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#226 el landeno

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Posté 04 mars 2026 - 07:09

Gérard Bertrand, l'ex-troisième ligne de Narbonne devenu un vigneron réputé
L'ex-troisième ligne de Narbonne et du Stade Français, Gérard Bertrand, est devenu l'un des viticulteurs-négociants les plus réputés au monde. Mais aussi un metteur en fête avec la tenue annuelle d'un festival de jazz.

 
 

Assis dans son jazz-bar, Gérard Bertrand (61 ans) fait un break avec la vigne à l'heure de l'apéro. L'ancien troisième ligne révèle à quelques initiés la programmation de son vingt-troisième festival « Jazz à l'Hospitalet » (du 20 au 24 juillet), au château l'Hospitalet à Narbonne. Ses deux scènes accueilleront Sting, Patrick Bruel ou encore Yuri Buenaventura, le roi de la salsa. « J'ai lancé ce festival en 2004 et il y avait trente personnes, rembobine l'ami du rockeur Jon Bon Jovi pour qui il a d'ailleurs créé un vin rosé. On en reçoit désormais neuf mille. Cet événement fait partie de notre art de vivre en lien avec le vin, la gastronomie et la culture. Je suis à la fois vigneron et metteur en fête. »

 
 
 

Gérard Bertrand, avec ses 35 millions de bouteilles produites par son groupe éponyme, a appris à voir tout en grand depuis quatre décennies. Sauf pour le rugby, maintenant. Ce soir de février, son dernier rendez-vous concerne une possible recrue de Corbières XV (Fédéral 3), un club issu d'une fusion d'équipes de villages de ce coin de l'Aude (dont Saint-André-de-Roquelongue, créé par son père), et qu'il a repris.

 
 

« Une vingtaine de gars qui travaillent chez moi sont passés par Corbières XV, déroule l'entrepreneur engagé. Un rugbyman au boulot, c'est quelqu'un de bosseur et de loyal. J'en ai fait l'expérience. J'ai joué 17 saisons à Narbonne avant de reprendre le club. J'étais le plus jeune président de France à 30 ans (il l'a dirigé de 1995 à 1997). »

Son affect penche maintenant vers le stade Georges-Bertrand, où joue Corbières XV et qui porte le nom de son père. C'est à ses côtés que le seul garçon de la famille est devenu « rugbyman-vigneron ». Le gamin laissait traîner « du 1er janvier au 31 décembre » son cartable sur la place de son village pour refaire des Narbonne-Béziers sur le bitume avec ses nombreux cousins. Pour préserver ses genoux, le gosse, bâtisseur dans l'âme, fabriquera même des perches en bois pour créer son terrain des « Olivettes » sur lequel il bichonnait son ballon « avec de la graisse de cochon ».

 
 
 
 

« À dix ans, mon père m'a mis à la cave. J'ai été maître de chai quatre ans plus tard »

Gérard Bertrand

 
 

À côté de son travail de viticulteur dans le domaine familial de Villemajou, son père sillonne la France comme arbitre de rugby en Première Division. « Je l'ai suivi partout avec ma mèrePuis, à dix ans, mon père m'a mis à la cave. J'ai été maître de chai quatre ans plus tard. On avait sorti une cuvée bleu-blanc-rouge pour le succès historique de l'équipe de France en Nouvelle-Zélande (19-24), le 14 juillet 1979, avec les (Didier) Cordoniou, (Jean-Luc) Joinel ou (Jean-Pierre) Rives qui deviendront des amis. »

 
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Ballon en mains, Gérard Bertand en 1990 lors d'une confrontation entre Narbonne, son club, et Grenoble (24-19). (C. Rochard/L'Équipe)
 

Le décès accidentel de son papa, en octobre 1987, accélère la passation plus inscrite dans la continuité que dans une reconversion précoce. À 22 ans, Gérard Bertrand devient « un vigneron qui joue au rugby » puis « un vigneron à part entière » après une dernière saison achevée sur une montée avec le Stade Français en 1994. Auprès de Max Guazzini, « ce génie de la communication », le capitaine parisien enrichit son carnet d'adresses tout en montant un bureau de négoce dans la capitale. Il fréquentera même Madonna tout en devenant Disque d'Or avec son groupe, les Droper's, en chantant leur tube « Allez le stade » sur les plateaux de Michel Drucker ou Jacques Martin.

 
La révélation après sa rencontre avec le producteur de vin américain Robert Mondavi

À 29 ans, il passe définitivement du quinze au vin. Avec une brochette d'internationaux reconvertis dans l'agroalimentaire - les frères Laurent et Claude Spanghero et leur cassoulet, Jacques Fouroux et ses foies gras, Philippe Saint-André et ses ravioles ou encore Jean-Luc Joinel et ses compotes -, il lance les « Gastronomes du rugby » qui lui permettent de pénétrer la grande distribution, de faire le tour des hypermarchés, avec « des semaines de 70 heures et des bamboulas le soir ».

 

Mais le Narbonnais veut conquérir le monde et pas seulement « faire pisser » la vigne languedocienne. Sa rencontre avec le producteur de vins américain Robert Mondavi, à Napa Valley en Californie, agit comme une révélation entre business plan, qualité, bio et art de vivre. « Mon père venait de partir et je me suis dit : c'est ça que je veux faire ! », claque le globe-trotteur qui rachètera le domaine Cigalus en 1995 puis Château L'Hospitalet en 2002.

 

Il possède aujourd'hui 17 propriétés et il est devenu le leader mondial de la biodynamie sur 1 000 hectares. Son Clos du Temple à Cabrières a été désigné comme le meilleur rosé du monde par le Drink Business, ses Clos d'Ora et Château l'Hospitalet figurent parmi les meilleurs rouges de la planète.

 
 

« Je suis la première marque française aux États-Unis »

Gérard Bertrand

 
 

« J'ai tout le temps fait tapis sur mes investissements jusqu'à commencer à gagner de l'argent après 25 ans de travail, avoue l'ex-Barbarian qui vient de fêter sa cinquantième vendange au côté de sa fille Emma (28 ans), sa directrice de la création et du digital, alors que son frère Mathias (26 ans) est ingénieur en énergie renouvelable et joueur d'élite de beach-volley. Quand j'ai repris le domaine familial, on faisait 200 000 euros de chiffre d'affaires, on avait trois salariés. On a aujourd'hui près de 500 collaborateurs pour 200 M€ en 2025. Je suis la première marque française aux États-Unis. J'ai un bureau à Shanghai où j'ai été en visite avec le président Macron. J'aime défendre cette image de la France dans 175 pays. Mais j'aime surtout revenir chez moi, au coeur de mes vignes. J'aime cette nature qui sera toujours plus forte que tout. »

 

À travers Kosmos, son dernier né « entre ciel et terre » qui unit une dizaine de cépages de ses domaines à la fois en rouge et en blanc, Gérard Bertrand n'est pas loin de l'assemblage ultime. Pour transformer l'essai entre ses lignes de vignes.

 
 

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Posté 13 mars 2026 - 20:21

Paroles d'ex - Serge Betsen revient sur ses confrontations avec l'Angleterre, dont la demi-finale de la Coupe du monde 2003 : « Ça reste une plaie ouverte »
Serge Betsen, l'ancien troisième-ligne de Biarritz et des London Wasps a vécu de grandes joies mais aussi de terribles désillusions lors de ses dix confrontations face à l'Angleterre. Mais il n'a toujours pas digéré la demi-finale de la Coupe du monde 2003.

« Les Anglais étaient-ils vos adversaires préférés ?
La rivalité entre les deux nations existe depuis toujours. Cette année, on fête d'ailleurs les 120 ans du Crunch. Le premier de ma carrière n'a pas été une réussite en 2000. J'ai dû apprendre en accéléré ce que c'était de perdre contre l'Angleterre (9-15). J'ai pris une leçon. Le contexte et l'ambiance du Stade de France, plein à craquer, c'était nouveau pour moi. J'avais été sevré de sélections en équipe de France après une carrière mal commencée par ce fameux match contre l'Italie (32-40), à Grenoble en 1997 (le premier revers français de l'histoire face aux Italiens). J'avais dû attendre trois ans pour reporter ce maillot. J'avais vraiment envie de prouver que je pouvais exister à ce niveau et de montrer tout ce que j'étais capable de faire sur un terrain. Mais j'ai été pris par toutes ces émotions, avec un trop-plein d'énergie évident.

 
 
 

Et malheureusement, en une minute trente, j'ai fait une faute de trop pour l'arbitre. Il a décidé de me mettre dehors avec ce carton jaune (66e) qui a fait perdre mon équipe. Ç'avait été dramatique pour moi d'être la cause de cette défaite. À juste titre, Bernard Laporte (le sélectionneur) avait un peu pété un câble contre moi en conférence de presse. Cette défaite reste le jour où j'ai décidé de me réinventer. Il y a eu un avant et un après.

Quelle confrontation contre le quinze de la Rose vous a le plus marqué ?
Forcément la victoire de 2002 (20-15) et le Grand Chelem que l'on réalise cette année-là. Ce jour-là, mon match n'est que le fruit du travail que j'avais dû faire après le carton jaune de 2000. Je voulais d'abord me prouver à moi-même, puis aux autres, qu'on pouvait me faire confiance et me donner des responsabilités.

 
 
En bref
Ancien troisième-ligne aile.
51 ans.
63 sélections de 1997 à 2007.
9 essais.
Palmarès : triple champion de France (2002, 2005, 2006), double vainqueur du Grand Chelem (2002, 2004) et vainqueur du Tournoi des Six Nations (2007).
Parcours professionnel : Biarritz (1994-2008), London Wasps (2008-2012).
 
 

Lors de cette rencontre, vous aviez réalisé une ''master class'' défensive sur l'ouvreur Jonny Wilkinson...
Ce n'est pourtant pas l'un de mes meilleurs matches. Il était abouti personnellement, mais c'est surtout la consécration d'un collectif qui voulait faire des choses en grand, comme nous l'avait toujours inspiré Bernard par sa vision. Il a beaucoup compté dans l'évolution de ma personne et en tant que joueur. Il a été dur avec moi, mais il m'a rappelé en sélection parce qu'il avait confiance en moi. Ça m'avait touché et cela a compté aussi dans mon développement.

 
 
 
 

Dans nos colonnes le lendemain du match, vous aviez été crédité de la note de 8 et reçu notamment ce commentaire : ''Betsen a remis Wilkinson à un niveau ordinaire. Inlassablement, il a plaqué le plus haut possible dans le camp anglais, il a chassé sur les extérieurs [...]. La dynamo increvable de cette équipe de France.'' Qu'est-ce que ça vous inspire ?
Cette rivalité entre Jonny et moi a été hyper intéressante. Il m'a fait progresser et je l'ai fait progresser. C'est ce que j'adore dans cette relation qui n'était pas planifiée. Je suis fier de dire que j'ai fait réfléchir cette équipe, qui a changé beaucoup de choses à la suite de cette défaite de 2002 et qui a gagné la Coupe du monde un an plus tard, grâce à un Jonny exceptionnel en nous battant en demi-finales (24-7), à Sydney. Aujourd'hui, ça me frustre, mais il ne faut pas oublier que c'est la France qui a gagné le premier Grand Chelem des Six Nations (2002).

 
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2002. Serge Betsen, dans les bras de Fabien Pelous, fête une victoire exemplaire sur les Anglais (20-15). (Marc Francotte/L'Équipe)
 

Vous évoquiez le traumatisme de novembre 2003 en Australie. Vous marquez le seul essai de la rencontre, mais vous prenez aussi un carton jaune. L'avez-vous digéré ?
C'est encore un gros malaise pour moi. Ça fait mal. À ce moment-là, je me dis : ''Qu'est-ce que tu fais Jonny ? Tu déconnes !''. Il reste allongé et fait du cinéma, comme certains footballeurs qui roulent dix mètres après être tombés. Mais c'est comme ça. Surtout, je m'en veux (il le répète quatre fois). J'ai pénalisé mes partenaires, auprès de qui je m'étais ensuite excusé. Pourtant, je pense que c'est mon meilleur match en sélection. Je voulais tellement apporter par mon engagement. J'ai tout donné, mais malheureusement on n'a pas réussi à gagner. C'est frustrant. Ça reste une plaie ouverte. Elle n'est pas encore complètement soignée.

 
 
Sa vie d'ex
Serge Betsen a mis un terme à sa carrière aux Wasps, en 2012, mais il est resté vivre à Londres. « Une évidence familiale parce que ma moitié avait trouvé un boulot qu'elle adorait. » L'ancien troisième-ligne, qui a grandi à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), est devenu formateur Qualiopi. « Je fais beaucoup d'interventions en entreprise sur des sujets RH et motivationnels. J'essaie de créer des ponts entre le monde du sport et l'entreprise. » Parallèlement, il a créé une société (le Ballon responsable) qui recycle des ballons de rugby en maroquinerie. Le natif de Kumba, au Cameroun, s'occupe toujours de son association (la Serge Betsen Academy), qui aide les enfants de son pays d'origine mais aussi du Mali, à avoir accès à l'éducation et la santé. En revanche, pour le moment, il n'entraîne plus, si ce n'est un coup de main le week-end aux moins de 14 ans des Wasps. « Mais ça reste dans un coin de ma tête », avoue celui qui est passé par le staff de Rouen de 2021 à 2023. Il sera bien sûr présent pour le travail au Stade de France ce soir. « Je ne manquerai pas une miette de ce match contre les Anglais. »

Vous aviez pris votre revanche l'année suivante dans le Tournoi avec un succès (24-21), à Saint-Denis...
Oui, avec notamment la patte de mon ami Dimitri (Yachvili, auteur de quatre pénalités, une transformation et un essai). On aimerait que ces moments durent pour l'éternité. D'ailleurs, j'aimerais lancer un message au sport français et l'administration qui gouverne ce sport. Pour gagner cette Coupe du monde, on doit avoir des joueurs frais à 300 % lors de ces événements. On a des talents exceptionnels et il faut qu'on leur donne les moyens de gagner, qu'on les mette dans les meilleures dispositions possibles. Ça me frustre de dire que la France a été l'équipe la plus performante dans les Coupes du monde de rugby, mais ne l'a jamais gagnée. Ce n'est pas normal. Il y a un défaut quelque part et ça m'énerve.

 

Pour revenir sur vos déceptions contre les Anglais, vous aviez aussi subi leur loi (14-9) en demi-finales du Mondial 2007 à Saint-Denis, pour votre ultime sélection...
Oui, et surtout cet enfoiré de Josh Lewsey (auteur du seul essai, dès la 2e minute). Ça me remonte des émotions, c'est dur d'en parler. J'ai côtoyé Lewsey après aux Wasps. J'étais son capitaine, il fallait qu'il me porte un peu de respect. Il était fier comme un pou. On s'insultait, mais c'était de bonne guerre de se chambrer.

 
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Il dispute sa dernière rencontre internationale contre l'Angleterre en demi-finales de la Coupe du monde 2007 (défaite 14-9). (A. Mounic/L'Équipe)
 

Vous n'êtes pas si rancunier vis-à-vis des Anglais, puisque vous avez fini votre carrière de l'autre côté de la Manche, où vous résidez toujours...
Après ce carton jaune lors de la Coupe du monde 2003, je m'étais dit que c'était de ma faute. Et on savait que la suivante était en France. Je voulais tout faire pour être sélectionnable et finir en beauté ma carrière. J'avais planifié ça et j'ai décidé de finir en Angleterre (de 2008 à 2012). Ici, ils rêvent tous d'être athlètes de haut niveau, avec de gros objectifs personnels. Ils sont très branchés sur la performance. J'ai aimé jouer là-bas. Je voulais comprendre cette différence culturelle et voir comment ils fonctionnaient. Aux Wasps, j'ai joué notamment avec Phil Vickery (pilier droit, 73 sélections avec l'Angleterre). Lui m'a fait réaliser ce que c'était de travailler pour arriver à son meilleur niveau. Les Anglo-saxons sont des bosseurs, alors que nous sommes plus des talents purs. J'en avais besoin et j'ai adoré ça. J'étais curieux des autres et curieux d'apprendre au côté des ''Rosbeefs'', nos meilleurs ennemis. »

 
 
 


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Posté 18 avril 2026 - 13:09

Jean-Marc Doussain, ancien demi de mêlée du XV de France, revient sur ses années en Top 14 : « Jauzion était le Federer de Toulouse »
L'ancien ouvreur ou demi de mêlée aux 17 sélections, Jean-Marc Doussain, n'a rien oublié du talent de Yannick Jauzion au Stade Toulousain. Un club qu'il avait eu tant de mal à quitter pour rejoindre le LOU en 2018.

« Quel est le partenaire le plus fort avec qui vous avez évolué ?
Josua Tuisova à Lyon. Même si tout le monde le définit d'abord comme un surpuissant, il est capable de tout faire, autant te prendre sur le défi physique que te déborder sur un coup de reins. La semaine, je ne l'ai jamais vu à 100 %. Mais même en mode cool, il te déposait. Puis pour les matches, il basculait. À Toulouse, j'ai côtoyé énormément de bons joueurs. Mais si je ne dois en sortir qu'un seul c'est Yannick Jauzion. C'était le Roger Federer du Stade Toulousain. La classe et la tête haute. Toujours au-dessus sans donner l'impression de forcer. Quand je suis arrivé dans le groupe à l'âge de 18 ans, il m'a dit : "Si tu ne sais pas quoi faire ou tu es pris, tu me donnes le ballon". Il était rassurant. C'était un mec hyper humble. Pas un mot plus haut que l'autre. Quand il parlait, tu l'écoutais forcément. Il était là sur les matches qui comptaient.

 
 
 
 

Le coéquipier le plus drôle ?
Quand je suis arrivé à Lyon, Pierre-Louis Barassi a été une révélation. On a vite accroché avec lui, Adrien Séguret, Alexis Palisson et Jean-Marcellin Buttin. C'est un personnage très drôle, très intelligent et un peu foufou. Il avait 20 ans et partait dans tous les sens. Il a beaucoup de second degré mais il peut se vexer parfois et vite vriller. Je savais où il fallait appuyer pour lui faire péter un câble. Moins aujourd'hui car il a pris de la maturité et il a fait un gros boulot pour se cadrer. À Toulouse, c'était Timoci Matanavou mais aussi Yoann Maestri avec qui j'ai beaucoup rigolé. Tu ne t'attends pas qu'un mec de 2 mètres et 120 kilos soit aussi fin. C'est un de mes meilleurs potes.

L'adversaire le plus pénible ?
Je n'aimais pas trop les petits râblés qui allaient vite en rase moquette un peu, notamment mon ex-beau-frère Marvin O'Connor. Certains mecs super rapides du Championnat étaient pénibles à prendre car il fallait bien se baisser pour les plaquer comme Marc Andreu. Lui était un peu con sur le terrain, je peux le dire vu qu'on s'apprécie ! (Rire.)

 
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Marvin O'Connor sous les couleurs de Clermont. (F. Porcu/L'Équipe)
 
 
 
 
 

« À ce moment-là (après son départ de Toulouse), j'aurais eu besoin d'un accompagnement psychologique »

 
 

Quels entraîneurs vous ont marqué ?
Forcément Guy (Novès). Sur l'aspect technique, j'ai bien aimé Clément Poitrenaud quand il est devenu entraîneur (des arrières) à Toulouse. Il a amené une fraîcheur avec un bagage qui faisait du bien tout comme Kendrick Lynn au LOU (qui a depuis rejoint la sélection argentine). Évidemment Pierre (Mignoni) a compté aussi. Il ne triche pas. Il est toujours sincère dans son management. J'ai apprécié son discours quand j'ai signé à Lyon. Il avait su me valoriser. Ça avait été un très gros déchirement de quitter Toulouse. J'étais au fond du trou. À ce moment-là, j'aurais eu besoin d'un accompagnement psychologique. Sinon j'aurais bien aimé aller jouer en Angleterre pour découvrir une nouvelle culture mais ça ne s'était pas fait. Pierre, qui m'avait déjà contacté en 2015, a été très convaincant. J'ai bien accroché avec le personnage.

 
 
 
 
Jean-Marc Doussain en bref

35 ans
Ancien ouvreur ou demi de mêlée.
17 sélections de 2011 à 2017.
Parcours professionnel : Toulouse (2009-2018), Lyon (2018-2024).
Palmarès : double champion de France (2011, 2012), vainqueur du Challenge européen (2022).

Quelle bringue retenez-vous ?
Celle après la demi-finale de Coupe d'Europe en 2011 pour ma première saison avec le Stade Toulousain. On perd contre le Leinster (32-23) puis on rentre à Toulouse. On sort avec quelques joueurs dont William Servat et Cédric Heymans. On était bien fatigués. (Rire.) D'un seul coup, je vois Cédric avec un homard sur l'épaule et qui fait le con dans les Halles de Victor Hugo.

 
 

« J'étais arrivé en cours de compétition (au Mondial 2011) pour le troisième match et Dimitri (Yachvili), que je ne connaissais pas plus que ça, m'avait donné son maillot »

 
 

Le match qui vous a marqué ?
La défaite (27-6) contre le pays de Galles à Cardiff avec l'équipe de France en 2014. On se fait pulvériser en première mi-temps (20-6) dans un stade en feu et je ne suis pas bon. Je ne lui en veux pas mais Philippe Saint-André m'avait sorti à la mi-temps. J'avais pris une décharge. Avant, tout s'était bien enchaîné et là c'était mon premier Six Nations.

 
 

Je n'étais pas prêt et j'avais pris un mur. J'ai eu du mal à m'en remettre parce que là non plus je n'étais pas accompagné sur le plan psychologique. Ça avait mis une rupture entre l'équipe de France et moi. Et en plus, à cette période-là, on ne gagnait pas. Ç'a été vraiment compliqué. J'en parle d'ailleurs lors de toutes les interventions que je fais dans les clubs sur la santé mentale. C'était un moment négatif mais il m'a aussi construit et fait avancer malgré tout. Évidemment, j'ai aussi connu des moments incroyables et des titres avec Toulouse et même avec le LOU en Challenge.

Vous avez vécu vos quatre premières sélections contre la Nouvelle-Zélande dont la première était la défaite (8-7) de la finale du Mondial 2011. Quelle place occupe-t-elle ?
Une énorme place. J'ai mis dix ans à me rendre compte de tout ce que j'avais vécu. J'étais comme un Cadet qui jouait avec les Espoirs dans son club. J'étais trop content juste de m'entraîner avec les (Dimitri) Yachvili, (Imanol) Harinordoquy, mes coéquipiers de Toulouse et d'autres mecs que je badais. J'étais arrivé en cours de compétition (à la suite de la blessure de David Skrela) pour le troisième match (défaite en poules 37-17 face à la Nouvelle-Zélande) et Dimitri (Yachvili), que je ne connaissais pas plus que ça, m'avait donné son maillot. J'ai dit merci mais je ne comprenais pas. C'était assez symbolique, du genre "Bienvenue". Ça m'avait marqué. Ce n'est pas rien un maillot de Dimitri Yachvili. Il est encadré chez moi.

 

Cette Coupe du monde reste une belle aventure. Elle me laisse bien sûr un goût d'inachevé mais elle n'a pas non plus été un traumatisme, rien à voir avec ceux qui avaient joué les quatre années précédentes. En tout cas, je n'ai aucun regret dans mon parcours. J'ai eu tellement de chance en plus de ne pas être blessé sérieusement et de vivre de grands moments. Évidemment, j'aurais aimé jouer un dernier match en club mais j'ai été victime d'une grosse blessure avec une luxation du genou droit (en août 2023). Les ligaments ont tous été arrachés et le nerf du releveur du pied a été sectionné. Il y avait un peu un sentiment d'injustice mais au final ça veut dire quoi finir correctement une carrière ? De toute façon, je n'ai pas eu le choix. »

 
 
Sa vie d'ex
Après une grosse blessure contre Toulon le 19 août 2023, Doussain a dû mettre un terme à sa carrière. Celui qui habite toujours à Lyon en a encore quelques séquelles. « Je fais de la kiné deux fois par semaine pour ma cheville. J'essaie de me bouger un peu mais si j'enlevais les dix kilos que j'ai pris, ça m'aiderait aussi (rire). »
L'ancien numéro 9 ou 10 ne se plaint pas mais il a souhaité transmettre son expérience dans les clubs pros sur le sujet de la santé mentale. « On a discuté avec Raphaël Poulain de ce qui m'était arrivé et je suis allé à la LNR (Ligue Nationale de Rugby). J'avais déjà libéré ma parole avec ma psy à la fin de ma carrière et je voulais raconter mon histoire aux plus jeunes. Ça me procure énormément de plaisir. Tu sens que tu captes les mecs. C'est bien de montrer aux gamins que d'autres se sont sortis de cette dépression et de ces moments de doute. » Doussain avait aussi débuté une mission au centre de formation du LOU mais il l'a rapidement arrêtée fin 2024. « C'était trop compliqué par rapport à ma blessure. Je ne pouvais pas physiquement. » Il vend par ailleurs des terrains de padel et du gazon synthétique depuis quelques mois.
 
 





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