Je le sens pas ce match
J'ai envie d'y croiver, mais je suis pas 100 % rassuré. Déjà, aucun blessé, ce serait bien ![]()
Posted 05 November 2025 - 17:47 PM
Je le sens pas ce match
J'ai envie d'y croiver, mais je suis pas 100 % rassuré. Déjà, aucun blessé, ce serait bien ![]()
Posted 05 November 2025 - 17:58 PM
Moi J'y vais !
j'ai gagné la tombola du Pub ! ![]()
Posted 05 November 2025 - 18:01 PM
Posted 06 November 2025 - 15:29 PM
Devant l'ascenseur du parking des Grands-Hommes, Louis Bielle-Biarrey s'interroge sur sa plaque d'immatriculation. Un monsieur appuyé sur des bâtons de randonnée s'interroge sur l'identité du « jeune homme ». « Il ne ferait pas du rugby ? » Il fait du rugby. « Ça a été dur, hier soir, hein. » Ça a été dur.
Quand on va interviewer Louis Bielle-Biarrey, la veille l'Union Bordeaux-Bègles a pris 56-13 à Toulouse. « Je n'y étais pas mais c'était dur quand même », souffle-t-il. L'ascenseur n'arrive pas, le monsieur continue. « Vous avez gagné quelque chose récemment, non ? » Oui. L'ailier de Bordeaux vient d'être élu meilleur international français de cette année où il a marqué les esprits et beaucoup d'essais. 33 en 30 matches. Là, il est même devenu le meilleur marqueur de l'histoire de l'UBB. À 22 ans.
Dont dix-sept de rugby. Dur d'y échapper avec toute l'ascendance paternelle qui a plus ou moins joué, depuis les arrière-grands-pères. Sa fossette lui vient de sa mère, son rugby, de son père. De ce côté-là, c'est le Sud-Ouest. Joël, le père, est né à Toulouse, son premier poste - il est ingénieur en microélectronique - l'a déplacé à Grenoble. La mère de Louis s'appelle Sandrine, vient de La Réunion, Sainte-Marie, quartier Duparc. Prépa HEC là-bas puis Sup de Co à Marseille, Bordeaux et Grenoble où elle est cadre en supply chain achat. C'est elle qui a insisté pour que Joël trouve un casque pour Louis, quand il a commencé à jouer.
Son casque, rouge, descendant du Canterbury dégotté d'occasion par son père quand il avait 7-8 ans, est devenu indissociable de l'ailier de l'équipe de France. Il y a même eu des soubresauts en Top 14 quant à sa couleur ; une sombre histoire de section 4 et d'article 377 bis, les règlements ont le romantisme pragmatique.
LBB n'en a pas fait une jaunisse non plus, ce casque rouge est devenu lui à son insu, ce n'est même pas vraiment une question de superstition. « Non. Juste, quand j'entre sur le terrain, j'ai mon casque et mon protège-dents comme quand je sors dans la rue, j'ai des chaussettes et des chaussures. » Ce qui n'est en effet pas complètement de la superstition.
« Je n'ai pas hésité une seule seconde à privilégier le rugby »
Louis Bielle-Biarrey
Son casque, il date de ses débuts ovales, à Seyssins, à côté de Grenoble et à côté de La Tronche, là, où il est né, un 19 juin. Petit, il dort avec son ballon, un peu plus grand, il est fan de Maxime Médard et François Trinh-Duc, admire Jonny Wilkinson, rêve d'être rugbyman professionnel, « mais comme on rêve d'être pompier, ou d'aller sur la Lune », tempère-t-il.
D'ailleurs, son père l'avait prévenu qu'il avait plus de chances de faire Polytechnique que Top 14, comme métier. Encore plus grand, la carotte et le bâton sont ovales : « Quand je n'avais pas de très bonnes notes, ou que je bavardais en cours, mes parents me menaçaient de faire sauter les entraînements. »
À l'époque, il gagne aussi les cross de la commune, se débrouille bien avec un ballon et avec une raquette, au foot, au hand, au badminton. Et puis, il skie, forcément. Du slalom, du géant, le mercredi après-midi. Mais quand il passe au FC Grenoble, en moins de 14 ans, le mercredi après-midi, il y a entraînement. « Je n'ai pas hésité une seule seconde à privilégier le rugby. » En janvier, ça fera six ans qu'il n'a pas skié.
On se dit que dévaler les pentes à toute blinde doit lui manquer. On se trompe. « Je ne suis pas trop fan de vitesse sur les skis. Ni à vélo. Ni en voiture. Ça peut paraître contradictoire. » Un peu. Parce que lui va vite. Très vite. Très, très vite. Son record : 37,8 km/h, sur 10 mètres. Dans un article de L'Équipe, le directeur de la performance de l'UBB, Thibault Giroud, a extrapolé un 100 m en 10''80 facile. À se demander si une carrière en athlétisme...
L'ailier sourit. « Ma vitesse est arrivée sur le tard. » Un truc d'ado. Un été, comme tous les deux ans avant que le rugby ne prenne toute la place, il part en vacances à La Réunion et quand il revient, il court plus vite que tout le monde. Jusque-là, Louis Bielle-Biarrey, 1,65 m, formé à l'ouverture, passé à l'arrière, avait des qualités, de vision, de technique individuelle, il jouait au pied, à la main, c'était super mais sur le terrain, il était le plus léger. Alors, il n'a pas été détecté.
Et puis la vitesse arrive, le gabarit aussi. Pas un tank - aujourd'hui il fait 1,85 m tout en jambes et 84 kg déliés - mais il chope la puissance physique et la vitesse qui lui manquaient. De môme à la croissance tardive, il devient joueur précoce. En 2021, en six mois, il passe de bon joueur de club - « avec quelque chose de spécial selon ceux qui connaissaient le rugby » avait glissé son papa - à l'équipe de France des moins de 20 ans. Il n'a même pas 18 ans alors les parents doivent signer une décharge pour qu'il puisse jouer.
« J'ai passé une année assez folle. Le premier titre de l'histoire de l'UBB, mon premier titre avec les Bleus »
Louis Bielle-Biarrey
Puis demander une dérogation au rectorat pour décaler son grand oral et son bac de philo en septembre. Et puis il y a la signature à Bordeaux, trois essais pour son premier match complet, en Coupe d'Europe. Et Fabien Galthié qui l'appelle pour la préparation du Mondial en France avant de faire de lui, quelques semaines plus tard, le plus jeune international français à avoir disputé une rencontre de Coupe du monde. Et 2025 a couronné le tout. « C'est vrai que j'ai passé une année assez folle. Le premier titre de l'histoire de l'UBB (champion d'Europe), mon premier titre avec l'équipe de France (le Tournoi, dont il a été élu meilleur joueur). C'était assez fou. »
On lui demande s'il réalise vraiment ce qu'il a accompli, il dit que « pas vraiment ». « Je suis heureux, donc je ne me pose pas toutes ces questions. Ce que je veux, c'est avoir zéro regret, faire tout ce que je peux à fond, prendre tout ce que je peux prendre. Ça fait un peu bateau. » Il s'excuse presque. Il a le droit d'être bien dans ses pompes, ça ne court pas tant les stades que ça.
« J'essaie de surfer sur cette vague-là, d'insouciance, comme j'ai pas mal de choses qui me réussissent. Après, je sais que ça ne peut pas continuer que comme ça, ce n'est pas possible, il y aura forcément des coups durs, des blessures, des méformes, il faudra aussi être préparé à ça. Mais, pour l'instant, je surfe sur cette vague-là. »
On se permet : au sens figuré, la vague. Parce que LBB nous a confié un petit problème de surf au sens propre. Il n'est pas « très eau », nous dit-il. Sa dernière tentative remonte à Seignosse, pendant la Coupe du monde. « J'ai pris trois vagues en trente minutes. J'étais complètement cramé. Je passe un temps fou à ramer pour essayer de prendre une vague et vu la gamelle que je me prends, ça ne vaut pas le coup. »
On a peut-être trouvé quelque chose qui l'énerve. À le voir aussi cool, on se demandait si un truc pouvait l'agacer et quand on lui avait demandé, il avait répondu « pas grand-chose. Ah si, quand il y a de l'eau par terre dans la salle de bain », et on avait pensé que même l'appli Petit Bambou est plus énervable. Donc, là, on se demande si on ne tient pas un truc, si, de manière générale, lui qui ne rate même pas une mayonnaise, ne serait pas un peu agacé quand il n'est pas bon quelque part.
« Naturellement, je ne suis pas non plus quelqu'un qui aime trop faire de conneries »
Louis Bielle-Biarrey
« C'est vrai que je ne fais pas quelque chose si je ne suis pas bon. Je perds vite patience. » Ah ! Parce que, là, en discutant, tout semble couler sur lui. « Déjà, là, je ne vais pas jouer un match au Stade de France devant 80 000 personnes, ça aide à être détendu. Et puis, c'est peut-être l'impression qu'on a, peut-être qu'on ne voit pas ce qui se passe à l'intérieur. »
Comme on a échangé avec son entourage, on voit un peu quand même. « C'est quelqu'un de très responsable », nous a-t-on glissé. « Disons que j'ai quand même une petite notoriété. Je représente un peu l'UBB, un peu l'équipe de France, tout le temps, il faut être responsable par rapport à ça, gérer son image. Même si c'est vrai que, naturellement, je ne suis pas non plus quelqu'un qui aime trop faire de conneries. »
Il concède juste qu'à 18-19 ans, il aimait bien « faire la fête », qu'il « découvrait un peu la vie ». « Depuis un an et demi, deux ans - plus de deux ans maintenant même, je commence à me faire vieux - j'enchaîne plus avec les pros, ça demande plus de sérieux. » D'ailleurs, on nous a dit l'avoir vu un soir en boîte, certes, mais il jouait à la coinche sur son téléphone...
Dans une expression, dans un mouvement de sourcil, on sent le potentiel de vanne, d'humour pince-sans-rire. Et on l'a vu se lâcher dans les vidéos publicitaires qu'il a faites avec son ancien coéquipier Nans Ducuing mais on est quand même face à un monstre de sérieux. « J'aime bien déconner mais je suis assez introverti quand je ne vous connais pas ou que je ne suis pas à l'aise. C'est un peu ma personnalité, oui, d'être réservé. » « Il est dans le contrôle, dans une forme de vouloir bien faire, il y a peut-être un peu de culture familiale aussi », nous avait glissé un proche.
« C'est grâce à mes études de management que j'arrive aussi à être performant sur le terrain. J'ai besoin des deux »
Louis Bielle-Biarrey
Petit côté gendre idéal. D'ailleurs, il en est un, gendre. Il partage la vie de Chiara depuis plus de deux ans. Ils vivent ensemble à Bègles dans la maison que LBB a achetée, quartier des rugbymen, près du centre d'entraînement. Il fait des coinches avec les collègues de l'UBB, les Depoortère, Bochaton, Gazotti, joue aux échecs avec Damian Penaud (on lui dit qu'on nous a affirmé que c'est un très bon joueur mais un très mauvais perdant, il corrige « mauvais perdant, pas très mauvais perdant ! »), fait le rougail saucisse et le porc au caramel qu'il a appris à cuisiner auprès de sa mère et de son grand-père maternel aux origines chinoises. Comme quoi on peut être très sérieux quand on a 22 ans.
Sa copine aussi. Elle suit des études pour devenir expert-comptable. Évidemment. Les chiffres. Louis a eu son bac S maths-physique mention bien, il a une grand-mère chercheuse au CNRS en physique quantique. Il se serait bien vu faire une prépa intégrée mais des études scientifiques avec le rugby, c'était « vraiment se tirer une balle dans le pied ». « Déjà, que faire des études de commerce comme je fais, c'est pas facile. »
Il va attaquer sa troisième année à la KEDGE Business School, à Talence. Du management. « Je fais une formation plutôt générale, j'ai le temps de me spécialiser, je voulais trouver ma voie. » Et ne pas avoir que le rugby dans sa vie. Quand il a signé à l'UBB, il n'était pas question qu'il lâche ses études. « C'est grâce à ça aussi que j'arrive à être performant parce que j'ai besoin des deux, ça me fait du bien. J'apprends plein de choses ultra intéressantes. » Les cours d'analyse financière, notamment, le passionnent.
Louis Bielle-Biarrey nous répond assis sur l'un des canapés de la salle de l'étage du Café Gourmand, à Bordeaux. Le QG des joueurs de l'UBB. Ils ont commencé à signer le mur derrière le bar. En bas, Jean-Fou, le patron, a accroché des unes de Time Magazine sur un mur, des dizaines de casquettes sur un autre et l'enseigne du Playboy, une ancienne boîte de nuit de Biarritz, chinée il y a dix-sept ans, quand il a repris le restaurant.
En haut, il y a des centaines de collages entre les moulures marron glacé et Louis Bielle-Biarrey, pantalon et pull foncés et mini-mulet coupé de frais, ses longues guiboles rangées sous la table, un début d'accent bordelais qui pointe de temps en temps. Louis Bielle-Biarrey qu'on interroge sur lui, même si on sait que ce n'est pas ce qu'il préfère, être mis en avant. On voit bien que ce n'est pas feint, que les compliments le mettent plutôt très mal à l'aise. Il pouffe, gêné, quand on lui répète qu'on nous a dit que si une IA dessinait le joueur de rugby parfait, elle le dessinerait lui. « Je n'ai que 22 ans, on fera le point dans dix ans pour voir si c'est toujours d'actualité. »
Tout ça, ça fait partie de son job et son job, il veut le faire bien, comme tout ce qu'il fait. « J'aime bien être exigeant avec moi. Quand je suis arrivé à Bordeaux, je ne voulais pas me laisser d'autre choix que de réussir. Quand j'étais au rugby, c'était vraiment pour performer et pour réaliser mon rêve d'être rugbyman pro, je voulais mettre le maximum de chances de mon côté, me donner à 100 %. » Voire 101.
« Avec le stress et les efforts très intenses, je vomissais »
Louis Bielle-Biarrey
La saison dernière, il l'a finie rôti. « En demi-finales à Lyon (face à Toulon), je l'avais rarement vu aussi fatigué, il était vraiment au bout du rouleau », se souvient un proche. Et puis il y a cet estomac qui se tordait régulièrement, à l'entraînement, en matches. On l'a vu pris de vomissements sur le terrain. Il avait évoqué notamment « le cardio qui monte dans les tours ». « En gros, j'avais des problèmes d'intestins, alors avec le stress et les efforts très intenses, je vomissais. J'ai réglé ces problèmes d'intestin, maintenant, ça va mieux. »
Un collègue nous parle d'un match à Twickenham où il l'a vu vomir en début de seconde période, chanceler un peu puis repartir pleine balle. « Ce n'était pas idéal de vomir mais ça me faisait du bien. De toute façon, je n'avais pas trop le choix, c'était mon corps qui s'exprimait. » Son petit côté Messi. Il ouvre grands les yeux. « Je ne savais pas du tout, je vais aller voir. Messi, il m'a fait rêver. Même s'il nous a pris une Coupe du monde. »
L'interview terminée, Louis Bielle-Biarrey se change pour le shooting photo. On a apporté plusieurs tenues sans être embêtés par ses partenaires, il n'en a pas. Il prend le temps, s'est entouré d'un agent image vers lequel il se tourne en disant « ça, c'est toi » quand il s'agit de choisir entre les looks.
Puis on prend sa voiture pour aller vers la suite du shooting, à La Méca, un centre culturel à l'architecture graphique comme il faut. Louis est au volant de sa Supra noir mat quand un « Samuel » s'inscrit sur son téléphone. « C'est mon frère, je le rappellerai après, c'est pour jouer à Fortnite. »
« J'aime bien le côté combattant de mon frère Samuel, je trouve ça inspirant »
Louis Bielle-Biarrey
Parce que maintenant, ils peuvent jouer tranquillement. « Il a juste dix-huit mois de moins que moi, alors on faisait tout ensemble, du rugby, du foot, du ping-pong, des jeux vidéo, des échecs mais on se foutait souvent sur la gueule ! On s'est beaucoup chamaillés. Mais maintenant, on aime bien passer du temps ensemble. » Samuel joue en Espoirs, à Grenoble. « Il joue numéro 13, c'est plus physique que moi et il est à 100 %. J'aime bien son côté puncheur, combattant, je trouve ça inspirant. »
Le photographe lui parle de son essai à lui contre Lyon, début octobre, quand il part de ses 22 et qu'il dépose toute la défense, lui demande à quel moment il sait qu'il a marqué. Dans le rétro, on voit le regard de l'ailier s'animer. « Dès le cad-deb, je sais. » Son regard s'était animé pareil quand le même photographe lui avait dit : « J'ai été fou quand l'équipe de France de foot a gagné la Coupe du monde en 1998, mais quand le quinze de France sera champion du monde, je serai carrément fou furieux. »
LBB avait répondu : « Pas autant que moi. » Et au monsieur de l'ascenseur qui s'était trompé en lui disant : « Vous avez gagné quelque chose récemment, vous êtes champion du monde. » LBB avait souri et répondu : « Pas encore. »
Posted 07 November 2025 - 07:10 AM
On le voit encore se marrer un matin en arrivant à l'entraînement à Montpellier, un jour de pluie, plus rare dans la région que dans son cher Pays basque. « Enfin, on va pouvoir aller aux champignons ! » s'exclamait le pilier. Plus terre que mer, bien qu'il ait grandi au bord de l'océan Atlantique, Baptiste Erdocio a cet air malicieux, ce morphotype du pilier trapu (1,75m, 115kg), le bandeau autour de la tête - à l'ancienne - et roule les ''r'' avec cet accent facilement identifiable. Le bon camarade, visiblement injouable à la coinche et loué par tous ses coéquipiers du MHR, où il a débarqué en 2023.
Mais derrière cette image, Erdocio est aussi un compétiteur acharné. Le soir de son sixième match avec Montpellier (le 11 novembre 2023, défaite 17-20 contre Clermont), au coeur d'un début de saison catastrophique, celui qui était alors pilier remplaçant avait pris la parole dans le cercle formé par les joueurs sur la pelouse, haranguant ses coéquipiers. L'entraîneur Richard Cockerill viré une semaine plus tard, Erdocio avait pris ensuite du galon sous Patrice Collazo, ce qui s'est confirmé ensuite avec Joan Caudullo, nommé manager à l'été 2024.
« À chaque fois qu'on le met dans un contexte sportif plus compliqué, il s'adapte et il performe »
Auguste Cadot, coéquipier de Baptiste Erdocio
Une évolution qui rappelle celle qu'il avait connue à Biarritz, où il est arrivé à 14 ans depuis Bidart, son fief, quelques kilomètres plus au sud en longeant la côte Atlantique. Malgré de bons matches en Espoirs, la porte de l'équipe première lui semblait fermée, au point qu'un prêt à Saint-Jean-de-Luz était sur le point de se conclure à l'automne 2021. Mais il a finalement été retenu en raison de blessures à son poste, est entré en jeu contre Lyon en Top 14 le 9 octobre, et est vite devenu un chouchou du public d'Aguilera. Ses performances ont parlé pour lui.
« À chaque fois qu'on le met dans un contexte sportif plus compliqué, il s'adapte et il performe, souligne son pote Auguste Cadot, avec qui Erdocio partage le même parcours depuis 2019, de Biarritz à Montpellier. Il débute en Top 14 (en 2021) ? Il est très bon. En 2022-2023, il fait trente matches en Pro D2, je ne sais pas si on se rend compte... À Montpellier, pareil, il a vite prouvé sa valeur et maintenant, il va le faire au niveau international. »
Cela a commencé par un match sans valeur de sélection en Angleterre le 21 juin dernier, puis deux des trois tests de la tournée en Nouvelle-Zélande en juillet. « Son premier match contre les Blacks, il n'est pas bon et il le sait, sourit Caudullo. Quand je le vois encore titulaire la semaine suivante, j'ai peur, comme on a peur quand on voit son enfant sur un terrain. Et c'est là qu'on voit son mental d'acier, parce qu'il tient la baraque et je pense que ça a plu au staff des Bleus. » Au point d'être titulaire samedi soir face aux Springboks.
« Quand je joue en Nouvelle-Zélande, j'entre sur le terrain avec une envie, celle de prouver que je ne suis pas là pour rien »
Baptiste Erdocio, pilier du quinze de France
Pour reprendre une de ses expressions favorites, le pilier gauche de 25 ans n'aura pas envie de passer pour une truffe. « J'aime cette difficulté, qu'on pense que je n'ai pas le niveau, nous confiait-il avant de rejoindre Marcoussis. Ce côté joueur qui a tout à prouver, ça m'anime. »
Solide en mêlée, Erdocio a progressé dans le jeu courant. « Le fameux retour au jeu, sourit-il. Être vite debout sur les appuis, enchaîner les tâches, c'est vrai que j'avais du boulot en arrivant de Pro D2, où j'avais pris de mauvaises habitudes, à traîner au sol. En Top 14, si tu fais ça, tu es mort, alors contre les All Blacks chez eux... Quand je joue là-bas, j'entre sur le terrain avec une envie, celle de prouver que je ne suis pas là pour rien. Quand tu es joueur de rugby, tu as envie de monter les échelons. C'est ce qui m'arrive, ça me tombe un peu dessus. »
Gamin, Erdocio n'avait qu'un rêve : jouer pour l'équipe première de Bidart, qu'il admirait, fidèle derrière la main courante avec son père Étienne, son premier entraîneur, et son grand frère Rémi, dans une famille ancrée en première ligne. « Pour moi, les matches de la première, c'était l'évènement. Je pensais que c'était leur métier (rires) et je voulais faire comme eux. On m'a fait comprendre que c'était un peu plus compliqué que ça, donc j'ai fait des études, un bac pro plomberie et un BTS dans la climatisation. » Son potentiel lui a permis de se faire repérer par le BO, où jouait son idole, un pilier gauche évidemment, Fabien Barcella (20 sélections).
« Je me suis reconverti kiné à la fin de ma carrière et je l'ai eu en soins, se rappelle le finaliste de la Coupe du monde 2011 en se marrant. Et c'est là qu'il m'a dit qu'il était fan, en ressortant même des photos de l'époque avec moi quand il était gamin, avec ses petites lunettes, au club-house, après les matches... Je le branchais en lui disant qu'il était bien le seul à avoir ça ! Son parcours atypique me fait penser au mien, celui du joueur parti de rien et sur lequel on ne comptait pas trop au moment de basculer en pro. »
Le chemin de Barcella est balisé par cette victoire contre l'Afrique du Sud à Toulouse en novembre 2009 (20-13), dont il avait été un grand artisan. En serrant son bandeau autour de ses oreilles samedi soir et en jetant un dernier regard vers le t-shirt du Bidart Union Club qui ne quitte jamais son sac, Erdocio rêvera peut-être d'un tel scénario quelques secondes, avant de se plonger vers l'immense défi qui l'attend.
Posted 09 November 2025 - 08:13 AM
Posted 09 November 2025 - 09:59 AM
Même interrogation, mais ça dépasse le cas de tel ou tel poste/joueur. FG est il capable de changer de logiciel ? Malheureusement on a créé un truc Dupont dépendant, et on attend juste qu'il revienne.Je suis curieux de voir si Galthié va être capable de changer son fusil d'épaule concernant Fickou et Ntamack, 2 de ses totems, pour la suite de la tournée.
Il est clair que Ntamack n'a pas pesé hier, et ce n'est pas nouveau.
Il peut passer Ramos en 10 et appeler un 15 comme Léo Barré ou Buros, soit appeler Hastoy qui me semble le plus à même de prendre le relais.
Posted 09 November 2025 - 10:03 AM
Posted 09 November 2025 - 10:12 AM
Posted 09 November 2025 - 10:14 AM
À partir de 14/6 on prend 26/3, c’est clair qu’on n’a pas de marge lol
Posted 09 November 2025 - 10:31 AM
Dire que les journalistes avaient fait leur fond de commerce de cette fameuse "revanche" !
Au final si l'espoir existait avant la rencontre et après le premier essai Français, force est de constater que la meilleure équipe a gagné.
La différence physique est colossale entre les deux équipes et sur 80 minutes qui plus est; dont une mi-temps en infériorité numérique.
Nous avons été battus dans pratiquement tous les domaines : regroupements, défense, ballons hauts ! Si mes souvenirs sont exacts, nous avons gagné une seule pénalité en mêlée fermée où nous avons été en souffrance.
Leurs remplaçants étaient de la même valeur que les titulaires.
L'arbitrage m'a semblé très correct.
Le contexte est bien sûr différent entre les deux hémisphères; mais je pense que l'Afrique du Sud se donne les moyens pour avoir une équipe nationale très compétitive !
Posted 09 November 2025 - 13:53 PM
Galthié n'est plus la bonne personne pour ce job. Urios doit prendre sa place.
Posted 09 November 2025 - 14:34 PM
L'équipe aurait dû l'être il y a 2 ans elle s'est vautrée contre les sud af pour moi l'erreur est d'avoir reconduit le même patron même si je reconnais qu'il a amené une nouvelle énergie à cette équipe son tour est passéOn est juste un peu plus sûr ce matin que l'on est pas prêt d'être champion du monde un jour !
Posted 09 November 2025 - 21:13 PM
Posted 09 November 2025 - 21:32 PM
Dire que les journalistes avaient fait leur fond de commerce de cette fameuse "revanche" !
Au final si l'espoir existait avant la rencontre et après le premier essai Français, force est de constater que la meilleure équipe a gagné.
La différence physique est colossale entre les deux équipes et sur 80 minutes qui plus est; dont une mi-temps en infériorité numérique.
Nous avons été battus dans pratiquement tous les domaines : regroupements, défense, ballons hauts ! Si mes souvenirs sont exacts, nous avons gagné une seule pénalité en mêlée fermée où nous avons été en souffrance.
Leurs remplaçants étaient de la même valeur que les titulaires.
L'arbitrage m'a semblé très correct.
Le contexte est bien sûr différent entre les deux hémisphères; mais je pense que l'Afrique du Sud se donne les moyens pour avoir une équipe nationale très compétitive !
C'est sûr qu'ils sont avantagés au niveau des équipes nationales. Leurs joueurs sont nettement plus reposés, et donc optimisés physiquement, et passent la moitié de leur saison en sélection. Ce modèle leur permet d'avoir un vivier resserré, plus préparé et doté de forts automatismes. Le notre favorise en revanche les clubs avec un plus gros réservoir et de de meilleurs moyens financiers.
Les dernières mesures mises en place atténuent ce différentiel mais on voit encore que Galthié est trop handicapé. Il n'a disposé que de deux semaines pour préparer ses joueurs contre plusieurs mois pour Erasmus, ne peut guère compter sur la tournée d'été et doit composer avec davantage d'absents. Il aurait au moins fallu jouer les Boks en dernier et commencer par les Fidji.
Pour rivaliser sur la durée, il faudrait tirer profit du plus grand volume de liquidités pour investir fortement sur la formation, et donc chercher plus de talent individuel au niveau des joueurs, réduire le calendrier, ou mettre en place davantage de mesures pour le sélectionneur (semaines supplémentaires, intersaison élargie...) mais il y a déjà eu pas mal de concessions au niveau des clubs.
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