joueurs sont au repos, comme hier matin. Dominguez passe un temps fou à Ange-Siccardi, le centre d’entraînement toulonnais : dans la cabane de chantier-bureau des entraîneurs ; dans les autres bureaux du club, ici à interroger quels joueurs sont concernés par une opération marketing, là à regarder la mise en page sur le site Internet du RCT… « Il s’intéresse à tout, pose des questions, même si l’essentiel pour lui reste le terrain, dit un salarié. Mais il aime savoir. »
Il a un gros mental. Je comprends mieux pourquoi il a été un grand 10 en étant comme ça”
Mamuka Gorgodze
Laurent Emmanuelli, Toulonnais d’origine, raconte : « Avant de venir, Diego s’était beaucoup documenté sur l’histoire du RCT, les exigences et les particularismes de ce club. Il est très respectueux de ce qui a été fait avant. Ça ne m’a pas étonné de sa part, il est très pro pour tout, mais je ne suis pas certain que tous les entraîneurs le feraient avant d’arriver dans un club aussi identitaire que le nôtre. » Dominguez, recruté par Mourad Boudjellal en un quart d’heure en décembre 2014 pour succéder à Bernard Laporte en juillet 2016, n’ignorait rien du torride contexte varois. « Il y a la pression, j’en suis conscient, confiait-il encore à L’Équipe en janvier, dans une de ses rares interviews. Je suis venu ici pour gagner, j’ai travaillé pour ça toute ma vie. Si je ne gagne pas, ne vous inquiétez pas, je partirai de moi-même. »
De là à s’en aller, poussé dehors, avant que ça ne commence, en juillet, ou après quatre journées comme Mourad Boudjellal en faisait planer la menace… S’il a encaissé le coup, Dominguez ne s’est pas plaint – « Il n’est surtout pas du genre à demander conseil », assure Christophe Dominici, l’ex-ailier parisien et toulonnais. Il ne s’est pas plus épanché dans la presse, ce qui ne lui aurait pas ressemblé jurent ses proches. Devant ses joueurs, il a tenu le cap, s’est attaché à les rassurer avant le déplacement à Toulouse (victoire avec bonus offensif, 32-15) où il jouait sa tête. Mamuka Gorgodze, deuxième ou troisième-ligne du RCT : « Il nous a dit : “Toute la pression est sur moi, je la prends. Je ne vous la mets surtout pas. Jouez.” Il a un gros mental. Je comprends mieux pourquoi il a été un grand 10 en étant comme ça (tout mince). Il a vraiment du caractère. »
On est là tous les deux pour que le RCT gagne”
Mourad Boudjellal
« Un grand pro, avec un caractère bien trempé, prolonge Laurent Emmanuelli. Il assume pleinement son rôle. » On devine Dominguez parfois rigide. « Il aime piquer les autres, s’amuser », corrige Dominici. Emmanuelli complète : « Il a une certaine rectitude et se fixe une ligne de conduite. Il est autoritaire, mais d’une autorité naturelle. Il est à l’écoute des joueurs, mais c’est lui qui décide. »
Christophe Dominici prévient : « Attention ! Diego ne se laisse pas endormir par les gens. S’il y a des Fantômas, ils seront démasqués. Il n’a pas besoin de communiquer à la presse comment il va faire ce qu’il va faire. Il fait. » Tous ses proches l’assurent, il ne cédera pas sans se battre jusqu’au bout. Mais, pour sa (relative) tranquillité, le vent est tombé depuis quelques jours au-dessus du RCT. Le manager semble moins en sursis. Oh, il n’est pas à l’abri d’un coup de Calgon de Boudjellal mais, imperceptiblement, on a noté une pacification des relations avec le président depuis le début de cette semaine, malgré le revers au Racing (41-30). Comme si chacun avait effectué un pas vers l’autre. « C’est exactement ça, confirme le patron-propriétaire du RCT. On est là tous les deux pour que le RCT gagne, pas pour satisfaire nos ego. » Mercredi matin, Boudjellal a ainsi déclaré en conférence de presse que « Dominguez n’est pas sous pression », « qu’il y a beaucoup de blessés » ; dans la foulée, le manager acceptait de se mettre à table avec son président et Mike Ford, sollicité pour muscler le staff du RCT (lire par ailleurs). Alors là, on peut même parler d’un grand pas pour l’intérêt du RCT.
Pourquoi cette marche arrière de Boudjellal alors que Dominguez a choisi le silence – « Désolé, je ne parle à personne. Plus tard », nous a-t-il répondu dimanche – ? Si le président n’a jamais eu de doutes sur l’engagement de Dominguez – « C’est un gros bosseur » –, il lui reproche un management basé sur l’affect, en particulier sur le choix de son staff. En gros : « Diego doit aimer la personne pour travailler avec elle, ce qui n’existe pas dans le monde de l’entreprise. » Après avoir imposé Marc Dal Maso, puis appelé Ford en renfort, Mourad Boudjellal aurait renoncé à remplacer l’Italo-Argentin en cours de saison car ce dernier a l’oreille des joueurs. Ça, c’est capital aux yeux du boss. « Je n’aime pas parler de mes entraîneurs, en règle générale, avertit Mamuka Gorgodze. Je dirai juste que Diego est un coach très humain. » À ne pas traduire par coolos. Dominguez ne flingue jamais un joueur devant les autres, comme l’unique Bernard Laporte, ce qui serait intolérable pour ce groupe. Il convoque en tête à tête. « Il dira les choses entre quatre yeux sans passer par quelqu’un d’autre et sans perdre de temps », décrypte Laurent Emmanuelli. « Diego, sourit Sébastien Tillous-Borde, s’il a envie de te dire quelque chose, il ne va pas prendre deux heures. Il a le sang chaud. » Le demi de mêlée toulonnais connaît un peu mieux, peut-être, Dominguez que la plupart de ses coéquipiers. Blessé pendant six mois la saison dernière, il a passé beaucoup de temps avec le manager en apprentissage. « À partir d’avril, j’ai recommencé à faire des passes avec lui. On était tous les deux, on a discuté de la saison en cours, de la suivante. » Tillous a retenu une priorité : « Il a toujours envie de gagner. Il a moins d’expérience que n’importe quel entraîneur, c’est sûr, mais il bosse, est pragmatique, va à l’essentiel. Son discours passe bien, les joueurs y adhèrent. » Ce que Mourad Boudjellal, après de nombreuses consultations ces deux dernières semaines, a admis. Ça ne fait pas remporter tous les matches – deux victoires, trois défaites –, mais voilà que Diego Dominguez a gagné du temps. Face au pas tellement patient Mourad Boudjellal, c’est précieux.
Quel cirque ! ! !
Bon courage pour faire la symbiose de tout ce petit monde....franchement par moment c est un peu du grand n importe quoi..tu te croirais au foot!
A chacun sa chanson et bon courage aux joueurs pour se retrouver au milieu de cette mosaique ! ! !
En attendant Meehan etait juste nul et avec les lignes arrieres du RCT on n'etait incapable de faire 3 passes d'affilee depuis 2 ans. Normal ? Et quand il a repris les Reds qui etaient tout en haut du Super Rugby ca avait deja ete la meme.
Ford avec Bath avait quand meme su leur organiser un sacre jeu des lignes arrieres. Esperons que ca marche aussi au RCT..







