L'ASM s'apprête à vivre un véritable périple pour se rendre en Angleterre, jouer son match de Coupe d'Europe contre Sale ce samedi ( 16 h 15). Et en début de saison, pas grand monde aurait pu penser que le Covid allait une nouvelle fois planer au-dessus de la Champions Cup.
La vaccination ayant fait son chemin de chaque côté de la Manche, On pouvait légitimement être optimiste. Mais voilà, en l’espace de quelques jours la situation épidémique s’est à nouveau embrasée avec l’apparition du variant Omicron. Et tout particulièrement sur le sol britannique. Mardi, on comptait ainsi près de 60.000 nouveaux cas.
Face à la résurgence de l’épidémie, l’EPCR a dû revoir ses protocoles à la hausse. Et l’ASM en fait les frais. En cas de tests positifs, les jours non vaccinés de l’effectif ne peuvent participer à la rencontre du week-end. Même s’ils sont négatifs. Jono Gibbes a donc dû se passer de Kotaro Matsushima et de George Moala pour la réception de l’Ulster. Deux joueurs qui ne pourront pas être du voyage à Sale. Une situation qui exaspère un peu dans les rangs clermontois.
« On a deux coéquipiers non vaccinés qui ont eu des tests négatifs mais qui ne peuvent pas jouer quand même, souffle Jean-Pascal Barraque. C’est un peu incompréhensible. Ce sont deux joueurs importants. C’est dommage de s’en passer alors qu’il n’y a aucun risque. »
En Top 14, Kotaro Matsushima et George Moala doivent se plier quotidiennement à un test PCR. Un dépistage qui est à leur charge et qu’ils doivent eux-mêmes organiser. En Champions Cup, malgré leur bonne santé, ils ne peuvent pas jouer en raison du cas de Covid avéré la semaine dernière. Les instances européennes du rugby sont donc allées bien plus loin en serrant la vis de quelques tours supplémentaires. Et tout particulièrement concernant les déplacements outre-manche.
Pour l’ASM, se rendre dans la banlieue de Manchester est un véritable casse-tête à organiser. Ce n’est pas Neil McIlroy, le team manager, qui dira le contraire.
Un groupe de 45 personnes s’envolera de Clermont-Ferrand vendredi après-midi à bord d’un avion privé. Comme les Clermontois sont tenus à rester en vase clos, c’est la solution préconisée.
Arrivé sur place, le contingent auvergnat devra voyager à l’intérieur d’un bus privatisé et où le chauffeur sera préalablement testé. Un trajet jusqu’à un hôtel situé dans la campagne anglaise, à une vingtaine de kilomètres du stade. Là aussi, le lieu d’hébergement sera privatisé, chaque joueur ou membre du staff ayant interdiction de rentrer en contact avec une personne extérieure.
Les tracasseries ne s’arrêtent pas là. Entre les injonctions des gouvernements britanniques et français ainsi que le protocole mis en place par l’EPCR, chaque personne aura réalisé trois tests en Auvergne et deux autres outre-manche, dont un samedi matin avant le match. Des tests qui seront dans les chambres d’hôtel et que le club a dû commander préalablement.
Entre la lettre d’exemption de sportif de haut niveau, le test PCR valide pour rentrer sur le territoire britannique, le formulaire attestant de la localisation sur place, la preuve des dépistages effectués durant la semaine, le pass sanitaire... Chaque membre de la délégation clermontoise aura ainsi 8 documents administratifs à présenter. Le prix à payer pour disputer un match de Champions Cup. En attendant bien sûr les derniers tests...
Arnaud Clergue (La Montagne - 16/12/2021)