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Nouvelle-Zélande - Sélection nationale


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#46 el landeno

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Posté 27 janvier 2026 - 21:31

Plus de matches à l'étranger et expansion commerciale : l'obsession du marketing va-t-elle tuer les All Blacks ?
Entre la volonté commerciale de faire des All Blacks une marque planétaire en les faisant jouer de nombreux matches à l'étranger et les exigences sportives de l'équipe nationale, le prochain sélectionneur devra faire face à une équation quasi ingérable.

Il y a deux semaines, la Fédération néo-zélandaise (NZR) a annoncé l'éviction de Scott Robertson, l'entraîneur des All Blacks, deux ans avant la Coupe du monde 2027 en Australie. Son bilan semblait honorable (74 % de victoires, 20 succès en 27 matches) mais, sur le terrain, cette équipe mythique se montrait inconstante et parfois erratique dans son jeu. David Kirk, nouvel homme fort de la NZR, a conduit un audit à l'issue de la saison 2025 et conclu qu'un changement de coach était « inéluctable ». Selon des fuites dans la presse, le retour d'expérience des joueurs faisait état de « messages confus » au sein de l'encadrement de Robertson.

 
 
 
 

Le coach avait été nommé à la tête des All Blacks début 2024, fort de sept titres de Super Rugby conquis avec les Crusaders. Mark Robinson, alors président de la NZR, tenait à son profil au point d'occulter son inexpérience au niveau international et de balayer les candidatures concurrentes. La compétence du coach semblait une évidence et, à la tête de la NZR, Robinson se préoccupait surtout de développer l'image de son sport.

 
 
L'obsession marketing de Robinson a fragilisé Robertson

« Razor » cochait les bonnes cases : un « winner » doublé d'un « mec sympa », dont les chorégraphies de breakdance spontanées après ses victoires étaient devenues virales. Il s'imposait comme le personnage clé d'un narratif jubilatoire adapté aux réseaux sociaux, il était la « brand personality » (l'incarnation) idéale pour une institution en perte de connexion avec le public jeune.

 

L'obsession marketing de Robinson n'explique pas à elle seule l'échec sportif de Robertson, mais elle l'a fragilisé en le plaçant dans un environnement où l'image et l'expansion commerciale ont précédé les exigences de performance. L'été dernier, nous avions rencontré le dirigeant à Wellington. Il avait évoqué le rugby de son enfance dans la ferme familiale de Taranaki, sa mère qui cuisinait pour tous les copains, ce rugby qui éduque et crée du lien. Puis il avait évoqué son départ pour la prestigieuse université de Cambridge.

Il s'y était façonné un métalangage singulier. Il parlait de rugby avec des mots choisis : « produit », « audience », « croissance », « contenus », « plateformes »... Il nous avait détaillé ses projets : « le "fantasy rugby" qui se joue en ligne. On crée une équipe virtuelle avec des joueurs réels, on gagne des points » et nous avait défini sa vision : « développer la marque All Blacks sur de nouveaux marchés, notamment aux États-Unis ».

 
Plus de matches à l'extérieur afin de maximiser les revenus de billetterie

Un projet séduisant pour Silver Lake, fonds d'investissement américain entré au capital de la NZR en 2022 à hauteur d'environ 100 millions d'euros. « Sous l'ère Scott Robertson, les All Blacks ont disputé 60 % de leurs matches à l'extérieur (16 sur 27) afin de maximiser les revenus de billetterie dans de grands stades étrangers », détaille Gregor Paul du New Zealand Herald. Pour les joueurs, cela signifie de longs déplacements, une préparation et une récupération tronquées. Ils sont d'un côté victimes du système, mais aussi acteurs mieux rémunérés que par le passé.

 

Robinson est parti, mais la logique qu'il a installée demeure : en 2026, les All Blacks disputeront 17 matches. Après trois matches en Afrique du Sud, fin août, ils se coltineront un quatrième choc face aux Springboks le 12 septembre, à Baltimore, dans un stade NFL de 71 000 places : le terme d'une quadrilogie marketing baptisée « Rugby's Greatest Rivalry » ( « La plus grande rivalité du rugby »).

 
 

« L'objectif est d'élargir la fan base avec deux ou trois millions d'Américains, afin de doubler l'audience des All Blacks »

Gregor Paul, journaliste du

 
 

Dans ce pays de cinq millions d'habitants, entré en récession en 2023, la NZR croit dur comme fer au rêve américain. L'an passé, elle avait sondé la Fédération française pour disputer un match face aux Bleus sur la côte ouest des États-Unis. L'option avait été écartée par la FFR, soucieuse de préserver ses joueurs. En novembre 2025, les All Blacks ont néanmoins affronté l'Irlande au Soldier Field de Chicago (victoire 26-13). « Avec 6 millions de dollars néo-zélandais de recettes (environ 3 millions d'euros), ce fut l'un des matches les plus rentables de l'histoire des All Blacks », rappelle Paul. « L'objectif est d'élargir la fan base avec deux ou trois millions d'Américains, afin de doubler l'audience des All Blacks. »

 

Une stratégie rémunératrice à court terme qui éloigne l'équipe de ses supporters historiques : cette année, les joueurs ne disputeront que quatre matches en Nouvelle-Zélande. Et pour les voir il faut être abonné à Sky, une chaîne payante. La NZR vend le rêve All Black au monde et le néglige sur ses terres. Le prochain sélectionneur héritera d'un cahier des charges redoutable : gagner, protéger une tradition tout en innovant dans le jeu, et arbitrer la contradiction d'une franchise globale qui fragilise sa propre équipe nationale.

 
 
 

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#47 el landeno

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Posté 03 mars 2026 - 17:11

Quête de sélectionneur, défaut de gouvernance, départs en cascade... Remue-ménage chez les All Blacks : « Nous avons besoin de regards neufs »
Après l'éviction du coach des All Blacks Scott Robertson en janvier, le responsable de la préparation physique Nic Gill vient d'annoncer son départ dans la nuit. Sans directeur général, ni sélectionneur nommé, la fédération néo-zélandaise avance à découvert, à dix-huit mois de la Coupe du monde.

Il n'est resté que quelques secondes debout, le 20 juin 1987, avant que ses coéquipiers ne le portent en triomphe. À Auckland ce jour-là, David Kirk (64 ans), demi de mêlée capitaine des premiers champions du monde, levait la coupe Webb Ellis Cup à l'Eden Park. Trente-huit ans plus tard, le voilà à la tête d'une autre mêlée. Plus politique, plus feutrée, mais tout aussi décisive : celle de la Fédération néo-zélandaise.

 
 
 
 

Depuis son arrivée à la présidence de New Zealand Rugby (NZR), en février 2025, le paysage a changé de relief. Les secousses ont été nombreuses, parfois brutales, dans ce grand remue-ménage au sein des All Blacks. Le signal a été clair en janvier : Scott Robertson, auréolé de ses succès avec les Crusaders, n'ira pas au bout du cycle. Son ratio de 74 % de victoires en sélection, qui ferait saliver la moitié des nations du globe, n'a pas suffi. Kirk et son board ont estimé que la trajectoire n'était pas assez ascendante. Fin de mission.

Dans la foulée, les pièces ont commencé à tomber. Chris Lendrum, patron du rugby professionnel depuis vingt ans, a annoncé son départ il y a quelques jours. Son rôle, décisif, était de verrouiller les contrats pour éviter l'exode des joueurs vers l'Europe. Sir Wayne Smith, cerveau respecté, mentor des Black Ferns championnes du monde 2022, a pris la direction des Kobelco Kobe Steelers, au Japon.

 
 
 
 
 

Et dans la nuit de lundi à mardi, le préparateur physique historique Nic Gill a annoncé qu'il quittait la NZR pour la NFL, où il va intégrer le staff performance des Ravens. Un départ comme un symbole : Gill a oeuvré plus de vingt ans au coeur du système All Blacks. Il emporte avec lui une partie de la « propriété intellectuelle » du rugby kiwi.

 
 
 
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Scott Barrett et Scott Robertson, ancien sélectionneur des All Blacks (Tom Maher/INPHO/Presse Sports)
 

Ajustement ou purge douce ? Kirk ne s'en cache pas : il veut casser les logiques de clan, ouvrir les fenêtres, introduire davantage de diversité dans un écosystème longtemps dominé par les réseaux des Crusaders. « Nous avons besoin d'une réflexion plus large et de regards neufs », a-t-il glissé en interne, convaincu que l'entre-soi finit toujours par émousser l'exigence. Le diagnostic parlait de confort, d'angles morts, d'habitudes devenues dogmes. Le nouveau président tranche et découpe.

 
Une image de toute-puissance fissurée

Le paradoxe, c'est que cette révolution s'opère sans chef d'orchestre exécutif. Sept mois après le départ de Mark Robinson, parti à World Rugby, la NZR n'a toujours pas trouvé son CEO (Directeur général). Le recrutement, confié au cabinet international Korn Ferry, patine. Steve Lancaster assure l'intérim, solide, discret. Mais à dix-huit mois d'une Coupe du monde en Australie (du 1er octobre au 13 novembre 2027), l'absence de patron permanent interroge.

 

Même flottement sur le terrain. Le poste de sélectionneur le plus exposé du rugby mondial reste vacant. Deux noms émergent. Jamie Joseph (55 ans), architecte du sacre des Highlanders en 2015 et ancien sélectionneur du Japon (2016-2023), connaît la maison et les circuits internationaux. Dave Rennie (61 ans), double champion de Super Rugby avec les Chiefs (2012 et 2013), passé à la tête de l'Australie de 2020 à 2023, incarne l'expérience et la rugosité. Deux profils aguerris, deux tempéraments forts. Mais l'annonce tarde.

 

Pour une fédération qui annonce vouloir faire des All Blacks une marque à 7 milliards de dollars, le timing surprend. L'image de toute-puissance s'est fissurée. Les candidatures n'ont pas afflué. Certains techniciens de renom ont décliné, échaudés par la gestion passée des successions et la brutalité des cycles.

 
Un calendrier dantesque

Tandis que ça frétille dans les bureaux de la NZR, le calendrier, lui, ne ralentit pas. La saison 2026 s'annonce comme la plus dense de l'histoire néo-zélandaise : dix-sept matches, dont quatre face aux Springboks, une Coupe des nations relevée (France, Irlande, Angleterre), la Bledisloe Cup (deux rencontres en octobre), et quatre rencontres seulement à domicile. Les All Blacks entameront ce marathon ovale face à l'équipe de France le 4 juillet prochain à Christchurch.

 
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Les Blacks lors de la lourde défaite face aux Springboks (43-10), en septembre. (Dave Lintott / Icon Sport)
 

Un programme à user les corps et les certitudes. Les Néo-Zélandais, déjà chahutés en 2025, avec des défaites marquantes contre l'Argentine, l'Afrique du Sud ou l'Angleterre, n'auront pas de phase de rodage. Chaque revers alimentera le procès en instabilité. Chaque hésitation tactique rappellera que le staff est en reconstruction.

 
Des enjeux au-delà du sportif

À cela s'ajoutent des enjeux politiques lourds. La NZR doit renégocier plusieurs contrats de sponsoring majeurs, notamment avec son équipementier et ses partenaires bancaires historiques, dans un contexte où la valeur de la marque All Blacks est scrutée à l'aune des résultats. En parallèle, la haute performance est en cours de réorganisation : audit des structures régionales, clarification des rôles entre fédération et franchises, redéfinition des indicateurs de performance.

 

Kirk joue sur plusieurs tableaux à la fois. L'ancien demi de mêlée a toujours aimé décider vite. Mais la vitesse, en gouvernance, peut exposer. Il y a pourtant une cohérence dans cette agitation. Kirk veut réinstaller une culture d'exigence absolue. Pas seulement gagner, mais dominer. Pas seulement performer, mais anticiper. La Nouvelle-Zélande avait imposé un modèle. Aujourd'hui, elle tente de le réinventer. Dans l'urgence.



#48 el landeno

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Posté 04 mars 2026 - 21:13

David Rennie, le nouveau sélectionneur au profil de bâtisseur pour remettre les All Blacks sur la voie du succès
Ancien prof de sport, patron de pub, triple champion du monde U20 et double vainqueur du Super Rugby, le nouveau sélectionneur Dave Rennie incarne un leadership ancré et une vision identitaire pour relancer les All Blacks.

Voilà plus de sept semaines que la Nouvelle-Zélande attendait le nom du nouveau sélectionneur des All Blacks. Une éternité. L'éviction de Scott Robertson avait créé un vide et généré une angoisse populaire. Contre la pression environnante, David Kirk, le président de la fédération (NZR), a tenu à s'affranchir de l'urgence et mis en place un long processus durant lequel sa fédération a auditionné, consulté, sondé. Les talonneurs champions du monde Keven Mealamu et Dan Coles ont été mis à contribution durant ce processus.

 
 
 

L'élu se nomme Dave Rennie. Il a 62 ans, le visage buriné par les années sur les terrains et l'expression minérale d'un chef de chantier prêt à se retrousser les manches. Pas un prophète du marketing ni un gourou qui débite des punchlines, c'est plutôt son franc-parler qui le rend attachant. À l'annonce de sa nomination, il a fait rire l'auditoire en confiant avoir appelé son épouse restée au Japon : « Elle baillait ». Le moment était historique, la vraie vie continuait. Il a raconté que s'il n'avait pas été retenu, il envisageait de rentrer pour entraîner bénévolement la province de Manawatu en NPC et surtout retrouver ses trois fils pour « couper du bois » avec eux.

 
 

Plutôt que la scie et la hache, il prendra la tête des All Blacks le 4 juillet face à la France, à Christchurch, après avoir achevé sa saison au Japon avec les Kobelco Kobe Steelers, un club où évoluent Ardie Savea, Anton Lienert-Brown et le retraité Brodie Retallick. En évoquant ce dernier, Rennie a laissé entendre que le niveau du deuxième-ligne était tel qu'il pouvait lui permettre de rempiler avec les Blacks en vue de la Coupe du monde 2027.

 
 
 

Face à Rennie, Jamie Joseph était un concurrent solide. Mais l'incapacité à s'entourer de Tony Brown, entraîneur des trois-quarts des Springboks, a affaibli sa candidature. « J'ai beaucoup de respect pour lui. On boira une bière ensemble », lui a rendu hommage son rival.

 
 
 
Bizutage en mode Pékin Express

Dave Rennie a eu plusieurs vies. Il fut d'abord professeur d'éducation physique à la Fergusson Intermediate School, à Upper Hutt, au nord-est de Wellington. Il a aussi été patron de The Lonely Goatherd, un pub sur King Street. Deux métiers où l'on apprend à lire les êtres : celui qui décroche en cours ou celui qui a besoin d'une oreille plus que d'une bière supplémentaire. « Il a une grande intelligence émotionnelle », résume l'ancien capitaine all black Graham Mourie.

 
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Le 15 novembre, les All Blacks ont subi une lourde défaite (33-19) à Twickenham face à l'Angleterre de George Ford. (D. Rogers/Getty Images/AFP)
 

Rennie ne vend pas un discours, il bâtit. En 2000, il a offert à Wellington un titre NPC qui échappait à la province depuis 1986. Avec les Baby Blacks, il a remporté trois Coupes du monde des moins de 20 ans (2008, 2009, 2010) : quinze matches, quinze victoires, avec des jeunes nommés Aaron Cruden, Sam Cane ou Zac Guildford.

 

Une anecdote le raconte bien. Lorsqu'il a pris la tête des Chiefs en 2012, il avait convoqué les joueurs pour 7 h 30 au St Paul's Collegiate Pavilion, à Hamilton. Le staff leur avait confisqué portefeuilles et téléphones, puis donné à chacun dix dollars. Destination : Ohope, à 200 kilomètres. Par deux. « Débrouillez-vous ! » Il leur avait fallu faire du stop, manger chez l'habitant, discuter, expliquer qui ils représentent. « Une opportunité de faire preuve de leadership et de se connecter à la communauté », dira Rennie. Les titres de Super Rugby suivront en 2012 et 2013. Sortir du confort, responsabiliser, créer un ancrage : voilà sa philosophie.

 

« Dave comprend ce que signifie entraîner les All Blacks et pratiquer un style de rugby qui reflète qui nous sommes, synthétise Kirk. Il a une compréhension approfondie du rugby en Nouvelle-Zélande et du rôle que jouent les All Blacks dans la construction de notre identité nationale et le rassemblement des communautés. »

 

En 2019, le centre all black Sonny Bill Williams réclamait que les postes d'entraîneurs reflètent davantage la diversité néo-zélandaise. « Je veux approfondir la notion d'héritage », dit Rennie, dont la maman était originaire de Titikaveka, aux îles Cook. « Travailleuse et inspirante... Je sais qu'elle serait très fière. » Cette part « pasifika » il la porte et l'incarne sans besoin de l'exhiber.

 
 

« Dans les bons comme dans les mauvais moments, il restait quelqu'un d'extrêmement positif »

Nigel Geany, son ancien coéquipier dans la province de Wellington

 
 

En 2019, sa candidature avait été écartée par la NZR, au grand dam de Graham Henry, entraîneur des All Blacks champions du monde en 2011. Recruté par l'Australie, Rennie a dirigé les Wallabies de 2020 à début 2023 : 38 tests, 38 % de victoires. Une période fracturée par le Covid, des tournées instables, puis une éviction brutale à neuf mois du Mondial, remplacé par Eddie Jones. « Je pars en sachant que j'avais le soutien total du groupe », confie-t-il. Sobre. Digne.

 
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En novembre 2022, l'Australie de Jed Holloway, entraînée par Dave Rennie, n'avait perdu que d'un point (30-29) au Stade de France, face aux Bleus de Gaël Fickou. (P. Lahalle/L'Equipe)
 

Le centre néo-zélandais Nigel Geany, finaliste du Championnat de France en 1997 avec Bourgoin, se souvient bien de « Renn's », avec lequel il était associé au centre pour la province de Wellington à la fin des années 80. « Même quand les choses tournaient mal en match, il te regardait avec un petit sourire, restait toujours optimiste. Sur le banc, on bouffait des tourtes à la viande et des bonbons à la menthe, se marre Geany. C'était un trois-quarts centre très imposant, avec d'excellentes mains pour faire jouer autour. Plaqueur redoutable et perforateur puissant, intransigeant, frontal. Toujours très calme, posé. Très important pour la cohésion de groupe : après nos matches à Athletic Park et une douche, froide 90 % du temps, on s'asseyait, on se rhabillait et on sirotait des bières. Chacun disait quelques mots sur le match, puis Renn's prenait sa guitare. Il avait un répertoire impressionnant. On chantait avec lui avant d'aller à la réception d'après match. Dans les bons comme dans les mauvais moments, il restait quelqu'un d'extrêmement positif. »

 

En quête d'un nouveau cap, les All Blacks n'ont peut-être pas choisi le coach le plus flamboyant mais s'appuient sur un homme réputé pour sa capacité d'ancrage et à construire quand tout vacille.

 
 
 
 
 


#49 Magpie

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Posté 23 juin 2026 - 01:22

All Blacks 2026 squad

 

Forwards (19)

 

HOOKERS

 

Asafo Aumua (29 / Hurricanes / Wellington / 20)

Codie Taylor (35 / Crusaders / Canterbury /106)

Samisoni Taukei’aho ( 28 / Chiefs / Waikato / 43)

 

PROPS

 

Ethan De Groot (27 / Highlanders / Southland / 40)

George Bower (34 / Crusaders / Otago / 25)

Xavier Numia * (27 / Hurricanes / Wellington / 0)

Tyrel Lomax (30 / Hurricanes / Tasman / 48)

Fletcher Newell (26 / Crusaders / Canterbury / 35)

Pasilio Tosi (27 / Hurricanes / Bay of Plenty / 16)

 

LOCKS

 

Tupou Vaa’i (26 / Chiefs / Taranaki / 45)

Patrick Tuipulotu (33 / Blues / Auckland / 56)

Josh Lord (25 / Chiefs / Taranaki / 12)

Sam Darry (25 / Blues / Canterbury / 8)

 

LOOSE FORWARDS

 

Peter Lakai (23 / Hurricanes / Wellington / 8)

Simon Parker (26 / Chiefs / Northland / 8)

Ardie Savea (32 / Moana Pasifika / Wellington / 106) (Captain)

Wallace Sititi (23 / Chiefs / North Harbour / 19)

Luke Jacobson (29 / Chiefs / Waikato / 24)

Anton Segner * (24 / Blues / Auckland / 0)

 

Backs (15)

 

HALFBACKS

 

Cameron Roigard (25 / Hurricanes / Counties Manukau / 17)

Cortez Ratima (25 / Chiefs / Waikato / 21)

Kyle Preston (26 / Crusaders / Wellington / 1)

 

FIRST FIVE-EIGHTHS

 

Ruben Love (25 / Hurricanes / Wellington / 5)

Beauden Barrett (35 / Blues / Taranaki / 144)

Damian McKenzie (31 / Chiefs / Waikato / 74)

 

MIDFIELDERS

 

Jordie Barrett (29 / Hurricanes / Taranaki / 78)

Quinn Tupaea (27 / Chiefs / Waikato / 24)

Billy Proctor (27 / Hurricanes / Wellington / 11)

Anton Lienert-Brown (31 / Chiefs / Waikato / 88)

 

OUTSIDE BACKS

 

Caleb Clarke (27 / Blues / Auckland / 33)

Fehi Fineanganofo * (23 / Hurricanes / Bay of Plenty / 0)

Leroy Carter (27 / Chiefs / Bay of Plenty / 6)

Josh Moorby * (27 / Hurricanes / Waikato / 0)

Will Jordan (28 / Crusaders / Tasman / 54)

 

Injury cover: Jamie Hannah * (23 / Crusaders / Canterbury / 0) will join the squad as temporary injury cover for Tupou Vaa’i until he is cleared to return to play following concussion protocols.

 

Unavailable due to injury: Tamaiti Williams; Scott Barrett; Fabian Holland; Leicester Fainga’anuku.

 

 

https://www.allblack...ds-named-monday

 

 

 

Championnat des Nations - Rieko Ioane absent, quatre nouveaux : le groupe des All Blacks, futurs adversaires du XV de France



#50 Magpie

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Posté 23 juin 2026 - 02:08

Joueurs notables absents de la sélection :

 

- Rieko Ioane : il se trouve toujours en Irlande.

 

- Richie Mo’unga et Shannon Frizell : ils ne sont pas sélectionnés en raison des règles d’éligibilité de la Nouvelle-Zélande. À l’exception des joueurs ayant bénéficié d’un congé sabbatique de courte durée (Rieko Ioane, Anton Lienert-Brown, Ardie Savea), un joueur ayant évolué à l’étranger la saison précédente n’est éligible que s’il a signé un contrat en Nouvelle-Zélande (NPC, Super Rugby) et a déjà disputé des matchs de première division néo-zélandaise depuis son retour. Mo’unga et Frizell ont signé un contrat pour la NPC et le Super Rugby (2027), mais n’ont pas encore joué en Nouvelle-Zélande depuis leur retour. Ils doivent d’abord jouer en NPC avant de pouvoir être sélectionnés, sauf en cas de blessure. Dave Rennie était mécontent de cette décision (tout comme Scott Robertson avant lui), mais la fédération néo-zélandaise ne reviendra pas sur sa décision.

 

- Malgré une excellente saison, des joueurs comme Ethan Blackadder, Du’Plessis Kirifi etc n’ont pas été retenus dans la sélection, mais pourraient être sélectionnés pour la tournée en Afrique du Sud, où dix joueurs supplémentaires seront appelés. D’autres joueurs n’ont pas été sélectionnés car ils ont signé des contrats à l’étranger et quitteront la Nouvelle-Zélande (par exemple, Sevu Reece, Dalton Papali’i et Hoskins Sotutu).



#51 InASMWeTrust

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Posté 23 juin 2026 - 08:14

Beau groupe, expérimenté. Deux nouveaux qui bénéficient de leur saison extra avec les Hurricanes. 

J'aimerais vraiment un peu d'audace et qu'on confie la charnière à Roigard/Love.  



#52 samsara

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Posté 24 juin 2026 - 11:51

Pour Love, ça va rester un voeux pieux. 


Kiifi, ça aurait pu valoir le coup de jeter un oeil tant qu'on est sur une filière néo Z. Un 7 qui marque des essais, plaque, gratte, trouve des brèches, et petit fomat (on a rarement des monstres à Clt) et avec un tel leadership, je casse mon PEL qd il veut. Maintenant il devrait jouer avec la fougère, c'est mort mais dommage. 



#53 el landeno

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Posté 30 juin 2026 - 06:05

David Kirk, président de la Fédération de Nouvelle-Zélande, qui accueille la France samedi pour le premier match du Championnat des nations : « Le rugby français a toujours été une menace »
À la tête de la Fédération néo-zélandaise depuis février 2025, David Kirk, l'ancien capitaine des All Blacks champions du monde en 1987, a insufflé d'énormes changements, notamment de sélectionneur. À quatre jours du choc opposant la France à la Nouvelle-Zélande à Christchurch, le 4 juillet (9 h 10, heure française), son propos permet de comprendre l'axe que compte suivre le rugby de son pays.

David Kirk estil l'homme du renouveau du rugby néozélandais ? Nommé président de la Fédération (NZR) en février 2025, c'est lui qui, il y a six mois, a lancé un audit aboutissant à l'éviction du sélectionneur Scott Robertson, remplacé par Dave Rennie. Un choix courageux à dixhuit mois de la Coupe du monde en Australie. L'avenir dira s'il était pertinent.

 
 
 
 

Cet ancien demi de mêlée, âgé de 65 ans, à l'esprit vif, est un homme multiple : sacré champion du monde à 26 ans, il a ensuite raccroché les crampons. Diplômé en médecine, ce descendant d'une lignée d'Écossais a aussi étudié la philosophie à Oxford, connu une expérience de consultant au sein d'un grand cabinet londonien, s'est investi en politique avant de devenir patron de presse, puis chef d'entreprise dans les hautes technologies. Ce condensé d'un échange passionnant avec Kirk permet, en filigrane, de dresser le portrait du nouvel homme fort du rugby néo-zélandais.

 
 

« En 1987, vous étiez le capitaine des All Blacks vainqueurs de la première Coupe du monde face à la France. Qu'est-ce que cela a changé pour vous ?
Ça reste un moment intense. J'étais un homme jeune (26 ans) et naïf. Je n'avais jamais vécu hors de NouvelleZélande. J'avais grandi dans une petite ville, étudié à l'université, joué au rugby provincial jusqu'à atteindre le sommet avec les All Blacks. La Coupe du monde était l'aboutissement d'un rêve : celui d'un enfant de cinq ans courant avec un ballon dans le jardin.

 
 

« La religion repose aussi sur cette idée d'appartenance, de récompense par le service et la foi. En ce sens, les All Blacks et le rugby avaient une tonalité quasi religieuse »

David Kirk

 
 
 
 
 

Dans la NouvelleZélande de l'époque, le rugby était une religion.
Il y avait une dimension religieuse, pas au sens littéral, mais parce que les All Blacks offraient aux gens un sentiment d'appartenance profond. La religion repose aussi sur cette idée d'appartenance, de récompense par le service et la foi. En ce sens, les All Blacks et le rugby avaient une tonalité quasi religieuse. C'était une force qui unissait le pays.

 
 
 
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Le 20 juin 1987, à Auckland, David Kirk était le demi de mêlée et capitaine de la Nouvelle-Zélande victorieuse de la France en finale de la première Coupe du monde de l'histoire (29-9). (Robert Legros/L'Équipe)
 

Que représente le rugby aujourd'hui en NouvelleZélande ?
Il garde la même importance : c'est toujours notre principal sport d'hiver, un sport majeur. Nous restons parmi les meilleurs, on rivalise avec les grandes nations. Notre héritage et nos performances nous maintiennent au sommet, et nous en sommes fiers. Mais le contexte social et culturel a radicalement changé depuis les années 60, 70 ou 80. Le rugby fait face aux mêmes défis que les autres sports et même au-delà. Toutes les associations pensées pour rassembler - clubs de bowling, associations religieuses, sociales ou caritatives - font face au même problème : il est de plus en plus difficile de sortir les gens de leur vie personnelle. Ils ont un travail, des enfants, leurs soucis. S'engager pour le bien commun est devenu bien plus difficile qu'avant.

Un de vos compatriotes nous disait récemment : « Chez nous, le rugby a pris un coup de vieux, c'est un sport de quinqua CSP + conduisant une berline... »
C'est absurde. Le rugby féminin est en forte croissance. Il y a de plus en plus de joueurs originaires des îles du Pacifique, de troisième ou quatrième génération, qui cherchent à entrer dans des parcours professionnels. Énormément de jeunes arrivent dans le jeu.

 

L'émotion pour le ballon ovale est-elle toujours la même ?
Absolument. Quand les All Blacks jouent, on fait le plein. L'an passé, on a rempli trois stades lors de la tournée française, quand bien même les Bleus n'avaient pas pu envoyer leur meilleure équipe. Ce n'était pas un tour de magie : le réservoir d'amour et d'enthousiasme pour le rugby est toujours là.

 
 
La première journée du Championnat des nations
Samedi 4 juillet
Nouvelle-Zélande - France, 9 h 10 à Christchurch (NZL)
Japon-Italie, 10 h 40 à Tokyo (JAP)
Australie-Irlande, 12 h 10 à Sydney (AUS)
Fidji - pays de Galles, 15 h 10 à Cardiff (GAL)
Afrique du Sud - Angleterre, 17 h 40 à Johannesburg (AFS)
Argentine-Écosse, 21 h 10 à Cordoba (ARG)

Quel regard portez-vous sur le rugby français ?
Il est en très bonne santé en ce moment, mais reste potentiellement instable. Il incombe aux décideurs de ne pas oublier qu'il est important de consolider tous les niveaux de la pyramide. Le rugby pro français est excellent : grands joueurs, bonne filière de formation, soutien des médias. C'est formidable. Et une équipe de France qui joue de manière extraordinaire. Mais estce aussi le cas au niveau communautaire, dans les petites villes et petits clubs ? Il est important qu'un sport fonctionne bien à tous les étages.

 

Longtemps, les Néo-Zélandais ont considéré le rugby français comme une menace, notamment à cause de sa puissance financière qui permettait de « voler » vos joueurs...
Le rugby français a toujours été une menace, depuis le début, mais surtout par la qualité de son jeu. L'Afrique du Sud et la France - et parfois l'Australie, même si ça remonte à loin - ont toujours été les plus grands défis pour la NouvelleZélande. Nous l'avons toujours su. De ce point de vue, rien n'a changé.

 
 

« Dans votre pays (la France), on sent que chaque pierre, chaque rue, a une histoire à raconter »

David Kirk

 
 

Malgré tout vous adorez la France. Pourquoi ?
Parce que c'est un pays complexe, riche, plein de contradictions. Avec une profondeur culturelle, une histoire dense, une relation très forte entre les gens et leur territoire. Dans votre pays, on sent que chaque pierre, chaque rue, a une histoire à raconter. Et puis, la France aime débattre, confronter les idées avec passion. Parfois avec violence, mais c'est intéressant.

 

Vous êtes médecin de formation. Votre intention était de soigner les gens ?
Mon père était médecin, mon grandpère maternel aussi. Je n'avais pas ressenti une vocation très forte, mais c'était stimulant scientifiquement et intellectuellement. Et aussi très lié aux gens. Cette relation aux autres a toujours guidé mon parcours.

 
 
David Kirk en bref
65 ans.
Demi de mêlée. 17 sélections entre 1985 et 1987.
Président de la fédération néo-zélandaise de rugby depuis février 2025.

Quel est votre diagnostic sur le rugby mondial ?
Il pourrait être en meilleur état, mais je pense qu'il est en bonne santé aujourd'hui. Chaque nation a ses défis : au pays de Galles, en Angleterre ou ailleurs. World Rugby, en ce qui concerne les Coupes du monde masculine et féminine, va bien. La majorité des équipes jouent un bon rugby, bénéficient d'un soutien domestique. Certains modèles économiques, en revanche, ne sont pas durables. Ils devront être déconstruits et modifiés. World Rugby luimême a des modèles difficiles : le rugby à sept, par exemple, n'est pas structuré pour être rentable, il perd de l'argent. Il reste du travail.

 

Estce le docteur qui parle ou bien le communicant ? Comment êtesvous passé de médecin à magnat de presse pour le groupe Fairfax Medias ?
Il y a beaucoup d'étapes entre les deux. Après la médecine, je suis allé à Oxford pour étudier la philosophie, la politique et l'économie.

 

Qu'avez-vous appris de la philosophie ?
(Il rit.) Si je devais retenir une phrase adaptable aux All Blacks, ce serait : « On n'est pas aussi bon que son prochain match. » Aucun gouvernement, aucune organisation, aucune équipe ne peut vivre éternellement sur la grandeur de son passé. On n'est vraiment bon que si l'on prépare l'avenir pour réussir.

 
 

« Il faut une vision, aider à comprendre que le monde évolue, ne pas céder à la peur, croire en un avenir prometteur »

 
 

La pensée chinoise aime insister sur l'incertitude...
Absolument. Il faut conjuguer avec l'incertitude. Là, on entre dans l'épistémologie : « Que pouvonsnous savoir ? », « Savonsnous vraiment quelque chose ? », « Êtesvous vraiment une personne assise devant moi ou une projection de mon esprit ? » René Descartes a ouvert ce champ et lancé la philosophie rationnelle moderne.

 
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David Kirk brandissant la coupe du monde après la victoire des All Blacks, le 20 juin 1987. (Robert Legros/L'Équipe)
 

Bon, alors dites-nous comment vous avez basculé de médecin à DG de Fairfax Media via des études de philo...
Entre les deux, il y a eu d'autres étapes (il rit encore). J'ai travaillé à Londres pour le cabinet d'audit McKinsey, où j'ai appris le business. Puis j'ai travaillé pour le Premier ministre Jim Bolger, quatre ans comme conseiller principal en politiques publiques. J'écrivais des discours, des documents sur nos objectifs. Une période formidable, de grandes réformes. La NouvelleZélande passait de l'ancien monde au nouveau. J'ai appris la gestion du changement, comment transformer un pays, diriger en observant les gens. Il faut une vision, aider à comprendre que le monde évolue, ne pas céder à la peur, croire en un avenir prometteur.

Les médias n'étaient pas une fin, juste un outil ?
C'était un secteur qui m'intéressait. Je suis ensuite retourné aux affaires, mais j'ai toujours été attiré par les médias, en partie à cause des journalistes : réfléchis, analytiques, souvent grincheux, jamais satisfaits, toujours en quête du scoop. Cette agitation permanente, ce besoin de comprendre et de raconter. J'ai moimême écrit, et j'avais une formation en business. J'ai combiné journalisme, management et technologie. Je suis devenu DG à l'époque où la publicité quittait le papier pour le numérique. Nous avons accompagné les journaux dans cette transition, avec des réductions de coûts et de profonds changements.

 

Quel avenir voyez-vous pour le journalisme ?
Les supports changeront. Les technologies, y compris l'IA, joueront un rôle croissant. Mais la qualité restera centrale. Aller sur le terrain, poser des questions, écouter, observer, croiser les sources, raconter honnêtement : cela ne disparaîtra jamais. La technologie, ce sont les tuyaux. L'essentiel, c'est ce qu'on fait passer à l'intérieur.

 

Lors d'une précédente conversation à propos des All Blacks, vous nous parliez de retrouver leur « mana ». Quelle dimension mettezvous dans ce terme ?
Le mana est une notion maorie difficile à traduire. C'est à la fois une force, une autorité morale, une énergie, une responsabilité individuelle envers le collectif. On le reçoit, mais on doit l'entretenir, le protéger et le transmettre. On ne le possède jamais pour soi seul.

 
 

« Reconnaître ses ancêtres, ce n'est pas vivre dans le passé, c'est comprendre que l'on a une dette. On ne la rembourse pas avec de l'argent, mais par des actions, par le service à la communauté, par la transmission »

 
 

On peut perdre son mana ?
Oui. Par arrogance, par abus de pouvoir, par manque de respect envers les autres, envers l'histoire, envers ceux qui vous ont précédé. D'où, dans la culture maorie, l'insistance sur l'humilité, le service, le fait de rendre ce que l'on a reçu.

 

Vous aimez évoquer vos ancêtres écossais...
Oui, parce que nous ne sommes pas apparus de nulle part. Nous sommes le produit de ceux qui nous ont précédés - leurs choix, leurs erreurs, leurs sacrifices. Reconnaître ses ancêtres, ce n'est pas vivre dans le passé, c'est comprendre que l'on a une dette. On ne la rembourse pas avec de l'argent, mais par des actions, par le service à la communauté, par la transmission. Et pour ça, le rugby est un vecteur extraordinaire : il crée du lien entre générations, cultures, territoires. S'il oublie cela, il devient un simple divertissement. S'il s'en souvient, il reste profondément humain. Nous vivons une époque de changements rapides, parfois déstabilisants. Dans ces moments, il est essentiel de se souvenir d'où l'on vient, de ce que l'on a reçu, et de ce que l'on doit transmettre. Que ce soit dans le rugby, le journalisme, la politique ou la vie, nous ne sommes que des passeurs. »






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