Aller au contenu


Photo
- - - - -

Parole d'Ex


  • Veuillez vous connecter pour répondre
226 réponses à ce sujet

#226 el landeno

el landeno

    Equipe de France

  • Membres
  • PipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPip
  • 7 776 messages
  • Genre:Homme
  • Ville:dax
  • Mon club:

Posté 04 mars 2026 - 07:09

Gérard Bertrand, l'ex-troisième ligne de Narbonne devenu un vigneron réputé
L'ex-troisième ligne de Narbonne et du Stade Français, Gérard Bertrand, est devenu l'un des viticulteurs-négociants les plus réputés au monde. Mais aussi un metteur en fête avec la tenue annuelle d'un festival de jazz.

 
 

Assis dans son jazz-bar, Gérard Bertrand (61 ans) fait un break avec la vigne à l'heure de l'apéro. L'ancien troisième ligne révèle à quelques initiés la programmation de son vingt-troisième festival « Jazz à l'Hospitalet » (du 20 au 24 juillet), au château l'Hospitalet à Narbonne. Ses deux scènes accueilleront Sting, Patrick Bruel ou encore Yuri Buenaventura, le roi de la salsa. « J'ai lancé ce festival en 2004 et il y avait trente personnes, rembobine l'ami du rockeur Jon Bon Jovi pour qui il a d'ailleurs créé un vin rosé. On en reçoit désormais neuf mille. Cet événement fait partie de notre art de vivre en lien avec le vin, la gastronomie et la culture. Je suis à la fois vigneron et metteur en fête. »

 
 
 

Gérard Bertrand, avec ses 35 millions de bouteilles produites par son groupe éponyme, a appris à voir tout en grand depuis quatre décennies. Sauf pour le rugby, maintenant. Ce soir de février, son dernier rendez-vous concerne une possible recrue de Corbières XV (Fédéral 3), un club issu d'une fusion d'équipes de villages de ce coin de l'Aude (dont Saint-André-de-Roquelongue, créé par son père), et qu'il a repris.

 
 

« Une vingtaine de gars qui travaillent chez moi sont passés par Corbières XV, déroule l'entrepreneur engagé. Un rugbyman au boulot, c'est quelqu'un de bosseur et de loyal. J'en ai fait l'expérience. J'ai joué 17 saisons à Narbonne avant de reprendre le club. J'étais le plus jeune président de France à 30 ans (il l'a dirigé de 1995 à 1997). »

Son affect penche maintenant vers le stade Georges-Bertrand, où joue Corbières XV et qui porte le nom de son père. C'est à ses côtés que le seul garçon de la famille est devenu « rugbyman-vigneron ». Le gamin laissait traîner « du 1er janvier au 31 décembre » son cartable sur la place de son village pour refaire des Narbonne-Béziers sur le bitume avec ses nombreux cousins. Pour préserver ses genoux, le gosse, bâtisseur dans l'âme, fabriquera même des perches en bois pour créer son terrain des « Olivettes » sur lequel il bichonnait son ballon « avec de la graisse de cochon ».

 
 
 
 

« À dix ans, mon père m'a mis à la cave. J'ai été maître de chai quatre ans plus tard »

Gérard Bertrand

 
 

À côté de son travail de viticulteur dans le domaine familial de Villemajou, son père sillonne la France comme arbitre de rugby en Première Division. « Je l'ai suivi partout avec ma mèrePuis, à dix ans, mon père m'a mis à la cave. J'ai été maître de chai quatre ans plus tard. On avait sorti une cuvée bleu-blanc-rouge pour le succès historique de l'équipe de France en Nouvelle-Zélande (19-24), le 14 juillet 1979, avec les (Didier) Cordoniou, (Jean-Luc) Joinel ou (Jean-Pierre) Rives qui deviendront des amis. »

 
6afe5.jpg
 
Ballon en mains, Gérard Bertand en 1990 lors d'une confrontation entre Narbonne, son club, et Grenoble (24-19). (C. Rochard/L'Équipe)
 

Le décès accidentel de son papa, en octobre 1987, accélère la passation plus inscrite dans la continuité que dans une reconversion précoce. À 22 ans, Gérard Bertrand devient « un vigneron qui joue au rugby » puis « un vigneron à part entière » après une dernière saison achevée sur une montée avec le Stade Français en 1994. Auprès de Max Guazzini, « ce génie de la communication », le capitaine parisien enrichit son carnet d'adresses tout en montant un bureau de négoce dans la capitale. Il fréquentera même Madonna tout en devenant Disque d'Or avec son groupe, les Droper's, en chantant leur tube « Allez le stade » sur les plateaux de Michel Drucker ou Jacques Martin.

 
La révélation après sa rencontre avec le producteur de vin américain Robert Mondavi

À 29 ans, il passe définitivement du quinze au vin. Avec une brochette d'internationaux reconvertis dans l'agroalimentaire - les frères Laurent et Claude Spanghero et leur cassoulet, Jacques Fouroux et ses foies gras, Philippe Saint-André et ses ravioles ou encore Jean-Luc Joinel et ses compotes -, il lance les « Gastronomes du rugby » qui lui permettent de pénétrer la grande distribution, de faire le tour des hypermarchés, avec « des semaines de 70 heures et des bamboulas le soir ».

 

Mais le Narbonnais veut conquérir le monde et pas seulement « faire pisser » la vigne languedocienne. Sa rencontre avec le producteur de vins américain Robert Mondavi, à Napa Valley en Californie, agit comme une révélation entre business plan, qualité, bio et art de vivre. « Mon père venait de partir et je me suis dit : c'est ça que je veux faire ! », claque le globe-trotteur qui rachètera le domaine Cigalus en 1995 puis Château L'Hospitalet en 2002.

 

Il possède aujourd'hui 17 propriétés et il est devenu le leader mondial de la biodynamie sur 1 000 hectares. Son Clos du Temple à Cabrières a été désigné comme le meilleur rosé du monde par le Drink Business, ses Clos d'Ora et Château l'Hospitalet figurent parmi les meilleurs rouges de la planète.

 
 

« Je suis la première marque française aux États-Unis »

Gérard Bertrand

 
 

« J'ai tout le temps fait tapis sur mes investissements jusqu'à commencer à gagner de l'argent après 25 ans de travail, avoue l'ex-Barbarian qui vient de fêter sa cinquantième vendange au côté de sa fille Emma (28 ans), sa directrice de la création et du digital, alors que son frère Mathias (26 ans) est ingénieur en énergie renouvelable et joueur d'élite de beach-volley. Quand j'ai repris le domaine familial, on faisait 200 000 euros de chiffre d'affaires, on avait trois salariés. On a aujourd'hui près de 500 collaborateurs pour 200 M€ en 2025. Je suis la première marque française aux États-Unis. J'ai un bureau à Shanghai où j'ai été en visite avec le président Macron. J'aime défendre cette image de la France dans 175 pays. Mais j'aime surtout revenir chez moi, au coeur de mes vignes. J'aime cette nature qui sera toujours plus forte que tout. »

 

À travers Kosmos, son dernier né « entre ciel et terre » qui unit une dizaine de cépages de ses domaines à la fois en rouge et en blanc, Gérard Bertrand n'est pas loin de l'assemblage ultime. Pour transformer l'essai entre ses lignes de vignes.

 
 

  • ASM.fanclub.metz, cocotte 63 et ELSAZOAM aiment ceci

#227 el landeno

el landeno

    Equipe de France

  • Membres
  • PipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPipPip
  • 7 776 messages
  • Genre:Homme
  • Ville:dax
  • Mon club:

Posté 13 mars 2026 - 20:21

Paroles d'ex - Serge Betsen revient sur ses confrontations avec l'Angleterre, dont la demi-finale de la Coupe du monde 2003 : « Ça reste une plaie ouverte »
Serge Betsen, l'ancien troisième-ligne de Biarritz et des London Wasps a vécu de grandes joies mais aussi de terribles désillusions lors de ses dix confrontations face à l'Angleterre. Mais il n'a toujours pas digéré la demi-finale de la Coupe du monde 2003.

« Les Anglais étaient-ils vos adversaires préférés ?
La rivalité entre les deux nations existe depuis toujours. Cette année, on fête d'ailleurs les 120 ans du Crunch. Le premier de ma carrière n'a pas été une réussite en 2000. J'ai dû apprendre en accéléré ce que c'était de perdre contre l'Angleterre (9-15). J'ai pris une leçon. Le contexte et l'ambiance du Stade de France, plein à craquer, c'était nouveau pour moi. J'avais été sevré de sélections en équipe de France après une carrière mal commencée par ce fameux match contre l'Italie (32-40), à Grenoble en 1997 (le premier revers français de l'histoire face aux Italiens). J'avais dû attendre trois ans pour reporter ce maillot. J'avais vraiment envie de prouver que je pouvais exister à ce niveau et de montrer tout ce que j'étais capable de faire sur un terrain. Mais j'ai été pris par toutes ces émotions, avec un trop-plein d'énergie évident.

 
 
 

Et malheureusement, en une minute trente, j'ai fait une faute de trop pour l'arbitre. Il a décidé de me mettre dehors avec ce carton jaune (66e) qui a fait perdre mon équipe. Ç'avait été dramatique pour moi d'être la cause de cette défaite. À juste titre, Bernard Laporte (le sélectionneur) avait un peu pété un câble contre moi en conférence de presse. Cette défaite reste le jour où j'ai décidé de me réinventer. Il y a eu un avant et un après.

Quelle confrontation contre le quinze de la Rose vous a le plus marqué ?
Forcément la victoire de 2002 (20-15) et le Grand Chelem que l'on réalise cette année-là. Ce jour-là, mon match n'est que le fruit du travail que j'avais dû faire après le carton jaune de 2000. Je voulais d'abord me prouver à moi-même, puis aux autres, qu'on pouvait me faire confiance et me donner des responsabilités.

 
 
En bref
Ancien troisième-ligne aile.
51 ans.
63 sélections de 1997 à 2007.
9 essais.
Palmarès : triple champion de France (2002, 2005, 2006), double vainqueur du Grand Chelem (2002, 2004) et vainqueur du Tournoi des Six Nations (2007).
Parcours professionnel : Biarritz (1994-2008), London Wasps (2008-2012).
 
 

Lors de cette rencontre, vous aviez réalisé une ''master class'' défensive sur l'ouvreur Jonny Wilkinson...
Ce n'est pourtant pas l'un de mes meilleurs matches. Il était abouti personnellement, mais c'est surtout la consécration d'un collectif qui voulait faire des choses en grand, comme nous l'avait toujours inspiré Bernard par sa vision. Il a beaucoup compté dans l'évolution de ma personne et en tant que joueur. Il a été dur avec moi, mais il m'a rappelé en sélection parce qu'il avait confiance en moi. Ça m'avait touché et cela a compté aussi dans mon développement.

 
 
 
 

Dans nos colonnes le lendemain du match, vous aviez été crédité de la note de 8 et reçu notamment ce commentaire : ''Betsen a remis Wilkinson à un niveau ordinaire. Inlassablement, il a plaqué le plus haut possible dans le camp anglais, il a chassé sur les extérieurs [...]. La dynamo increvable de cette équipe de France.'' Qu'est-ce que ça vous inspire ?
Cette rivalité entre Jonny et moi a été hyper intéressante. Il m'a fait progresser et je l'ai fait progresser. C'est ce que j'adore dans cette relation qui n'était pas planifiée. Je suis fier de dire que j'ai fait réfléchir cette équipe, qui a changé beaucoup de choses à la suite de cette défaite de 2002 et qui a gagné la Coupe du monde un an plus tard, grâce à un Jonny exceptionnel en nous battant en demi-finales (24-7), à Sydney. Aujourd'hui, ça me frustre, mais il ne faut pas oublier que c'est la France qui a gagné le premier Grand Chelem des Six Nations (2002).

 
1c493.jpg
 
2002. Serge Betsen, dans les bras de Fabien Pelous, fête une victoire exemplaire sur les Anglais (20-15). (Marc Francotte/L'Équipe)
 

Vous évoquiez le traumatisme de novembre 2003 en Australie. Vous marquez le seul essai de la rencontre, mais vous prenez aussi un carton jaune. L'avez-vous digéré ?
C'est encore un gros malaise pour moi. Ça fait mal. À ce moment-là, je me dis : ''Qu'est-ce que tu fais Jonny ? Tu déconnes !''. Il reste allongé et fait du cinéma, comme certains footballeurs qui roulent dix mètres après être tombés. Mais c'est comme ça. Surtout, je m'en veux (il le répète quatre fois). J'ai pénalisé mes partenaires, auprès de qui je m'étais ensuite excusé. Pourtant, je pense que c'est mon meilleur match en sélection. Je voulais tellement apporter par mon engagement. J'ai tout donné, mais malheureusement on n'a pas réussi à gagner. C'est frustrant. Ça reste une plaie ouverte. Elle n'est pas encore complètement soignée.

 
 
Sa vie d'ex
Serge Betsen a mis un terme à sa carrière aux Wasps, en 2012, mais il est resté vivre à Londres. « Une évidence familiale parce que ma moitié avait trouvé un boulot qu'elle adorait. » L'ancien troisième-ligne, qui a grandi à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), est devenu formateur Qualiopi. « Je fais beaucoup d'interventions en entreprise sur des sujets RH et motivationnels. J'essaie de créer des ponts entre le monde du sport et l'entreprise. » Parallèlement, il a créé une société (le Ballon responsable) qui recycle des ballons de rugby en maroquinerie. Le natif de Kumba, au Cameroun, s'occupe toujours de son association (la Serge Betsen Academy), qui aide les enfants de son pays d'origine mais aussi du Mali, à avoir accès à l'éducation et la santé. En revanche, pour le moment, il n'entraîne plus, si ce n'est un coup de main le week-end aux moins de 14 ans des Wasps. « Mais ça reste dans un coin de ma tête », avoue celui qui est passé par le staff de Rouen de 2021 à 2023. Il sera bien sûr présent pour le travail au Stade de France ce soir. « Je ne manquerai pas une miette de ce match contre les Anglais. »

Vous aviez pris votre revanche l'année suivante dans le Tournoi avec un succès (24-21), à Saint-Denis...
Oui, avec notamment la patte de mon ami Dimitri (Yachvili, auteur de quatre pénalités, une transformation et un essai). On aimerait que ces moments durent pour l'éternité. D'ailleurs, j'aimerais lancer un message au sport français et l'administration qui gouverne ce sport. Pour gagner cette Coupe du monde, on doit avoir des joueurs frais à 300 % lors de ces événements. On a des talents exceptionnels et il faut qu'on leur donne les moyens de gagner, qu'on les mette dans les meilleures dispositions possibles. Ça me frustre de dire que la France a été l'équipe la plus performante dans les Coupes du monde de rugby, mais ne l'a jamais gagnée. Ce n'est pas normal. Il y a un défaut quelque part et ça m'énerve.

 

Pour revenir sur vos déceptions contre les Anglais, vous aviez aussi subi leur loi (14-9) en demi-finales du Mondial 2007 à Saint-Denis, pour votre ultime sélection...
Oui, et surtout cet enfoiré de Josh Lewsey (auteur du seul essai, dès la 2e minute). Ça me remonte des émotions, c'est dur d'en parler. J'ai côtoyé Lewsey après aux Wasps. J'étais son capitaine, il fallait qu'il me porte un peu de respect. Il était fier comme un pou. On s'insultait, mais c'était de bonne guerre de se chambrer.

 
351ba.jpg
 
Il dispute sa dernière rencontre internationale contre l'Angleterre en demi-finales de la Coupe du monde 2007 (défaite 14-9). (A. Mounic/L'Équipe)
 

Vous n'êtes pas si rancunier vis-à-vis des Anglais, puisque vous avez fini votre carrière de l'autre côté de la Manche, où vous résidez toujours...
Après ce carton jaune lors de la Coupe du monde 2003, je m'étais dit que c'était de ma faute. Et on savait que la suivante était en France. Je voulais tout faire pour être sélectionnable et finir en beauté ma carrière. J'avais planifié ça et j'ai décidé de finir en Angleterre (de 2008 à 2012). Ici, ils rêvent tous d'être athlètes de haut niveau, avec de gros objectifs personnels. Ils sont très branchés sur la performance. J'ai aimé jouer là-bas. Je voulais comprendre cette différence culturelle et voir comment ils fonctionnaient. Aux Wasps, j'ai joué notamment avec Phil Vickery (pilier droit, 73 sélections avec l'Angleterre). Lui m'a fait réaliser ce que c'était de travailler pour arriver à son meilleur niveau. Les Anglo-saxons sont des bosseurs, alors que nous sommes plus des talents purs. J'en avais besoin et j'ai adoré ça. J'étais curieux des autres et curieux d'apprendre au côté des ''Rosbeefs'', nos meilleurs ennemis. »

 
 
 





2 utilisateur(s) li(sen)t ce sujet

0 members, 2 guests, 0 anonymous users